ÉPHÉMÉRIDES DU SAMEDI 29 AVRIL 2022, 12e ANNÉE (n° 3792)

ILLUSTRATION : quelque part dans un jardin de Rome (cl. H. Ribot 2011).
QUESTION DU JOUR : sous quel nom connait-on généralement Le cardinal Armand-Jean du Plessis ?
REPONSE A LA QUESTION DU 28 AVRIL : quel nom actuel porte le site marseillais dénommé après traduction du latin « La grange de Joffroy ». Réponse : la Granigue.
FÊTES : Le 29 avril, nous fêtons
-Les Catherine, mais pas n’importe lesquelles : celles qui ont pour patronne Catherine de Sienne, pour être précis, Catherine Benincasa, une théologienne dominicaine originaire de Sienne et morte à Rome en 1380. Si elle ignorait le latin, elle savait en revanche dicter ses œuvres reconnues comme étant celles d’un docteur de l’église catholique. Pourquoi tant de précisions ? Tout simplement parce que c’est le prénom de ma femme, parbleu !
-Saint Pierre de Vérone, dominicain, mort en 1252, canonisé en 1253. Fêté le 29 avril (V. Saxer).
c’était aussi le jour du râteau au calendrier républicain (eh oui !). Comme quoi rien n’est parfait.
Dicton : « Avril a trente jours, si trente-et-un il avait, personne ne s’en plaindrait ! » Comprenne qui peut !
LOCUTION PROVENÇALE : « faire lou saut sus l’erbo », littéralement : « faire le saut sur l’herbe », « se réjouir », pour dire « revenir d’une maladie ».

(cliché H. Ribot)
PENSEE : « Dis donc, Toi mon Dieu … Oui, Toi, le gros barbu du catéchisme, vautré sur son petit nuage rose, là-haut. C’est fini la sieste, maintenant. Allez, on se remue, hein, on se secoue les puces. … Oui d’accord, je suis un peu familier avec lui avec le Seigneur, mais que voulez-vous, ces jours-ci, ça urge, hein. C’est à croire qu’il a pas la télé, lui ! … Je veux le bonheur sur la terre, ici et maintenant. Ici et maintenant ….
EN DIRECT DE NOTRE BIBLIOTHEQUE : Guy Bedos – Petites drôleries et autres méchancetés sans importance, Editions du Seuil, septembre 1989, 120 p. N° d’enregistrement A21014 (voir l’extrait ci-dessus).

A TRAVERS LES VIEILLES RUES DE MARSEILLE (André Bouyala d’Arnaud, 1961).
-205e livraison : NOTRE-DAME DE LA GARDE
LA MONTAGNE DE LA GARDE (suite)
En 1834, une statue de la Vierge, en argent repoussé, fut commandée à l’orfèvre Chanuel pour remplacer celle qui avait été envoyée à la fonte en 1794. Avant de la commander à Chanuel, des demandes avaient été adressées à divers orfèvres de la France et de l’étranger. « Marseille, lisait-on dans ces demandes, souhaitait une statue qui réunît à la candeur virginale et à l’expression de la Bonne Mère des formes décentes et gracieuses ». Chanuel réalisa ce qui était demandé, et sa statue d’argent, « aux formes décentes et gracieuses », orne maintenant le maître-autel de la basilique. Lamennais, de passage à Marseille, s’était rendu auprès de Chanuel, dans son atelier de la rue des Dominicaines, et l’en félicita: « Après tant de jours passés dans 1es flammes pour réaliser une œuvre sainte, lui dit-il, Dieu vous fera grâce, sans doute, du purgatoire. »
(à suivre).

DE QUELQUES RUES, PLACES et autres LIEUX DE SANARY (Cahiers de Patrimoine ouest varois, n°10 « Regards sur un terroir : Sanary-sur-Mer », 2004 »),
5ème livraison : rue Barnabé INFERNET
Premier consul, ou maire, de la commune de Saint- Nazaire en 1688 après le détachement d’Ollioules, Barnabé INFERNET, originaire de Belgentier, était l’époux de Marthe TOURNAYRE, elle-même de Saint-Nazaire. Ils s’étaient mariés le 6 juin 1647. Barnabé INFERNET est décédé en janvier 1701. Le roi Louis XIV accorda la séparation avec Ollioules le 10 juillet 1688 ; le 25 août furent élus : comme premier consul, Barnabé INFERNET, comme deuxième consul, Sébastien BERNARD, puis cinq conseillers, un trésorier, un greffier, deux auditeurs aux comptes, le capitaine de ville, deux intendants de la santé, trois estimateurs. Dans le cadre de la nomination des experts chargés de la séparation d’Ollioules et de Saint-Nazaire, furent députés pour en discuter à Aix, le greffier, sieur André Bernard, et le conseiller, Claude Farnoux. Les assemblées du conseil se déroulaient alors dans la chapelle des Pénitents blancs.
(à suivre)

ÉPHÉMÉRIDES :
–1213 – 29 avril : marseille – PALAIS DU THOLONÉ.
Hugues des Baux, vicomte de Marseille, signe au Tholonée un acte qui fut contresigné par sa femme Barrale à l’église Saint-Jaume (Saint-Jacques), sise au même quartier, par lequel ils concèdent au monastère de Saint-Michel de Frigolet la faculté de traverser leurs domaines sans payer de droit, l’affranchissement de tous cens et services pour ses possessions dans le bourg neuf d’Arles, la liberté d’acquérir tous immeubles dans leurs terres, etc. (acte des vicomtes de Marseille n° 368, Henry de Gérin-Ricard, 1926. Réf. : Arch. départ, des Bouches-du-Rhône, B 38, fol. 119 v°. Ind. : ï)r Barthélemy, Inventaire, ... Supplément, n°9).
–1252 : Saint Pierre de Vérone, dominicain, mort en 1252, canonisé en 1253. Fêté le 29 avril (V. Saxer).
–1290 – 29 avril : LIEU-DIT DE MARSEILLE – Campus Cabassut (acte aux archives municipales). CAMPUS-CABASSON – lieu-dit, quartier de Saint-Marcel, près et au-delà de la Moutte, sous la directe de Saint-Sauveur (1872). Première mention : Camp Cabassos, 10 avril 1264 (charte aux archives municipales).
–1337 – 29 avril : LIEU-DIT DE MARSEILLE – Ort monesil, (acte notarié). Massillon, jardin et bâtiment appartenant à l’abbaye de Saint-Victor, quartier de Saint-Giniez. Première mention au XIe siècle : Ortus, (cartulaire de Saint-Victor, n° 89).
–1360 – 29 avril : LIEUX-DITS DE MARSEILLE –
1. Arènc (acte aux archives de l’Evêché). ARENC – faubourg puis quartier rural et, enfin quartier urbain, de « arena » (sable ; en provençal : arena / areno), plage sablonneuse où aboutissaient les ruisseaux des Eygalades et de Plombières (1872). Première mention : Aregnum, 7 février 1249 (charte aux archives municipales).
2. Ort monesil (acte notarié). MASSILON – commune de Marseille, jardin et bâtiment appartenant à l’abbaye de Saint-Victor, quartier de Saint-Giniez (1872). Mention :
3. Balma Laugier sive Puey Picoun (acte aux archives de la Major). BAUME-LAUGIERE – quartier rural de Saint-Pierre, commune de Marseille (1872).
–1429 – 29 avril : Entrée de Jeanne d’Arc à Orléans.
–1471 – 29 avril : LIEUX-DITS DE MARSEILLE –
1. Balma Laugier sive Puey Picoun (acte aux archives de la Major). Baume-Laugière – quartier rural de Saint-Pierre (1872). Première mention vers 1090 : Balmœ (cartulaire Saint-Victor, charte n° 145).
2. Lo Jarret de sant Bauzili alias la Cavallaria sobeyrana (acte aux archives de la Major). Cavalerie inférieure – lieu-dit, terre possédée par les chevaliers du Temple, qui se trouvait à l’emplacement du Jardin Zoologique. Première mention : Cavallaria soteyrana, 1278 (charte aux archives municipales). Une dérivation de Jarret a continué de couler aux lieux indiqués avant 1030 pour l’arrosage des jardins et les besoins des nombreuses tanneries qui s’y trouvaient. Un plan de Marseille de 1605 indique encore cet ancien cours, qui n’a été définitivement supprimé que lors de l’agrandissement de Marseille fait sous Louis XIV.
–1506 – 29 avril : Election de Jean de Cuers (Johannem de Coreys) à l’évêché de Marseille par le chapitre. … infra ecclesiam parocchialem Sancti Petri, castri de Signa, Massiliensis diocesis et cappellam novam ejusdem ecclesie, ad actum hujus modi complendum, cum in eadem civitate Massilie non sit tutus accessus, propter pestem in eadem civitate Massilie nunc, proch dolor ! … dni Guillelmi de Paulo, canonici antiquoris ejusdem ecclesie sedis, ac prioris ejusdem prioratus Sancti Petri, castri de Signa … ellegerunt et eligunt reverendum patrem dunum Johannem de Coreys… [textes :] Stephanus Rochetoni, vicarius de Signa (Gallia Chr. Nov. II n° 835, p. 507).
