EPHEMERIDES 23 MARS

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ÉPHÉMÉRIDES DU JEUDI 23 MARS 2023, 11e ANNÉE (n° 3773).

ILLUSTRATION. Méounes (Var) la ferme de Valbelle (mai 1966).

QUESTION DU JOUR : Le Gouvernement provisoire de la République française (GPRF) annonce officiellement la création de l’Union française et de la Fédération indochinoise en 1944 ? 1945 ? 1946 ? 1954 ?

REPONSE A LA QUESTION DU 22 MARS : de quelle année date-t-on le soulèvement de la Guillotière et l’instauration de la Commune à Lyon ? 1871.

FÊTES :

Le 23 mars, nous fêtons les 3900 Victorien de France, du nom d’un saint de Carthage tué en 484 en Tunisie sous Hunéric, le roi des Vandales d’Afrique, châtiment sans rapport direct avec le dicton du jour : « S’il pleut à la saint Victorien, on ne ramassera que du foin », autrement dit pas grand-chose ! C’est pas beau ça 

Dans le calendrier républicain An II, c’était à l’asperge qu’était dédié ce troisième jour du mois de germinal. A ma connaissance, si j’ai connu des Marguerite, des Rose ou des Jacinthe, je n’ai jamais rencontré de filles prénommées Asperge ! sauf occasionnellement, par ci, par-là, une grande asperge ! et encore … chut ! ne l’ébruitez pas !

LOCUTION PROVENÇALE : « Li passeroun se prenon emé lou silenci, li gent emé lou brut ». Après traduction, vous goûterez le sel de ce dicton pourtant ancien : « Les passeraux se prennent en silence, les gens avec le bruit ».

EN DIRECT DE NOTRE BIBLIOTHEQUE : Oscar Wilde

Le portrait de Dorian Gray, Stock, 1983, rééd. Livre de Poche 569, 1983, 286 p.

The picture of Dorian Gray, dans : A gothic treasury of the Supernatural, 1981, Crown Publishers, rééd. Par Leopard Books, Londres, 1996, p. 245-378.

Aphorismes, Ed. Mille et une Nuits, 1995, 104 p.

PENSÉE DU JOUR :  : « L’être qui ne connaît pas la pitié est en dehors de l’humanité, et ce mot même d’humanité est souvent pris comme synonyme de pitié. » (Arthur Schopenhauer, Douleurs du monde).

A TRAVERS LES VIEILLES RUES DE MARSEILLE (André Bouyala d’Arnaud).

-185e livraison :  AUTOUR DU QUARTIER DE LA PLAINE (suite)

(suite) RUE DE LA BIBLIOTHEQUE

La place Saint-Michel et la rue des Trois-Mages étaient reliées par une traverse qui longeait le mur du couvent des Bernardines et dans laquelle débouchait la rue Sénac. Cette traverse était un véritable dépôt d’ordures et la circulation y était impraticable. « Quand la nuit la couvrait de ses ombres, dit un historien de Marseille, elle devenait alors le théâtre des plus dégoûtantes débauches. Les personnes honnêtes n’osaient pas s’y risquer. » Les propriétaires des terrains avoisinants protestèrent auprès de la ville, mais la ville ne voulut rien entreprendre ; par délibération du 18 mars 1831, elle consentit seulement à autoriser les propriétaires à entreprendre, eux-mêmes, ce que bon leur semblerait. Par leurs soins, la traverse devint rue et fut baptisée rue Napoléon, Elle prit le nom de rue de la Bibliothèque après la construction de la nouvelle bibliothèque ; un local dépendant de celle-ci se trouvait en effet sur cette rue. Il était destiné au logement du personnel, mais fut affecté au Conservatoire de Musique.

Le Conservatoire date de 1821. En 1819, le ministre de l’intérieur avait signalé au comte de Villeneuve-Bargemont, préfet des Bouches-du-Rhône, l’utilité de créer à Marseille une école communale de musique. « Les voix du midi sont très belles, disait le ministre, et il convient de cultiver ces dispositions naturelles. »

Alors vivait à Marseille un professeur de musique vocale nommé Barsotti et natif de Florence. Le Conseil municipal lui accorda une subvention et, le 1er décembre 1821, fut ouverte l’Ecole spéciale de Musique et de Chant dans le local des cours communaux de la rue d’Aubagne. Mais ce qui devait arriver arriva : la musique gêna les cours communaux. L’Ecole de Musique commença alors des pérégrinations dans des établissements nullement destinés à la recevoir. En 1847, elle se transporta dans l’édifice de la Maternité, aux allées de Meilhan. En 1855, la faculté des Sciences prenant possession de la Maternité, l’école de musique retourna rue d’Aubagne. Devenue le Conservatoire de Musique, elle est installée maintenant, et selon le même principe, dans un local qui ne lui convient guère, à la nouvelle Bibliothèque de la Ville.

(à suivre)

ÉPHÉMÉRIDES.

431 – 23 mars : les églises et les cimetières jouissaient du droit d’asile en vertu d’une loi de Théodose le jeune datée du 23 mars 431. Ce droit comprenait non seulement l’intérieur du temple, mais toute l’enceinte du lieu sacré (de Ribbe, 1898, p. 465 et suiv.). C’est ainsi que les Ollioulais règlèrent un litige dans le cimetière : le 11 des calendes d’octobre 1274, une grande convocation fut faite au son des cloches pour la tenue d’un parlement public dans le cimetière de la paroisse – in cimeterio. Il avait pour objet le règlement d’un litige avec une localité voisine. L’arbitre fut l’archevêque d’Arles qui vint mettre la paix entre les intéressés.

1169 – 23 mars  : Saladin devient vizir d’Égypte, le principal État arabe, après avoir renversé le vizir Chîwer. C’est le début d’une progression qui conduira cet officier kurde originaire de Takrit à réunir la Syrie à l’Égypte et ainsi prendre en tenaille les États francs de Palestine.

1180 – 23 mars au 24 mars 1181 :  (Emilie 2) ville de PLAISANCE –  pluies continues pendant toute l’année du 23/03/1180 au 24/03/1181

1219 – 22 ou 23 mars : donation de Roncelin – Latran. Bulle d’Honorius III au monastère de Saint-Victor, approu­vant les opérations des commissaires pontificaux relatives à la donation de Roncelin du 30 novembre précédent à l’abbaye de Saint-Victor, à savoir la possession de ce qui avait appartenu à Roncelin à Marseille et Saint-Marcel ainsi que du port, de la ville et les parts du tonlieu qui lui reviennent ; l’abbé fait ériger l’étendard de Saint-Victor avec la croix sur la tour du Tholonée.  (acte des vicomtes de Marseille n° 406, Henry de Gérin-Ricard, 1926. Réf. : B. Arch. du Vatican, Regesta Ilonorii III, liv. III, fol. 72. — C. Saint-Victor, Petit Cartulaire, fol. 92. a. Belsunce, L’antiquité de l’église de Marseille, t. II, p. 71. — b. Guérard, n° 913. — c. Horoy, Honorii papae III opera omnia, t. III, p. 167, n° 158. — d. G. Doublet, Recueil des actes concernant les évêques d’Antibes, n° CLVI. Ind. : A. Potthast, n° 6016, au 23 mars. — P. Pressuti, n° 1949).

