EPHEMERIDES 13 FEVRIER

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ÉPHÉRIDES DU LUNDI 13 FEVRIER 2023, 12e ANNÉE (n° 3708).

ILLUSTRATION :tremblement de terre en Syrie et Turquie (cl. Yasin Akgul AFP).

LES FÊTES : Souhaitons une bonne fête aux Béatrice – et j’en connais plusieurs qui sont toutes adorables, n’est-ce pas, Béatrice T. ?  – dont le prénom signifie « heureuse ». Sainte Béatrice (Béatrix d’Ornacieux) est née vers 1260 à Ornacieux, dans l’Isère actuelle. Entrée en 1273 à la chartreuse de Parménie, elle fonda ensuite un monastère à Eymieux dans la région devenue aujourd’hui le département de la Drôme. Elle y vécut dans l’austérité et y mourut en 1303.

Trente personnes ont pour patronyme Béatrice tandis que près de 130 000 se prénomment ainsi avec un âge moyen de 45 à 50 ans.

Deux beatrice celebres, une mère et sa fille, comtesses de Provence.

Le comte de Provence, Raymond Bérenger V, avait eu de Béatrice quatre filles, mais à son décès la dernière, Béatrix, seule n’était pas mariée et devait recueillir l’héritage de son père, les trois autres ayant été dotées. Cette héritière ne manquait pas de prétendants : Conrad fils de l’empereur Frédéric II, Pierre fils du roi Jacques d’Aragon, et même Raimond VII de Toulouse qui en dépit de la différence d’âge et de la rivalité qui l’avait opposé au défunt comte espérait trouver dans ce mariage une compensation à son effacement en Languedoc.

La comtesse Béatrice de Savoie et le Conseil du défunt comte se décidèrent avec l’accord du pape Innocent IV à accepter les avances de la reine Blanche de Castille qui avait déjà marié son fils Louis IX avec Marguerite de Provence et proposait son plus jeune fils Charles, déjà comte d’Anjou, comme futur époux de Béatrix. Le mariage de Charles d’Anjou et de Béatrix de Provence fut célébré le 31 janvier 1246. Ce fut, pour plus de cent ans l’implantation de la première maison d’Anjou en Provence, laquelle maison s’éteindra en 1382 avec l’assassinat de la reine Jeanne première.

AU calendrier républicain, ce 25e jour du mois de pluviôse An II, était dédié au LIÈVRE.

Dicton : «  Lièvres trop gros ou à fourrure très fournie prédisent un hiver rigoureux ! » (J.-M. Wathelet, Dictons …)

LE MOT DU JOUR : conclusion de l’ouvrage de Sylvain Tesson « Berezina » dont nous avons déjà parlé (éditions Guérin, 2015), dans lequel l’auteur relate son équipée qui, de Moscou à Paris, lui ont fait suivre, sur une moto russe et en hiver, la piste de la Grande Armée qui, au cours de l’hiver 1812, abandonna Moscou pour rentrer en France, laissant derrière elle près des centaines de milliers de morts.

« L’Empereur avait réussi une entreprise de propagande exceptionnelle. Il avait imposé son rêve par le verbe. Sa vision s’était incarnée. La France, l’Empire et lui-même étaient devenus l’objet d’un désir, d’un fantasme. Il avait réussi à étourdir les hommes, à les enthousiasmer, puis à les associer tous à son projet : du plus modeste des conscrits au mieux né des aristocrates. […] Ses faits d’armes étaient des coups de théâtre. Il avait affolé les polémologues, se fiant à son étoile, en malmenant les théories. Nimbé de ses victoires, il avait composé une géographie de la gloire. Austerlitz, Wagram, Iéna réchauffaient les cœurs, enflammaient les esprits. Dans l’architecture de la légende, il n’avait rien négligé : avec son Code, il avait même doté l’Empire d’un petit livre rouge ! […]

« Mais il ne […] parlait pas la même langue [que nous].

« Qui était Napoléon ? Un rêveur éveillé qui avait cru que la vie ne suffisait pas. Qu’était l’Histoire ? Un rêve effacé, d’aucune utilité pour notre présent trop petit.

« Le ciel se voila, quelques gouttes tombèrent.

« J’eus soudain envie de rentrer chez moi et de prendre une douche pour me laver de toutes ces horreurs. »

EN DIRECT DE NOTRE BIBLIOTHÈQUE.

« Les batailles célèbres des armées françaises (de 1796 à 1815) », écrites à Sainte-Hélène sous la dictée de l’Empereur, original de la nouvelle édition revue. Limoges, Eugène Ardant et Cie, éditeurs, petit in-folio, vers 1860, 325 p. avec des gravures, la plupart d’une page : Passage des Alpes par l’armée française, Bataille de Montenotte (11 avril 1796), L’armée française devant Alexandrie, Bataille des Pyramides, Bataille d’Eylau, Bataille de Friedland, Bataille de Wagram, Bataille de Waterloo. Propriété des éditeurs (Eugène Ardan et Cie avec signature).

A TRAVERS LES VIEILLES RUES DE MARSEILLE (André Bouyala d’Arnaud).

-151e livraison : AUTOUR DU CHEMIN DE ROME

RUE DES CHARTREUX

Les Chartreux de Villeneuve-lès-Avignon avaient fondé en 1633 la maison de Marseille, dans les environs de la ville, au quartier actuellement appelé « les Chartreux ». Ils possédaient aussi trois immeubles dans une petite rue située auprès de la rue de Rome et qui prit leur nom. Le « Tableau historique et politique de Marseille ancienne et moderne » signale, en 1806, qu’elle était dénommée aussi rue des Paresseux

ÉPHÉMÉRIDES.

1213 – 13 février : Acte n° 364 des Vicomtes de Marseille, exemption du droit de leyde accordée aux chartreux de Montrieux par Raymond Geofroi et Geofroi, vicomtes de Marseille et seigneurs de Toulon, daté du 13 février 1213 et acte n° 215, cartulaire de Montrieux. [de Gérin-Ricard 1926] [R. Boyer, 1980, p. 611-612 : Toulon, in camera domini episcopi – Raimond Geoffroi de Trets et Geoffroi, vicomtes de Marseille et coseigneurs de Toulon, exemptent les chartreux de tous droits sur les entrées et sorties de marchandises nécessaires à leur monastère, notamment les céréales, le vin et l’huile. Acte passé sous les sceaux de Raimond Geoffroi, de Geoffroi, et d’Etienne, évêque de Toulon]. De portu Toloni. …, nos, Raimundus Gaufridus et Gaufridus, vicecomites Massilie et domini Toloni, … donamus, concedimus, laudamus cum hac carta in perpetuum tibi, fratri Pontio Constantio, et aliis fratribus Montis Rivi…, ut possitis bladum, vinum et oleum, et omnes alias merces vestras, que necessaria fuerint domui vestre, in portu Toloni, quociens vobis placuerit, afferre vel de eadem civitate extraere vel ibidem comparare, nec ex his teneamini aliquid dare nomine cense seu lesde vel aliquio jure dominationis.Hanc autem donationem, sicut aufivimus, fecerant parentes nostri dudum eidem domui et fratribus ejus, et eandem donacionem seu libertatem per nos et per omnes successores nostros nos ambo facimus, laudamus et confirmamus, et eam perpetuis temporibus invilabiliter volumus observari…

