ÉPHÉMÉRIDES DU MARDI 21 FÉVRIER 2023, 12e ANNÉE (3714).
Sauf cas spécifié, les illustrations sont propriétés de l’auteur.

ILLUSTRATION : Sanary – Tartane déchargeant du charbon quai Ste Catherine vers 1902.
QUESTION DU JOUR : La bataille de Verdun, qui dura 300 jours et où se joua le sort de la France, débuta un 21 février. Mais de quelle année ? 1915, 1916 ou 1917 ?
REPONSE A LA QUESTION DU 20 FEVRIER : Anthony Eden, chef de la diplomatie britannique, démissionne-t-il en 1938 ? pour protester contre la politique d’apaisement à l’égard d’Hitler menée par le Premier ministre Neville Chamberlain.
LES FÊTES :
Le saint du jour, Pierre-Damien fut évêque d’Ostie. Né à Ravenne en 1007, il mourut à Faenza en 1072. Comme on aurait pu s’en douter, c’était un religieux italien – d’une Italie qui n’existait pas encore, reconnaissons-le ! Il fut tout d’abord ermite puis devint évêque et enfin cardinal avant d’être déclaré docteur de l’église. Autrefois, le saint était invoqué contre les maux de tête.
Nommé Pierre à l’origine, il appartenait à une famille noble mais désargentée, ce qui explique pourquoi il fut placé à Ravenne sous la garde de son frère, Damien, archevêque du lieu. En signe de gratitude, il accola à son prénom celui de ce frère bien aimé, et devint ainsi Pierre-Damien. Progressant rapidement, il fut reconnu apte à intégrer l’université de Ravenne, puis celles de Faenza et de Parme.
Aujourd’hui, les Bretons fêtent également les GWENN et DINAN.
C’est la Journée internationale de la langue maternelle, proclamée par la Conférence générale de l’UNESCO en 1999, marquée depuis 2000 dans plusieurs pays, ainsi que la Journée internationale des guides touristiques.
Dicton du jour : « A la saint Pierre-Damien, l’hiver reprend ou s’éteint. »
Ce troisième jour du mois de Ventôse AN II au calendrier républicain est dédié au violier, genre de plante incluant les giroflées.

LOCUTION PROVENÇALE DU JOUR : « Ana coume lou canoun de la fouant » (« anar come lo canon de la font »), littéralement : aller comme le tuyau de la fontaine (avoir la diarrhée).
PENSEE : « Une société est bien malade, lorsqu’au lieu de voir dans l’avenir la succession du présent, on n’y voit que sa destruction », (Lamenais (Mélanges religieux et philosophiques).
EN DIRECT DE NOTRE BIBLIOTHEQUE. Gilles Leroy – Alabama song, Mercure de France, 2007, 220 p (rééd. folio n°4867). Le sujet : Alabama, 1918. Quand Zelda, « Belle du Sud », rencontre le lieutenant Scott Fitzgerald, sa vie prend un tournant décisif.

A TRAVERS LES VIEILLES RUES DE MARSEILLE (André Bouyala d’Arnaud).
-157e livraison : AUTOUR DU CHEMIN DE ROME (suite)
COURS LIEUTAUD
Large voie ouverte en 1789 sur les terrains du sieur Lieutaud, fils d’un riche mercier et officier municipal qui fut placé, en 1790, à la tête de la garde nationale ; il était disait-on, « une sorte de Dumouriez de second ordre ». Le cours Lieutaud ne comprenait alors que sa partie méridionale actuelle, du cours Gouffé au haut du boulevard Louis- Salvator. Au commencement du XIXème siècle, le préfet Charles Delacroix fit dresser des plans de prolongement jusqu’au boulevard du Musée (Garibaldi) ; mais la réalisation des travaux était difficile, car il fallait établir des rampes d’un pourcentage élevé pour couper la rue d’Au- bagne et la rue Estelle qui descendent du quartier élevé de Notre-Dame du Mont. C’est en 1864 seulement que le percement fut exécuté, et il était indispensable qu’il le fût, le cours Lieutaud devant, en effet, être classé au plus tôt route impériale, pour détourner une partie du charroi de la rue de Rome. Afin d’éviter d’atteindre les niveaux de croisement de la rue d’Aubagne et de la rue Estelle, on coupa tout bonnement ces deux rues ; … (à suivre)

ÉPHÉMÉRIDES.
–1203 – 21 mars : Fos. Privilège de protection et franchise accordé à Jean de Matha et à l’ordre des Trinitaires, par Guillaume de Baux, prince d’Orange ; son frère Hugues de Baux, vicomte de Marseille, et Raimond, leur neveu (Acte 315 des vicomtes de Marseille, H. de Gérin-Ricard, 1926. Réf. a. Belsunce. L’antiquité de l’église de Marseille, t. IL p. 13. d’après l’original chez les Trinitaires. — b. Bibl. de Carpentras, ms. n° 709, n° 9. Ind. : Dr Barthélemy. Inventaire, n° 108).
–1234 – 21 mars : Sisteron – Privilège du comte Raimond Bérenger V pour l’abbaye de Silvacane. Parmi les témoins : Burgondion, seigneur de Trets. (Acte 489 des vicomtes de Marseille, Henri de Gérin-Ricard, 1926. Réf. A. Arch. départ, des Bouches-du-Rhône, Silvacane, H 6).
–1262 – 21 mars : CHÂTEAU DE ROQUEVAIRE – Albenga – Promesse par Charles d’Anjou, comte de Provence, à Bertrand de Baux, [mari en premières noces d’Eudiarde de Marseille,] de lui céder, après la guerre contre les Marseillais, le château de Roquevaire que Hugues de Baux, fils dudit Bertrand, rebelle contre ledit comte, possédait du chef de sa mère et que Bertrand avait remis sous la suzeraineté du comte après la rébellion de ses habitants fomentée par Hugues. Cette cession sera perpétuelle et s’étendra aux enfants mâles de Bertrand et d’Alix, sa deuxième femme ; toutefois, le comte se réserve le pouvoir, si Hugues se rangeait à son parti, de lui restituer cette terre. (acte 563 des vicomtes de Marseille, par Henry de Gérin-Ricard, 1926. Réf. : A. Arch. Départ. des Bouches-du-Rhône, B 361. a. Dr Barthélemy, Recherches historiques et généalogiques sur la maison des Baux, dans le vol. du Congrès archéologique de France. Arles. 1870, p. 406. IND : Dr Barthélemy, inventaire, n° 464).
-1323 – 21 février : Massanegues (acte notarié). La Martre, quartier rural, commune d’Auriol (1872). Première mention : Martres, 30 décembre 1322 (acte notarié).
-1332 – 21 février : Quavalquadas (charte aux archives de la Major). Cavalcades – lieu-dit, commune de Marseille, quartier du Canet. Première mention : Las Cavalcadas, 1288 (acte notarié).
