ÉPHÉMÉRIDES DU 8 JUILLET

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ÉPHÉMÉRIDES DU MARDI 8 JUILLET 2025 – 14e ANNÉE (n° 4987).

Ayant pris un congé de quelques jours, je vous adresse un remake de l’an dernier avec quelques éléments de mise à jour. Bon mois de juillet à tous !

ILLUSTRATION : du rire, un peu ? beaucoup ? Ci-dessus : concentration républicaine (La Réalité dépasse la Fiction, 1955).

LES FÊTES : Les THIBAUT, dont c’est la fête aujourd’hui, savent-ils qu’ils doivent leur prénom à deux grands personnages de l’histoire ? Le premier fut un roi des Francs, Théodebald 1er ou Thibaut 1er, le second un abbé cistercien mort en 1247, Thibaut de Marly, aujourd’hui saint Thibaut. Deux casquettes donc, auxquelles il faut adjoindre le nom de « PARC » attribué au 20e jour de messidor dans le calendrier républicain par le poète Fabre d’Eglantine.

Rappelons que JUILLET signifie MOIS DE JULES et cela en mémoire de JULES CESAR dont le nom fut donné par les Romains au cinquième mois de leur année. JULES, en latin IULIUS, est un autre nom du fils d’Enée, Ascagne. C’est à lui que l’on fait remonter le nom de la famille romaine des IULII, à laquelle appartenaient César et, par adoption, Auguste dont le nom sera attribué au sixième mois de l’année romaine, AOÛT. Ce serait IULE qui aurait fondé la ville d’Albe dans le Latium, la métropole de Rome. La légende veut que, à la suite de la mort d’Enée, Ascagne ait pris le commandement de l’armée confédérée du peuple Latin composée des Aborigènes et des soldats troyens et lui ait assuré la victoire contre les Rutules et les Etrusques.

En récompense, il aurait reçu le surnom de IOLUM d’où IULE, diminutif de Jupiter (réf. Pierre Grimal, Dictionnaire de la Mythologie grecque et romaine, PUF, 1982).

Le dicton du jour : « à la saint Thibaut, sème tes raves, arrache tes aulx. » A bon entendeur !

LOCUTIONS ET TRADITIONS Provençales : Y’a dégun ou on craint dégun : indique qu’il n’y a personne ou qu’on a peur de personne. C’est cafi de monde : indique qu’il y a beaucoup de monde. Il maronne : quelqu’un qui boude ou qui est de mauvaise humeur. Mon bèu : terme affectueux pour s’adresser à son ami, signifiant « mon beau ».

PENSEE. « Un visage qui ne rit jamais est le témoin d’un cœur mauvais » (Anonyme basque).

EPHEMERIDES :

(auteur anonyme)

1283 – 8 juin ou le 8 juillet : Barthélemy Bonvin est nommé amiral de la flotte royale en Provence, sous le règne de Charles Premier, comte de Provence de 1246 à 1285 (cf. supra, la bataille de Naples). Il participe aux combats entre Provençaux et Aragonais pour le contrôle de la Sicile. La bataille navale de Malte est livrée le 8 juin ou le 8 juillet 1283 pendant la guerre des Vêpres siciliennes. Elle oppose les flottes aragonaise et provençale composées de galères. Les Aragonais, commandés par Roger de Lauria, remportent une victoire décisive sur leurs adversaires, menés par les amiraux Barthélemy Bonvin et Guillaume Cornut. Ce dernier est tué lors des combats. En mars 1289, à la demande du nouveau roi Charles II qui s’y était engagé lors de sa libération de captivité, Bonvin emmène 80 otages, dont deux frères du Roi et son propre fils, de Marseille à Barcelone à bord de trois galères (Roger Duchêne, Marseille, Fayard, 1998, p.167).

1302 – 8 juillet : Las Cavalcatas, 8 juillet 1302 (acte notarié). Cavalcades – lieu-dit de la commune de Marseille au quartier du Canet. Première mention : Las Cavalcadas, 1288 (acte notarié).

1343 – 8 juillet : Cros del Pébré, (acte aux archives de l’Evêché). Les Acates, hameau, commune de Marseille, quartier des Aygalades (1872).