Note : aux XIIe et XIIIe siècles, les coseigneurs de Toulon, tout comme ceux de Marseille, percevaient divers droits de commerce et, parmi ceux-ci la lesde ou leyde, leuda ou lesna (la leude) qui était un droit d’entrée sur les marchandises ils percevaient aussi le droit de rivage pour les bateaux de commerce, et le péage sur les marchandises entrant en France ou en sortant. Ils étaient perçus aux frontières des territoires marseillais, dans les ports et lieux commandant les passages de Provence (Boyer R., 1980, Maurel M.). On appelait foraniers les agents chargés de la perception du droit de foraine. Cf.. gabelle, vente du sel,  salnaria, salignons, salins, salines.

1245 – 13 février : GUILLAUME (DE PORTU), 33ème ABBÉ DE SAINT VICTOR DE MARSEILLE (Edouard Baratier, Georges Duby, Ernest Hildesheimer, 1969) mais 26ème selon P.-A. Amargier. GUILLAUME (« de PORTU »), 1245 – vers 1249. Pour cet abbé, le rédacteur de la liste de 1440 se trompe car il écrit Guillaume de Petra (cf. supra, n° 22). On peut lire une rectification de la main de Le Fournier : de Portu. Effectivement, sur la liste plus ancienne de 1 H 631, on lit très bien : de Portu. D’après les lettres de provisions de Guillaume, du 13 février 1245, le pape Innocent IV aurait récusé Hugues Geoffroi élu par les moines et nommé Guillaume ancien abbé de Psalmody (P.-A. Amargier, 1966, Abbatum…). Rappelons que l’abbé de Saint-Victor est seigneur majeur de Six-Fours.

1283 – 13 février. Aix. Ordonnance du sénéchal Jacques de Barlatio, restituant à Stéphanie, veuve de Bertrand Raybaud, et à sa fille Catherine, des biens de leur mari et père, en présence d’Isnard d’Entrevennes seigneur de Goult, et d’Isnard d’Ollières. (acte 573 des vicomtes de Marseille, par Henry de Gérin-Ricard, 1926. Réf. : départ, des Bouches-du-Rhône, B 378). Il s’agissait de biens situés à Roquefeuil, hameau de Pourrières (Var), arrondissement de Brignoles, canton de Saint-Maximin. Le fief de Roquefeuil, au sud de la commune de Pourrières, donna son nom à la famille. Note : le grand sénéchal de Provence, grand senescau de Provensa  était le ministre des comtes de Provence qui exerçait le commandement et rendait la justice au nom du souverain qui résidait à Naples (Mistral). Le régime de justice ambulatoire pratiqué dans les plaids généraux de l’époque carlovingienne, conservé pendant le moyen âge,… avait été celui de la France méridionale. Les statuts des comtes de Provence faisaient une loi au sénéchal, magistrat suprême duquel dépendaient tous les autres, de tenir ses parlements ou assises, pendant quinze jours, et de trois mois en trois mois, sur divers points du territoire. Il était prescrit aux viguiers, baillis et juges royaux, de visiter au moins trois fois par an chaque lieu de leur circonscription.

1352 – 13 février : LIEUX-DITS DE MARSEILLELos plantiers de Babilonia (charte aux archives de l’évêché). Babilone – quartier rural, commune de Marseille, quartier de Séon-Saint-Henri. Première mention du lieu : Affare turris, le 2 septembre 1254 (charte aux archives de l’évêché). Première mention de Babilone : Babilonie (charte aux archives de l’évêché), le 11 juillet 1343. Nota : lo plantier (lou plantier) désigne habituellement une vigne nouvelle.

1359 – 13 février : LIEUX-DITS DE MARSEILLELuerre, 13 février 1359 (acte aux archives  de l’Evêché). Lorri, quartier rural, commune de Marseille, quartier de Sainte-Marthe. Première mention : Orreum, 4 mars 1285 (charte aux archives  municipales). Nota : l’orri est un grenier à blé (latin classique : horreum).

1364 – 13 février : GUILLAUME GRIMOARD (URBAIN V), 45e ABBE DE SAINT VICTOR DE MARSEILLE (Edouard Baratier, Georges Duby, Ernest Hildesheimer, 1969) mais 38e selon P.-A. Amargier et Edouard Baratier. GUILLAUME GRIMOARD, 2 août 1361-1364. Elu pape le 28 septembre 1362, il confie alors le gouvernement de l’abbaye à des vicaires généraux : Guillaume de l’Orme, 23 déc. 1362 et Pons de l’Orme, 13 février 1364 (P.-A. Amargier, 1966, Abbatum…).

1408 – 13 février : Marseille.  Affermage d’immeubles à Fuveau et à Châteauneuf-le-Rouge pour 4 années par Charles de Montolieu, tuteur d’Hugues Roche, coseigneur de Fuveau, à Jacques de Roquefeuil, seigneur de Belcodène. (Acte 722 des vicomtes de Marseille, Henry  de Gérin-Ricard, 1926. Réf. De Gérin-Ricard :  A. Protocole de Pierrre Calvin, IND. 187 : Arch. départ, des Bouches- du-Rhône. Notaires, étude Verdillion). Châteauneuf – Le – Rouge –commune des B.duRh., arrondissement d’Aix, Canton de Trets. (Note : affermer – donner un bien rural à bail).

1575 – 13 février : HENRI III EST SACRÉ ROI DE FRANCE, dans la cathédrale de Reims par le cardinal de Guise. Le 15 février, il épousera Louise de Vaudémont-Nomény, princesse de Lorraine. Il n’y aura pas d’enfant issu de ce mariage.

1615 – 13 février : LIEUX-DITS DE MARSEILLE

1. Court de Mallat – commune de Marseille, quartier des Camoins, chemin allant de Saint-Menet à la Valentine (registre aux archives de la Major).

2. Geauffres – quartier rural, commune de Marseille, quartier de Saint-Marcel (acte aux archives de l’Evêché)

3. Les Magalons (registre aux archives  de l’Évêché). Magalons – lieu-dit,  commune de Marseille, quartier de Saint- Marcel, près de l’ancien village (1872).

4. Saint-Benoit (acte aux archives de l’Evêché). Saint-Menet – hameau, commune de Marseille. Première mention : Eccl. Sancti Menne, 1070 (cartulaire Saint-Victor, n° 105).

5. Le Terrailler – montagne, commune de Marseille, quartier de Saint-Marcel, au midi de Valbarelle (acte aux archives de la Major).