-1353 – 21 février : Plan Corsset (charte aux archives de la Major). Plan Cosset lieu-dit, commune de Marseille, quartier de Saint- Loup (1872).
-1361 – 21 février : Lieux-dits de Marseille (acte aux archives de Saint-Victor) –
–Alona. Gadelone – cours d’eau qui se forme au quartier des Accates et se jette dans l’Huveaune au-dessus de Saint- Marcel (1872).
-*Vinhals – lieu-dit, quartier de Saint-Marcel. Désigne vraisemblablement une vigne.
– Val den Borel – lieu-dit, quartier de Saint-Marcel.
–1363 – 21 mars : Bellurn Disnare (charte aux archives municipales). Beaudinart – quartier rural, commune d’Aubagne (1872). Première mention : Pulcrum Prandium, 17 mars 1296 (acte notarié).
–1397 – 21 mars : Forcalqueiret ET AUTRES LIEUX – Restitution par Plumette d’Agoult, femme de Fouque d’Agoult, à son père Raimond d’Agoult-Sault, vicomte de Reillane, de la dot qu’elle en avait reçue par contrat du 28 mars 1394 et. qui comprenait les châteaux de Forcalqueiret, Rians, Caussols, etc. (Acte 712 des vicomtes de Marseille, Henry de Gérin-Ricard, 1926. Réf. De Gérin-Ricard : A. Arch. des Bouches-du-Rhône, E, fonds de Forcalqueiret, n“ 27 provisoire. IND. : F. Gorloz, Les grands officiers royaux de Provence, p. 79.
-1437 – 21 février : Isola de l’Eyssariada, 21 février 1437 (acte aux archives de la Major . Eissariade, angle de terre formé par la jonction de l’Huveaune et de Jarret, commune de Marseille. Première mention : Eyssariada sive Codoleda, le 20 avril 1430 (les codol [coudoul] sont les galets).
-1447 – 21 février : Par acte dressé par Me Tressame, notaire à Aix, les habitants d’Ollioules cèdent, leurs terres gastes ou incultes au seigneur de Vintimille, sous réserve toutefois de leur privilège de pastourage, lignage, chauffage et four à chaux. Dans ces terres gastes étaient enclavées la forteresse d’Ollioules et la tour de Saint Nazaire dont ils continuèrent de commander les défenses (B. Rotger, 1984).
–1474 – 20 et 21 février : Echange entre le roi René et l’évêque de Marseille – Fait à Aix, le 20 février 1474 et à Marseille le 21 février 1474 – Echange entre le roi René et l’évêque de Marseille de Saint-Cannat (…), Alleins et Valbonnette pour la baronnie d’Aubagne et ses dépendances, soit Cassis, Roquefort, Saint-Marcel, Julhians, Cuges et le Castellet (Gallia Chr. Nov. II n° 810, p. 488).
–1481 – 21 février : confirmation des privileges de toulon – Palamède de Forbin, grand sénéchal et gouverneur de Provence pour le roi Louis XI, accède à diverses revendications des Toulonnais et confirme les privilèges de la ville. Le 21 févier 1481, Palamèdede Forbin, seigneur de Solliès, chambellan, conseiller d’épée, le gouverneur de Provence, se rend à Toulon pour faire reconnaître la souveraineté du roi de France, Louis XI, qui vient d’hériter du comté de Provence à la mort de Charles III d’Anjou. Toulon, comme les grandes villes de Provence, s’était déclaré pour l’union à la France, qui intervint donc par testament le 10 décembre 1481. Après la cérémonie du serment d’obéissance et de fidélité au roi, le syndic Honoré Dolmet et plusieurs notables de la ville soumettent au gouverneur diverses requêtes et lui demandent notamment la confirmation de leurs privilèges. Parmi les faveurs accordées ou renouvelées à cette occasion, il faut noter :
du fait de l’infertilité du territoire, l’exemption de certaines taxes et le droit de s’approvisionner en blé en tout lieu ;
le droit d’interdire l’embarquement et le déchargement des marchandises ailleurs que dans le port de Toulon ;
l’amnistie de tous les crimes et délits ;
la jouissance des mêmes privilèges que les Marseillais pour l’office déjugé des marchands, et pour la navigation ;
la confirmation des privilèges, immunités et libertés de la ville. (AA2 – 3,5 x 22 cm. 4 feuillets – f°1)
–1591 – 21 février : A Marseille, Charles de Casaulx s’empare du pouvoir à la faveur d’une émeute – Le 21 février 1591, un chef ligueur, Charles de Casaulx, s’y empara du pouvoir à la faveur d’une émeute ; Marseille réalisait son vieux rêve d’indépendance (Ribot Henri, Guerres de religion en Provence). Membre de la Ligue, le parti catholique intransigeant, Casaulx, après s’être fait élire premier Consul, exerce une dictature, s’affranchit du roi de France, de la Ligue et du duc de Savoie Charles-Emmanuel. Il améliore l’état sanitaire, entame la construction de l’Hôtel-Dieu, établi la première imprimerie, fait publier le premier livre marseillais, « Les rimes provençales », de Louis Bellaud de la Bellaudière.
–1596 – 21 février : MARSEILLE REPOUSSE UNE FLOTTE ESPAGNOLE – Le 21 février, des galères espagnoles portant douze cents soldats se présentèrent devant le port de Marseille ; elles durent opérer un demi-tour (id.).
–1615 – 21 février : lieux-dits de roquevaire – Ricou (acte aux archives des Trinitaires). Le Rioux – quartier rural. Il y a un ruisseau formé par une source intarissable. Première mention : Colla de Ryeus, 28 août 1318 (acte aux archives de Saint-Victor).
–1652 – 21 février : LA VALETTE – Canal de la Foux – Achat par les Valettois de deux emplacements le long du canal. Prix des ouvrages 23135 livres (Pierre Bel, La Valette, 1932).
–1657 – 1658 (hiver) : Hiver glacial. Les rigueurs de cet hiver se firent sentir dans toute l’Europe. A Paris, le mois de janvier et le début de février 1658 furent extrêmement froids et la Seine fut gelée du 1er au 21 février. Dans le Massif Central, « il y eu si grand froids que de mémoire d’homme on ne vit tant de glace dans le Lot ». Cet au cours de cet hiver que Charles X, roi de Suède, fit traverser le Petit Belt sur la glace par toute son armée, y compris le cavalerie, l’artillerie, les caissons… (Herage / histoire climat 5).