1370 – 8 juillet : Al Tor de Johannet, 8 juillet 1370 (acte notarié). Cap Janet –  pointe qui s’avance dans la mer, commune de Marseille, au quartier de Saint-Louis (1872). Première mention : Johannetum, 15 janvier 1324 (charte aux archives de l’Evêché)

(La Réalité dépasse la Fiction, 1955)

1501 – 8 juillet : Podium grossum, 8 juillet 1501 (charte aux archives municipales). Pied-Gros lieu-dit, commune de Marseille, quartier de Saint- Jérôme. Première mention : Puey gros, 22 juin 1301 (ibid..

1505– 8 juillet : A Toulon, l’Ollioulais Jaume Deydier avait des rapports avec son cousin par alliance, lo cosyn Peyre Garnier jurista ; et telle était leur intimité que celui-ci, étant mort le 8 juillet 1505, il enregistrait l’événement comme un deuil… (De Ribbe,1898, p. 259-261).  

1516 – 8 juillet : Camas sive Banquières (acte aux archives de Saint-Victor). Le Camas – quartier rural en 1872 de la commune de Marseille, au quartier de Saint- Pierre. Première mention : Campus Martius, XI° siècle (cartulaire de Saint- Victor , n » 37 et 40).

1521 – 8 juillet : FONDATION DE LA CHAPELLE SAINT ROCH à SIX-FOURS : Il y a, proche les murs du lieu et au-dehors d’icelles, la chapelle de St Roch, laquelle fut bâtie et fondée en l’année 1521, ce qui est justifié par un acte de fondation, qui fut fait par Messire Gilles Lombard, originaire dudit Six-Fours, moine de l’abbaye St Victor lez Marseille, reçu par Maître Anthoine Martinenq, notaire dudit lieu, du 8 juillet audit an, par lequel est porté qu’il fonde une messe quotidienne et perpétuelle à la chapelle qui devait être bâtie sous le titre de St Roch, qui fut dotée de quatre cent trente cinq (435) florins provençaux de seize (16) sols pièce (Jean Denans).

1607 – 8 juillet : DEVANT LE RISQUE BARBARESQUE, OLLIOULES DÉCIDE DE FAIRE GARDER LA TOUR DE SANARY. Des galères de barbares se trouvant au large des îles d’Hyères, le Conseil d’Ollioules délibère de faire garder la tour de Saint-Nazaire, d’y mettre des soldats et … des munitions de guerre. … La ville étant endettée, le Conseil vote un emprunt de 9000 livres pour remboursement de créances… En 1608, le Conseil versera] un paiement de 91 livres 12 sous à ceux qui ont gardé le terroir à l’approche des barbares. Le Conseil fait défense aux barques, vaisseaux et bateaux de mettre aulcuns saurraiiré dans le port de Saint-Nazaire, n’y moingz tenir estacar sans permission du Conseil, n’y moingz faire escal… devant l’église du dit lieu sous peyne de trois livres, applicables à la fabrique du port… » (Castellan, 1937 ; Place A., Ribot H., Rotger B., 1982 (texte intégralement repris dans Rotger B., 1990, p. 7-8)).

1615 – 8 juillet : TRANSACTION LORS D’UN PROCÈS INTENTE PAR LA COMMUNAUTÉ DE SIX-FOURS QUI VOULAIT VOIR DEMOLIR LE PREMIER FOUR A PAIN CONSTRUIT PAR LES SEYNOIS. Les sieurs Vicard, Beaussier et d’autres notables de La Seyne, avaient déposé une requête pour le maintien du four. Il fut convenu que le four de La Seyne continuerait à fonctionner sous la réserve que ses habitants remettraient à la métropole un pain sur 100 de la fournée et de celle des futurs fours qui pourraient par la suite être édifiés à La Seyne (Louis Baudoin, 1965, p. 124 : Citant Lucien Maranda, un Seynois, ce premier four aurait existé dans l’immeuble de la rue Franchipani (mauvaise orthographe de Frangipani) portant le millésime 1775. Lucien Maranda se souvenait y avoir vu le four de boulanger encore en activité).

Le premier cimetière seynois était situé au chevet de l’église paroissiale Notre-Dame du Bon Voyage, à l’emplacement de l’actuel presbytère construit à la fin du XIXe siècle, du parking et du groupe scolaire Martini. La création de ce lieu de sépultures fut une condition imposée par la communauté de Six-Fours aux syndics administrateurs seynois lorsque le bourg fut érigé en paroisse en 1614 (Louis BAUDOIN 1965, op. cit., pp. 122-123). Un conflit les opposa, résolu par un acte de désistement des consuls constaté le 8 juillet 1615. Un agrandissement, béni par Monseigneur de Chalucet, eut lieu en 1701 (Idem, pp. 491-492).