1233 – 23 mars : BARRAL DES BAUX PROMET D’AIDER MARSEILLE DANS SA LUTTE CONTRE LE COMTE DE PROVENCE –

à Marseille. Promesse faite par le vicomte Raimond des Baux le Vieux, Bertrand et Guillaume, ses fils, Barral des Baux, fils d’Hugues, et d’autres seigneurs, avec le consentement de Raimond VII, comte de Toulouse et marquis de Provence, d’obéir aux ordres de Caille de Gurzan, nonce de l’Empereur, au sujet de la guerre entreprise par les comtes de Toulouse et de Forcalquier, les seigneurs des Baux, la commune de Tarascon et la ville vicomtale de Marseille contre Raimond Bérenger V, comte de Provence et la ville d’Arles (de Gérin-Ricard, acte 478 des vicomtes de Marseille : B. Arch. départ. des Bouches-du-Rhône, B 325 ; IND. Dr Barthélemy, Inventaire, n° 1245 ;  Boehmer-Ficker, t. V, n° 13123).

Le 23 mars : Marseille. Barral des Baux et Guillaume Ier des Baux approuvent la promesse faite par le viguier et les conseillers de la ville de Marseille, d’obéir à l’Empereur Frédéric II pour la guerre existant en Provence entre Marseille, le comte de Toulouse, la commune de Tarascon et les seigneurs des Baux, contre Raimond Bérenger V, comte de Provence, et la ville d’Arles (de Gérin-Ricard : B. Arch. départ. des Bouches-du-Rhône, B 325 ; IND. Dr Barthélemy, Inventaire, n° 246 ;  Boehmer-Ficker, t. V, n° 13125.).

1301 – 23 mars : LIEUX-DITS DE MARSEILLE – Cornaneves, 23 mars 1301 (charte  aux archives municipales). Cornanèves – lieu-dit, quartier de Sainte-Marthe, en dessus de la Mascaronne (1872). Première mention : Corgnaneves, 27 novembre 1272 (charte aux archives municipales).

1310 – 23 mars : UN DEBARCADERE POUR TOULON – En assemblée générale, les Toulonnais décident la construction de deux ponts pour constituer un débarcadère convenable sur la mer. Ce sera un môle en bois, établi sur des pieux en bois enfoncés dans la vase, qui avancera d’une quinzaine de mètres dans la mer, sur le Carré du Port (F.T., 2020).

1534 – 23 mars : Le roi d’Angleterre Henri VIII Tudor est excommunié par le pape qui n’accepte pas son divorce avec Catherine d’Aragon et son remariage avec Anne Boleyn.

1629 – 23 mars : LIEUX-DITS D’AUBAGNE (acte aux archives de l’E­vêché) –

1. Vallon de Belle-Viste. Belle-Viste – lieu-dit, quartier de Solans. Première mention : Belleria, 27 mars 1363 (charte aux archives municipales).

2. Deffensions des Orts. Les Deffensions – lieu-dit, quartier  de Beaudinard. Première mention : Desvens des Orts, 8 septembre 1453 (ibid.).

3. Grillon, quartier rural. Première mention le 7 octobre 1582 : Graillon ou La Gogo de las Vacquas (acte aux archives de l’Evêché).

4. La Torrette. Passon – quartier rural. Première mention : Lo Ceire de Passon, 26 septembre 1344 (acte aux archives de l’Evêché).

5. La Font des Arcs. Royente, quartier rural. Première mention : Rolhenta, Roylhenta, le 18 octobre 1476 (registre aux archives de l’Evêché).

1653 – 23 mars: Mort d’Alphonse-Louis du Plessis de Richelieu, cardinal, 14ème abbé commendataire de Saint Victor de Marseille. 65ème abbé de Saint Victor de Marseille (d’après la liste établie par Edouard Baratier, Georges Duby, Ernest Hildesheimer, 1969) mais 58ème selon celle de P.-A. Amargier et Edouard Baratier. Cardinal alphonse-louis duplessis de richelieu, 1639-1653 : bulles de provisions du 7 décembre 1639, mise en possession du 23 janvier 1640. Archevêque d’Aix, puis de Lyon. Mort le 23 mars 1653, Il était seigneur majeur de Six-Fours (E. Baratier, 1966, Abbatum Massiliensium….).

1744 – 23 mars : LES BATAILLONS DE MILICE RENFORCENT LES UNITES DE MARINE – Les trente-six bataillons de milice et d’infanterie affectés à la garde de la côte provençale sont renforcés par des unités de la marine (lettre du marquis de Mirepoix au sujet du ravitaillement du régiment de cavalerie de Rochechouart appartenant à l’une de ces formations du littoral citée par Louis Baudoin, 1965, p. 429).

1782 – 23 mars : Disparition à terme des monastères d’Ollioules : au Conseil, le Maire a dit et proposé que l’état des deux monastères de religieuses d’Ollioules, celui des Ursulines et celui de Sainte-Claire, exige l’attention particulière du Conseil. Le monastère de Sainte-Ursule est réduit à 3 religieuses âgées, celui de Sainte-Claire à 6 également d’âge avancé. De sorte que tout semble annoncer une destruction (disparition) totale et prochaine de ces deux communautés si le Roi n’autorise pas qu’elles reçoivent des novices. Une lettre sera adressée à l’évêque pour appuyer cette demande  (Castellan E., 1937, p. 205).

1789 – 23 mars : EMEUTES A TOULON – Dans le cadre du rassemblement des assemblées préparatoires aux Etats Généraux, des centaines de femmes en colère envahissent l’hôtel de ville de Toulon et réclament la baisse du prix du pain, car la faim et la misère sont grandes. La municipalité plie (F.T. 2020).

Un groupe sommairement armé dévaste les maisons de deux édiles, Beaudin et Mouchon. Des émeutiers pillent le palais épiscopal et précipitent le carrosse de l’évêque dans le port. (ibid.)