–1745 – 21 février : lieux-dits de la commune de Saint-Savournin (archives de Saint-Victor). Camp-Long, Castan, Font du Cadé, Font du Renard, Font Pevouilloué (Font-Pouilleuse), Haute-Font, La Carreirade, La Loubatière, La Rovière (La Rouvière), Le Pérusson, Le Pommier, Le Vallon, Les Orts, Peireguié, La Pié, Le Ribbas, La Rovière (La Rouvière), Saint-Raimond. Quartiers ruraux : Font de Jaumeton, Font de l’Ortz, Geines, Genebrié, Gros-Vallat, Jonquier, L’Arenier, les Cabannes, Les Pibles. Montagne : La Bouissière. Bastide : La Valentine. Hameaux : Les Olives ou Codolive, Oraison.
–1767 – 21 février : LIEUX-DITS DE MARSEILLE (registre aux archives de la Major) –
– Le Gros Vallon. Le Gros-Vallon, chemin et ruisseau, quartier de Château-Gombcrt. Première mention : Le Grand Valla, 16 septembre 1595 (registre aux archives de la Major).
– Bastides de Sibillis (ibid.). Sibillis, bastide, quartier de Château-Gombert, au Grand Vallon.
–1768 – 21 février : Chemin Monneirès, 21 février 1768 (charte aux archives de la Major), c’est- à-dire Chemin des Meuniers. Chemin-Monneresc – lieu-dit, commune d’Allauch. Première mention : Carrera Monnaressa, 11 novembre 1322 (ibid).
–1789 – 21 février : AGENDA DU BICENTENAIRE – SAMEDI 21 FÉVRIER : attitude paisible du pouvoir devant les problèmes qui déchirent le royaume – Pendant tout le début de cette année, artisans, artistes ou savants attachés à la Cour n’ont cessé de produire. Cette activité, contre vents et marées, reflète l’attitude paisible du pouvoir devant les problèmes qui déchirent le royaume. Ce décalage des préoccupations souligne davantage encore le climat de division qui règne en France.
–1793 – 21 février :

1. Décret sur l’amalgame des volontaires et des troupes de ligne dans l’armée (Jean-Charles Volkmann, 1997).
Récemment étudiée, l’armée révolutionnaire apparaît, sous la forme de l’armée parisienne ou de ses imitations provinciales, avoir été l’un de ces « instruments de la Terreur dans les départements » que le gouvernement révolutionnaire doit tolérer un temps comme l’une des créations semi-spontanées de sa phase constructive, et qu’il s’applique ensuite à réduire progressivement, puis à éliminer le moment venu (Michel Vovelle, 1987).
Alors que la France est en lutte sur toutes ses frontières et que Toulon vient d’être livré aux Anglais, une circulaire du ministre de la Guerre, Bouchotte, en date du 26 septembre, appliquant la loi votée par la Convention le 21 février de la même année, réalisera l’amalgame des troupes de ligne, c’est-à-dire la mise sous un même régime des troupes de 1791 avec celles constituées par des appels sous les drapeaux depuis la chute de la royauté. Cette fusion, commencée à l’armée d’Italie le 15 septembre 1793 (décret de la Convention nationale du 12 août 1793), s’effectua sans trop de difficultés dans tout le sud-est de la France (d’après Krebs et Moris : Campagnes dans les Alpes pendant la Révolution).
La même année, on constitua, sous le nom de Demi-Brigade, des groupements formés de trois bataillons, dont un bataillon de ligne, provenant des régiments de l’ancienne armée, et deux bataillons de volontaires instruits en 1792. Chaque demi-brigade comprenait une batterie de 6 pièces de canon. Il exista ainsi, en France, 196 demi-brigades de bataille ou de ligne, et 14 d’infanterie légère ; ces chiffres d’unités furent ramenés, en 1795, à 110 demi-brigades de bataille, dont 10 destinées aux colonies et 30 d’infanterie légère. Les demi-brigades prendront le nom de « régiment » en 1803, sous le Consulat (note de Louis Baudoin, 1965, p. 409)
2. VENTE DE BIENS NATIONAUX – Par une circulaire datée du 21 février 1793 : le directoire du district de Toulon signale que les états fournis par certaines municipalités ne comprennent pas l’inventaire des chapelles champêtres situées dans leur territoire, ainsi que celles dédiées à leurs patrons ; la loi du 18 août 1792, fait-il remarquer, n’en excepte aucune. Il réclame, en conséquence, aux communes en défaut l’envoi de cet inventaire afin de faire procéder à la vente de « ces effets nationaux » (sic) sous la menace de prendre des sanctions contre les municipalités réfractaires à la loi (Louis Baudoin, 1965, p. 325).
–1794 – 21 février (3 ventôse an II) : UNE TARTANE CHARGEE DE BLE EST EN QUARANTAINE DANS LE PORT DE SANARY – Le représentant du peuple Maignet prend à Port-la-Montagne le 3 ventôse an II (21 février 1794) un décret prescrivant l’envoi à Marseille de la tartane, le Saint-François, commandée par le capitaine François Pons et chargée de blé, qui se trouve ancrée et en quarantaine dans le port de Sanary. S’il faut en croire L’Historique du pays conservé aux archives, le marquis de Centurion, lieutenant-général des armées navales, aurait affirmé la supériorité du port de Sanary sur ceux de Bandol et de la Ciotat (4 mai 1667).
–1795 – 21 février : Décret rétablissant la liberté des cultes et instituant la neutralité de l’État – Affirmation de la Convention, du 21 février 1795, déclarant la liberté cultuelle, à condition qu’elle soit circonscrite sous la surveillance des autorités et sans manifestation extérieure. Il suffit au ministre du culte de faire soumission aux lois de la République devant la Municipalité pour bénéficier de l’usage des édifices religieux. La concurrence cultuelle et la neutralité de l’Etat vont définitivement nuire au clergé constitutionnel en ne le privilégiant plus, alors que les prêtres réfractaires sauront saisir les opportunités offertes (Jean-Charles Volkmann, 1997 ; Fauchois, 2001, p. 1240).
–1798 – 21 février (3 ventôse, an VI) :
1. mode de célébration des fêtes nationales – Le 3 ventôse an VI, le directoire du département du Var envoyait aux municipalités une instruction très détaillée concernant le mode de célébration des fêtes nationales : « Après avoir appelé, citoyens, votre sollicitude sur l’organisation de l’instruction publique, nous devons l’appeler encore sur les institutions nationales qui ont un rapport immédiat avec elle. L’instruction publique, en propageant les lumière?, en étendant la sphère des connaissances utiles, prépare l’amélioration des mœurs ; mais, c’est aux institutions nationales à assurer cette amélioration. Ce sont elles, en effet, qui vivifient l’esprit public, qui élèvent l’âme à la hauteur des principes constitutionnels et la jettent pour ainsi dire dans un moule républicain…, » (Suivent les instructions sur chacune des Fêtes,). Salut et fraternité. Signés : P. Girard cadet, Attanoux, Gérard, Raybaud, Administrateurs. » Nous avons pu recueillir dans les archives communales un très grand nombre de procès-verbaux de célébration des fêtes nationales. Nous citerons les principaux passages de l’un d’entre eux et d’un projet de « fête patriotique » pour célébrer les premières victoires de la République (L. Bourrilly, 1895).