1616 – 13 février – LIEUX-DITS DE MARSEILLE

1. Vallo de Boffigues sive Baume-Laugière (registre aux archives de l’Evêché), vallon possédé par les Cabofigues. Les Boffigues – bastide, commune de Marseille, quartier des Camoins.

2. Triboulx (acte aux archives de la Major). Triboux – quartier rural, commune de Marseille. Il embrasse la partie du territoire comprise entre les Comtes, la Valentine, la Servianne et le petit chemin d’Aubagne. Première mention : Tribols, 1057 (cartulaire Saint-Victor, n° 50).

1660 – 13 février :

1. DECLARATION DU ROY POUR FAIRE OBSERVER LES ORDONNANCES ET REGLEMENTS CONTRE LES FAUXSAUNIERS (Bibliothèque Nationale, Mss. français, ancien fonds, n° 18976, f° 4195 ; A. Jacques Parès, 1938).

2. LE JEUNE SOUVERAIN LOUIS XIV PASSA UNE DIZAINE DE JOURS A TOULON.

1669 – 13 février : LA FRANCE OCCUPE LA FRANCHE-COMTÉ.

1681 – 13 février : ARRÊT CONCERNANT LA POLICE DE LA VENTE DES POISONS ET PRODUITS DANGEREUX chez les apothicaires, droguistes et épiciers (Louis Baudoin, p. 193).

1787- 13 février : MORT DE VERGENNES, AUTEUR DU RAPPROCHEMENT COMMERCIAL AVEC L’ANGLETERRE (Jean-Charles Volkmann, « Chronologie de l’Histoire de France », 1997).

1790 – 13 février : LA FRANCE SUPPRIME ET INTERDIT LES VŒUX MONASTIQUES.

1793 – 13 février :

1. LA SEYNE, SIX-FOURS ET SAINT-NAZAIRE (SANARY) SE GROUPENT POUR ACHETER DU BLÉ – La commune de La Seyne se trouvant presque entièrement dépourvue de blé se joignit à celles de Six-Fours et de Saint-Nazaire pour effectuer en commun un achat important de blé, en profitant du passage d’un navire ayant mouillé le 11 février en rade du Brusc. Ce bâtiment avait un chargement de blé et de farine à l’adresse d’un négociant de Marseille, le sieur Martin de la Cavale, soit, au total, 8.742 boisseaux de grains et 155 barils de farine. Cette négociation aboutit à un bon résultat, et la commune de La Seyne participa, le 13 février, à la souscription de 3.260 livres qui avait été ouverte pour couvrir l’acquisition en question ; elle en obtint le remboursement du gouvernement le 31 juillet 1793, à la veille des opérations contre Toulon. Maintenant, on voit mieux, dans les affaires courantes des municipalités du temps, la répercussion de plus en plus grandissante des difficultés générales dans laquelle se débattait la France en 1793. Souvent, très souvent, la question de l’approvisionnement en blé et en grains, le problème de la distribution du pain aux habitants revient dans les délibérations des conseils municipaux ; c’est certainement un gros souci qui hante les administrateurs des villes, des bourgs et même des villages, à La Seyne comme ailleurs (Louis Baudoin, 1965, p. 321.).

Notes :

  1. Boisseau : ancienne mesure de capacité pour les matières sèches d’environ 1 dal (Robert) qui équivalait à 8 liuradon (Levy). C’était une mesure pour le grain, le sel, les navets, la cendre, le charbon, etc. dont la valeur variait dans toute la France : à Paris, 2 boisseaux soit 1 hémine, 3 boisseaux soit 1 minot ; 4 minots (cf.. eiminot) soit 1 septième de blé ; 48 minots soit 1 muid. Le blé se mesurait au boisseau ras, la farine au boisseau comble. Le boisseau de 1669 mesurait 8 pouces 2 lignes ½ de hauteur, 10 pouces de large ou de diamètre. Il contenait 220160 grains comble et 172000 ras. A Lyon, le boisseau est appelé bichet et l’hémine était au XVIIe siècle, une mesure de froment de 2 bichets ou boisseaux environ (Furetière).
  2. Coupe ou baril : mesure de capacité pour les liquides qui valait, dans tout le Var, 32,5 litres et quelquefois 35,5 litres avant 1790 (Ministère de l’Intérieur An VII).

2. NOUVELLE AUGMENTATION DES PRIX ALIMENTAIRES AU BEAUSSET. Cela concerne cette fois-ci la viande de mouton. A 9 sous la livre depuis le 24 décembre 1792, elle passe désormais à 10 sous la livre, en assignats (Gérard Delaforge, Le Beausset et la Révolution française). Note : La livre poids se divisait autrefois en 16 onces ou 128 gros ; la livre valait 379,16 g à Aix, 388,51 g à Marseille, 391,36 g à Arles, 400 g à Carpentras, 487,992 g à Avignon et 415,89 g à Alès (Mistral). Cette mesure de poids anciennement usitée variait en France de 380 à 580 g, 489 g à Paris (Robert).

1799 – 13 février : LA COMMISSION MILITAIRE DE TOULON DANS SES ŒUVRES – Ruy Barthèlemy menuisier à Hyères, Sicard Pierre prêtre 40 ans, de Vallauris, sont condamnés à mort par la Commission militaires de Toulon (liste établie par Mongin L., Toulon ancien et ses rues et cité par Henriette Trojani, La société et la vie à Toulon de 1795 à 1815.).

1800 – 13 février : CRÉATION DE LA BANQUE DE FRANCE.

1801 – 13 février (24 pluviôse an XI) :  Le Conseil d’Ollioules délibère de vendre l’emplacement du septem aux enchères au plus offrant et dernier enchérisseur. Il estime que le terrain de l’ancien cimetière doit être vendu et de faire enlever la terre sur 8 pans de profondeur (2 m) et de la transporter au nouveau cimetière (Castellan E., 1937, p. 240-241). Note : septem ou septain, septième des récoltes : parmi les censes, le septième des récoltes, ou septain, restera toujours une rente de solde fort modique. C’était une taxe prélevée sur les fruits des propriétés arrosables ou non, et ce d’après le cadastre. A Ollioules, il consistait à prendre au profit de la commune, et durant toute la durée de l’adjudication, le septième de la récolte des fruits à chaque propriétaire. Ce septième était donné aux enchères au plus offrant. C’était donc à l’adjudicataire à évaluer le produit qu’il garantissait à la communauté, le surplus, provenant des prélèvements du septième, lui était acquis, la communauté ayant reçu le montant de l’adjudication. Il existait aussi à même époque un septain ou droit sur le sel (Castellan).

1803 – 13 février (24 pluviôse an XI) : UNE PARTIE DES ARCHIVES D’OLLIOULES ONT DISPARU – Depuis le siège de Toulon, Ollioules est privée des registres d’état-civil des années 1773, 1779, 1784, 1785, 1790 et demande au sous-préfet de lui permettre d’obtenir les doubles qui se trouvent à Draguignan, daté du 24 pluviôse an XI / 13 février 1803 (Castellan E., 1937, p. 252 : sur les empiètements des terres gastes, il est dit non seulement que les archives de la commune, en partie, furent détruites, ainsi que les papiers des particuliers, mais aussi une partie de tous les actes des notaires furent aussi détruits par les ennemis lors du siège de Toulon, en 1793).