1792 – 23 mars : Le roi appelle au gouvernement un « ministère girondin » (Pierre Goubert, Initiation …, 1984). Les Girondins, enfin au ministère, rêvent, pour leur part, du conflit où se démasquerait le roi (Michel Vovelle, 1987, « La Révolution ».) Après s’être séparé de ses ministres du club des Feuillants, tous favorables à la monarchie constitutionnelle, le roi Louis XVI appelle au gouvernement des amis du député de la Gironde Brissot, que l’on appelle Brissotins et qui seront plus tard connus sous le nom de Girondins. Ardents révolutionnaires, ils participent aussi au Club des Jacobins. À l’Assemblée Législative, ils plaident pour la guerre contre l’Autriche. Le roi, pour des raisons opposées, est aussi favorable à la guerre. C’est ainsi qu’il nomme Roland à l’Intérieur, Clavière aux Finances, Dumouriez aux Relations extérieures, Duranthon à la Justice et Servan à la Guerre.

1793 – 23 mars : tri des papiers les plus « propres au service de l’artillerie » – Les administrateurs du directoire du district de Toulon ordonnèrent le tri des papiers les plus « propres au service de l’artillerie » et cette décision tout en fournissant « des ressources aux arsenaux » présentait « l’avantage d’anéanti tir des titres qui rappellent l’esclavage des peuples». Hâtons-nous d’ajouter qu’ils se bornèrent à exécuter un ordre venu de Paris. Les gargousses, formées grâce à ces papiers très résistants, devaient être évidemment excellentes, mais les lacunes créées dans l’histoire locale par cette destruction intempestive sont fort regrettables (Roger Vallentin du Cheylard, Sanary et le siège de Toulon, 1913-1914, rééd. 2001).

-1794 – 23 mars : LETTRE DE Gairoard, emprisonné à Toulon – De sa prison toulonnaise, Gairoard écrivit ce jour-là aux officiers municipaux de la commune du Beausset une lettre très touchante qui fut son ultime plaidoyer. Les chants les plus désespérés sont les chants les plus beaux, a dit le poète. Cela est vrai pour Gairoard. Jugez-en : « Il m’importe pour ma justification de vous faire connaître quelle a été ma conduite, et comme vous n’y verrez que le langage de la vérité, j’ai tout lieu d’attendre de votre justice que vous voudrez bien en vrais républicains souscrire la vérité que je vais vous citer et dont les faits vous sont tous connus. J’ai toujours été l’ami du peuple, soulagé l’indigent autant que mes moyens pouvaient me le permettre. J’employais toutes les années nombre de cultivateurs à faire des plantations en vigne, tandis que les rigueurs de l’hiver ne leur permettaient pas de s’occuper à d’autres cultures. J’ai fait faire des bâtisses considérables, et employé pendant longtemps nombre d’ouvriers. Faisant le commerce du vin, je m’atta­chais quand le prix paraissait être le plus avantageux, de l’acheter de préférence de cette classe de citoyens qui n’avait pas de grandes ressources, pour les faire profiter, de préférence aux citoyens à qui la for­tune offrait plus de moyens. Ces deux derniers objets ayant porté la plus grande atteinte à ma fortune ainsi que la perte de deux bâtiments que j’avais et qui étaient destinés pour le transport du vin. Je ne vous parlerai point des malheurs qu’ont essuyé mes pro­priétés locales ; ce souvenir vous affligerait et mon dévouement pour l’intérêt de la République m’en a fait faire depuis longtemps le sacrifi­ce. A l’époque de 1789, je me suis toujours montré l’ami de la Révolu­tion. En bon patriote soumis aux décrets de la Convention, j’ai payé mes impositions avec exactitude, j’ai fait mon service dans la garde nationale avec le zèle infatigable d’un vrai républicain. J’offris pour le service de la République toute la paille du produit de ma terre, les registres de la commune en font mention. Mes sentiments à ne pas fai­re aux autres ce que je ne voudrais qu’il me fût fait. Voilà, citoyens ad­ministrateurs, quels ont toujours été et sont mes principes. Mais j’ai appris en passant au Beausset, par la pluralité des ci­toyens que le seul reproche qu’on avait à me faire était d’avoir quitté Le Beausset pour aller m’établir à Marseille. Ce n’est pas là un crime. Mais ce que je puis dire, c’est que ça a été pour moi la plus grande des privations que de quitter tous mes concitoyens que je ché­rissais, et chéris en frères. J’en ai éprouvé le retour bien sincère, et c’est dans cette occasion ou j’ai tout lieu d’attendre de vous tous, et je vais me justifier à cet égard. Le dérangement de ma fortune occasionné par les faits ci-des­sus cités me fit effectuer le projet de m’établir à Marseille pour y en­treprendre quelque objet de commerce. Mais l’augmentation énorme des denrées qui était contraire aux intérêts du peuple m’imposa la né­cessité de ne pas me livrer à aucune spéculation. Je me bornai alors à me procurer les moyens défaire la connaissance des armateurs pour les colonies, pour rendre mon commerce plus considérable dans la partie du vin, et procurer aux habitants de la commune du Beausset un plus grand débouché. D’ailleurs je pourrais encore dire avec vérité que ma femme ne pouvant rétablir sa santé à la suite de ses couches, avait besoin d’un changement d’air pour éviter de tomber dans un état de marasme qui faisait craindre pour ses jours, et dont elle est encore attaquée dans ce moment. Je ne vous citerai point ici quelle a été ma conduite pendant mon séjour à Marseille depuis mon absence du Beausset. J’ai remis à mes juges toutes les pièces justificatives pour ma décharge, signées de tous les sans-culottes de mon arrondissement ainsi que celles signées de toute la municipalité et sans-culottes de La dotât, mon lieu natal, qui attestent de mon civisme. A toutes ces considérations, j’ai tout lieu d’attendre que vous ne vous refuserez pas à signer la vérité. Et en hommes justes, parce que vous êtes républicains, ce qui méfait espérer que mes dénonciateurs reviendront des fausses impressions que la malveillance a pu leur donner sur mon compte. J’espère que vous voudrez bien par cet exemple les faire revenir de leur erreur. Vive la République. Xavier Gairoard ».

Malheureusement pour Gairoard, (qui voulait exporter les vins du Beausset vers les colonies ! …), ses dénonciateurs étaient Portal et Vidal, et il n’y a personne de plus froids et insensibles que des révolu­tionnaires doctrinaires. Portal et Vidal étaient de ceux-là. Ainsi malgré cette émouvante supplique, les élus beaussetans ne purent pas, ou ne voulurent pas intervenir en faveur de Gairoard, leur ancien collègue. Et l’ancien maire et premier consul du Beausset de 1788, membre de l’équipe municipale de 1787 jusqu’en 1790, fut fusillé à Toulon, apparemment sans autre forme de jugement, par un beau jour du printemps 1794. (Gérard Delaforge, Le Beausset et la Révolution française…).