2. UN Agriculteur du Castellet condamné à mort – Olivier Sylvain, cultivateur au Castellet, âgé de 21 ans, est condamné à mort par la Commission militaires de Toulon (liste établie par Louis Mongin, cité par Henriette Trojani).
–1817 – 21 février : Stendhal, Voyages … : Ischia – … quatre heures de mer, et me voilà à Ischia, avec une lettre de recommandation pour don Fernando.
Il me conte qu’en 1806 il s’est retiré à Ischia, et qu’il n’a pas revu Naples depuis l’usurpation française qu’il abhorre. Pour se consoler du manque de théâtre, il élève une quantité de rossignols dans des volières superbes. « La musique, cet art sans modèle dans la nature, autre que le chant des oiseaux, est aussi comme lui une suite d’interjections. Or, une interjection est un cri de la passion, et jamais de la pensée. La pensée peut produire la passion, mais l’interjection n’est jamais que cette dernière, et la musique ne saurait exprimer ce qui est sèchement pensée. »
Je passe quatre heures fort agréables avec don Fernando, qui nous déteste, et les bons habitants d’Ischia. Ce sont des sauvages africains. Bonhomie de leur patois. Ils vivent de leurs vignes. Presque pas de trace de civilisation ; cet aspect, et le mouvement de la mer, me ramènent au bon sens.
–1831 – 21 février : CONQUETE DE L’ALGERIE – Ollioules héberge, pendant 3 jours, 34 officiers et 800 hommes appartenant au corps expéditionnaire d’Afrique (Castellan E., 1937, p. 295).
–1841 – 21 février : établissement d’une carrière de pierres calcaires à Ollioules – Le Conseil d’Ollioules délibère d’autoriser le sieur Hugues fils, tailleur de pierres, à faire les fouilles nécessaires dans les terres gastes, aux Esqueiriès, pour parvenir à la découverte d’une carrière de pierres calcaires (Castellan E., 1937, p. 293).

–1848 – 21 février : PARUTION DU « Manifeste du Parti communiste » – Le Manifeste du Parti communiste est un opuscule d’une cinquantaine de pages publié anonymement à Londres le 21 février 1848. Ses auteurs Karl Marx et Friedrich Engels n’en revendiqueront la paternité qu’en 1872. Karl Marx, âgé de seulement trente ans à sa publication, exprime déjà dans le Manifeste l’essentiel de sa philosophie. Il réduit l’histoire de l’humanité à la lutte des classes et explique ses rebondissements par des facteurs économiques. Il pronostique l’avènement prochain du communisme et la fin de l’Histoire, considérant que le capitalisme provoque inconsciemment sa propre fin. Le « Manifeste » débute sur une assertion quelque peu surprenante : « Un spectre hante l’Europe: le spectre du communisme. Toutes les puissances de la vieille Europe se sont unies en une Sainte Alliance pour traquer ce spectre : le pape et le tsar, Metternich et Guizot, les radicaux de France et les policiers d’Allemagne ». Il s’achève sur ce programme : « Prolétaires de tous les pays, unissez-vous ! ». Il paraît la veille de la révolution qui va emporter le roi des Français Louis-Philippe, signe de ce que les temps sont effectivement agités. Quelques semaines plus tôt, Tocqueville, un penseur conservateur mais au moins aussi lucide, avait aussi mis en garde ses contemporains contre l’avènement d’un conflit de classes ! Le Manifeste, en dépit de sa minceur, va inspirer presque tous les mouvements révolutionnaires du XXe siècle.
–1850 – 21 février : Conseil municipal de Toulon
1. (fol. IV). — Installation de MM. Jouvenel et Rebuffat, conseillers municipaux. — Nomination du secrétaire du Conseil.
— Question relative au service des paquebots de la Méditerranée.
— Nomination de la Commission du Budget
— Reprise de l’affaire des paquebots de la Méditerranée.
— Nomination d’une commission.
— Vente au profit des pauvres d’un brig de guerre donné par Son Altesse le Pacha Bey, de Tunis. Demande de l’affranchissement des droits de douane. (Lettre de M. Paul Flamenq, vice-consul de S.A. le Pacha Bey, de Tunis, annonçant que ce prince lui a donné ordre de vendre au profit des pauvres de Toulon, un brig de guerre qui avait été envoyé dans le port pour y être réparé.) —
— Plan d’alignement. Renvoi à une commission.
— Alignement de la maison Lalande. Renvoi à la commission du plan d’alignement.
— M. Colassot demande la restitution de la soumission qu’il avait souscrite pour la vente de 154 mètres carrés de terrain pour la construction d’une église au Mourillon.
— Acceptation d’un legs de 500 fr. au Bureau de Bienfaisance par la dame Peyramond.
— Demande d’un crédit de 1.637 fr. 22 pour complément de la dépense du traitement des vénériens des deux sexes à l’Hospice du Saint-Esprit pour l’année 1849.
2. (fol. 3V). — Rapport de la Commission chargée d’examiner la question relative à l’alignement de la maison Lalande.
— Demande d’un deuxième vicaire pour la paroisse St-Joseph, faubourg du Pont du Las. Renvoi à la Commission du Budget.
3. (fol. 5V). — Seize nouvelles places sont mises à la disposition des fermiers des emplacements publics.
— Renouvellement de la location du Temple protestant.
— Demande en prolongation de bourse par M. Montagne pour son fils, élève sculpteur entretenu à Paris par la Ville.
— Demande par M. le Maire de la création d’un atelier de balayeurs.
— L’entrepreneur du nettoiement de la ville demande la résiliation de son marché. Renvoi à une commission.
— Demande de la subvention théâtrale par le sieur Brunet, gérant provisoire du Théâtre.
— Vote de 20.374 fr. 97 pour solde des frais de casernement des troupes de la Marine logées dans les bâtiments de la guerre jusqu’au 31 décembre 1849.
—Avis approbatif d’une délibération de la Commission administrative du Bureau de bienfaisance de cette ville tendant à obtenir l’autorisation d’accepter deux legs de 1000 fr. faits par M. Laure Louis Antoine.

–1867 – 21 février – AGENDA D’HENRI FLOTTE – jeudi 21. St pépin. Aujourd’hui le charpentier marseillais charge de l’érection des statues des fait ses dispositions pour mettre en place demain et après-demain les statues qui doivent orner les fontaines. La statue de la Marine qui a été travaillée dans la baraque de l’ouest par Chauvin Bernard devant la maison Fournier doit aller orner la fontaine qui est devant l’hôtel Courrau, tandis que l’Agriculture construite devant la maison Monge Aimé ira occuper la fontaine placée devant la maison Guigou.