–1533 – 29 avril : ACHAT DE LA SIXIEME PARTIE DES FOURS, DU DROIT DE SENSALLAGE, DROIT DE POIDS, DE CENSE, LODS ET AUTRES DROITS DU SEIGNEUR DE SOLLIERS : Il est dit ci-dessus que monsieur le Marquis de Solliers avait divers droits seigneuriaux audit Six-Fours. Tous lesquels ont été acquis par la communauté, par acte passé par Dame Catherine D’Anjou, femme et procuratrice de Noble François de Forbin, Seigneur de Solliers, icelui, petit-fils et héritier universel, de feu Noble Pelamedes de Forbin, par moyen de Noble Louis de Forbin, père dudit François. Apert de son pouvoir, par procuration reçue par Maître Antoine Boissoni, notaire dudit Solliers, le 27 avril 1533. Laquelle, en la susdite qualité, a vendu aux syndics et communauté de Six-Fours, manants et habitants, honorable Rainier Vitallis, syndic, Jean Curet, Michel Audibert, Antoine Jarre, Paullet Porquier, Pierre Vicard et Antoine Matinenq, notaire dudit lieu, députés du conseil, et choisis, comme ils assurent, par leur commission, reire Maître Jean Denans, greffier ordinaire dudit conseil. Savoir : tous les droits de (fornage) des fours dudit lieu, qu’il avait coutume de percevoir, tant par l’ancienne que nouvelle possession, que tous autres titres et droits que lesdits seigneurs de Solliers et ses auteurs avaient coutumes de prendre et percevoir, et toutes les censes et services, tant civiles que rustiques, tant audit lieu de Six-Fours et son terroir, que dans le lieu et terroir d’ollioulles, et de tout ce qu’il a possédé ensemble, toutes et chacune, les grosses directes et les droits seigneuriaux de prélation et percevoir le treizain, (honneur), charges et juridiction haute, moyenne et basse, et tous les revenus et pasturage , ancrage de la mer, sensallage, régales, naufrages, tasques, hourages, le droit de vergue ou de poids et tous les autres droits, actions et raisons, tant corporelles que incorporelles, punition et prérogatives, quelle telle que ce soit, qu’il appartient audit seigneur de Solliers, tous ce qui se trouvera soumis à lui, à la cense et service accoutumée, au prix de 900 florins, de la valeur de 16 sols pièce, que ladite Dame a reçu des députés. Apert plus amplement du susdit acte reçu par Maître Geoffrey Cogorde, notaire de Tollon, le 29 avril 1533. Le 3 juin audit an, Noble François de Forbin, Seigneur de Solliers, a ratifié le susdit acte de vente, fait par la Dame Catherine d’Anjou, son épouse, par acte reçu par Maître Gauffredi Gogorde, le 3 juin 1533 (Jean Denans, 1713).
–1565 – 29 avril -1568 : Philippe Rodulfi, 8ème abbé commendataire de Saint Victor de Marseille. 60ème abbé de Saint Victor de Marseille (Edouard Baratier, Georges Duby, Ernest Hildesheimer, 1969) mais 53ème selon P.-A. Amargier et Edouard Baratier. Philippe rodulfi, 1565-1568. Bulles de provisions du 29 avril 1565, permuta avec sou oncle Laurent Strozzi, archevêque d’Albi en 1568. (E. Baratier, 1966, Abbatum Massiliensium).
–1579 – 29 avril : LIEU-DIT DE MARSEILLE – Le Poux, 29 avril 1579 (acte aux archives de la Major). LA TOUR – lieu qui a pris son nom d’une tour qui existait autrefois au quartier de Saint-Marcel, commune de Marseille, entre le château de Forbin et l’Huveaune (1872). Première mention : Lo Tor, 8 septembre 1288 (acte notarié).
–1582 – 29 avril : guerres de religion – A la mort du comte de Carcès, le 29 avril 1582, de Vins était devenu l’âme de la Ligue (F.T., 2020).
–1624 – 29 avril: Le cardinal Armand-Jean du Plessis, duc de Richelieu, devient ministre de Louis XIII. L’avènement de Richelieu ne changea rien aux événements qui secouaient la France. Il fallut d’abord mettre fin à la nouvelle rébellion des Huguenots commencée en 1621 et aux descentes anglaises pour les aider (Ribot Henri, 2010, La guerre navale au XVIe siècle). Aussi, le nouveau premier ministre se fixe-t-il trois buts : abattre la Maison d’Autriche, ruiner le parti protestant, détruire le pouvoir de la noblesse (Viguier O. – Mémento … 1993).
En ce qui concerne la Marine française, le cardinal de Richelieu qui centralisera l’administration en soumettant les amirautés régionales par l’instauration de la juridiction de la Grande Maîtrise de la Navigation et du Commerce de France en 1626 (Ribot Henri, 2010). Dès l’automne 1626, Toulon avait mis en chantier son Parc Royal. Parc non destiné aux loisirs, mais à un rude ouvrage. Celui de concevoir, construire, entretenir les vaisseaux portant la fleur de lys. Et cette ruche, dont les abeilles étaient des ingénieurs, des ouvriers charpentiers, perceurs, forgerons ou calfats, en faisait le premier port militaire. Vinrent ensuite: Brest en 1629, Rochefort en 1668, Lorient en 1770, Cherbourg en 1813. Richelieu avait, devant l’Assemblée des notables en décembre 1626, déjà signalé ce désir du roi Louis XIII d’entretenir une telle flotte « pour tenir les costes nettes, ses sujets dans les bornes où ils doivent demeurer et ses voysins en la considération qu’ils doivent avoir d’un si grand estat ». Toutefois, l’autorité de Richelieu sur la côte méridionale de la France restera incomplète (Charles Galfré, L’histoire de l’arsenal de Toulon). On lit la note suivante dans l’Histoire de Provence de H. BOUCHE en 1640, au sujet du voyage de M.de Séguiran. «Le cardinal de Richelieu, dont le principal soin n’était que d’abaisser l’orgueil d’Espagne, ne se doutait point de ses attaques contre la France plus apparemment que du côté de Provence, à l’occasion de la mer Méditerranée et pour pourvoir à son assurance, envoya au sieur de Bouc, premier président en la cour des comtes de Provence, pour faire dresser une vue figurée de toute la côte maritime, afin que sur cette figure il pût ordonner les fortifications nécessaires pour la défense du pays et empêcher la descente des ennemis. Ce président procédant en ce temps à sa commission, visita toute la côte maritime, depuis Nice jusqu’à Arles, menant avec soi Jacques de Maretz, professeur ès mathématiques de la ville d’Aix, qui dressa le plan de toutes les villes et de tous les villages le long de la côte de la mer; de laquelle il fit une très longue carte de deux ou trois cannes de long, en vélin, bien peinte, enluminée en lettres d’or, où l’on voyait en perfection représentés les ports, les plages, les caps, les embouchures de rivières, les montagnes, les forêts et autres choses remarquables le long de la côte, à deux ou trois lieux en terre» (Honoré Bouche, Histoire de Provence). Pour l’histoire, signalons que le frère de notre ministre, Alphonse-Louis du Plessis de Richelieu, également cardinal, sera nommé en 1639 abbé commendataire de Saint Victor de Marseille, donc seigneur de Six-Fours, après avoir été archevêque d’Aix, puis de Lyon (E. Baratier, 1966, Abbatum Massiliensium….).
–1680 – 29 avril – Bormes Défend A la chartreuse de la Verne de faire paître SEs troupeaux au quartier de Cavalière (Maurel M.).
-1697 – 29 avril : BLASON DE LA VILLE DE TOULON. XVIème SIECLE –ON DECRIT AINSI LE BLASON DE TOULON : D’AZUR A LA CROIX D’OR. L’AZUR EST LE SYMBOLE DE LA DOUCEUR, DE L’AMENITE ET DE LA VIGILANCE TANDIS QUE L’OR EST L’EMBLEME DES HAUTES VERTUS, TELLES QUE LA JUSTICE, LA CLEMENCE ET L’ELEVATION DE L’AME.
Les plus anciennes traces du blason toulonnais remontent au XIIIème siècle où on commence à le voir sur la couverture des registres et au bas des délibérations municipales. Il s’agit d’une croix dans un écusson qui semble tenir lieu de signature au notaire-greffier du conseil. Il en est de même sur les registres des comptes trésoraires à partir de 1481.
Nos archives ne contiennent aucun dessin représentant les émaux du blason avant l’ornementation du registre des délibérations de 1477-1491. Elle figure un Christ sur la croix, avec à sa droite, l’écu royal, et à sa gauche, le blason toulonnais, conservé jusqu’à nos jours.