1820 – 13 février : ASSASSINAT DU DUC DE BERRY, héritier présomptif du trône de France.

1831 – 13 février : LE PAQUEBOT FLUVIAL « VALENCE », DE LA COMPAGNIE CHARLES ET AUGUSTE BAZIN, MARSEILLE, construit par le Chantier Church, à La Seyne, entre dans le port de Marseille. Il assure le service régulier Arles – Marseille ; n° 1 sur le registre de francisation de l’administration des Douanes de Marseille. Note : Anciennement, le paquebot était un navire de dimension moyenne, transportant passagers et courrier (En 1665, le terme apparaît dans sa graphie actuelle. En 1634, on l’écrivait paquebouc. Vient de l’anglais packet-boat). Aujourd’hui, le terme désigne un grand navire principalement affecté au transport des passagers. Paquebot mixte, transportant aussi des marchandises. Paquebot transatlantique. Paquebot de croisière.

1849 – 13 février : DÉLIBÉRATIONS DU CONSEIL MUNICIPAL DE TOULON, 1805-1852, fol. 41

1. FONDS DE LA LOTERIE DES OUVRIERS SANS TRAVAIL pour acquitter les bons de pain délivrés en décembre 1848 et janvier 1849. — Nomination d’une commission pour l’organisation de la distribution des secours accordés par la commune aux indigents.

2. CHAPELLES FUNÉRAIRES – Le Conseil autorise le Maire à passer un bail de sept années pour la location du terrain des chapelles funéraires établies aux portes de France et d’Italie.

3. CHEMIN DE TOULON A LA GARDE – Réclamation des propriétaires usagers du chemin de La Garde contre le mauvais état de ce chemin. Nomination d’une commission pour l’examen des lieux. —

3. RÉCLAMATION AU GOUVERNEMENT d’une somme de 2.092 fr. 94 avancée par la Ville aux détachements de volontaires parisiens dits patriotes allemands.

4. LE COLONEL DE LA GARDE NATIONALE DEMANDE QUE LE CONSEIL, revenant sur sa délibération du 18 septembre 1848, accorde des épées aux musiciens de la Légion.

1849 – 13 février : DELIBERATIONS DU CONSEIL MUNICIPAL DE TOULON, 1805-1852, FOL. 45. RAPPORT DE LA COMMISSION CHARGÉE D’EXAMINER LES MOYENS D’AMÉLIORER LE CHEMIN VICINAL DE TOULON AUX POMETS, entre les propriétés de Flamenq et Fauchier ; vote d’un crédit de 688 fr. pour améliorer l’état de ce chemin.

— Le Maire demande au Conseil l’autorisation de renouveler l’adjudication de la FERME DU PESAGE, MESURAGE ET JAUGEAGE PUBLICS ; renvoi à la Commission du Budget. (Note : Ferme = charge).

— Renouvellement de la convention passée pour le CORPS DE GARDE DU MOURILLON affecté au service de la Garde Nationale (Délibérations du conseil municipal de Toulon, 1805-1852, fol. 45).

1867 – 13 février : AGENDA D’HENRI FLOTTE  –

13. Mercredi, St Lézin. – Plantation de palmiers à l’avenue de l’Eglise et de la rue Grande. Les palmiers ont été donnés. Savoir :

Le plus fort à l’avenue de l’Eglise, côté droit, en face de l’Eglise. A été donné par Mme Sérénon Emmanuelle ;

Celui du côté Grande Rue par Mme Icard.

Celui du côté gauche de la rue Grande par Léon Flotte, boulanger retiré,

Côté droit par le Vve Giraud du Lançon.

Celui de la rue Gaillard, côté gauche par le fils aîné Imbert de Portissol.

Côté droit par Moustier Ludovic.

Le petit palmier placé du côté de la Tour, presque vis-à-vis la maison Granet a été donné par Roman l’aîné qui habite La Gorguette.

1887 – 13 février : AFFAIRES SANARYENNES –

1. sanary – porche de la chapelle Saint-Roch – Friction entre le maire de Sanary et la fabrique de l’église Saint Nazaire lorsque la celle-ci décida le 13 février 1887 d’établir en avant de la chapelle Saint-Roch, le petit porche aujourd’hui disparu, sans en avoir reçu l’autorisation du maire (Rotger B., 1984, p. 449).

2. Depuis quelque temps, la comptabilité du maire est mise en doute. Il faut dire qu’il a aussi semé pas mal de discorde. Certains de ses amis se détournent de lui. Les convocations du Conseil municipal ne rassemblent pas toujours le nombre de conseillers suffisant. Un arrêté du préfet suspend le maire THOU­LOUZAN, sa révocation est prononcée par le Président de la Répu­blique. Les nouvelles élections éliront Bernard BERNADET comme maire. La première séance qui suivra sera houleuse quand FLOTTE Baptistin et ICARD Nazaire déclarent ne pouvoir s’occuper du budget que lors­qu’une commission aura fait le bilan des finances locales. Le maire BER­NADET sera contraint d’annuler la séance, car des insultes, on risque d’en venir aux coups. Aux deux premiers se sont joints CAY Emmanuel et AUGIER Antoine. Ils formuleront les plus expresses réserves quant à la situation embrouillée due à la mauvaise gestion du maire révoqué. Thoulouzan sera contraint de se retirer à Marseille. Pour rétablir les finances locales, on votera quelques centimes additionnels. On vendra même « les vieilleries » contenues dans le grenier de la mairie dont on adressera l’inventaire au Sous-Préfet. On y trouvera une dizaine de vieux fusils dont on ignore la provenance. Tout ce qu’on sait, c’est qu’ils figurent depuis un temps immémorial dans l’inventaire communal (Rotger B., 1984, p. 451-452).

3. Une campagne de dénigrement de l’ensemble du personnel du Bureau de Postes est organisée ; tous les postiers, menacés d’un changement de résidence, reçoivent le soutien de péti­tions couvertes de signatures et approuvées par le Conseil municipal, après le 13 février 1887. Monsieur ICARD Nazaire, con­sidérant que le personnel du Bureau de Postes et Télégraphes jouit de l’estime générale et de la sympathie de la population, fait état des péti­tions couvertes de signatures de toute la population qui demande le maintien du personnel. Il demande au Conseil de s’associer à cette péti­tion. Ce qui lui sera accordé, et le maintien de tout le personnel à son poste sera demandé à l’administration centrale (Rotger B., 1984, p. 451-452.).

1890 – 13 février : AJELLO’S SAGA – Inscription maritime, extrait du rôle de levée. Aiello François Cyr, levé d’office le 27 janvier 1890 en qualité de matelot de 3ème classe et affecté à Toulon, quitte son affection le 13 février, après 16 jours. Il est dirigé le jour même en feuille de route sur Port-de-Bouc, pour rejoindre le Brochet. Provient de la division de Toulon le 13 février. Sur le livret, p. 28, on trouve Brochet barré et remplacé par Abeille (Livret de solde pour officier et marin de Aiello François Cyr (archives familiales).