–1883 – 21 février : Préfecture du Var – Cabinet du Préfet – Enseignement moral et civique – Draguignan, le 21 février 1883. Circulaire à MM. les Sous-Préfets et Maires du département : “Messieurs, j’apprends que. dans plusieurs communes du Var, des membres du clergé paroissial essaient, par tous les moyens, d’entraver l’exécution de la loi sur l’enseignement, du 28 mars 1882, et d’empêcher l’introduction dans les écoles primaires des livres consacrés à l’instruction morale et civique. Les uns dénoncent, du haut de la chaire, les ouvrages en question comme des livres mauvais et dangereux pour les mœurs. Les autres écrivent aux instituteurs et aux institutrices pour les sommer de ne pas les faire lire à leurs élèves. Ceux-ci ordonnent aux enfants qui fréquentent le catéchisme de leur apporter ces livres, notamment l’excellent Manuel Compayré, sous peine de ne pas les admettre à faire leur première communion. Quelques prêtres même n’ont pas craint de dire publiquement qu’ils connaîtraient par la confession les élèves qui garderaient ces ouvrages, dont ils se proposent, d’ailleurs, de faire un autodafé. Les renseignements que j’ai reçus à ce sujet sont très-explicites. De pareils agissements sont blâmables au plus haut point, et il importe de protéger nos instituteurs contre des ingérences que la loi ne reconnaît pas. J’ai donc l’honneur de vous prier de me signaler sans hésitation et sans retard les ecclésiastiques qui sortiraient ainsi de leurs attributions et se livreraient à des attaques et à des menées que l’Administration est bien résolue à réprimer sévèrement. Pour le Préfet du Var empêché : Le secrétaire général, A. Bacot.”
–1888 – 21 février : Etienne EMERIC, PREMIER SANARYEN A RECEVOIR le traitement prophylactique contre la rage – En 1887, PASTEUR, ROUX et CHAMBERLAND, eurent le mérite de découvrir le traitement prophylactique contre la rage. Le premier Saint-nazairien qui eut la chance de profiter de cette grande découverte fut le jeune Etienne EMERIC. Mordu par un chien enragé, sa mort aurait été inévitable. Soigné par le docteur BOYER, médecin de la commune, celui-ci consulta le docteur GRIGNOUX de LYON, alors en villégiature à Saint-Nazaire. Sur ses conseils, le jeune EMERIC fut transporté à l’Institut Pasteur à PARIS le 21 février 1888, aux frais de la commune. Il en revint guéri (Rotger B., 1984, p. 452).
–1903 – 21 février : naissance du poète français Raymond Queneau (mort le 25 octobre 1976)
–1914 – 21 février : ACCIDENT D’UN CONTRE-TORPILLEUR SUR LE RHÔNE – Le contre-torpilleur Mancini attendu aux ateliers du Creusot à Saint-Mandrier, est resté bloqué à la halte de Valence, échoué sur son porteur et ce retard est occasionné par la marée basse. Il se dirigera plus tard vers Pont-Saint-Esprit, puis vers Port-Saint-Louis du Rhône où l’équipage désigné ira le prendre pour le ramener à l’appontement du chantier du Creux Saint-Georges. C’est le dernier bateau qui arrivera avant la guerre de 1914-18 (Gisèle Argensse, 1989, p. 146).
–1916 – 21 février : DEBUT DE L’ENFER DE VERDUN – Le 21 février 1916, à 16h 45, l’infanterie allemande se lance à l’attaque contre les positions françaises autour de Verdun, en Lorraine. Aucune bataille, aucune tragédie n’a autant marqué la mémoire des Français que la bataille de Verdun. Elle dure dix mois et pratiquement tous les soldats de la Grande Guerre y participent chacun à leur tour. Le sort de la France se joue dans cet affrontement qui durera 300 jours et qui fera environ 300.000 morts français et allemands.
–1943 – 21 février : DISPARITION D’UN BÂTIMENT DES FNFL – Le 21 février 1943, le chasseur FNFL « Carentan » (CH5) disparaît par fortune de mer.

-1944 – 21 février : L’AFFICHE ROUGE – Le 21 février 1944, les murs de Paris se couvrent de grandes affiches rouges. Placardées à 15 000 exemplaires, elles font état de l’exécution au mont Valérien de 23 « terroristes » membres d’un groupe de FTP (francs-tireurs partisans), qualifiés d’« armée du crime ». Le chef de ce groupe de résistants s’appelle Missak (Michel) Manouchian. Il est né en Arménie 36 ans plus tôt et a perdu son père dans le génocide arménien. Quand il arrive en France, en 1924, il apprend le métier de menuisier et adhère au syndicat communiste, la CGTU. Il écrit par ailleurs des poèmes et se consacre à la littérature et à l’étude. Au Parti communiste, il fait partie du groupe MOI (Main-d’Oeuvre Immigrée). Pendant l’occupation allemande, il rejoint un petit réseau de résistants communistes, les FTP-MOI (Francs-Tireurs et Partisans-Main-d’Œuvre Immigrée). La propagande nazie daube sur l’origine étrangère de Manouchian et de ses compagnons d’infortune (pour la plupart Arméniens comme lui ou juifs d’Europe de l’Est). Mais il n’est pas sûr que cette argumentation ait eu l’effet attendu sur l’opinion française si l’on en croit le beau poème de Louis Aragon chanté par Léo Ferré…
–1945 – 21 février :
1. UNE MINE TUE ACCIDENTELLEMENT UN MANDREEN – Jules Marécaille paiera de sa vie son dévouement à la commune. Il était gardien du cimetière et cantonnier de Saint-Mandrier. Le 21 février 1945 il s’aventura sur le terrain miné se trouvant derrière le cimetière pour jeter des ordures. Il sauta sur une mine laissant une veuve et deux enfants de 9 et 2 ans (Gisèle Argensse, 1989, p. 226).
2. notre marine en Méditerranee – Le 21 février, l’aviso « Elan » appareille de Toulon pour l’Egypte, et arrive à Port Saïd le 26.
–1946 – 21 février : Rétablissement de la loi des quarante heures par semaine (Jean-Charles Volkmann, 2003).
–1950 – 21 février : NOTRE MARINE EN INDOCHINE – Du 19 janvier au 21 février, l’aviso « Commandant Dominé » prend part à l’opération TONNEAU (transport, débarquement de troupes en liaison avec réseau Viet Nam du Secteur de Than Hoa). Il effectue des tirs sur objectifs terrestres dans la région de Quang Ngai et Sa Hihne (Gérard Garier).
–1956 – 21 février :
1. Cérémonie à l’Ecole des apprentis mécaniciens de la flotte de Saint-Mandrier – Le vice-amiral Mariani, ancien commandant d’escadre, décore, ce matin, l’Ecole des apprentis mécaniciens de la flotte de Saint-Mandrier de la Croix de guerre des T.O.E. (Théâtre des opérations extérieures) (Ken Nicolas, vol. 1, p. 284).