1795 – 23 mars (3 germinal an III) : RETOUR D’EMIGRATION – Audibert Jacques, notaire, citoyen de La Seyne émigré, rentre chez lui le 3 germinal an  III (Louis Baudoin, 1965).

-1799 – 23 mars ou samedi 16 du mois de Shawwâl 1213 (Extrait du « Journal d’un notable du Caire durant l’expédition française 1798-1801 », cf. référence donnée le 10 février) :[Les troupes françaises rapportent des étendards de Jaffa] Samedi 16 [23 mars 1799] Les drapeaux et les étendards enlevés à la citadelle de Jaffa ont été envoyés à al-Azhar. Il y en avait 13, dont certains avec la pointe en argent. La veille, les soldats avaient descendu les drapeaux d’al-’Arîsh qu’ils avaient hissés au sommet des minarets, pour mettre à leur place ceux de Jaffa. Dans cette intention, ils organisèrent un défilé de soldats, avec un tambour en tête : suivaient l’aghâ avec sa suite, le muhtasib, les conseillers du Dîwân et, après eux, un tambour sur lequel on tapait avec frénésie. Enfin, derrière, venaient des militaires, fusil sur l’épaule, comme le groupe de tête. Suivaient des militaires en turban blanc, qui portaient les étendards et les drapeaux. La marche était fermée par des officiers à cheval ou sur des ânes de louage. A la porte de la mosquée d’al-Azhar, eut lieu la remise des drapeaux : ils en placèrent un, largement déployé, à la grande porte, au-dessus de l’école, et l’autre à la porte qui est du côté du quartier des Kitâma, connu actuellement sous le nom d’al-‘Aîniyya. Cette fois-ci, ils ne montèrent pas aux minarets, comme ils le firent pour les drapeaux d’al-‘Arîsh (à suivre).

1836 – 23 mars : LA CONSTRUCTION NAVALE A LA CIOTAT – S’inspirant de ce qu’il a vu en Angleterre, Louis Benet, après avoir créé à Marseille la fonderie de fer «Louis Benet et Cie», retourne à La Ciotat pour mettre en place une nouvelle entreprise pour la fabrication des machines à vapeur, un atelier de fonderie et un atelier de construction de bateaux à vapeur et navires de guerre. Une société en commandite est créée le 23 mars 1836 avec l’aide de quelques armateurs marseillais dont Jacques Fraissinet vite rejoint par les frères Schneider qui seront remplacés par James de Rothschild. La société regroupe l’établissement de La Ciotat, un atelier de construction à Marseille (plage des Catalans) et un autre à Toulon au Mourillon (établissement Peyruc) (Serge Razzanti, Cahier du Patrimoine ouest varois n°14, 2012).

1838 – 23 mars : CONQUETE DE L’ALGERIE – Ollioules héberge un bataillon du 12ème régiment de ligne appartenant au corps expéditionnaire d’Afrique, soit 600 hommes (Castellan E., 1937, p. 296).

1842 – 23 mars : Mort de Marie Henri Beyle, plus connu sous le pseudonyme de Stendhal et sous d’autres noms de plumes tels que Louis Alexandre Bombet ou Anastase de Serpière. Il est un des grands représentants du roman français au XIXe siècle, avec Balzac, Hugo et Zola. Nous lui devons, entre autres : « Le Rouge et le Noir »  en 1830, « La Chartreuse de Parme » en 1839 et « Lucien Leuwen », malheureusement inachevé. A 12 ans, je lisais son « Napoléon », publié chez Gründ en 1955, et, du même coup, « L’abbesse de Castro », édité par Marcel Gasnier en 1946.

1848 – 23 mars :

1. Les Milanais chassent les Autrichiens de leur ville au terme d’un soulèvement de cinq jours. La révolte avait débuté par la guerre des cigares, les Milanais s’abstenant de fumer pour ne pas payer la taxe sur le tabac… et les troupes d’occupation se plaisant à fumer sous leur nez de voluptueux cigares. Les Autrichiens du feld-maréchal Radetzky reprendront pied dans la ville et auront raison des velléités patriotiques des Italiens.

2. SAINT-TROPEZ – « EX-VOTO FAIT PAR J.-B. ALLEMENT, à bord de la frégate L’Andromaque à Messine, le 27 février 1856 » (huile sur toile signée Jules Hervy). Cette œuvre est ordonnée autour des trois composantes iconographiques majeures de l’ex-voto de grabataire, à savoir : un intercesseur céleste, un malade alité et plusieurs personnages veillant ou assistant le votant. Il s’agit pourtant ici d’un ex-voto authentiquement marin, la scène se passant à bord d’une frégate de la Marine Impériale. Le marin alité s’appelle Jean-Baptiste Alleman. Il est né à St-Tropez le 23 mars 1830, de Joseph Alleman et de Marie Alexandrine Couteau. Sa case matricule précise qu ‘il mesure 1,60 m et qu ‘il a les cheveux châtains foncés, le front couvert, les sourcils châtains, les yeux gris, le nez et la bouche moyens, le menton pointu et le visage ovale.

Matelot de 3e classe le 23 mars 1848, de 2e classe le 1erjanvier 1853 et de lre classe le 1erjuillet 1854, J.-B. Alleman naviguait à la pèche et au cabotage avant d’être appelé le 25 mai 1850 pour le service armé. Dirigé sur Toulon et admis à la compagnie d’inscription le 30 mai (n° 3 303), il rejoint l’escadre le 7 juin et fait alors partie de l’équipage de la corvette à vapeur “Le Mogador ». Passé à la division de Rochefort le 15 octobre 1851, il réembarque le 1er janvier 1852 sur “Le Mogador », embarque ensuite le 1er janvier 1855 sur la frégate “L’Andromaque”, là où la maladie le surprendra. Jean-Baptiste Alleman est congédié le 5 avril 1856 “comme ayant 5 ans de service à l’état ». Pour sa présence au bombardement d’Odessa le 22 avril 1854 et à celui de Sébastopol le 17 octobre 1854, Jean-Baptiste Alleman a reçu la médaille de Crimée et l’agrafe de Sébastopol. Il se marie à St-Tropez le 4 décembre 1856 avec Rose, Constance Lambot. Cf. : Arch. 3e R.M. Toulon : 4P64, fol. 261, n° 1122 et 4P65 : matricules des officiers mariniers et matelots de St-Tropez, fol. 307, n° 307. Chapelle Ste-Anne. Saint-Tropez, Var (Félix Reynaud, Michel Suhard)

1871 – 23 mars : Instauration de la Commune à Marseille, après celle de LYON. Une commission de 12 membres présidée par Gaston Crémieux proclame l’autonomie de la « Commune de Marseille ». Plus précoce qu’à Paris, son écrasement militaire interviendra dès le 4 avril, faisant près de 200 victimes (COMITÉ DU VIEUX-MARSEILLE).