Le 29 avril 1697, pour se conformer à l’édit portant création d’un armorial général et réglementant le port des armoiries, le conseil décida de faire enregistrer celles de la communauté.
En 1723, en souvenir des nobles sentiments que les habitants des villes de Toulon et de Lorgues s’étaient manifestés pendant les pestes de 1664 et 1721, les armoiries des deux villes furent accolées dans leur hôtel de ville.
En 1772 fut ajoutée à cet écusson la maxime “Concordia Parva Crescunt” – Par la concorde les petites choses s’accroissent – maxime déjà citée par le roi René dans sa charte du 29 mai 1437 relative aux élections municipales.
La Révolution s’attaqua aveuglément aux blasons, y voyant des symboles de l’Ancien Régime. A Toulon, à l’issue de la contre-révolution, le nom de la ville est remplacé par celui de Port-la-Montagne. Un nouveau sceau est alors employé par la mairie. Ce sceau se trouve encore actuellement sur le lycée Rouvière, à l’angle de la rue Truguet, ainsi que sur la façade du musée-bibliothèque et le fronton de l’école maternelle rue Gimelli.
Diverses modifications interviendront par la suite, induites par les changements de régime politique, et ce n’est qu’à l’avènement de la IIIème République que Toulon reprendra pour cachet officiel le blason d’azur à la croix d’or qui persiste encore de nos jours Depuis l’obtention par la ville d’une citation à l’ordre de l’armée, décernée par le président du Conseil des ministres, le 2 juin 1948, la Croix de guerre 1939-1945 est appendue en pointe de l’écu (BB50, cit. Trésors…, 1992, p. 26).
–1702 – 29 avril : Froid catastrophique en Provence. A Saint-Martin de Castillon les arbres fruitiers avortent. La récolte est perdue.
–1776 – 29 avril: par arrêt du Conseil, Turgot crée la Commission médicale dont devait sortir la Société royale de médecine et, par contrecoup, le premier Office de météorologie national. En 1774, l’importation, dit-on, de quelques cuirs infectés dans le Sud-Ouest français, déclenchait, au détriment du cheptel local, une impressionnante épizootie. Dans les deux années 1774 et 1775, près d’un cinquième du troupeau gascon et languedocien était anéanti… Est-ce vraiment, comme l’ont écrit de bons historiens, cet épisode qui, au début de 1776, incita Turgot à créer, par arrêt du Conseil (29 avril 1776), la Commission médicale, dont devait sortir la Société royale de médecine, et par contrecoup le premier Office de météorologie nationale ? (…) Le fait capital, c’est que des contagions nombreuses, effroyables, éclatent dans la décennie 1770. Epizooties, elles affaiblissent la nation, dont elles déciment les bestiaux. Epidémies, elles les saignent, en tuant ses hommes ; et elles parviennent même à modérer l’essor démographique, un moment déchaîné, du quart du siècle précédent. (…) l’ensemble de ces fléaux, pris globalement, suffit à fournir, pour une part, les justifications dont s’inspire la décision du ministre (Le Roy Ladurie, 1973, p. 472).
–1792 – 29 avril : Ça CHAUFFE AU BEAUSSET – Le fait que les prêtres réfractaires réfugiés à Nice entretiennent des liaisons épistolaires avec des habitants du Beausset est confirmé le 29 avril. A 6 heures du soir, la garde nationale du Beausset arrête Joseph Gouffon, travailleur beaussétan. Il a avec lui un mulet portant une malle. Interrogé à propos de cette malle, il déclare qu’elle appartient à André Portal, dont le frère est prêtre au Beausset, mais a émigré à Nice. On lui fait alors ouvrir la malle, et on découvre une lettre adressée à l’abbé Venel, lui aussi émigré à Nice ! La garde nationale et le peuple « que la curiosité a attiré » portent cette lettre à la maison; commune, et exigent qu’elle soit lue publiquement, en présence de celui qui l’a écrite. On fait donc quérir Jean Venel, serrurier. Le procureur de la commune lit la lettre, et son « contenu a indigné le peuple, attendu qu’il l’injurie gravement ». Ce pauvre Jean Venel devait être dans ses petits souliers… Sa lettre compromettait un autre habitant du Beausset, le boucher Jean Eynaud, qui avait porté auparavant des lettres aux religieux beaussetans émigrés à Nice. Le cas de Jean Eynaud est plus grave, car il avait demandé aux officiers municipaux un passeport « pour aller dans la rivière de Gênes vaquer à son commerce, et s’en est servi pour aller à Nice, porter des lettres aux émigrés ». Inutile de vous dire que Jean Venel et Jean Eynaud sont aussitôt mis en état d’arrestation et incarcérés, autant pour leurs actes que pour les mettre à l’abri « de la fermentation » qui se manifestait dans le village contre eux. Voilà qui confortait aussi les patriotes du Beausset dans leur idée que le « complot contre-révolutionnaire » existait aussi au village (Gérard Delaforge, Le Beausset et la Révolution Française)
–1793 – 29 avril : Début de l’insurrection marseillaise contre la Convention montagnarde (Yann Fauchois, Journal de la France et des Français, Gallimard, 2001, p. 1174).Alors se déchaîne la réaction à Marseille. Le Tribunal populaire est rétabli. On crée en même temps un Comité central composé de deux membres pour chaque section, chargés de recueillir les plaintes contre les détenus. Ce Comité central prend bientôt le titre -de Comité général et déclare Marseille « en état de résistance à l’oppression ». (Marius Dubois, Paul Gaffarel, J.-B. Samat – Histoire de Marseille, 1928)
–1794 – 29 avril (10 floréal An II) : Le 10 floréal (29 avril), la préoccupation des subsistances est encore à l’ordre du jour au Beausset. D’autant qu’il y a un peu plus de bouches à nourrir. En effet, les volontaires du bataillon du Beausset, partis à la suite de la levée en masse décrétée le 23 août 1793 par la Convention, ont délaissé le « front » dans leur grande majorité, et sont revenus dans leurs foyers. « Tous les habitants du Beausset qui s’étaient levés en masse pour voler au secours de la patrie et terrasser les ennemis de la République, se sont retirés au sein de leur famille, à l’exception des volontaires de la première réquisition… » Ces derniers sont ceux qui sont partis en 1792 avec le premier bataillon beaussétan. Mais on sait aussi que Portal et ses « irréductibles » du second bataillon beaussétan sont encore en activité à cette date. Et pour rajouter à la difficulté, les délais requis pour faire venir le blé de Nice ou de Villefranche sont importants. On décide donc de demander aux représentants du peuple de mettre sur pied une « noria alimentaire », en fournissant « 80 charges de blé de 15 en 15 jours pour alimenter les étrangers, les ouvriers destinés à l’arsenal de Port de la Montagne, les matelots et les habitants de notre commune portés sur l’état dépopulation, mais encore les pères de famille qui sont retournés du bataillon du Beausset à leurs foyers »… (Gérard Delaforge, Le Beausset et la Révolution française)
–1800 – 29 avril (9 floréal) : LES TROUPES RAPATRIEES D’ORIENT DEVRONT FAIRE LEUR QUARANTAINE A HYERES, TOULON ET MARSEILLE. L’arrêté du 9 floréal an VIII, prescrivit que les bâtiments transportant des troupes françaises rapatriées de l’armée d’Orient (armée d’Egypte) en exécution de la convention d’Alexandrie, débarqueraient leurs passagers aux endroits suivants, de façon à les mettre en quarantaine pour le tiers de l’effectif total à chacun des points indiqués, savoir : un tiers à la baie d’Hyères (Salins) ; un tiers à Toulon (à faire camper sous la tente à l’île de Cépet, commune de La Seyne) ; un tiers à Marseille (au Frioul et au château d’If) (Archives du Port, Toulon).
–1833 – 29 avril : CONQUÊTE DE L’ALGERIE – Ollioules héberge 90 hommes du 19ème léger appartenant au corps expéditionnaire d’Afrique (Castellan E., 1937, p. 295).