2. exercice de parachutage en mer avec le concours d’hélicoptères – Sous les yeux de l’autorité maritime au grand complet, des nageurs de combat du commando Montfort entreprennent un exercice de parachutage en mer avec le concours des hélicoptères de la base mandréenne. Il est quinze heures en ce mercredi 7 mars. Les aéronefs évoluent au-dessus de la rade des Vignettes, à neuf cents mètres d’altitude. « Les promeneurs du boulevard du littoral assistèrent alors à un impressionnant parachutage. Une à une, les immenses corolles blanches déployées dans le ciel bleu apparaissaient comme des fleurs qui, lentement, descendirent vers les flots. Les nageurs-parachutistes n’avaient pas plutôt touché l’eau que déjà, une vedette rapide était là pour les repêcher. Cet exercice se déroula avec une précision parfaite, malgré une assez forte brise» (République de Toulon et du Var du jeudi 8 mars). Bravo au centre modèle du Corps amphibie de Saint-Mandrier (C.A.M.) qui forme des commandos d’élites (Ken Nicolas, vol. 1, p. 284).
–1960 – 21 février –
1. Décès du réalisateur Jacques Becker à qui nous devons, entre autres, « Goupi-Mains rouges » (1943), « Casque d’or » (1952), « Touchez pas au grisbi » et « Ali Baba et les quarante voleurs » (1954) ; « Les aventures d’Arsène Lupin » (1956) ; « Montparnasse 19 » (1957), « Le trou » (1959).
De l’avis de Roger Boussinot, sa carrière connut trois périodes que je vous livre sans retoucher le texte : « « Au début, nous trouvons dernier atout, un policier à demi- sérieux et strictement fait, grâce auquel le cinéaste se fait accepter ; puis un film paysan, vigoureux, savoureux, dramatique, Goupi-Mains Rouges, dans lequel Becker fait la double preuve qu’il sait magistralement diriger des acteurs, et qu’il a assez de sympathie humaine pour pénétrer dans le monde des autres (lui, élevé dans la haute bourgeoisie parisienne, peignant ici des ruraux des Charentes), mais il n’entrera tout de même dans son propre domaine qu’avec son troisième ouvrage, Falbalas… A l’autre extrémité de sa carrière quatre films où il y a d’excellents moments, mais qui déconcertent un peu. Dans Ali baba, Becker est mangé par Fernandel. Il s’en tire par un album d’images sur trop grand format. Dans Arsène Lupin, le jeu et les charmes manquent pour imposer une œuvre durable. Dans Montparnasse 19, il y a de remarquables séquences, mais il ne semble pas que le cinéaste ait vraiment été sensibilisé aux pièges d’une évocation de Modigliani. Le dernier film, Le Trou, raconte très minutieusement une évasion. C’est l’exercice de style d’un extraverti, peut-être plus émouvant dans l’exégèse des intentions que dans la réalité sensible des images.
« Reste donc la période centrale, soit chronologiquement : falbalas, ANTOINE ET ANTOINETTE, RENDEZ-VOUS DE JUILLET, ÉDOUARD ET CAROLINE, CASQUE D’OR, RUE DE L’ESTRAPADE, TOUCHEZ pas au GRiSBi. Formellement, aucun de ces films n’est parfait, hormis casque d’or : un chef-d’œuvre. Par l’aptitude à maintenir le même ton dans une histoire bien accomplie, il faudrait sans doute citer ensuite touchez pas au grisbi. Aux cinq autres films de ce groupe, on peut faire des griefs assez évidents. Le dénouement tragique de falbalas est un peu hors contexte et les surimpressions où il l’incarne ne passent pas. Antoine et Antoinette montre la vie ouvrière avec un optimisme un peu court. Le discours «scout» de Daniel Gélin dans RENDEZ-VOUS DE JUILLET est impossible. ÉDOUARD ET CAROLINE n’est, si l’on veut, qu’une bluette. Le scénario de la rue de l’estrapade ne fonctionne pas. Pourtant, si l’on considère les sept films dans leur ensemble, ils sont à plusieurs titres remarquables : rien en France, sur la période qu’ils recouvrent – soit 1945-1954 — ne saurait leur être comparé.
« En premier lieu, là vivent des Français qui se ressemblent. Jamais sans doute nous n’avions rencontré des portraits aussi justes ni aussi bien venus. Prétendre distinguer en Becker un historien des mœurs est un excès qui aurait fait sourire Becker le premier, mais c’est un fait qu’il a peint, outre les paysans de goupi, le milieu de la haute-couture (celui de sa mère) dans falbalas, celui des chambres de bonnes dans antoine et Antoinette, celui des snobs dans édouard et Caroline, celui des gangsters dans touchez pas au grisbi, et celui que fréquentèrent Renoir et Maupassant dans casque D’or ; enfin dans rendez-vous de juillet tout simplement Paris aux lendemains de la Seconde Guerre mondiale. Ce document sensible est inoubliable.
« La seconde raison de distinguer en Jacques Becker un cinéaste français exceptionnel tient à la valeur anthologique de son œuvre. On pourrait y distinguer un nombre élevé de séquences charmantes ou tragiques, toutes de plein relief et sans une ombre de vulgarité morale. Alors on s’aperçoit aussi qu’elles sont nécessaires les unes aux autres, comme si elles suggéraient un panorama, panorama aux reflets quelquefois proustiens. Il faudrait ajouter que le style narratif de Becker, aux meilleurs moments, fait entendre une musique à laquelle on ne peut qu’être sensible. » (Roger Boussinot, Encyclopédie du Cinéma, tome II (A-H), Bordas, 1986, p. 121)
Vous l’aurez compris, j’aime l’œuvre de Jacques Becker !
2. UNE DESCENTE EN OR POUR JEAN VUARNET – Jean Vuarnet a été sacré champion olympique de descente sur la piste de Squaw Valley, en Califormie. Agé de 27 ans, Vuarnet a non seulement remporté l’épreuve, mais surtout, il a ouvert une ère nouvelle dans la technique du ski almin.
3. Francs-jouteurs de Saint-Mandrier (réunion du dimanche 21 février). Présidents d’honneur : Louis Clément, Théodore Aguilar, L. Mollet. Président : Louis Mattia. Vice-président : Georges Esposito. Secrétaire : Antonin Guerry. Secrétaire adjoint François Onorati.Trésorier : Victor Scotto. Trésorier adjoint : Serge Gendron Barreurs : Paul Aiguier, Marius Coppola (dit Bilasse), Antonin Dimajo. Porte-drapeau : Louis Dimajo, Georges Montagne. Ramasseurs de lancettes : François D’Isanto, Marius Coppola (dit… le Bouc!) (Ken Nicolas, vol. 2, p. 10-13).