La compagnie commandée par le capitaine LIONS fils, cantonnée à MARSEILLE, prend garnison à BANDOL le 10 Fructidor an III (27 août 1795), pour assurer l’ordre et la défense du canton SAINT NAZAIRE et BANDOL ; elle fournirait jusqu’à nouvel ordre un détachement à Sanary.

Pour assurer l’ordre et la défense du canton SAINT NAZAIRE et BANDOL, PACTHOD, général de brigade, commandant la place de MARSEILLE en état de siège, prescrivit à la compagnie commandée par le capitaine LIONS fils, cantonnée à MARSEILLE, de se rendre à BANDOL le 10 Fructidor an III (27 août 1795)où elle tiendrait garnison et fournirait jusqu’à nouvel ordre un détachement à SAINT NAZAIRE. Elle devait y vivre en bonne police et discipline militaire (Rotger B., 1984, p. 307-308).      ­

La pêche au thon à Bandol, tableau peint par Joseph Vernet, Bandol en 1754 (Musée de la Marine).

1875 – 23 mars : décret du Ministre de la Marine rétablissant les madragues – Par une lettre du 20 mars 1875 au préfet du Var, le commissaire général de la Marine, en réponse à une demande d’autorisation du rétablissement des madragues pour cause d’alimentation publique, l’informe qu’il a décidé que l’autorisation de caller des madragues sur le littoral des quartiers de Toulon, La Seyne, Saint-Tropez, Antibes, pourrait être accordée. Il ajoute qu’il demeure entendu que les détenteurs de madragues devront se conformer aux prescriptions en usage… De plus, ils ne pourront caler leurs madragues que pendant une partie de l’année… afin de ne pas nuire aux espèces sédentaires. (…)  En suite de quoi un décret du ministre de la Marine, en date du 23 mars 1875, rétablit les madragues. Cependant, à partir de cette époque, les thons s’écartant chaque année davantage du rivage et de leurs nouvelles routes migratoires entraîneront un déficit financier des derniers exploitants français et l’abandon définitif des madragues dont on ne retrouve plus trace en métropole après la 1ère guerre mondiale (Patania L., Guillaume J., 2002, p. 56, puis 75, selon Farrugiol 1979, IFREMER, Sète, cité par les auteurs).

1887 – 23 mars – AJELLO’S SAGA – “In nome del Re, noi console generale di S.M. il Re d’Italia in Marsiglia, (…) la nominata Scotto Lachianca Margherita, figlia Simeone Scotto Lachianca, nata a Procida, provincia di Napoli, laquele se case in Italia e Francia (…) il presento passaporto valavole per uno anno (…) Dato in Marsiglia il 23 marzo 1887. Signature illisible » (Archives familiales).

1900 – 23 mars : ACCIDENT EN RADE DE VILLEFRANCHE – Au printemps, les bâtiments de l’escadre séjournent à Villefranche-sur-Mer.  Le 23 mars, alors que la nuit tombe, la goélette Marie Clotilde vient mouiller dans le voisinage du cuirassé  Brennus. Dans la soirée, le vent tourne. Le cuirassé évite sur son ancre ; ce faisant, il heurte la goélette mouillée trop près. On s’empresse de conduire le voilier au quai de Villefranche-sur-Mer. L’examen des avaries montre qu’il ne court aucun danger bien qu’il ait été sérieusement malmené (Gérard Garier, Le Brennus).

1907 – 23 mars :

1. Les obsèques nationales des victimes du Iéna eurent lieu sur la place d’Armes à Toulon en présence du président Armand Fallières, des différentes personnalités dont Mgr Guillibert évêque de Fréjus et des corps constitués. Les cercueils des victimes étaient portés par des prolonges d’artillerie et le long cortège funèbre défila devant les survivants réunis.

2. SOCIETES SCOLAIRES ET POSTSCOLAIRES DE TIR, nées dans le cadre des circulaires des 18 et 23 mars et du 24 avril 1907, n’ont vu le jour qu’au lycée de Toulon, à l’Ecole normale de Draguignan et dans une vingtaine d’écoles primaires. On relève une fois de plus l’absence de La Seyne. Pourquoi la faiblesse du tir conscriptif scolaire dans le Var ? La Vie sportive du  20 juin 1908 lève un coin du voile :  « L’organisation du tir dans les écoles présente des difficultés et des dangers qui ont fait reculer les maîtres les plus audacieux. Comme une épée de Damoclès, l’instituteur a, suspendu sur sa tête, le fameux article 1384 du Code civil qui le rend responsable des accidents qui pourraient se produire pendant l’intervalle des classes« . Était-ce la seule raison ? (Jean-Pierre Gaugain, Cahier du patrimoine ouest-varois n°14, 2012)

1911 – 23 mars : : Population de la France – Au recensement de 1911, la France compte 39 605 000 habitants, sans l’Alsace-Lorraine (1 874 000). La population de Paris est de 2 888 110 habitants.

1918 – 23 mars : Le canon allemand à longue portée baptisé « la grosse Bertha » fait pleuvoir des obus sur Paris. Bilan : 256 morts, 620 blessés.

1919 – 23 mars : : En Italie, fondation des Fasci di combatimento, première étape du mouvement fasciste.

1923 – 23 mars : : FIN DE LA PREMIERE BASE AERIENNE DE SAINT-MANDRIER – Les ouvriers M. L. Moscotty ont enlevé en grande partie les vestiges des hangars de l’ancien centre d’aviation maritime de Saint-Mandrier qui enlaidissent le Creux Saint-Georges (Gisèle Argensse, 1989 ; p. 135 et 167).

1933 – 23 mars : 94 DEPUTES REFUSENT LES PLEINS POUVOIRS A HITLER – En Allemagne, Adolf Hitler obtient du Reichstag les pleins pouvoirs pour quatre ans, par 441 voix contre 94.

1935 – 23 mars : L’URSS cède au Japon ses intérêts dans les chemins de fer chinois.

1939 – 23 mars :

1. La semaine de 45 heures remplace celle de 40 heures, en vertu des nouveaux décrets, lois et mesures économiques liés à l’effort fait pour la défense nationale (Gisèle Argensse, 1989, p. 207)

2. Les forces Italiennes débarquent en ALBANIE. La signature d’un accord germano-italien met mal à l’aise un certain nombre de nos concitoyens (Gisèle Argensse, 1989, p. 207).