–1875 – 5, 26 et 29 avril : En réaction au décret rétablissant les madragues, la Prud’homie de La Seyne sollicite une réunion avec celle de Six-Fours, et adresse copie de son courrier à Bandol et Sanary. Celle de Six-Fours invite les prud’homies de Saint-Tropez, Saint-Raphaël, Cannes, Antibes et Nice à une réunion à Toulon, pour protester contre le décret ministériel concernant les madragues, puis elle s’adresse à un député du Var et regrette que la décision de rétablir les madragues n’ait pas été prise après consultation préalable des pêcheurs de la côte, daté des 5, 26 et 29 avril 1875. Le 5 avril 1875, le 1er Prud’homme de La Seyne adresse à son homologue de Six-Fours une lettre pour solliciter une réunion avec celle de Six-Fours pour ]« une entente au sujet des madragues » [, et adresse copie de son courrier aux Prud’homies de Saint-Nazaire et de Bandol. Le 26 avril 1875, la Prud’homie de Six-Fours invite celles de Saint-Tropez, Saint-Raphaël, Cannes, Antibes et Nice à une réunion à Toulon, pour protester contre le décret ministériel concernant les madragues. Par lettre du 29 avril 1875 à M. Brun, député du Var, le secrétaire de Six-Fours, Louis Dodéro, déclare que le décret] « quoique dicté par un sentiment de paternelle bienveillance en ce qui concerne les besoins de l’alimentation publique, peut cependant à juste titre être considéré comme incomplet du point de vue des marins pêcheurs » [ La lettre s’étend ensuite] « sur l’insuffisance et la nature erronée des renseignements recueillis, les inconvénients des madragues et le regret que les Prud’homies de la côte n’aient pas été préalablement consultées. » [Elle répercute aussi] « les craintes des patrons pêcheurs déçus de n’avoir pas reçu davantage de considération de l’Administration et qui demandent aux députés d’intervenir auprès de son excellence le Ministre de la Marine ou de provoquer une interpellation officielle à la tribune de l’Assemblée Nationale au sujet de l’installation des madragues. »[Il est intéressant d’apprendre que les responsables de la madrague installée dans les eaux du Brusc étaient tenus de verser à la Communauté des patrons pêcheurs du Brusc une somme de 300 francs au titre de leur « abonnement » pour une période annuelle donnée. D’après L. Dodéro, les eaux de Six-Fours ne comprenaient qu’une seule mais très importante madrague, celle de l’Aile aux Embiez, qui portait de la pointe de l’Aile et allait jusqu’à hauteur du lieudit de pierres sous-marines désigné sous le vocable de « mange-gangui », en raison des dommages infligés aux filets… (Patania L., Guillaume J., 2002, p. 56, 76)
–1896 – 29 avril : DU NEUF DANS LA CONSTRUCTION NAVALE MILITAIRE – le 29 avril 1896, l’amiral Besnard redevint ministre. Fidèle à sa ligne de conduite antérieure, il arrêta toutes les études relatives aux cuirassés-croiseurs et autorise la construction du Henri IV, cuirassé garde-côtes de huit mille cinq cents tonnes. Bertin, chargé d’en dessiner les plans, réalisa des prodiges, parvenant à doter le bâtiment d’une stabilité remarquable et d’une protection excellente, en particulier sur le plan sous-marin. Le Henri IV fit sensation dans les milieux maritimes par la disposition de son artillerie : Bertin, pour la première fois au monde, avait superposé les tourelles. Pourtant, après avoir donné l’exemple, la France abandonna ce principe jusqu’au Courbet de 1910. Mais il ne faisait aucun doute à personne que le Henri IV ne pourrait jamais se comparer à un vrai cuirassé. Malgré ses réticences, le ministre Besnard fut contraint d’accepter que l’Iéna, ordonné en 1897, ait un déplacement de douze mille tonnes et un armement amélioré par rapport aux “Charlemagne”. Dans le même esprit, un deuxième cuirassé, le Suffren, fut ordonné en 1898 tandis qu’un troisième, repéré A8, était prévu au budget de 1899 avant d’être ajourné (Gérard Garier, Le cuirassé Henri IV).
–1900 – 29 avril : A Paris, on compte 9 morts dans l’effondrement d’une passerelle à l’exposition universelle (Alain Peyrefitte, 1986).
–1903 – 29 avril : DISSOLUTION DES CONGREGATIONS – En application de la circulaire Combes, les Chartreux son expulsés (id.).
–1907 – 29 avril : Révocation de fonctionnaires rgrévistes par Georges Clemenceau (id.).
–1916 – 29 avril : MOYEN-ORIENT – En Mésopotamie, les Anglais, encerclés à Kut, doivent capituler (id.).
–1917 – 29 avril : Le gouvernement nomme le général Pétain chef d’état-major auprès du ministre de la guerre (id.).
–1918 – 29 avril : LE SOUS-MARIN Prairial (type Pluviôse) coule devant l’accès au chenal du Havre, suite à un abordage par le cargo anglais Tropic 19 morts dont le commandant, il n’y a que 7 survivants sur les 16 hommes à la mer. La commission d’enquête conclut à la probabilité d’un dérangement du compas gyroscopique du sous-marin, comme cela s’est produit sur le Fructidor un mois auparavant.
–1925 – 29 avril : Arts ET Urbanisme – A Paris, ouverture de l’exposition internationale des arts décoratifs industriels modernes (Art Déco) (id.).
–1930 – 29 avril : Sacre du négus Hailé Sélassié 1er en Ethiopie (id.).
–1933 – 29 avril : Les Forges et Chantiers de la Méditerranée – La Seyne achèvent le paquebot El-Mansour, de la série El Kantara (CNM).
–1937 – 29 avril : Baisse des cours de la bourse à Paris (id.).
–1940 – 29 avril :
1. campagne de norvege – De nombreux débarquements d’Anglais et de Français se sont effectués avec succès sur les côtes de Norvège où Alliés et Norvégiens opposent de solides barrages aux trois poussées offensives des Allemands (L’Auto, du lundi 29 avril).
2. Le Sud a désigné son champion de foot-ball. Pour avoir voulu prendre de vitesse les Girondins, Nice a été étouffé. La supériorité bordelaise fut évidente dans tous les compartiments du jeu, mais Nice fut sérieusement handicapé par la blessure de son demi-centre Louis Vallé. Ben Ali, Ben Arab Laïd, Mateo, Moncisidor, sont les principaux artisans du succès des Girondins (L’Auto, du lundi 29 avril).
–1943 – 29 avril :
1. Entretiens Hitler-Laval sur « la participation de la France au combat européen ». Laval est venu chercher auprès du Führer la confirmation de son pouvoir (Rousset, la seconde guerre mondiale. Jean-Louis Panné, Journal de la France).
2. En zone sud, les MUR mettent en place le Service nationa Maquis destiné à fournir la logistique nécessaire aux maquis en développement (Jean-Louis Panné, Journal de la France).

1944 04 29 – B17 de la 15th Air Force bombardant Toulon?
–1944 – 29 avril : raid massif américain sur Toulon (le 5ème selon Saibène et Gaignebet), mais le 1er sur Sanary dont le port est touché (Robichon J. donne le 28 avril ; Rotger B. 1994, Saibène M. et Gaignebet J.-B. donnent la date du 29 avril et en fait le 5ème bombardement de Toulon, ce que confirme un mémoire du Maire de Sanary daté du 23 mars 1946, qui donne aussi la date du 29 août 1944, ce qui est évidemment erroné). Toutefois les observations sont importantes : « la ville de Sanary-sur-Mer a été bombardée par l’aviation américaine le 29 août 1944 et tous les immeubles du quai Marie Esménard ont été gravement endommagés. La plupart étaient coupés en deux et les pans de murs des étages demeurés debout constituaient un danger pour le public. Durant la période de Mai à Août 1944 que dura l’occupation allemande, aucune mesure de sauvegarde de ces immeubles n’a pu être prise, l’accès du quai étant interdit et la zone littorale évacuée complètement. » ; Glade M., 2004).
1. Saibène M. : Le bombardement en petits groupes est renouvelé le 29 avril 1944. Dans l’arsenal, le Dunkerque coule dans son bassin.
2. Gaignebet J.-B., 1980 : le 29 avril, en deux vagues, 400 avions déversent 2000 bombes sur Toulon. 2 tués à l’arsenal, 70 en ville. Aucun sous-marin allemand n’est atteint.
3. Bombardement américain. La Seyne est sinistrée à 65 %. 126 morts (Marius Autran, Chronologie de La Seyne, 1967).
4. Très violent bombardement sur Toulon-La Seyne (le 5e) : plus de 10 000 sinistrés, 129 morts à La Seyne et 72 à Toulon. Le bombardement suivant eut lieu le samedi 29 avril 1944 et dura cette fois 1 H 20, toujours en début d’après-midi. Non seulement Toulon et La Seyne servirent de cibles, mais aussi Six-Fours et Sanary. 72 tués, 62 blessés, 110 blessés non hospitalisés à Toulon – 130 tués, 65 blessés à La Seyne – 4 tués, 10 blessés à Six-Fours – 3 tués, 8 blessés à Sanary (V.Masson – La Resistance dans le Var – Ed. M.U.R. et Maquis du Var – 1983 – Journal le Petit Var : années 1943-1944 – collection A.V.T.).