Je ne peux m’empêcher de vous faire part de la biographie de François Onorati que Ken Nicolas nous livre dans le volume 2, p. 10-13 qu’il consacre à l’histoire de Saint-Mandrier entre 1960 et 1970.
« François Onorati est né à Ajaccio en 1910. Tout comme son père, le jeune homme devient boulanger dans l’île de Beauté. Puis, las de pétrir la pâte, il décide de passer le brevet d’électromécanicien. Son diplôme en poche, le Corse rejoint les Phares et Balises au sein de l’administration des Ponts et Chaussées. Le voici maintenant nommé gardien du Titan, phare implanté sur l’île du Levant. A ce titre, il va entrer dans l’histoire du débarquement allié sur nos côtes en 1944. Jacques Robichon écrira dans un de ses ouvrages, « Le débarquement en Provence » : «…Au cours de cette même soirée, François Onorati avait rejoint, au Lavandou, les forces de la Résistance. Désormais, il n’était plus qu’un anonyme parmi d’autres anonymes. Et, de plus, il se cachait. La veille encore, Onorati secondait Monsieur Amicle, le gardien-chef du phare du Titan, dans l’île du Levant. II y avait huit longs mois, depuis l’évacuation massive des habitants, que les deux gardiens et leur famille constituaient la seule population de l’île, en dehors de l’effectif de la garnison allemande. Mais, depuis deux jours, rien n’allait plus du tout. Onorati savait que, dans l’éventualité d’un débarquement allié, les recrues de la Kriegsmarine qui ne relâchaient leur surveillance ni de jour ni de nuit, feraient sauter le phare du Titan. Il suffirait pour cela d’actionner les deux super-détonateurs reliés aux caisses de cheddite et aux charges explosives entreposées dans le magasin. Dans ce cas, Onorati savait ce qu’il avait à faire. Sa décision était prise depuis longtemps. Onorati avait calculé qu’en moins de dix jours l’île du Levant avait subi quatorze fois l’assaut des avions alliés qui venaient répandre leurs « tapis de bombes » autour du promontoire du Titan, entre le phare et la pointe de la Reste. Le 13 août, les îles d’Hyères endurèrent encore cinq violents bombardements, et François Onorati comprit que, si sa femme et ses enfants ne parvenaient pas à échapper à cet enfer, ils se préparaient tous à devenir fous. De temps à autre, des pêcheurs du Lavandou venaient lâcher leurs filets dans les parages de l’île ; Onorati guetta longtemps et son attente fut récompensée. Une barque providentielle s’avançait et le gardien se porta à sa rencontre ; le pêcheur acceptait de prendre à son bord la famille Onorati, et François revint en hâte avertir sa femme. Profitant alors d’un moment d’inattention des gardiens allemands du phare, Onorati s’introduisit dans le magasin. Là, il désamorça les charges explosives et parvint également à mettre hors d’usage les deux gros détonateurs, après quoi il poussa sa femme et ses enfants vers la calanque où le pêcheur du Lavandou les attendait. C’était une de ces journées magnifiques d’été, et sans le cycle infernal des avions revenant d’heure en heure donner l’assaut aux côtes et aux îles, François Onorati aurait pu croire qu’il partait avec sa famille pour une joyeuse partie de pêche. Mais le gardien du phare du Titan savait qu’il échangeait seulement un danger contre un autre. A présent, Onorati n’était plus qu’un paria…». En avril 1956, Henri Ceccaldi publie, pour le compte du journal République, une série d’articles sur les phares de notre région. Voici ce qu’il écrit au sujet du Titan : «…Au Titan, comme ailleurs, l’eau est sacrée. La sécheresse est, avec l’ennui, une des pires ennemies du gardien. Aussi veille-t-on sur les citernes avec un soin jaloux. A ce sujet, on nous a conté une anecdote. Voici quelques années Monsieur Onorati, aujourd’hui gardien-chef à Cépet, était au Titan. Certains jours d’été, d’un été particulièrement sec, que vit-il ? Des estivantes qui tout bonnement lavaient leur linge dans la citerne d’eau potable !… Un tel sans-gêne le suffoqua. Il en devint rouge de fureur. Et, ajoutons-nous, avec juste raison. Brusquement sa colère éclata. Vociférant des imprécations, il courut sus aux écervelées qui bredouillaient des excuses. Ces dernières ramassèrent leur linge et déguerpirent sans demander leur reste. Quand il évoque ce souvenir, il bouillonne encore de colère, ce brave Onorati !…».
–1963 – 21 février : TREMBLEMENT DE TERRE EN LYBIE, 250 morts et 12 000 sans-abri.
–1965 – 21 février : ASSASSINAT DE MALCOLM X – De son nom officiel Malcolm Little, Malcolm X est assassiné à Harlem (New York). Ce jour-là, le leader noir Malcolm X prononçait un discours dans le quartier de Harlem, à New York, devant un auditoire de quatre cents personnes. Trois hommes lui tirèrent dessus. Il succomba. Le combattant antiraciste et des droits humains était devenu trop dérangeant.
«Nous vivons une ère révolutionnaire, et la révolte des Noirs américains est partie intégrante de la rébellion contre l’oppression et le colonialisme qui caractérise cette ère. (…) Nous assistons aujourd’hui à la rébellion générale des opprimés contre leurs oppresseurs, des exploités contre les exploiteurs.» En prononçant ces paroles le 18 février 1965 dans une salle comble de l’université Columbia à New York, le combattant antiraciste et des droits humains qu’il était devenu, Malcolm X, signait son arrêt de mort. Trois jours plus tard , alors qu’il venait de prendre la parole dans une salle de Harlem, trois hommes tiraient sur lui. Il mourut d’une décharge de gros plomb et de vingt et une balles. Déjà le 14 février précédent, sa maison avait fait l’objet d’un attentat à la bombe.
–1966 – 21 février : LA France VA QUITTER L’OTAN – Le retrait de la France des structures de commandement militaire intégré de l’OTAN a occulté toutes les autres questions à l’ordre du jour de la conférence de presse donnée par le général de Gaulle. Le Président de la République a exposé son opposition à voir son pays « impliqué automatiquement dans une guerre ». Cela implique le rôle de la flotte française de Méditerranée et le refus du stockage d’armes nucléaires dans les bases de l’OTAN en France. Il a souligné le rôle de puissance nucléaire désormais dévolu à la France et a annoncé que « sans revenir sur son adhésion à l’Alliance atlantique, la France allait continuer à en modifier les dispositions d’application la concernant ». Si Washington affiche sa surprise, la presse américaine n’hésitant pas à parler d’un total renversement des alliances, Pais rappelle que, dès 1958, dans un mémorandum envoyé au président Eisenhower, de Gaulle faisait déjà état de son projet de quitter l’OTAN à plus ou moins brève échéance.