1940 – 23 mars : NOTRE MARINE AU COMBAT

1. Du 23 février au 23 mars, l’aviso-dragueur « Elan » subit un grand carénage à Brest comportant visites et démontages après 2 000 heures de marche. Passage au bassin du 6 au 13 mars, déplacement en rade de Brest le 22. Le 27, le navire appareillera de Brest vers Bertheaume (Gérard Garier, Les avisos de 630 t, l’Elan).

2. Un convoi de dix bâtiments escortés par l’aviso-dragueur « Commandant Rivière », part d’Oran le 23 mars, à 17 h. Il rejoindra le 25 le convoi 80 KS, composé de six bâtiments escortés par le torpilleur de 1 500 t Frondeur , l’aviso-dragueur La Capricieuse et le patrouilleur auxiliaire Terre-Neuve, qui a quitté Casablanca pour Brest et la Gironde, le 24 à 14 h (Gérard Garier, Les avisos de 630 t, le Commandant Rivière).

1941 – 23 mars : AVEC LES FNFL – Le 23 mars 1941, l’aviso-dragueur « Commandant Dominé » appareille de Freetown pour prendre poste sur l’arrière du convoi SL69 avec mission de patrouiller le jour à 4 milles et la nuit à 1000 mètres. Le convoi fera d’abord route à l’Ouest (276) pendant toutes les journées du 24 et du 25 jusqu’au point 08 ° 28 Nord et 18 ° 42 Ouest qui sera atteint le 25 à 16 h 00. Il viendra alors au 310 sur ordre du Commodore puis au Nord-Nord-Est à partir du 26 à midi. Précautions renforcées, en particulier pour l’obscurcissement des feux la nuit. A 10 h 45 le 26, le croiseur auxiliaire Bulolo ralliera. Puis apparaîtra à 18 h 15| un avion tout d’abord considéré comme ennemi, mais qui appartient en fait aux escadrilles du Furious, lui-même reconnu par le Commandant Dominé le lendemain 27 dans la matinée (Gérard Garier, Les avisos de 630 t, Commandant Dominé).

1942 – 23 mars :

1. MARINE DE VICHY – Du 6 au 23 mars, l’aviso-dragueur « Commandant Delage » escorte le convoi R 11 composé de quatre navires qui sont désormais ses habitués entre Cotonou, Tabou et Dakar (Gérard Garier, Les avisos de 630 t, Commandant Delage).

2. LES ITALIENS RECUPERENT DES NAVIRES DANS LE PORT DE TOULON Contrairement aux accords, le pavillon italien a été hissé le 21 février 1943 sur les quatre navires français non sabordés à Toulon : les contre-torpilleurs « Panthère », « Tigre » et « Lion », le torpilleur « Trombe » qui sont copieusement photographiés par l’agence officielle italienne « LUCE ». Ces navires quitteront Toulon entre le 23 mars et le 13 avril pour être incorporés dans la flotte italienne. Les Italiens n’auront pas la même chance avec le contre-torpilleur « Bison » pour lequel des mois de travaux sont encore nécessaires.

2. Nouvelles des Forces Navales Françaises Libres (FNFL) :la corvette « Détroyat » sort de refonte à Glasgow (Henri Ribot Ephémérides).

3. ARRÊT DU RENFLOUEMENT DE CERTAINS NAVIRES SABORDES A TOULON – La société Serra Giacoma abandonne le renflouement des contre-torpilleurs « Cassard » et « Tartu » entre le 16 et le 23 mars. Ces deux navires avaient été sabordés à Toulon le 27 novembre 1942.

1942 – 23 mars : ECHOS DE GUERRE.

1. DANEMARK : Premières élections libres dans un pays européen occupé ! 143 sièges pour la coalition nationale du Parti du Gouvernement. Les 5 restants pour les nazis danois et le Parti paysan pronazi (Jacques Legrand).

2. BERLIN : le Dr Korherr, statisticien de Himmler, l’informe que 1 419 467 juifs d’Europe ont été tués depuis le début de la guerre (id.).

3. TUNISIE : La première division blindée américaine venge sa défaite de Kasserine en détruisant 32 chars de la 10e division de Panzers à El-Guettar (id.).

1944 – 23 mars : LA GUERRE DANS TOUS SES ETATS.

1. FRANCFORT – Un raid de la R.A.F. fait 948 morts et 120 000  sans-abri.

2. Dans les villes et villages tchétchènes et ingoutches du Caucase, les hommes sont convoqués sur les places publiques en vue d’un prétendu recensement. Ils sont aussitôt désarmés et déportés par les troupes soviétiques, selon des ordres donnés par Staline. Le lendemain, c’est le tour des femmes et des enfants. Au total 500.000 personnes. Les malheureux sont accusés de collaboration avec l’ennemi hitlérien… bien que celui-ci se soit depuis plusieurs mois déjà replié loin du territoire.