5. Il était presque midi. Tout à coup, les sirènes retentissent. Comme elle en a pris l’habitude depuis des mois, la population urbaine gagne la campagne. La puissance et l’étendue des grondements du ciel ne laissent aucun doute. Une escadre aérienne s’avance vers la ville en provenance de l’Ouest. Aussitôt, les Allemands sillonnent les routes avec leurs motos et déclenchent les fumigènes qui obscurcissent d’abord les vallons. Les campagnards fixés sur les hauteurs de Laffran, des Quatre-Moulins, du col d’Artaud peuvent alors découvrir dans le ciel bleu des vagues de bombardiers gigantesques semant leur cargaison de mort avant de surplomber la ville. Ils reconnaissent les plus gros avions quadrimoteurs dont l’armée américaine dispose : les fameuses forteresses volantes Liberator, chargées de bombes de 500 kg, une tonne et même davantage. Les premières explosions retentissent, des entonnoirs coniques creusés instantanément, jaillissent des tonnes de pierre et de terre. On retrouvera les premiers points d’impact à Janas, Mar-Vivo, Brémond, les Sablettes. Peu de temps s’est écoulé entre l’alerte et le survol des bombardiers qui déclenchent le drame. La population affolée à la recherche d’abris problématiques est littéralement terrorisée. Huit vagues de bombardiers se succèdent et les chapelets de projectiles frappent surtout la ville. Quel vacarme infernal ! Quel désastre ! Les éclairs déchirent le ciel, les toitures volent en éclats, des maisons s’effondrent dans des nuages gigantesques de poussière. Des arbres, des lignes électriques arrachées sont projetées bien loin, des éclats de bois, des pierres, des tuiles pleuvent partout. La D.C.A. crache toute sa mitraille. Dans ce fracas épouvantable, les pauvres humains se terrent, se serrent les uns contre les autres. Les croyants se recommandent à Dieu, d’autres blasphèment. Il est curieux de constater la diversité des réactions des uns et des autres. Les plus émotifs s’abandonnent au désespoir par des hurlements et des exclamations tapageuses. D’autres demeurent stoïques devant l’adversité. Plus rares sont ceux qui dominent leur frayeur et trouvent le moyen de railler les poltrons, tel celui qui disait au croyant : » tu pries pour que les bombes tombent sur les autres « . Puis les forteresses volantes reviennent. Les vagues de bombardiers délestées de la moitié de leur cargaison, venaient compléter leur sale besogne en sens inverse. Dix minutes environ s’étaient écoulées entre les deux passages et voilà que la ronde infernale reprenait de plus belle avec la terrible secousse des explosions, les souffles mortels qui brisaient les coeurs, chassaient les petits animaux domestiques comme des feuilles mortes. Ronde diabolique qui s’acharnait sur notre chère ville avec le déluge des tuiles craquantes, les projections de pierres, de verre brisé, de poutres, de charpentes métalliques, d’arbres calcinés, de feuillages déchiquetés. Cette seconde attaque aura duré quelques minutes de plus que la première. Ses effets, plus meurtriers sur la population, ont été quasiment nuls sur l’objectif principal. sur le chemin des Moulières près du rocher de Laffran, on trouvera des morts, des blessés ensevelis que les survivants réussirent à dégager et à sauver. Près des Quatre-Moulins, on retirera un homme que le souffle d’une bombe avait projeté dans un puits. L’un des deux moulins que les injures du temps avaient ramené à de modestes proportions, sera complètement anéanti par un puissant projectile. Le cimetière a été touché. Plusieurs tombes éventrées laissent apparaître des cercueils. Image encore plus lugubre : un corps récemment inhumé allongé dans son costume noir sur le stade de la Canourgue, attend maintenant une autre sépulture. Ceux qui réintégraient la ville en revenant du Pont de Fabre ou de l’Évescat découvraient les mêmes désastres au boulevard Jean Jaurès. Là aussi comme partout des blessés à secourir, des morts à déplorer et partout ces entonnoirs profonds qui avaient bouleversé le sol, coupé les routes, arraché les arbres. L’école maternelle de la rue La Fontaine a été pulvérisée, comme la salle de spectacle Comedia, L’ancien Eden-Théâtre, place de la Lune, comme la poste non loin de là. D’autres bâtiments publics gravement endommagés comme la Caisse d’Épargne seront hors d’usage pour de longs mois. Des gens du centre-ville avaient cru trouver la sécurité vers l’Ouest, à hauteur de l’école Curie. Hélas ! le patronage laïque a été écrasé, lui aussi sous les bombes et une dizaine d’occupants formant le personnel administratif qu’il accueillait provisoirement y ont trouvé la mort (Marius Autran, Chronologie de La Seyne, 1967).
6. Sur son emplacement arasé seront édifiées des constructions préfabriquées à usage scolaire qui accueilleront encore quelques enfants le jeudi sous la surveillance de Mlle Rouden et de M. Rocca. Par la suite, ce fut M. Paul Gaujac qui assuma le fonctionnement du patronage (Marius Autran, tome 3, 1990).
Le centre-ville comparativement à d’autres quartiers avait moins souffert. Il faudra déplorer toutefois des pâtés de maisons effondrés comme châteaux de cartes au bas de la rue Clément Daniel, rue Baptistin Paul, rue Franchipani, rue Parmentier. Le château de Michel Pacha fut si endommagé que sa destruction fut envisagée dès la libération. Les services de la Défense passive relèveront quelque sept cents points d’impact sur le territoire de notre commune, sans compter quelques projectiles non explosés dont la population redoutait à juste titre un éclatement tardif. Il fallut plusieurs jours aux services de déminage et de sécurité pour la neutralisation de ces engins de mort. Mais il fallut des mois pour mesurer l’ampleur du désastre, évaluer le montant des sinistres à réparer. Des équipes de secours composées de volontaires (infirmiers, résistants, Croix-Rouge, Secours Catholique,…) furent admirables de dévouement et retirèrent des décombres 126 cadavres dont plusieurs méconnaissables. Le registre de l’état civil à la date du 29 Avril 1944 ne porte-il pas, à plusieurs reprises, la mention débris humains non identifiés. Les corps des victimes rassemblés à l’Institution Sainte-Marie attendaient l’arrivée des familles éplorées pendant que les blessés étaient dirigés vers l’hôpital civil et l’orphelinat Saint-Vincent de Paul. L’un des meilleurs organisateurs des secours, M. Mercheyer, se démena pour trouver tous les cercueils nécessaires, mobilisa les menuisiers de La Seyne et des envions. La grande victime ce fut la population civile. Cela importait peu au militaire discipliné doublement heureux pour avoir tout d’abord accompli sa mission honnêtement. Et puis, n’avait-il pas ramené son escadrille à peu près intacte, un seul appareil disait-on ayant été touché par la D.C.A. Dans les jours qui suivirent la catastrophe du 29 Avril, il fallut trouver des logements provisoires pour les sinistrés. Certains occupaient encore des pièces de leur immeuble partiellement détruit, clouaient des cartons sur les carreaux brisés, rafistolaient ce qu’ils pouvaient. Mais de nouvelles attaques aériennes étaient à craindre. Alors dans la majorité des cas nos concitoyens, après avoir trouvé refuge chez des amis, à la campagne de préférence, on assista à des départs massifs vers l’intérieur du département et même vers le centre de la France.