1647 – 8 juillet : Moulin de la Commanderie, moulin à eau sur le ruisseau de Caravelle, commune de Marseille, quartier de Saint-Louis. Ce moulin a été ainsi appelé parce qu’il fut acquis, le 8 juillet 1647, par frère Raymond Ravelly, servant d’armes de Saint-Jean de Jérusalem, de Balthazar Cypriany, sieur de Cabrières. Le même acte mentionne le Vallon des Escas  (arch. de la Commanderie).

1664 – 8 juillet : EXPÉDITIONS DE DJIJELLI CONTRE LES BARBARESQUES – Le 8 juillet, la flotte commandée par le duc de Beaufort rallia dans le port de Mahon huit galères françaises et sept galères de Malte qui devaient prendre part à l’expédition de Djijelly (Alfred Nettement – Histoire de la conquête d’Alger, Editions Assala Culture, Alger, 2013, p. 103 et sq).

1711 – 8 juillet : A SAINT-NAZAIRE, TOUS LES MONUMENTS PUBLICS, LA FONTAINE, LES QUAIS DU PORT ET L’EGLISE EXIGENT CONTINUELLEMENT DES REPARATIONS. Ils ont trop longtemps soufferts de l’abandon dans lequel OLLIOULES laissait le bourg SAINT-NAZAIRE. Maintenant, nos édiles, ont un grand retard à rattraper. Ce ne sera pas sans peine. La montée des degrés du clocher pour aller à « l’orologe » s’est entièrement effondrée, une poutre menace de tomber dans la sacristie, une cloche est brisée. Ces réparations seront faites, et même grâce à un don et à une quête on pourra porter le nombre de cloches qui est de deux à trois. La deuxième cloche qui est rompue sera portée au poids de huit quintaux compris le métal de la cloche rompue. On procède aux enchères pour la fonte de la cloche. C’est SENEVAL en 1711, maître fondeur de la ville de Toulon qui obtient le marché. Il fait la cloche « dans sa perfection », « Cette cloche qui portera le nom de SAINT-JEAN sera bénite le 8 juillet 1711, par permission de monseigneur l’Evêque Le parrain est Jean BERNARD consul, la marraine demoiselle REBOUL Rose épouse du sieur ANDRAC François, Maire », mais déclare que une ou deux cloches c’est pareil, pour bien faire il en faut trois, pour « pouvoir sonner solennellement les jours de fêtes principales ». Il y a aussi des brèches dans les murs de l’église, il faudra lès boucher, un vent violent casse les vitrages de l’église, il faudra aller chez le « veittrier » de TOULON pour avoir de nouvelles « veittres ». Il fut aussi reconnu nécessaire de faire « paver » le dessus des murailles avec de bonnes briques et des carreaux et aussi au-devant de l’orologe de la même façon que sont ceux du clocher d’OLLIOULES (Rotger B., 1984, p. 156).

1789 – 8 juillet : L’ASSEMBLÉE DEMANDE AU ROI DE RETIRER LES TROUPES QUI MARCHENT SUR PARIS ET VERSAILLES – De nouveaux remerciements ont été adressés à l’Assemblée nationale. Des dizaines de lettres parviennent ici chaque jour, à tel point qu’il devient impossible de les lire au cours des séances… La popularité de l’Assemblée est grande dans tout le royaume ; les députés s’inquiètent cependant du déploiement de troupes autour de Paris. Mirabeau a proposé d’établir une adresse au roi, pour lui demander de retirer les troupes qui se dirigent vers Paris et Versailles. Cette mesure est votée à une grande majorité des voix (Agenda du Bicentenaire, MERCREDI 8 JUILLET).

1793 – 8 juillet :

1. ALBITTE ET CARTEAUX FURENT PRÉSENTS A LA SEANCE DU 8 DU CONSEIL DE LA DROME. Le procès-verbal de la séance prouve que Dours remplissait ses nouvelles fonctions et ne se trouvait plus à Montélimar. (Roger Vallentin du Cheylard, 1913-1914, rééd. 2001).