3. L’ARMÉE INTERVIENT AUX F.C.M. LA SEYNE : Le 22 mars, le travail reprend normalement. Évidemment, la grève de la veille est abondamment commentée. Un sentiment nouveau se manifeste parmi les ouvriers ; c’est la première grève de 24 heures suivie d’un rassemblement, des heures durant devant les chantiers. La confiance dans leur force s’affirme d’autant plus que les ouvriers ont tenu tête au gardien chef et au groupe de gardes massés derrière la porte restée entr’ouverte. Et le plus important, c’est l’absence visible de la police et des Allemands. Tout semble possible. Pourtant ce 22 mars devait réserver des surprises. En effet, vers 8 heures 30, on m’appelle à mon titan. Je laisse mon coéquipier, un jeune comme moi, Michel POGGI récemment arrivé de sa Corse natale, et je descends. Un copain m’amène vers l’atelier de soudure où se trouvent réunis les militants du syndicat. Un camarade venu à vélo de La Ciotat nous apprend que dans sa ville, les dirigeants du syndicat CARMAGNOLE en tête, sont recherchés par la police, que les ouvriers se sont remis en grève. Il nous demande que La Seyne fasse grève par solidarité, nous expliquant que la même démarche s’adresse à Marseille, Port de Bouc. Nous voilà confrontés à un fait nouveau. Jusqu’ici les arrêts de travail, les manifestations, la grève d’hier étaient prévus à l’avance, préparés des jours durant avec le temps de voir les copains. Aujourd’hui, c’est nouveau. A situation exceptionnelle, moyens exceptionnels. On se répartit le travail, à chacun son groupe à voir et à décider sur le champ : rendez-vous “Place de la Lune” face à la porte. A croire que tout est possible, facile : les riveteurs, les titaniers, la soudure, enfin toutes les corporations se trouvent en grève. Il n’est pas 10 heures et devant la porte principale, sur la place, un grand rassemblement de centaines d’ouvriers s’est formé en un rien de temps. On commente les évènements de La Ciotat. Là, on ne parle même plus de revendications mais de la solidarité des ouvriers entre eux contre la police de Vichy ou allemande. Et chacun trouve naturel de se trouver là. Mais nous sommes un peu pris au dépourvu : que faire devant ces centaines d’ouvriers qui attendent ? Officiellement, “le syndicat n’est pour rien dans cette grève”, il n’est donc pas question de discours ; manifester ? Aller sur le Port ? Cette hésitation de notre part, l’absence de décision concertée, l’absence d’initiative – il faut comprendre les novices que nous étions – laissent le temps à l’adversaire de réagir. Et de nous surprendre. Car la direction allemande a vite saisi. Il ne s’agit pas d’exaspération, de révolte “coup de tête”, des ventres creux, ni de revendications de salaires discutées la veille. A moins que “l’arrêt de la répression contre les patriotes de Savoie”… Non, aujourd’hui, il s’agit d’un mouvement coordonné, organisé, structuré, enraciné. Il faut y mettre un terme, d’autant que les sabotages sont maintenant évidents, gagnent en ampleur et pas seulement à La Seyne ou à l’Arsenal de Toulon. C’est partout. En France. Sur la « Place de la Lune », on reste sur place, on attend quoi ? Des premières voitures de police passent, sans plus. A la cantine, les portes sont encore fermées et il est midi passé. Puis, tout se précipite. Venue du Port, une dizaine de camions bâchés arrive, se gare côté mur de la direction, des soldats casqués, fusil au poing descendent rapidement. Malgré l’uniforme, ce ne sont pas des Allemands, nous apprendrons par la suite qu’il s’agit de l’armée de VLASSOV, la face aux yeux bridés. Des ordres, des cris, et ils se précipitent, fusil à bout de bras, sur la foule des ouvriers, écrasant les pieds du premier rang qui ne peut reculer jusqu’à ce que … Nous qui étions au premier rang, nous avons bien vu une mitrailleuse mise très vite en position devant le poste du gardien chef ; nous avons vu des mitraillettes aux fenêtres du 1er étage… Et entendu des ordres brefs. Rafales de mitrailleuse, de mitraillettes.. .en l’air, mais qui le sait ? Cela suffit pour qu’aussitôt le rassemblement se disloque, les ouvriers refluent et s’enfuient vers la rue du Gaz, la rue Nicolas Chapuis, évitant le Port dans la crainte de tomber dans un piège. A notre tour, les arrières “enfin” libres, nous déguerpissons et nous nous retrouvons à l’angle de la rue Chapuis. Franchement, nous nous inquiétons pour le lendemain : rentrer et se faire coincer par la police ou les Allemands, ce que nous avait promis le Dr MAUTZ ? Ne pas rentrer ? Et après ? Finalement, nous avons décidé de rentrer, faire face. On n’avait pas beaucoup de choix et de plus, nous devions continuer la tâche qu’on nous avait confiée. On reprit la porte le lendemain 23 mars, comme tous les autres, avec la peur en plus (Louis Puccini, La Seyne et la Résistance).

3. UN SOUS-MARIN ALLEMAND COULE A TOULON – Le sous-marin allemand U 380 qui a rallié Toulon le 21 janvier est coulé dans la darse des sous-marins le 23 mars par l’aviation alliée (Henri Ribot Ephémérides).

4. FNFL : L’aviso-dragueur « Commandant Dominé » entre en carénage à Beyrouth du 23 mars au 17 juin. Puis, placé sous les ordres d’un nouveau commandant le C.C. Cornuault, il appareillera pour effectuer un passage au bassin du 20 au 31 juin à Alexandrie (Gérard Garier, Les avisos de 630 t, le « Commandant Dominé ».).

5. GRECE – Les Allemands commencent à déporter les Juifs grecs à Auschwitz.

6. FRONT ITALIEN – Au Mont-Cassin (Monte Cassino), les assauts des troupes néo-zélandaises échouent en subissant de lourdes pertes. Le général Alexander décide de cesser les attaques frontales.

1945 – 13 mars : PARIS – Le Gouvernement provisoire de la République française (GPRF) annonce officiellement la création de l’Union française et de la Fédération indochinoise. Mais de Gaulle précise que le Laos, le Cambodge et le Viêt-Nam restent des colonies ou des protectorats français. Le 16 août, il nommera le général Leclerc commandant en chef des forces terrestres en Indochine, et l’amiral d’Argenlieu haut-commissaire.

Le quai Marie Esménard à Sanary en 1945.

1946 – 23 mars : Mémoire du Maire de Sanary concernant le quai Marie Esménard, daté du 23 mars 1946 : « Après la libération (de Sanary), et lorsque la liberté d’accès (au port) fut rétablie, courant décembre 1944, pour la démolition des obstacles construits sur les quais par l’ennemi, le Service des Ponts et Chaussées chargé à ce moment de la reconstruction me signale la gravité du danger de laisser en leur état les immeubles sinistrés (du quai Marie Esménard), la pluie et les intempéries ayant dégradé les ruines. Etant donnée l’impossibilité de consolider ces immeubles, je pris le 5 janvier 1945 un arrêté pour déclarer menaçant ruine tous les immeubles du quai Marie Esménard. La publication et la notification aux propriétaires de cet arrêté furent faites aussitôt. Des accords ayant été réalisés avec plusieurs d’entre eux, le Service de Reconstruction fit entreprendre la démolition des immeubles pour rendre possible la circulation sur le quai Esménard et dans la rue Lauzet Aîné adjacente. En ce qui concerne la maison de Mme BATIAS, la disparition de celle de M. OURDAN Louis contigüe, dont il restait d’ailleurs peu de choses, rendit plus urgente sa démolition complète. Elle fut exécutée en mars 1945. » (Rotger B., 1990 ; Mémoire du maire de Sanary enregistré au Greffe du Tribunal de Toulon le 23 mars 1946).

 « En ce dimanche après-midi de novembre, parcourons la campagne sanaryenne. La Cryde, (…) aujourd’hui chaos de projectiles, de canons écroulés, de coupoles aplatis sur un sol calciné, dans un décor de pins déchiquetés. Près d’une mitrailleuse au tube tordu, des tertres disent que des soldats du Führer ont terminé leur course humaine sur ce rocher de la Méditerranée, près de la somptueuse demeure en ruine de Cécile Sorel. Port-Issol. Entre la route et les falaises rayées du trait jaune des tranchées, le vallon que l’on a connu fouillis de verdure, ni d’aimable maisons… désert jonché de gravats (…). A l’est de Sanary, sitôt la Reppe franchie, on pourrait croire à un cataclysme de la nature (…). Ici de la mer au sommet des collines, règne la mort totale (…). Le mistral secoue furieusement les écriteaux dressé sur les champs de mines.(…) Freissinières et Sanary, 1944 » (Benjamin Valloton, 1945).