1944 04 29 Planche Xavier Sala n° 1 1
7. Liste des victimes du bombardement du 29 avril 1944 : AGACCIO Marius Santino Jacques (N° 309) ; AGASSE Élise Françoise (N° 315), épouse de Joseph Marius BERRO ; AGASSE Élise Laurence (N° 327) ; AGASSE Victor Ange (N° 342) ; AGOSTINI Victor Jacques Auguste (N° 229) ; APONTE Vincent (N° 303) ; ARATA Charles Paul (N° 332) ; ARNAUD Alexandrine (N° 322), épouse de Baptistin Henri RABATTU ; ARNÉODO Jean Baptiste Barthélemy (N° 292) ; AUDIFFREN Jeanne Françoise Dominique (N° 330), épouse de Jean Emmanuel ROUSSIN ; AUGARDE Joséphine Victorine (N° 316), veuve de Victor Augustin DUPONT ; AURAND Albertine Louise (N° 228) ; AVRIL Joséphine (N° 232) , épouse de Marius Symphorien Jean Baptiste GUASCO ; BAGLIETTO Baptistin Pierre Marius (N° 267) ; BARDOU Célestine Marie Monique (N° 233) ; BARDOU Louis Joseph (N° 240) ; BELLI Jeanne Béatrix (N° 320) ; BELLI Lucienne Charlotte (N° 321), épouse de Gabriel LUCCIONI ; BELTRAME Richard (N° 260) ; BERRO Joseph Marius (N° 325) ; BERTOLOTTO Marie Anne Gabrielle Victoire (N° 302) ; BESNIER Andréline Claire Marie (N° 236), veuve de Marius Jean Joseph ROVÈRE ; BESNIER Marguerite Baptistine Marie (N° 237), veuve de François MOURÉ ; BLANC Clémence Laurence (N° 248) ; BLANC Victor Marius (N° 304) ; veuve de Ferdinand AUBÉRY BOZZANO Giovanni (N° 314) ; BRESQ François Martin (N° 279) ; BRUN Bruno (N° 258) ; BRUN Jean Louis (N° 257) ; BRUN Madeleine Joséphine (N° 227), veuve de Louis François Honoré SILVY ; BRUZZONE Nicolette (N° 269), épouse de Second Annibal GIANNI ; CAGNOLI Louis Jacques Laurent (N° 222) ; CAMPODONICO Françoise Joséphine Marie Jeanne (N° 339), épouse de Constant Victor Louis GHIBAUDO ; CAMPUS Jeanne Marie (N° 334) ; CARALLI Ferdinando (N° 331) ; CASTELLAN André Armand (N° 255) ; CASTELLAN Benjamin Honoré (N° 262) ; CIARDELLI Polycarpe (N° 259) ; COLLET Victorine Julie (N° 286), épouse d’André Pierre Mary DESJARDINS ; DANG VAN TRUC (N° 224) ; DAVID Léa Amélie (N° 266), veuve de Charles François André ROUX ; DAVIN Rose Victorine Élise (N° 297), veuve de Marius Joseph Raphaël TEISSEIRE ; DESJARDINS André Pierre Mary (N° 276) ; ESPANET Émile Marius (N° 277) ; ESPOSITO Lucie Élisabeth Pauline Eugénie (N° 225), épouse d’Antonio PERNOZZO ; FABRE Louise Marie Françoise (N° 317), veuve de Félix François Clair Hugues CLÉRY ; FALCO Marie Joséphine (N° 221) (N° 482), épouse d’Anacléto BRANDONE ; FANCHINO Catherine (N° 344), épouse de Michel FANTINI ; FERRI Maxime Ange Jean Albert, décédé le 1er Mai 1944 à l’hôpital Sainte-Anne des suites du bombardement ; FIORE Julien Eugène (N° 296) ; FRACHET Marthe Marie Justine (N° 274), épouse de Pierre TILHOS ; GARAUDI Héléna Germaine Alexandrine (N° 293), épouse de Joseph Adrien Victor FLORENS ; GARAUDI Yvonne Élise Benjamine (N° 246) ; GASTINEL Guy Marius (N° 263) ; GERMAIN Baptistine Françoise (N° 298), épouse de Léon Théodore MONIER ; GHERARDINI Maria (N° 319), veuve d’Adelindo César BELLI ; GIANNI Marie Thérèse Antoinette (N° 270), épouse d’Émile Marius ESPANET ; GIANNI Second Annibal (N° 323) ; GIRAUD Marie Rosalie Joséphine (N° 310), épouse d’Henri SOURD ; GRIMALDI Joseph [ce nom figure sur la stèle du cimetière mais l’acte de décès n’a pas pu être retrouvé] ; GUASCO Marius Symphorien Jean Baptiste (N° 231) ; Inconnu (débris humains) (N° 243) ; Inconnu (débris humains) (N° 244) ; Inconnue (débris humains) (N° 245) ; Inconnu (N° 268) ; Inconnue (N° 281) ; Inconnu (N° 282) ; Inconnu (N° 283) ; Inconnu (N° 284) ; Inconnu (N° 285) ; Inconnu (N° 287) ; Inconnu (N° 294) ; Inconnu (N° 333) ; Inconnu (N° 335) ; Inconnu (N° 341) ; IVALDI Christine (N° 249), épouse de Jean MENZIO ; JULLIEN Clotaire (N° 261) ; JURÉ Eugénie (N° 251) ; JUSTINIEN Louise Seconde (N° 254), épouse de Benjamin Honoré CASTELLAN ; KLÉMENTOVA Marie Anne (N° 275), veuve d’Ange Antoine VALENTI ; KRÉDIAN Bégros (N° 220) ; LABESQUE Pauline Marie Jeanne (N° 273), épouse de Jean TILHOS ; LAJUS Marcel Émile (N° 343) ; LAUDENMILLER Nicolas Honoré Eugène (N° 226) ; LODO Bonaria (N° 328), épouse de Sauveur COGOTTI ; MARQUET Victor (N° 289) ; MAURICE Lucie (N° 280), épouse de César Marius GUIRARD ; MAURY Juliette Marie (N° 346), épouse d’Édouard Louis DUSSAUD ; MICHEL Joseph Auguste Bertrand (N° 291) ; MONIER Élisa Laurence Marie Louise (N° 300), épouse de Marius Rosalin PAUL ; MOREAU Maria Léontine (N° 311), épouse d’Émilien BARRIÈRE ; MORIN Joséphine Marguerite * (N° 345), veuve de Joseph Marie Claude PITOT ; MOUCHE Henri Joseph Cécile (N° 219) ; MOURAILLE Marie Jeanne (N° 239), veuve d’Adolphe Jules TRICON ; MOURÉ Marie Rose Noëlie (N° 235) ; MOUTTE Victor Marius Éloi * (N° 338) ; NÉGREL Julie Gustavie Élisabeth * (N° 264), épouse de Léon Jean Baptiste Marius GASTINEL ; NICOLAÏ Jules Auguste (N° 337) ; NOVELLI Ginetta (N° 253), épouse d’Angiolo POSARELLI ; OLLIVIER Virginie Louise Thérèse (N° 340), veuve de Nicolas Michel Guillaume CAMPODONICO ; PANZA Luigi (N° 308) ; PAUL Henri Édouard Fernand (N° 299) ; PÉANO Maddaléna Maria Caterina (N° 329), épouse de Dominique Marius PAGLIÉRI ; PENCIOLELLI Ange Félix (N° 230) ; PÉRA Magdeleine Joséphine (N° 301) ; PIANAZZA Dante (N° 324) ; PIOLI Silvain (N° 306) ; PONS Marie Paule Honorine (N° 307), épouse VERDAGNE ; POSARELLI Angiolo (N° 252) ; POSARELLI Armandine Francine (N° 250) ; RAPHEL Louise Françoise Henriette (N° 247), veuve de Jean Baptiste NICOLAS ; ROQUEBRUN Louis Jules (N° 305) ; ROUX André Frédéric Charles (N° 256) ; ROUX Jeannette Louise (N° 265) ; ROUX Pascaline Antoinette Élisabeth (N° 288), veuve de Jean Pierre STEFFEN ; ROVERE Catherine Baptistine Rose Césarine (N° 234), veuve de Marcel LAVY ; RYMASZ Geneviève Andrée (N° 347) ; SALARIS Maria Antonia (N° 312), épouse d’Antoine GHISAURA ; SANNA Maria (N° 313), épouse de Julien CAMPUS ; SECOND Louis Bruno (N° 290) ; SIMIAN Noël Émile (N° 238) ; SOBRÉRO Charles Ernest (N° 295) ; SOURD Henri Josué (N° 223) ; TILHOS Jean (N° 272) ; TILHOS Yvonne Marcelle Jeannine (N° 271) ; TOSELLO Marie Louise (N° 318) ; TOSELLO Sébastiano (N° 242) ; TRÉMELAT Laurence (N° 278), veuve de Marius BOILLON ; VALLET Henri Marius (N° 241) ; VERLAQUE Augustin Marius Armand (N° 336) ; VIEIL Louise Marie (N° 326), épouse de Victor Ange AGASSE. NB. Un monument en marbre gris à la mémoire des victimes du 29 Avril et du 11 Juillet 1944 a été édifié vers 1980 dans l’allée centrale du cimetière, entre la fontaine Carnot et l’obélisque de 1865. Seuls 68 noms y sont gravés en lettres d’or (sur un total de 232 morts) car il s’agit uniquement des noms de ceux qui furent ensevelis dans une fosse commune (familles ne possédant pas de sépulture ou corps non identifiés) (Marius Autran, tome 2, 1988).
8. Quand on fit le bilan des points de chute, on constata que 4 projectiles seulement avaient atteint leur but. La ville de La Seyne et la proche campagne reçurent 700 bombes de 500 et 1 000 kg. Et le cimetière reçut sa part ! On peut toujours lire de-ci, de-là, des inscriptions évocatrices de cette journée terrible sur les tombes dont l’une particulièrement émouvante où figurent les noms de trois victimes d’une même famille : « Baptistin Monier, 55 ans – Élisa Paul, 33 ans – Henri Paul, 15 mois » (Marius Autran, tome 7, 1999).
9. Le 29 avril 1944, pour la cinquième fois, Toulon est bombardé par 573 quadrimoteurs (B24) déversant 1312 tonnes de bombes sur la région. 67 morts et 62 blessés sont dénombrés en ville, 129 tués et 65 blessés à La Seyne. Une trentaine de bombes tombent à Six-Fours, atteignant plusieurs maisons dont une villa, quartier des Lônes où étaient logés des employés civils des troupes d’occupation. Six personnes sont tuées (Giacomin Albert, demeurant quartier Sainte Anne à Toulon, âgé de 23 ans. – Gibelin Marcelle du quartier Antelme à Six-Fours, âgée de 17 ans.- Merlane Catherine épouse Gottoli, âgée de 44 ans, du quartier Peyret à Six-Fours.- Nègre Fortuné âgé de 20 ans du quartier Saint Roch à Sanary.- Duman Charles âgé de 32 ans.- Pitot Marguerite, de Lyon, décédée à l’hôpital de La Seyne). Au total le bombardement du 29 avril 1944 aura donc provoqué la mort de 8 personnes à Six-Fours (Cahier de l’Ouest varois n°11, Six-Fours).
