- L’Epopée de Gilgames. Le grand homme qui ne voulait pas mourir.
Traduit de l’akkadien et présenté par Jean Bottéro. NRF, L’aube des peuples, Gallimard, 1992, 292 p.
Vieille de quelque trente-cinq siècles et de loin antérieure à 1’Illiade et au Mahâbhârata, L’Épopée de Gilgames est la première œuvre littéraire connue à qui son ampleur, sa force, son souffle, sa hauteur de vision et de ton, l’éminent et l’universel de son propos aient valu, dans tout le Proche-Orient ancien, une célébrité millénaire et, dans notre jugement à nous, le titre d’« épopée ».
Elle conte l’histoire d’une grande amitié, source de surhumaines réussites, mais qui, tragiquement amputée par la mort, jette le survivant, le grand roi Gilgames, dans une recherche désespérée, mais vaine, du moyen d’échapper au trépas.
Sur ses tablettes d’argile, depuis qu’au propre berceau de l’assyriologie, voici moins de cent cinquante ans, on en avait retrouvé les premiers lambeaux, le texte de cette composition fascinante n’a cessé, d’année en année, de se compléter de trouvailles nouvelles, et de se mieux entendre, replanté dans son dense et profond humus culturel natif.
Il fallait qu’un assyriologue, vieilli dans son métier, en mît au net la teneur la plus complète possible ; en revît la traduction, à la hauteur de son lyrisme auguste ; en expliquât, d’un mot, mais clairement, les exotismes, les silences et les subtilités, livrant ainsi au public de langue française démuni une édition à jour pour lui révéler au mieux ce chef-d’œuvre admirable et presque secret. Son travail n’ouvre pas seulement une grand-porte dans les puissants remparts qui défendent l’altière civilisation mésopotamienne, notre plus vieille aïeule ; il permettra aussi d’y retrouver, dans un discours et un imaginaire pourtant bien loin des nôtres, deux ou trois grandes valeurs universelles de notre condition humaine, qui comptent toujours à nos yeux : le prix de l’Amitié, même si nous la savons périssable, comme tout, ici-bas ; et le sens de la Vie, même si elle ne nous est accordée que pour se trouver, elle aussi, trop vite effacée par la Mort.
Vignette de couverture : Tête royale. Époque dAkkad, vers 2200 avant J.-C. ‘ Irak Muséum, Bagdad. Photo © Daniel Bouquignaud – Agence TOP.

2. René Merle – L’insurrection varoise de 1851 contre le coup d’État de Louis-Napoléon Bonaparte, Editions Gaussen, 2013, avec le concours de l’Association 1851 pour la mémoire des Résistants républicains.
Né en 1936, René Merle, agrégé d’histoire, a réalisé de nombreuses recherches sur ce mouvement. Dispersées dans plusieurs revues, elles sont rassemblées dans ce volume. L’auteur redonne ainsi vie à ces hommes qui se sont battus pour la sauvegarde de la république.

3. Paul VEYNE – Quand notre monde est devenu chrétien (312-394). Bibliothèque Idées, Albin Michel, 2007, 320 p. Professeur honoraire au Collège de France, Paul Veyne a notamment publié Le Pain et le Cirque (1976), Comment on écrit l’histoire (1971), L’Empire gréco-romain (2005), René Char en ses poèmes (1990).
« Quand notre monde est devenu chrétien » est le livre de bonne foi d’un incroyant qui cherche à comprendre comment le christianisme, ce chef-d’œuvre de création religieuse, a pu, entre 300 et400, s’imposer à tout l’Occident À sa manière inimitable, érudite et impertinente, Paul Veyne retient trois raisons :
- Un empereur romain, Constantin, maître de cet Occident, converti sincèrement au christianisme, veut christianiser le monde pour le sauver.
- Il s’est converti parce qu’à ce grand empereur il fallait une grande religion. Or, face aux dieux païens, le christianisme, bien que secte très minoritaire, était la religion d’avant-garde qui ne ressemblait à rien de connu.
- Constantin s’est borné à aider les chrétiens à mettre en place leur Église, ce réseau d’évêchés tissé sur l’immense empire romain. Lentement, avec docilité, les foules païennes se sont fait un christianisme à elles. Cette christianisation de cent millions de personnes n’a pas fait de martyrs.
« Au passage, Paul Veyne évoque d’autres questions : D’où vient le monothéisme ? Faut-il parler ici d’idéologie ? La religion a-t-elle des racines psychologiques ? Avons-nous des origines chrétiennes ? ».


4. Marc FERRO – Cinéma et histoire, Gallimard, 1993 pour la présente édition refondue, Folio Histoire 55, 292 p.

5. André Boulaya d’Arnaud – « EVOCATION DU VIEUX MARSEILLE », Les éditions de Minuit, Paris, 1961, nouvelle édition 1969 440 pages. N° d’enregistrement : 20723.
Le livre, vu par l’auteur : Dans cette EVOCATION DU VIEUX MARSEILLE nous n’avons pas voulu seulement donner une histoire des quartiers et de leurs monuments, nous avons essayé aussi de fixer la physionomie d’une ville singulière, au passé prestigieux. Dans l’antiquité elle a contribué, pour une bonne part, au destin de l’Occident ; puis elle a suivi le chemin de l’histoire avec un curieux bagage de produits exotiques, enveloppé de lumière et de paradoxe. Tournant le dos au royaume de France, elle a toujours porté ses regards vers le large et reçu les effluves d’un autre royaume, magique : la Méditerranée. Les rivages marmoréens sur lesquels elle a été fondée, ces paysages de l’esprit, n’ont pas seulement inspiré la « galéjade » ; ils ont suscité un génie du bon sens et même de l’audace.
Dans le cadre des anciens remparts nous avons eu le dessein d’évoquer la vie des habitants. Les maisons d’une vieille cité ne révèlent-elles pas l’âme de leurs constructeurs ? Elles inscrivent sur le sol de la « matrie » la petite histoire qui participe à la grande histoire de la « patrie ».
Cet ouvrage est une évocation de Marseille jusqu’au milieu du dix-neuvième siècle — à l’époque où elle avait approximativement deux mille cinq cents ans — (les monuments du second Empire y sont cités parce qu’ils sont au terme d’une évolution, mais ils ne sont pas décrits). Pour le rendre plus vivant et de lecture aisée, les notes de référence ont été exclues du volume. Les noms des rues et des monuments disparus sont portés en italique dans le texte, ainsi que les noms anciens des voies existantes.
Le lecteur trouvera probablement dans ce récit des inexactitudes et il constatera des omissions ; nous lui serions reconnaissant de nous les signaler. (Marseille, mars 1958. B. d’A.)Note de l’éditeur : Après 1a disparition d’André Boulaya d’Arnaud en 1967, les passages entre astérisques des pages 12, 19, 431 et suivantes ont été rédigés par Félix L. Tavernier, de l’Académie de Marseille ; qu’il en soit remercié par l’éditeur.
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