2. LE GÉNÉRAL DU TEIL ORDONNE AU CAPITAINE BONAPARTE DE SE RENDRE A AVIGNON AFIN D’Y RÉCUPÉRER MUNITIONS ET CANONS – Alors que son adjoint remplit consciencieusement ses fonctions sur les routes et sur les côtes du Var, le général du Teil est informé de la rébellion d’Avignon, place où il a la responsabilité d’un parc d’artillerie important et d’un dépôt de poudres. Il ordonne au capitaine Bonaparte de se rendre dans cette ville afin de récupérer les munitions. « La crainte de nous voir privés de munitions, qu’on disait arrêtées par les Marseillais, détermina la nomination d’un officier d’artillerie pour les accélérer. Je fus choisi », dira Napoléon à Sainte-Hélène. Le jeune capitaine d’Artillerie Bonaparte quitte Nice le 8 juillet pour se rendre à Avignon afin d’organiser un convoi de poudre à destination de l’armée d’Italie (Paul Maurin-Carcopino, 1969, p. 22-23). Arrivé à Nice le 26 juin, le capitaine Bonaparte ne s’y attarde point et, dès le 8 juillet, le voici nanti d’une intéressante mission. On l’expédie en Avignon pour y prendre livraison d’un convoi de poudre destiné à l’armée des Alpes. La région n’étant pas sûre, à cause des « fédéralistes » (c’est-à-dire des royalistes et des Girondins qui font désormais cause commune), le capitaine devra constituer là-bas une escorte pour la protection des chariots. Il part en chaise de poste, et les poches garnies de « frais de route » calculés sans ladrerie.

1795 – 8 juillet (20 messidor) : LA COMMISSION MILITAIRE EST TRANSFÉRÉE DE TOULON A MARSEILLE – Rouyer trouvant inutile la présence d’un jury dans une commission militaire, le fait supprimer le 20 messidor, en même temps qu’il fait transférer cette même commission militaire à Marseille. En effet, malgré les condamnations et les exécutions déjà effectuées, Rouyer voulait éloigner les juges de Toulon, ville où les jacobins détenus pouvaient bénéficier de nombreuses sympathies. La commission militaire fut donc transférée de Toulon à Marseille le 20 messidor (8 juin 1795 ?). Quelques prisonniers profitèrent du trajet Toulon-Marseille pour s’évader et échapper ainsi à la « justice militaire ». Ce fut le cas en particulier de Jean-Louis « Rousseau » Bonhomme aîné, ancien agent national du district du Beausset, un des chefs de la révolte, qui échappa ainsi à une mort certaine (Delaforge G., 1995, p. 110).

(Afrique du Sud – au Cap Agulhas, cl. H. Ribot)

1810 – 8 juillet : L’ILE DE LA REUNION EST PRISE A LA FRANCE PAR LES BRITANNIQUES (Jean Mayet).

1815 – 8 juillet :

1. L’ARMEE DU VAR CONCLUT UN ARMISTICE AVEC LES AUTRICHIENS – Après avoir reçu, au Luc, la nouvelle de la défaite de Napoléon, le maréchal Brune, commandant l’armée d’observation du Var, quitta son Q.G. d’Antibes après avoir conclu, le 8 juillet 1815, un armistice avec les Autrichiens ; il se rendait à Toulon, voulant conserver ce grand port à la France et y organiser la résistance. A l’orient du département, en effet, s’approchait une armée autrichienne tandis que du côté de l’ouest s’avançaient, sous les ordres du marquis de la Rivière, les gardes nationaux de Marseille, soutenus par 5.000 Anglais sous les ordres d’Hudson Lowe. Le général Verdier avait retiré de Marseille, occupée par l’émeute, sa faible division qui s’était repliée sur Toulon. Enfin, du côté de la mer, lord Exmouth menaçait cette place et son arsenal d’un bombardement par ses vaisseaux (Louis Baudoin, 1965, p. 453).

2. LOUIS XVIII ENTRAIT A PARIS LE 8 JUILLET, TOULON ARBORAIT LE DRAPEAU BLANC LE 21 JUILLET. Malgré quelques travaux d’entretien strictement indispensables dans l’arsenal et quelques armements nécessités par le rétablissement de nos liaisons diplomatiques, la Marine et le Port de Toulon allaient connaître pendant deux années l’une des périodes des plus tristes de leur histoire. La paix revenue, une économie rigoureuse et la grande désaffection du pays envers une marine infortunée avaient condamné le port de guerre méditerranéen à une léthargie mortelle. L’arrivée de Portal, à la tête de l’Administration de la Marine d’une part, les événements qui déroulèrent dans la mer latine d’autre part, rendront à Toulon une raison de survivre et en feront le centre de gravité de notre Marine, sinon de la politique extérieure française. Suivant le mot juste du professeur Guiral, encore plus vrai sous l’aspect « marine de guerre », « la Restauration prendra l’allure d’une revanche de la France du Midi sur la France du Nord » (Jean Bernardini, 197).