10. Le 29 avril 1944 on n’y croyait pas. Je me souviens de ce jour ; j’étais jeune et aux F.C.M, il y avait de nombreuses jeunes filles employées au dessin, à la comptabilité, etc… L’alerte ? Nous sommes tous sortis bien tranquillement et nous regagnons les quartiers extérieurs. Et sur le chemin, quand on est jeune on “drague”. Et j’ai dragué une jeune employée que je devais épouser le 15 décembre 1945. Je la draguais jusqu’à chez elle ; elle habitait le quartier Gavet, un coin tranquille. On n’était pas pressé d’arriver… Et tout d’un coup, vers 13 heures, alors qu’on n’y croyait plus, les “forteresses volantes” s’annoncèrent dans un ciel clair déchiré par les éclats de la D.C.A allemande, taches blanches dans l’azur. Nous nous trouvions près du “Rocher” de Ste Musse quand des sifflements sinistres, accompagnés d’explosions sont survenus derrière nous, la terre se soulevait, des éclats d’obus ou de pierres nous poursuivaient. Et les objectifs militaires ? Les chantiers ? Intacts. Il faut bien avouer que ce jour-là dans l’esprit des Seynois, les Américains n’étaient pas à la fête et ne se firent pas des amis. Un bombardement aveugle, criminel. Dès le lendemain, un tract circulait en ville, appelant les Seynois à faire des obsèques une manifestation de solidarité avec les familles des victimes, mais aussi pour exiger de la municipalité la construction d’abris ; enfin, exprimer en ce triste jour, la volonté de paix, le départ des troupes allemandes qui attiraient, par leur présence sur notre sol, d’éventuels nombreux bombardements (Louis Puccini, La Seyne et la Résistance).
11. Le bombardement de Sanary : 29 avril 1944, une escadrille se sépare du groupe, vole au-dessus de la chapelle du mai et vient sur Sanary. Une bombe tombe sur les serres de M. Hugues, une autre dans le port, d’autres sur le quai Marie-Esménard. Toutes les maisons en bordure sont crevées, éventrées, plafonds et cloisons projetés à terre. L’Hôtel de la Tour a souffert intérieurement. Les vitres de la ville sont en miettes. Dans un petit blockhaus, le curé Cathala découvre 5 cadavres de soldats allemands. Portissol avait également été atteint, causant d’important dégâts à un groupe de villas situées au nord du chemin de Portissol, tuant une femme dans son appartement. Tous les immeubles furent endommagés ou détruits (Rotger B., 1994 ). « Le maire de Sanary-sur-Mer certifie que l’HOTEL DE LA TOUR exploité par MM. MONTFOLLET et MERCIER a été occupé durant la guerre de la façon suivante : du 1er janvier à fin avril 1940 par les troupes françaises ; du 19 décembre 1942 au 31 janvier 1943 par les troupes italiennes ; du 17 mars au 12 octobre 1943 par le bureau de la Commission d’Armistice et la douane italienne, en tout 15 militaires et bureaux ; de septembre 1943 à août 1944 par les troupes allemandes (réquisition totale). D’autre part, le quai du port a été évacué et interdit à la circulation à dater du 1er janvier 1944, d’où interdiction pour les hôteliers de loger à l’hôtel jusqu’à la libération. Un blockhaus a été construit sur la terrasse de l’hôtel avec canon de 77 et un dépôt de munition a été fait dans le salon même. Par suite des dommages importants causés à l’hôtel par l’explosion des quais et le bombardement du 29 avril 1944, l’hôtel n’a pu être réoccupé qu’en juillet 1945. Le Maire, signé : J. Cavet. » (Archives de Sanary). En ce tiède jour d’avril, vers midi, tout se passe comme à l’accoutumée : vague après vague les mouches brillantes traversent le ciel sanaryen. Les gosses comptent, nez en l’air ; devant les boutiques de la rue du général Rose les femmes continuent leur queue patiente. Six vagues déjà ont grondé ; au tour de la septième et dernière. Dans cinq minutes, les cloches la fin de l’alerte et on s’assiéra devant la soupière… quand la ville tremble sur ses bases, giflée par un souffle tel que les vitres dégringolent. Suit un silence effrayant. Deuxième choc. Les maisons sursautent encore, le souffle arrache les volets, disperse les tuiles des toits, ouvre les portes, chacun s’enfuit vers les collines. On se retrouve à la lisière des bois sous la voûte des pins… Encore une ! (…) C’est fini. On court à la rencontre de sa maison … Les ruelles brillent des éclats de vitres pulvérisées… Les maisons du quai occidental sont éventrées ; l’Hôtel de la Tour-Kommandantur fissuré, intérieurement vidé ; les Allemands emportent morts et blessés (…) Une trentaine de maisons détruites, une centaine démantibulées. Il n’y a plus qu’à déblayer les rues. Et à enterrer les morts : un réséda en grande tenue prend part, sympathise, protège. (…) Depuis cette preuve sanglante que les bombardiers ne se désintéressent pas de Sanary, les propriétaires creusent des tranchées-abris : six marches conduisent au fond d’un trou tapissé de caillebotis. Un rebord pour recevoir lanterne et nourriture. Un banc. Trois pieds de terre sur un plancher de poutres vous garantissent côté ciel (Valloton B., 1945).
12. Après le bombardement du 29 Avril 1944
1. les familles – par centaines – se retrouvèrent sans toit, sans cuisine pour préparer les maigres repas ; d’autre part, ce 29 Avril a été ressenti comme un avertissement : l’Arsenal de Toulon, les entreprises locales, les chantiers, la gare étaient des cibles pour les “forteresses volantes” américaines ; l’imprécision notoire des aviateurs US dans le lâcher des bombes a provoqué à ce moment-là une véritable peur panique. La distribution des “repas” et de quelques linges par le “Secours National” révéla la pauvreté des moyens devant l’immensité des besoins. C’est ce qui incita des centaines de familles à fuir dans des départements plus tranquilles : La Drôme, la Loire surtout et aussi pour ceux qui y avaient des parents ou amis, le Haut-Var, les Basses Alpes. Ce sont surtout les femmes et les enfants, les personnes âgées qui prirent le chemin de l’exil. Des familles furent ainsi disloquées. Pour les ouvriers s’est tout à coup posé un grave problème : qui va faire la “queue” sur le marché de moins en moins alimenté ? Qui va préparer le repas ? Je me souviens de ma propre situation : le logement, Impasse Gay-Lussac, entièrement écroulé, ma mère et mon jeune frère évacués dans la Haute-Loire ; j’avais un copain, SEUZARET, militant du syndicat, dans le même cas. Il vivait avec son père, veuf, retraité ; nous connaissions une famille dont seuls restaient deux frères. Seul, le père SEUZARET assurait tout : les courses, les repas. Il arrivait des jours où il était complètement exténué surtout lorsque sa bourriche était quasiment vide après des attentes de 5 heures du matin jusqu’à 9 ou 10 heures. Et parfois il éclatait de colère devant ce sort qui lui était réservé. Ce souvenir que je rappelle a surtout pour but de bien comprendre la situation en mai 44 et ce que vivaient les 800 à 900 ouvriers et employés des chantiers. La faim, la peur de nouveaux bombardements ne les abattirent pas, au contraire : ce fut un levain (Louis Puccini, La Seyne et la Résistance).
13. L’EGLISE SAINTE-THERESE DE MAR VIVO – Après avoir reçu des éclats de bombes, lors du bombardement allié du 29 avril, l’église Sainte-Thérèse de l’Enfant-Jésus, à Mar Vivo, est fermée en août sur ordre des Allemands. Ils ont l’intention de raser tout ce quartier du bord de mer pour y faire des ouvrages militaires, par crainte d’un débarquement. Mais ils n’ont pas le temps de mettre leur projet à exécution (Gérard Delattre, Pierre Saliceti, 2002, vol. 2).
14. Témoignage de Mme Marie Glade (Cahier du patrimoine ouest varois, Sanary, 2004) : « Les bombardements : J’étais alors à Marseille lorsque le premier bombardement eut lieu. Folle d’inquiétude, je pris le train pour rentrer chez moi, comme celui-ci s’arrêtait à Bandol, je gagnai Sanary à pied. C’était le lendemain du 29 avril 1944, il y avait un entonnoir de bombe à deux pas de notre villa, à l’emplacement du garage des cars que les Allemands utilisaient pour leurs véhicules. Le mur de la maison qui donnait sur le garage avait bougé, et au premier la porte de la cuisine avait été ébranlée. Par la suite, alors que j’habitais Sanary, les bombardements se sont multipliés ».