1947 – 23 mars : NOTRE MARINE EN INDOCHINE – Après avoir quitté Toulon, l’aviso-dragueur « Commandant Delage » a fait escale à Djibouti (24 au 27 février), Aden (28 février au 1er mars), Trincomalee (11 au 13 mars), Singapour (20 au 21 mars), et arrive à Saigon le 23 mars. Il forme avec les Commandant Bory et La Moqueuse la 1ère division d’avisos constituée le 10 août (Gérard Garier, Les avisos de 630 t, le « Commandant Delage »).

1948 – 23 mars : NOTRE MARINE EN INDOCHINE – Du 26 janvier au 23 mars, l’aviso-dragueur « Commandant Delage » patrouille sur le Mékong, puis de nouveau jusqu’au 16 mai, surveillance et patrouilles sur le Mékong. Dans ce travail routinier, il est assisté par La Moqueuse le 6 mars, par La Gracieuse le 2 avril (Gérard Garier, Les avisos de 630 t, le « Commandant Delage »).

1952 – 23 mars : NOTRE MARINE EN INDOCHINE – Le 23 mars, au mouillage à Tourane on trouve les avisos Commandant Dominé, La Capricieuse, La Gracieuse, le Dumont d’Urville, le P.A. Arromanches, l’escorteur côtier Ardent et le LSSL 9026 (Gérard Garier, Les avisos de 630 t, le « Commandant Dominé ».).

1953 – 23 mars : Mort du peintre Raoul Dufy qui promenait un regard émerveillé sur le monde et nous invitait à une fête qui n’avait rien de superficiel et de mondain. « Si je pouvais exprimer toute la joie qui est en moi ! » disait-il. Il y est largement parvenu avec environ 3 000 toiles, 6 000 grandes aquarelles, 6 000 dessins, des bois gravés, des lithographies, des tapisseries, des tissus… Et combien d’œuvres détruites par lui ! peu d’œuvres sont une telle invitation à cheminer vers un horizon de bonheur

1956 – 23 mars : TERRITOIRES D’OUTRE-MER – L’Assemblée nationale vote la loi-cadre sur l’évolution des territoires d’outre-mer.

1959 – du 17 au 23 mars : ECRASEMENT DE LA REBELLION TIBETAINE PAR LA CHINE – La rébellion anti-communiste du Tibet est écrasée par l’armée chinoise. Le 28, les Chinois nommeront le Panchen-Lama après la fuite du Dalaï-Lama hors de Lhassa.

1960 – 23 mars : Début du voyage en France du chef de l’Etat soviétique Nikita Khrouchtchev.

1962 – 23 mars : En Algérie, l’OAS tire sur les forces de l’ordre ; de violents combats ont lieu à Bab el-Oued.

1965 – 23 mars : Violentes émeutes à Casablanca (Maroc). La police tire : des dizaines de morts.

1967 – 23 mars : OBSEQUES DE PIERRE GASPERINI A SAINT-MANDRIER – « Bouleversantes obsèques à Saint-Mandrier du jeune Pierre Gaspérini, victime d’un accident du travail à la base aéronavale» que nous avons rapporté à la date du 21 mars… Ses obsèques se sont déroulées le jeudi 23 mars en présence d’une foule immense. La messe est a été dite par l’abbé Montreux (République du 24 mars 1967. Nota : Pierrot Gaspérini- né à Saint-Mandrier en 1949, fils de Marie-Thérèse Gaspérini, jeune homme aimé de tous – était le copain de Ken Nicolas.).

1979 – 23 mars : A Paris, de violents incidents opposant forces de l’ordre et manifestants clôturent la « marche des ouvriers de la sidérurgie »..

1981 – 23 mars : La compagnie étatsunienne Eastern Airlines passe commande de neuf Airbus.

1982 – 23 mars : Manifestation à Paris de plusieurs dizaines de milliers d’agriculteurs à la veille de l’ouverture, à Bruxelles, des négociations sur les prix agricoles.

1983 – 23 mars :

1. REAGAN LANCE LA « GUERRE DES ETOILES » – Depuis son bureau de la maison blanche, le président Ronald Reagan annonce à ses concitoyens qu’il a l’intention de doter les Etats-Unis d’un gigantesque bouclier anti-missiles. L’imagination aidant, la presse rebaptise l’Initiative de défense Stratégique (IDS) en « Guerre des Etoiles » (Patrick Pesnot, 2013)

2. Mort de l’écrivain Armand Lanoux, Prix Goncourt 1963.

1985 – 22 mars : A Beyrouth, enlèvement revendiqué par le djihad islamique des diplomates français Marcel Carton et Marcel Fontaine..

2006 – 23 mars : MODIFICATION DANS LE CADASTRE DE SAINT-MANDRIER – Par décret en date du 23 mars 2006, la parcelle cadastrée section B n° 1410 dépendant de l’immeuble dénommé « batterie du Lazaret (haute et annexe) », située sur le territoire de la commune de Saint-Mandrier (Var), est déclassée du domaine public et en tant que poste militaire. Le décret du 7 avril 1956 portant réduction de la zone unique de servitudes de l’ouvrage dit « batterie haute et annexe du Lazaret », à Saint-Mandrier (Var), et classement dudit ouvrage comme poste militaire est abrogé (textes.droit.org/JORF/2006/03/30/0076/0010/).

UNE BLAGUE POUR LA ROUTE :

Un promeneur, passant devant une oisellerie, aperçoit un perroquet ravissant qui chante divinement. Mais dans la même cage, on a mis un petit oiseau miteux et dépenaillé, qui a l’air complètement stupide. Il entre et il dit :

  • J’achète celui qui chante.
  • Monsieur, dit le vendeur, je suis obligé de vendre les deux en même temps.
  • Vous êtes fou ! Qu’est-ce que vous voulez que je fasse du petit affreux ?
  • Monsieur, je ne veux pas vous contredire, mais si vous n’emportez pas aussi le petit affreux, vous allez être très déçu…
  • Ah ! Et pourquoi donc ?
  • Parce que celui qui est beau, il chante, mais le minable, c’est le compositeur…

Aujourd’hui, tout comme hier, je n’irai pas plus avant  et vous souhaite la meilleure journée de printemps possible.
Toutes mes pensées vont vers Isabelle, Raphaël, Olivier et Webber !

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