1895 – 13 février :

1. mort du compositeur Richard Wagner.

2. LES FRÈRES LUMIÈRE DÉPOSENT LE BREVET DU CINÉMATOGRAPHE.

1910 – 13 février : OUVERTURE A PARIS DU VÉLODROME D’HIVER (le Vèl’ d’hiv’)

1917 – 13 février : ARRESTATION DE MATA HARI PAR LE CONTRE-ESPIONNAGE FRANÇAIS. De son vrai nom Marguerite Gertrude ZELLE, cette danseuse et aventurière hollandaise, épouse d’un officier de l’armée coloniale hollandaise, s’initia à la danse orientale en Indonésie. De retour en Europe, elle devint, sous le nom de Mata-Hari qu’elle prit en 1908, une interprète renommée de danses javanaises et hindoues. Arrêtée le 13 février 1917 sous l’accusation d’espionnage au profit de l’Allemagne, elle fut fusillée.

1918 – 13 février : PERTE DU SOUS-MARIN “BERNOUILLI” : Parti en croisière le 10 février, le Bernouilli, Cdt LV René Audry, ne revient pas le 13 du secteur à l’ouest de Cattaro entre les parallèles 42°15 et 42°25 et les méridiens 17°50 et 18°. Les recherches faites le 13, 14 et 15 par torpilleurs et avions en trouvent aucune trace. Il a dû certainement sauter sur une mine devant Durazzo. 29 morts. Cliché : Le sous-marin « Bernouilli » (Q83) lors de son lancement à Toulon 1er juin 1911

1930 – 13 février : CRÉATION D’UNE SOCIÉTÉ DÉNOMMÉE COOPERATIVE VITICOLE DE SANARY PAR UN GROUPE DE PROPRIÉTAIRES dont Louis Fournier, Marius Giraud, Victor Venel, Léon Ranchin, Josepb Boyer, Paul Brun, Henri Beineix, Pierre de Baciocchi, Fernand Fournier, Amable Imbert, Félix Bertrand, Henri Boit, Antoine Boyer, et bien d’autres propriétaires soit 45 adhérents qui aux premières récoltes apportèrent 3 500 hectolitres. Ces propriétaires assez importants furent rejoints par la suite par de plus petits producteurs qui cessèrent de faire eux-mêmes la vinification. Le nombre des adhérents atteignit alors, avant-guerre, 300 coopérateurs pour un apport de 9 000 hectolitres compte tenu de l’année. exceptionnelle de 1939-1940. A la fin de la guerre, le nombre d’adhérents s’ accrut d’environ 50 coopérateurs et la moyenne des apports fut de 8 000 hectolitres (A. Place, H. Ribot , B. Rotger, « Sanary, 1000 ans d’histoire »,1982).

1937 – 13 février : PAUSE DES RÉFORMES – Le 13 février 1937, dans une allocution radiodiffusée destinée aux membres de la fonction publique, le président du conseil annonçait la pause des réformes. Un thème qui sera repris à Saint-Nazaire et à la Chambre les jours suivants. Cette pause — effective dès le 5 mars – impliquait la reconduction des contrats collectifs en cours. Mais sans adaptation des salaires à la hausse des prix (Charles Galfré, 2003).

1941 – 13 février :  Journal de l’amiral Jubelin – 12 février – (rappel) : – Mon mentor m’emmène chez un de ses amis à Herbert Crescent. Du troisième étage, nous domi­nons un petit square pittoresque. La maîtresse de maison prépare le thé. Dehors, les sirènes hurlent. C’est ma première alerte de guerre. Des bombes haut-explosives tombent dans le voisinage et secouent la maison. Je ne suis pas fier. Assis à côté de mon camarade sur le canapé, j’essaie de faire bonne contenance, mais un sifflement nous vrille les oreilles. Valdenne me crie : — Mets-toi un fauteuil sur la tête !

De sang-froid, j’aurais trouvé cela ridicule, mais, joi­gnant le geste à la parole, il a déjà renversé un siège sur son crâne déplumé. J’en fais autant. Dans un choc effroyable, nous nous retrouvons à l’étage inférieur, tou­jours coincés entre canapé et fauteuils, indemnes. Tous les autres sont morts. J’ai compris ce qu’était une alerte.

13 février. — Avant de partir sur le Courbet, j’ai été invité à dîner par le général de Gaulle. Nous étions cinq en tout, dont son officier d’ordonnance, Serreules. Mais je n’ai pas compris le nom des deux autres convives.

Notre chef m’a fait une impression bien différente de celle que j’avais éprouvée la première fois. Il est très dif­ficile à analyser. Je suis convaincu que, s’il échappe ainsi au jugement, c’est qu’il est bien une espèce de surhomme. Si je l’ai admiré, cela, ne peut pas venir de sa séduction physique qui est nulle tant qu’il ne parle pas.

Mais il a parlé longtemps de la France et j’ai été saisi par la force des images qu’il employait. Il dédaigne l’ima­gination et le style de son langage, on le sent, lui vient seulement de longues méditations. Si le petit fait le retient seulement une seconde, il parle plus aisément de l’Histoire à travers ses grands mouvements, à la façon, d’un prophète.

Le dîner, bien que bref, était excellent. Il semble avoir suffi pour mettre le général en verve. Il a raconté quelques histoires dignes d’un joyeux Saint-Cyrien et nous a laissés sur cette bonne impression.

une seconde, il parle plus aisément de l’Histoire à travers ses grands mouvements, à la façon, d’un prophète.

Le dîner, bien que bref, était excellent. Il semble avoir suffi pour mettre le général en verve. Il a raconté quelques histoires dignes d’un joyeux Saint-Cyrien et nous a laissés sur cette bonne impression.

1942 – 13 février : OPPOSITION D’ÉLÈVES DE LA SEYNE A LA PRÉSENTATION DU FILM « UNE JOURNÉE DU PRÉSIDENT LAVAL » – Extrait d’un rapport de l’inspecteur d’Académie du Var à ses supérieurs hiérarchiques : « … J’ai eu connaissance le 13 février d’un incident regrettable qui s’est produit non pas à Toulon mais à La Seyne au cours d’une séance cinématographique de propagande offerte par le Secours national le 29 janvier au cours de la projection du film :  » Une journée du Président Laval « , des coups de sifflets sont partis des bancs occupés par 45 élèves du collège moderne et technique Martini. Il résulta des rapports que j’ai aussitôt demandés sur cette affaire que de sévères remontrances ont été faites par les deux maîtres chargés de la surveillance et par le directeur du collège à ces élèves qui ont adressé au Président cantonal du Secours national et au Maire de La Seyne des excuses écrites pour leur geste irréfléchi dont ils ont reconnu l’inconvenance. Ils ont été de plus consignés le 1er février  » (Marius Autran, tome 3, 1990).