–1945 – 29 avril et 13 mai :
1. Elections municipales, les premières auxquelles les femmes participent. Victoire de la Résistance et des partis de gauche, associés au FN et au MLN, mais la confection de listes communes n’a pas été possible dès le 1er tour. Le communiste Bartolini est maire de Toulon. Le Dr Sauvet (FN) maire de La Seyne.
2. Elections municipales à La Seyne – Les élections municipales se préparèrent dans une ambiance de fièvre. La liste d’Union Républicaine et Résistante conduite par le docteur Jean Sauvet avait le soutien efficace du Parti communiste. Elle comprenait des représentants du Front National (rien de commun avec le F.N. actuel puisqu’il regroupait le Parti communiste, des catholiques résistants, le Parti radical, des prisonniers de guerre, des déportés, la C.G.T.,…). La liste socialiste qui lui fut opposée, conduite par le docteur André Weill, comportait essentiellement des élus socialistes d’avant la guerre (Albert Lamarque, Georges Limoge, Frédéric Andrieu, Antoine Créma, Marius Gugliéri, Louis Sauvaire, Timothée Valentin, etc.). Le 29 avril 1945, les élections municipales donnèrent les résultats suivants : Électeurs inscrits (non compris Saint-Mandrier) : 11 637. Votants : 8 104 – Blancs ou nuls : 198. Suffrages exprimés : 7 906 – Majorité absolue : 3 954. Liste d’union Républicaine et Résistante : Minimum : 4 860 (en raison des ratures) Maximum : 5 249. Liste Socialiste S.F.I.O. : Minimum : 2 541 Maximum : 2 835. La liste du Docteur Sauvet fut donc élue au premier tour, ToussaintMerle ayant contribué largement à cette victoire par sa présence dans tous les quartiers et associations de la ville. Dans cette période, on pensait, au Parti communiste, que les responsables politiques ne devaient pas cumuler leur fonction avec un mandat électif. Les choses allaient bien changer par la suite. Le Docteur Sauvet eut deux collaborateurs principaux : Léon Mary premier adjoint, syndicaliste très populaire parmi les ouvriers des chantiers, et Pierre Fraysse, bien connu à La Seyne comme pilier de la franc-maçonnerie, animateur de nombreuses associations locales et adversaire résolu de la précédente municipalité. Avec leurs collègues, ils firent de leur mieux pour la remise en route de la vie communale : les rentrées scolaires furent assurées, les administrations publiques relogées dans des locaux convenables. Notons par exemple : le transfert de la Mairie détruite dans l’école maternelle de la rue d’Alsace pour l’Administration générale et dans l’école de la rue Messine pour les services techniques, l’installation de la poste, gravement sinistrée, dans les bâtiments inoccupés de l’externat Saint-Joseph (boulevard du 4-Septembre), classes préfabriquées aux quartiers Berthe et Les Plaines ; remise en état du foyer des vieux, des terrains de sport et du cimetière, bouleversés par les bombes, réfection de la voirie, réorganisation des services d’incendie, d’hygiène, du nettoiement, création d’une ambulance municipale, etc… (Marius Autran, tome 2, 1987).
–1949 – 29 avril : NOUVELLES DE NOTRE MARINE – Après un grand carénage, l’aviso « Elan » reprend la navigation et l’entraînement sur les côtes d’Algérie et de Tunisie (Gérard Garier, Les avisos de 630 t, l’Elan).
–1952 – 29 avril : Guerre froide – Un avion français est mitraillé par des chasseurs soviétiques dans le corridor de Berlin (Alain Peyrefitte, 1986).
–1958 – du 27 au 29 avril : Conférence tenue à Tanger regroupant les représentants du FLN, de l’Istiqlal et du Neo Destour.. Le F.L.N. s’y fait reconnaître comme représentant de l’Algérie combattante (id.).
–1959 – 29 avril : Le corps de darLan est amene D’ALGER A MERS EL-KEBIR – Mers el-Kébir, le 29 avril 1964 – L’escorteur d’escadre Maillé-Brézé amène le corps de l’amiral Darlan d’une casemate de l’Amirauté d’Alger om il avait été déposé le 26 décembre 1942, à Mer el-Kébir. A la coupée du bâtiment, le commandant et l’équipage lui rendent les honneurs.
–1964 – 29 avril : Publication dans l’Echo d’Oran d’un entretien entre Pierre Laffont et le général de Gaulle où il est dit : « L’Algérie de papa est morte» (id.).
–1966 – 29 avril : SOUTIEN DE SAINT-MANDRIER AUX OUVRIERS EN GREVE DES FCM-LA SEYNE – « A la suite de la réception par le Conseil municipal de Saint-Mandrier de Monsieur le maire de La Seyne (Toussaint Merle) et d’une délégation des syndicats des Forges et chantier de la Méditerranée qui nous ont exposé la situation du personnel ouvrier qui s’aggrave de jour en jour, et des démarches envisagées pour aider ce personnel dans leurs justes revendications en tenant compte de leur décision d’une marche sur Paris, afin d’attirer l’attention du public sur cette grave question, une collecte sera faite parmi la population de Saint-Mandrier, car pour mener à bien cette action, il faut beaucoup d’argent. Le Conseil municipal a déjà versé la somme de 500 francs. Le maire lance un vibrant appel à tous. Les oboles si petites soient-elles seront reçues au bureau de la mairie où une liste de souscriptions est ouverte » (Le Petit Varois du vendredi 29 avril 1966). Les Forges et Chantiers de la Méditerranée (F.C.M.) sont à ce moment-là occupés par des travailleurs en grève pour la défense de l’emploi (Ken Nicolas, vol. 2, p. 244-245).
–1998 – 29 avril : Justice – Roland Dumas est mis en examen par la juge Eva Joly.
–2019 – 29 avril : METEO SANARYENNE : du soleil pour toute la journée, accompagné d’un vent de nord-est à 25 et 45 km/h jusqu’à 11h et de températures voisines de 11°. Puis, à partir de 11h, le vent passera au sud-est, faiblissant à 10 km/h avec une température de 16°. Dès 14h, le vent d’ouest devrait revenir pour atteindre 30 à 55 km/h, tandis que la température s’établira à 19°. En fin d’après-midi, le vent devrait faiblir, passant à 10 km/h avec toutefois des rafales à 45 km/h pour s’éteindre en soirée. La nuit prochaine, les températures devraient se stabiliser à 13° jusqu’à 2h du matin
–2020 – 29 avril : EDITO. Un ex-patron chinois très médiatique, Ren Zhiqiang, pourtant membre du Parti communiste, avait traité le président Xi Jinping de « clown » pour sa réaction tardive au Covid-19. Il a été placé sous enquête pour « violation de la discipline ». En Chine, on ne rigole pas de n’importe qui. Tandis qu’aux Etats-Unis, chargée d’organiser une convention évangélique le 24 février à Miami, dans le cadre de la campagne pour la réélection de Trump, Kayleigh McEnany avait affirmé que, grâce à leur miraculeux président, « les Etats-Unis ne verront pas de maladie comme le coronavirus ». Quinze mille morts plus tard, cette grande visionnaire a été nommée porte-parole officielle de la Maison-Blanche. No comment.
-2021 – 29 AVRIL : OLLIOULES – obsèques de René GRAMONDI à Ollioules. Rassemblement devant la Mairie où un hommage lui sera rendu puis enterrement au cimetière central.

-2023 – 29 avril : Nous apprenons les décès de Bernard Oustrière et de Simone Vanmalle. Nous présentons nos sincères condoléances à leurs familles qui comptent parmi nos amis de longue date. Paul et Danielle, toutes nos pensées vont vers vous !

UNE BLAGUE POUR LA ROUTE : Chez un marchand de voiture, un gars venu du fin fond de sa campagne contemple un véhicule exposé.
– Elle est belle, hein? fait le vendeur. Une première main ! Une occase exceptionnelle, mon bon monsieur, comme neuve ! Et elle tape le 160…
– Ça veut dire quoi, taper le 160 ?
– Eh bien, par exemple, vous dînez chez vous tranquillement. Ensuite, avec votre femme, vous montez dans la bagnole, et à onze heures du soir, vous êtes à Paris. C’est pas beau ça ?
– Oh ! Cré nom ! je vas l’acheter. Je reviendrai demain avec l’argent…
Le lendemain, pas de gars de la campagne. Ni le surlendemain, ni les jours suivants. Et voilà que trois semaines plus tard, le vendeur de voiture le rencontre dans la rue.
– Et Alors, qu’est-ce qui se passe ? Vous deviez passer prendre la bagnole le lendemain, c’était convenu !
– Be oui… Mais finalement, j’ai changé d’avis. Parce que, comme m’a dit la Marie : « Qu’est-ce qu’on irait foutre à onze heures du soir dans une ville où on connaît personne ? »

Et ce sera tout pour aujourd’hui !
Je vous souhaite à tous et toutes un très bon samedi.
Bonne journée à Isabelle, Webber, Raphaël et Olivier !
Adessiatz !
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