–1967 – 21 février : NOUVELLE CRISE POLITIQUE EN Belgique – Cette crise gouvernementale débouchant sur la dissolution du parlement, est provoquée par l’intransigeance des députés sociaux-chrétiens flamands, qui exigent l’exclusion des francophones de l’université catholique de Louvain.
–1969 – 21 février : TERRORISME A ZURICH – Survenant après l’attentat commis à l’aéroport de Zurich où l’explosion d’une bombe dans un appareil israélien avait fait un mort et onze blessés, un nouvel attentat a provoqué une hécatombe en Suisse, avec 47 morts. Parti de Zurich pour la destination de Tel-Aviv, un appareil de la Swissair a explosé peu après son décollage pour s’écraser non loin du réacteur nucléaire de Würenlingen. Tous les occupants de l’appareil, passagers et équipage, ont péri dans la catastrophe. Un organisation terroriste palestinienne a revendiqué l’attentat. La Suisse prit dès le 24 la décision de limiter l’entrée des ressortissants arables.
–1972 – 21 février : NIXON RENCONTRE MAO ZEDONG a pekin – Le 21 février 1972, Mao Zedong, président du Parti communiste chinois, accueille à Pékin le président des États-Unis Richard Nixon, pour une visite de huit jours en Chine populaire, une « semaine qui a changé le monde » selon les mots du président américain. Cette ouverture diplomatique spectaculaire prend de court toutes les chancelleries, alors que la Chine populaire se relève mal de la Révolution culturelle et que les États-Unis sont encore embourbés dans la guerre du Vietnam. Elle a été préparée en 1971 par la « diplomatie du ping-pong », autrement dit les visites croisées des équipes nationales de tennis de table américaine et chinoise en Chine et aux États-Unis. Notons que, le 27 janvier 1964, le président français Charles de Gaulle avait été le premier des Occidentaux à oser nouer des relations diplomatiques avec la Chine populaire, de préférence à la Chine nationaliste (Taiwan).
–1973 – 21 février : ISRAËL ABAT UN AVION DE LIGNE LYBIEN – Deux chasseurs Phantom de l’armée de l’air israélienne ont abattu un avion de ligne libyen au-dessus du désert du Sinaï, territoire égyptien soumis à l’occupation militaire israélienne. Bien que ce soit manifestement à la suite d’une erreur de pilotage que le Boeing 727 libyen volait dans cette région réputée des plus dangereuses, les autorités militaires d’Israël n’ont pas hésité à donner l’ordre d’ouvrir le feu sur lui. L’avion, qui avait pris feu en vol, a explosé alors qu’il essayait de se poser. Cent quatre personnes sont mortes. Les Israéliens ont fait valoir que le 727 se trouvait dans une zone interdite et que le pilote, français comme tout l’équipage, n’avait pas obtempéré à l’ordre d’atterrissage. Mais Tell-Avis admet que l’ordre de n’aurait pas dû être donné et se déclare prêt à payer des dommages et intérêts aux familles.
–1978 – 21 février : PIERRE SCHOENDORFFER ET LE CRABE TAMBOUR – Le grand prix du Cinéma français est attribué au « Crabe-Tambour » de Pierre Schoendorffer avec Jean Rochefort et Jacques Perrin dans les principaux rôles. Jean Rochefort a reçu à cette occasion le prix du meilleur acteur.
-1987 – 21 février : Arrestation des 4 principaux responsable d’Action Directe à Vitry-aux-Loges (Loiret).
–1992 – 21 février : Vote par l’ONU de l’envoi de casques bleus (FORPRONU) en Croatie.
–1995 – 21 février : à Marseille, Ibrahim Ali, 17 ans membre du collectif Hip Hop, les B-Vice, était tué d’une balle dans le dos par des colleurs d’affiches du Front National.
–2000 – 21 février : article publié par LE MONDE. Tonie Marshall triomphe aux « César » – Placée sous la présidence d’un médecin qui a formulé un diagnostic fatal – Alain Delon estime que le cinéma français « est un vieux monsieur qui est en train de mourir » -, confiée à un animateur – Alain Chabat – qui avait accepté ce contrat à durée déterminée « parce qu’il était ivre », la 25e cérémonie des « César » qui a eu lieu le samedi 19 février, au Théâtre des Champs-Elysées, ne respirait pas l’euphorie. Cette morosité ambiante a bien sûr épargné Tonie Marshall. La scénariste et réalisatrice de Vénus Beauté (Institut) a remporté trois trophées majeurs : scénario, réalisation et meilleur film, sans parler du César du meilleur espoir féminin, qui est allé à Audrey Tautou. […] Dès les nominations, la plus importante production française (à s’en tenir au budget) avait été quasiment oubliée. Astérix et Obélix contre César n’a été nommée que dans la catégorie des décors, une récompense qui lui a d’ailleurs échappé au profit du Rembrandt, de Charles Matton. Lors de la cérémonie, Jeanne d’Arc, de Luc Besson, La Fille sur le pont, de Patrice Leconte et Est-Ouest, de Régis Wargnier, trois films aux budgets importants, ont été presque totalement ignorés même si Daniel Auteuil a remporté le César du meilleur acteur pour le film de Patrice Leconte.
–2012 – 21 février : une circulaire fait disparaître des formulaires administratifs le « mademoiselle » jugé sexiste. D
–2023 – 21 février : Deux nouveaux séismes, de magnitudes 6,4 et 5,8, ont été enregistrés lundi soir dans la province turque de Hatay, dans le sud du pays, a rapporté l’agence de secours Afad. Cette région a déjà été frappée le 6 février par deux tremblements de terre qui ont fait plus de 41 000 morts en Turquie. La première secousse, dont l’épicentre était situé dans la localité de Defne, est survenue à 20 h 04 (17 h 04 à Paris), selon l’Afad. Elle a été très violemment ressentie par les équipes de l’AFP à Antakya et à Adana, 200 km plus au nord. Elle a été suivie trois minutes plus tard d’une nouvelle secousse de magnitude 5,8 à Samandag, une localité côtière au sud d’Antakya, a signalé l’Afad qui redoute « une élévation du niveau de la mer jusqu’à 50 cm ». Selon l’Afad, plus de 6 000 répliques succédant au tremblement de terre d’une magnitude de 7,8 ont été enregistrées depuis deux semaines (franceinfo avec AFP).
Une blague pour la route. Pancarte sur la porte d’entrée d’un magasin d’optique.
« Si vous n’arrivez pas à lire ceci, n’hésitez pas à entrer ; manifestement, vous avez besoin de lunettes. »

Il est à présent 9 heures, affectueuses pensées pour Isabelle, Raphaël, Olivier, et Webber.
Bon mardi à tous et à demain pour fêter les iSABELLE !
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