1943 – 13 février : Des navires français reprennent le combat contre l’Allemagne et l’Italie – A Dakar, le contre-torpilleur Le Fantasque passe en carénage en cale sèche afin de gratter les coques. Le 22, carénage terminé, il laisse la place à son sistership Le Terrible et s’amarre à couple du cuirassé Richelieu. Le 13 février, les deux navires arriveront aux Etats-Unis où ils seront modernisés. A la suite de quoi, ils prendront la dénomination de croiseurs légers puis, associés au Malin, de la même série qu’eux, ils formeront la 10e division de croiseurs légers et reprendront le combat contre l’Allemagne et l’Italie qu’ils avaient cessé après l’armistice de juin 1940.

1953 – 13 février : NOTRE MARINE EN INDOCHINE – Le 13 février, groupe de Quang Khe, dispersion d’un convoi dans l’arroyo de Laha avec l’appui feu du Commandant Duboc (Gérard Garier).

1957 – 11 et 13 février : LE BARRAGE DU REYRAN EST « SOLIDE » (SIC !)– Le 11 février 1957, le Conseiller général Toussaint Merle revenait à la charge en disant :  » Votre programme est bâti en l’air, non pas par la faute des techniciens, mais par celle de la politique d’investissement du gouvernement. Le projet du Reyran (barrage et irrigation) NE POURRA PAS S’ACHEVER. VOUS JETEZ DE LA POUDRE AUX YEUX « . À CES AVERTISSEMENTS SÉRIEUX ET RÉPÉTÉS, QUE RÉPONDAIENT LES AUTRES CONSEILLERS GENERAUX ? Le conseiller général de Collobrières répondait, le 13 Février 1957 :  » NOUS N’AURONS AUCUN MÉCOMPTE « . Le conseiller général de Vidauban ajoutait, le même jour :  » JAMAIS LA MAJORITÉ N’A EU DE CRAINTE QUANT À LA SOLIDITÉ DU BARRAGE « . Chacun d’entre vous peut juger, sur pièces, combien Toussaint Merle avait raison hélas ! (Marius Autran, tome 2, 1988)

1960 – 13 février :

1. à 7 h 04, explosion de la première bombe « A » française « Gerboise bleue » à Reggane au Sahara. « Les habitants du coin ont été réveillés par une énorme explosion. Il y avait des nuages noirs dans le ciel et la terre tremblait sous nos pieds. Certains disaient que c’était le jour du Jugement dernier » (un témoin).  Le 10 juin 2009, un article de « Courrier International » évoquait les cas des milliers d’Algériens qui continuent à en subir les conséquences. La décision de la France d’indemniser les victimes des essais nucléaires [un projet de loi en ce sens a été présenté fin mai en Conseil des ministres] n’a apparemment pas réjoui les habitants de la région de Reggane et d’Aïn Enker, dans le sud de l’Algérie, théâtre de dix-sept essais nucléaires au début des années 1960. La plupart racontent qu’ils étaient analphabètes et qu’ils ne se rendaient pas compte des conséquences de ces événements effrayants. Le 13 fé­vrier 1960, la France a ainsi organisé à Reggane le plus grand et le plus dangereux essai nucléaire, l’équivalent de trois bombes d’Hiroshima. Un demi-siècle plus tard, les esprits restent marqués par la gravité de l’événement. Abderrahman Saadaoui est né en 1916 à Reggane et avait été mobilisé pour travailler sur le lieu. Il a perdu la vue quelques jours plus tard. “Le lendemain de l’explosion, le commandement militaire du centre a organisé une fête. Nous étions illettrés et ne comprenions pas ce qui se passait. J’ai vu des soldats français pleurer à l’intérieur de la caserne et insister pour qu’on les ramène en France.” En évoquant ces souvenirs, il se laisse gagner par la tristesse avant d’ajouter : “J’étais hanté par une peur diffuse que tout cela allait avoir des conséquences durant des années. Et c’est ce qui s’est passé. J’ai perdu la vue, comme beaucoup d’autres habitants de la région, et il y a eu à Reggane des maladies qu’on n’avait jamais vues. En plus, la production agricole a chuté, alors que c’était notre seule activité économique.”

Reggane se situe dans le sud-ouest de l’Algérie, à quel­que 1 800 kilomètres de la capitale. La zone couvre une superficie d’environ 124 kilomètres carrés, habités par une vingtaine de milliers de personnes. Les autorités coloniales affirmaient qu’il s’agissait d’une région inhabitée. Le cheikh El-Haj Abdallah, né en 1937, raconte avoir vu les forces françaises amener d’énormes engins pour procéder à de gros travaux. “Le chômage était alors un véritable fléau. Mon père n’arrivait pas à subvenir aux besoins de notre famille. J’ai donc dû ­travailler moi aussi. Je ne me doutais pas du tout que le chantier sur lequel nous travaillions allait détruire la région. On a commencé par créer une base militaire à environ 7 kilomètres au sud de ­Reggane. Elle était réservée au comman­dement et aux experts chargés de ­l’ingénierie du projet. Il y avait 6 500 Français et 3 500 Algériens venus de dif­­férentes régions qui travaillaient à sa construction. La discrimination était évidente. Dès le début, les tâches les plus dures étaient pour nous. Nous étions chargés de construire la route allant des baraquements à la base. Nous étions mal payés et travaillions près de quinze heures par jour.” Puis le cheikh se fait plus précis : “Le 12 février 1960, veille de la première explosion, on nous a distribué des colliers portant les numéros de nos papiers professionnels et on nous a dit qu’on ferait exploser une bombe le lendemain et que personne ne devait sortir. ‘Fermez les yeux et ne regardez pas le ciel ! Dites-le à vos familles et à vos voisins.’ Le lendemain, c’est-à-dire le 13 février, à 7 h 04, les habitants du coin ont été réveillés par une énorme explosion. Il y avait des nuages noirs dans le ciel et la terre tremblait sous nos pieds. Certains disaient que c’était le jour du Jugement dernier.”

Beaucoup se souviennent aujourd’hui encore de leur peur. C’est le cas d’El-Haj Mohamed Sarkou, né en 1929. “J’ai été réveillé quand le toit de la maison a été arraché. Il était en bois, couvert de branches de palmiers et de boue séchée. J’ai crié et réveillé mes enfants et ma femme. Nous sommes sortis et nous avons trouvé nos voisins. Ils étaient tous frappés de stupeur. Bien que le chef de quartier nous ait informés, nous ne nous attendions pas à quelque chose d’aussi énorme.”
Aujourd’hui, les services de santé de Reggane font état d’une multiplication des cancers. Depuis l’an 2000, près de cent cinquante cas ont été enregistrés. De leur côté, les habitants parlent de dizaines de décès. D’autres cas n’ont pas été enregistrés auprès des services sanitaires faute d’études approfondies. En plus du cancer, le nombre de personnes aveugles ou atteintes de glaucomes revêt des proportions effrayantes. Selon les habitants, des dizaines de personnes ont perdu la vue pendant les premières années qui ont suivi les essais et des centaines se sont fait opérer en Algérie ou à l’étranger. De même, beaucoup de maladies chroniques des voies respiratoires, urologiques et des diarrhées chez les enfants ont été constatées. Le Dr Oussidhem Moustapha, qui travaille à l’hôpital de Reggane depuis vingt ans, précise : “A la fin des années 1980 et au début des années 1990, je recevais entre cent et trois cents personnes pour des examens. L’an dernier, c’étaient trois mille cinq cents.” L’une des choses qui nous a frappés à Reggane est le nombre de malades mentaux. Des familles entières sont affectées parce que, nous dit-on, “le père a travaillé près du lieu de l’explosion et est devenu fou à la suite du choc, sans parler des lésions de la peau, des stigmates physiques et des paralysies partielles, ainsi que d’autres phénomènes sur lesquels les médecins n’arrivent pas à mettre de mots.” Pour ce qui est de l’impact sur l’environnement, le Dr Kadhem Al-Aboudi nous explique que les essais ont produit des changements violents tels que des déplacements de dunes de sable dans les zones souffrant d’érosion. De même, un appauvrissement de la faune et de la flore, avec la disparition de nombreux reptiles et d’oiseaux, y compris migrateurs. “Tous nos revenus provenaient de la terre et nous lui consacrions notre vie”, ra­conte Abderrahman Saadaoui, l’un des témoins de la catastrophe. “Mais les récoltes s’amenuisaient. Les semences ont changé d’aspect, les arbres et les palmiers sont devenus stériles. Auparavant, nous exportions des dattes vers d’autres régions. Et le cheptel s’est mis à vieillir prématurément ou à engendrer des monstres.” Les habitants rappellent que Reggane fournissait des tomates pour l’Europe, avec parfois (au début des an­nées 1970) jusqu’à trois avions qui décollaient chaque jour pour Bruxelles, Francfort ou Marseille. Aujourd’hui, la région n’est même plus autosuffisante. Saadaoui ajoute qu’un des soldats français lui a soufflé, avant de quitter Reggane, que les conséquences des essais se feraient sentir trente ans plus tard. Les ruines des installations n’ont pas été déblayées et sont toujours visibles. Les autorités françaises ont simplement enfoui les gros engins dans le sable. Quant à certains équipements légers abandonnés sur place, ils ont été récupérés par les habitants, ignorant la dangerosité de ce matériel contaminé et radioactif. Les autorités algériennes ont isolé l’endroit par une enceinte de plusieurs kilomètres. De même, la France, avant son départ, a détruit la route et installé des barrières interdisant l’accès au site. Mais les gens ont trouvé d’autres chemins pour y accéder. Pour les autorités locales, il serait tout aussi important de nettoyer ce site que de verser des indemnités. Abderrahman Lhbab, ingénieur chimiste et membre de l’Association algérienne du 13 février 1960, estime que “la France se trompe en considérant que les victimes sont ceux qui ont travaillé sur le site. Les véritables victimes, ce sont les générations futures. Avant les dédommagements, il faudrait d’abord reconnaître le crime et demander pardon. Car le crime est énorme !”
(Rumdhan Jaafari).

2. DÉFENSE DE L’ÉCOLE PUBLIQUE DE SAINT-MANDRIER – A Saint-Mandrier, une importante réunion d’informations et de travail a été prévue pour le samedi 13 février, sur l’initiative du Comité d’action pour la défense de l’école publique de Saint-Mandrier. De nombreuses personnalités se sont rassemblées dans la grande salle de la mairie. Monsieur Millancourt, conseiller municipal, remplaçant Louis Clément souffrant, préside les débats aux côtés du personnel enseignant, ainsi que des amis et sympathisants de l’école publique. L’assistance se compose en majorité de mères de famille. Voici la liste des membres du Comité qui ont été désignés pour recevoir les signatures des pétitionnaires : Mmes Fauchon et Bot, directrices d’établissements scolaires – MM. Jeannot, directeur de l’école des garçons – G. Gaubert, délégué cantonal – Jean Clément, instituteur – Henri Diot – Eugène Revest – Tournier – Jean Bot – Moulin – Millancourt – Louis Esposito – Victor Blanc -A. Revest – Charles Aponte. Louis Clément, a accepté de présider le comité après sa convalescence. Cette campagne contre les lois précitées obtient, jour après jour, une large audience auprès de nos compatriotes quelle que soit leur condition, leur religion ou leur appartenance politique. A Saint-Mandrier, lors des permanences quasi quotidiennes, les cahiers de pétition se remplissent à grande vitesse ; on dénombrera plusieurs centaines de sympathisants à la fin du mois de février. De plus, des tournées sont mises en place afin de recevoir, à domicile, les signatures des personnes qui ne peuvent pas se déplacer (Ken Nicolas, vol. 2, p. 6-7). Note de Ken Nicolas : « Dans le comité mandréen pour la défense de l’école publique, apparaît le nom de Madame Bot. Quelques mots sur celle qui fut mon institutrice de maternelle au milieu des années 50. Anne Nédélec est née à Audierne (Finistère) en 1914, d’un père facteur et d’une mère au foyer. Son brevet supérieur de l’enseignement en poche, elle devient institutrice à l’âge de vingt ans et officiera dans son département natal de 1935 à 1937. En 1930, elle rencontre Jean Bot dans un petit village situé tout près d’Audierne. Celui-ci, né à Esquibien (Finistère) en 1912, futur canonnier de marine, savoure quelques jours de vacances chez sa grand-mère. Il demeure depuis 1925 à Saint-Mandrier où son père, militaire de carrière, sert dans les services de la Croix des Signaux. Anne et Jean se marient en 1936 dans leur beau pays de Bretagne. Le couple s’établit dans la presqu’île en 1937. Madame Bot dirige alors la « classe enfantine », l’Asile, faisant partie intégrante de 1 école des filles située derrière l’actuel bureau de poste. En 1955, elle devient directrice de la maternelle au sein du tout nouveau groupe scolaire. La retraite sonnera en 1967. Un an plus tard, Anne Bot recevra les Palmes académiques) ».

1973 – 13 février : PREMIÈRE DE « LA CAGE AUX FOLLES ». Texte de Jean Poiret (« La cage aux folles », réédition Presses Pocket 1747, 1979, 475 p.). Pièce de théâtre jouée par Michel Serrault et Jean Poiret pour la première fois le 13 février 1973 au théâtre du Palais-Royal à Paris . Cette pièce, dont Jean Poiret est l’auteur, sera jouée 1900 fois.

1984 – 13 février : AVALANCHES MEURTRIÈRES. PLUS DE 25 TUES EN QUELQUES’ JOURS DANS LES ALPES, DONT DEUX, CE SAMEDI, AUX MENUIRES – Les fortes chutes de neige accompagnées de vents violents, qui ont été enregistrées la semaine dernière, sont à l’origine des avalanches meurtrières ni, en quelques jours, ont fait plus de vingt-cinq victimes tant en Autriche qu’en Suisse et en France. La situation a été particulièrement critique dans le Tyrol autrichien où l’on a dénombré au moins treize morts et où quelque dix nille vacanciers ont été isolés par la neige. “En France, où une avalanche avait déjà fait une victime à Flaine a semaine dernière, ce sont deux visiteurs de la station des Menuires, en Savoie, qui cette fois ont trouvé la mort samedi matin. L’avalanche s’est déclenchée vers 9 h 50, à la suite du décrochage d’une plaque à vent. La masse neigeuse avait 250 mètres de front, et 600 mètres de long sur une hauteur de 5 mètres. MM. Gérard Crey, 20 ans, et Jacky Meilleur, 26 ans, ont été tués et M. Robert Milan, 29 ans, grièvement blessé alors qu’ils tentaient dans une zone hors-piste de récupérer une grenade destinée à provoquer artificiellement cette avalanche, et qui n’avait pas explosé.

D’autre part, un promeneur italien est mort de froid samedi soir à 3.400 mètres d’altitude, après être tombé dans une crevasse à 200 mètres de la gare du téléphérique de la pointe d’Helbronner (frontière franco-italienne). La victime, âgée d’une trentaine d’années était partie samedi d’Entrèves (Italie) pour rallier Chamonix en téléphérique. S’arrêtant à la gare de la pointe d’Helbronner, le jeune homme s’est promené sur le glacier géant et est tombé samedi vers 11 heures dans une crevasse très étroite, profonde de 25 mètres. Les sauveteurs italiens qui n’arrivaient pas à le dégager seuls, ont fait appel aux gendarmes de Chamonix qui ont envoyé en hélicoptère dix hommes et du matériel. Lorsque les sauveteurs réussirent à dégager le jeune homme dimanche à 0 h 30, ce dernier était mort d’hypothermie.

Enfin, soixante-quatre enfants âgés de 8 à 15 ans, faisant partie d’une colonie de vacances de Toulon, sont bloqués depuis jeudi dans le monastère des pères de la Salette (Isère), un village situé à 2.000 mètres d’altitude dans le massif de l’Oisans. Toutes les routes sont coupées par d’importantes chutes de neige et les travaux de dégagement doivent durer au moins une semaine. Le ravitaillement s’effectue par hélicoptère. Note : Notre-Dame de La Salette est le nom sous lequel les catholiques désignent la Vierge Marie en tant qu’elle serait apparue à deux enfants le 19 septembre 1846 en haut du village de La Salette-Fallavaux, près de Corps, en France, dans le département de l’Isère.

Ces conditions atmosphériques n’ont pas découragé la deuxième vague des vacanciers de février puisque, samedi, il y avait encore 35 kilomètres de bouchons à la sortie de Chambéry et 15 kilomètres dans la Maurienne où de nombreux skieurs ont décidé de rester sur place, prenant d’assaut tous les hôtels libres de la vallée (L’Humanité, février 1984).

2008 – 13 février :

1. Le parlement australien adopte officiellement un texte présentant les excuses de l’État à la communauté aborigène du pays, pour les discriminations subies dans le passé. Un très beau film , de Philip Noyce montre de quoi il s´agit , et à quel point ces discriminations ont été terribles pour les Aborigènes . Le titre est Rabbit-Proof Fence ( Le Chemin de la Liberté), une histoire vraie; à la fin du film , on peut voir et écouter les deux sœurs , héroïnes de l´histoire, âgées. On a perdu la trace de la troisième enfant par la suite.

2. mort du chanteur Henri Salvador.

2020 – 13 février : Le président Macky Sall a déclaré mercredi que l’interdiction de l’homosexualité au Sénégal relevait de la spécificité culturelle de son pays et n’avait «rien à voir» avec l’homophobie, en présence du Premier ministre canadien Justin Trudeau, qui a «brièvement» évoqué le sujet avec lui. Mais il n’a pas exclu une évolution ; « … ça prendra le temps que ça prendra.» (Le Figaro avec AFP)

2023 – 13 février : TREMBLEMENT DE TERRE EN TURQUIE ET SYRIE (Mis à jour le 12/02/2023 à 16:47). Le bilan ne cesse d’augmenter. Selon les derniers chiffres officiels, le tremblement de terre d’une magnitude de 7,8 qui a frappé la Turquie et la Syrie, lundi 6 février, a fait 29 605 morts dans le sud de la Turquie, selon les autorités turques, tandis que 3 574 personnes ont été tuées en Syrie. En visite samedi à Kahramanmaras (Turquie), le chef de l’agence humanitaire de l’ONU, Martin Griffiths, avait déclaré à la chaîne Sky News que ce bilan pourrait « doubler ». L’Organisation mondiale de la santé (OMS) estime que 26 millions de personnes pourraient avoir été affectées par le séisme en Turquie et en Syrie, dont « environ cinq millions de personnes vulnérables ». En Syrie, les sanctions adoptées contre le régime de Bachar Al-Assad compliquent une situation déjà « très volatile » dans des zones où, selon l’ONU, 5,3 millions de personnes risquent de se retrouver sans abri. Pour l’heure, l’essentiel de l’aide humanitaire destinée aux victimes syriennes, pour une large part situées dans les territoires tenus par les rebelles, arrive depuis la Turquie par le point de passage de Bab al-Hawa. Près de 32 000 personnes sont mobilisées pour les opérations de recherche et de secours en Turquie, ainsi que plus de 8 000 secouristes étrangers selon l’agence turque chargée des catastrophes naturelles. Samedi, un point de passage a été ouvert entre la Turquie et l’Arménie, pour la première fois depuis 35 ans, pour permettre l’arrivée d’aide humanitaire (Mathilde Goupil et Pierre Godon, France Télévisions).

UNE BLAGUE POUR LA ROUTE.

Un jeune homme entre dans un bar et s’adresse aux clients assis dans la salle :

-Quelqu’un aurait-il perdu une grosse liasse de billets de banque avec un élastique rouge enroulé autour ?

Un client s’approche visiblement soulagé:

-C’est à moi! C’est à moi!

-Tenez. J’ai retrouvé l’élastique…

Il est à présent 7 heures et je me dois de vous quitter.

Bise aux filles, poignée de mains aux garçons.

Affectueuses pensées à Isabelle, Raphaël, Olivier et Webber.

Bon lundi à tous et à demain pour fêter la SAINT VALENTIN » !

One response to “EPHEMERIDES 13 FEVRIER”

  1. Avatar de Henri RIBOT

    Je vous prie d’excuser les imperfections du texte telles que « lorsque la celle-ci  » en lieu et place de « lorsque celle-ci ». A force de lire et relire, corriger et remanier, il arrive que je m’emmêle les pinceaux. Merci à Juliette qui me transmets régulièrement ses observations à ce sujet.

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