1827 – 8 juillet : Mort de Robert Surcouf, marin ET CORSAIRE MALOUIN. De 1789 à 1792, sur l’Aurore puis sur le Courrier d’Afrique, il participe à la traite négrière entre le Mozambique et l’île de France. De 1792 à 1796 il est sur le négrier le Navigateur, puis sur divers bâtiments de l’Etat. En 1795 il aurait commandé la Créole à la traite illégale. Sans lettre de marque il effectue sa première campagne de course sur l’Emilie puis le Cartier ; avec seulement une vingtaine d’hommes il capture le Triton le 29 janvier 1796. Ses prises ayant été confisquées par les autorités il obtient réparation du Directoire : c’est le début de sa notoriété. De 1798 à 1801, avec la Clarisse puis la Confiance, il accomplit sa plus célèbre croisière marquée par la prise du Kent le 7 octobre 1800. L’anecdote selon laquelle il aurait jeté à la mer l’or du Kent relève de la fantaisie : il n’y avait pas d’or à bord du navire anglais. En 1807 Surcouf repart sur le Revenant et après une très belle campagne rentre deux ans plus tard sur le Charles avec une très riche cargaison de produits coloniaux. En cinq années d’activité corsaire il avait capturé plus de quarante navires ennemis. Marié à Saint-Malo en 1801, il fait fructifier ses parts de prise : elles sont converties en marchandises exotiques, dont la revente en Europe assure le début de sa fortune. Il devient également armateur en course avec des succès (la croisière en Inde en 1804-1806 de la Caroline commandée par son frère Nicolas) et de graves échecs : tous ses corsaires expédiés en Manche sont pris par les Anglais à l’exception du Renard victorieux de l’Alphéa en 1813. A sa mort il possédait plus de 800 hectares de terres et de bâtiments répartis sur quinze communes situées dans trois départements. Après son décès le 8 juillet 1827 son héritage évalué à deux millions de francs est partagé entre sa veuve et leurs cinq enfants survivants (Alain Roman pour Net-Marine, d’après « Robert Surcouf et ses frères », paru en 2007 aux éditions Cristel de Saint-Malo. Voir également : Lecorbeiller, « Robert Surcouf », 1950, et Taillemite Etienne « Dictionnaire des Marins français », nouvelle édition revue et augmentée, Tallandier, 2002, 576 p).

1840 – 8 juillet : SANARY ET L’OCTROI (extraits des Statistique du Département du Var, 1844, p. 303-310)

Octrois : L’arrondissement de Toulon verse un produit brut d’octroi de 687 611 F, toutes se communes ont un octroi, (parmi celles-ci 🙂 Saint-Nazaire, 2774 habitants, ordonnance approbative des tarifs et règlements datée du 8 juillet 1840, pour un produit brut d’octroi de 3 800 F (soit 0,55%), soit, à population pratiquement égale, un peu plus que Six-Fours, mais largement moins que Le Beausset qui paie un octroi de 5 000 F ; Par comparaison, Ollioules, pour un nombre d’habitants de 3012, produit un octroi de 6 526 F, soit 10% du produit brut de l’arrondissement et près de deux fois plus que Sanary. . (Une telle différence provient bien sûr du nombre d’habitants, mais aussi de la nature de l’octroi et de la présence ou de l’absence de certaine de ses taxes 🙂 les vins ne sont assujetti aux droits d’octroi que dans les communes de Draguignan, Saint-Raphaël, Fréjus, Grasse, Le Canet (sic) de Canne (sic), Bandols, Belgentier, Hyères, Saint-Nazaire, Revest, La Seyne, Solliès-Toucas et Toulon. Ces droits varient par hectolitre, et en cercles, de 0/30 F à Draguignan à 0,50 F à Saint-Nazaire et à 1,15 F à Toulon, localité où ils atteignent 5 F l’hectolitre s’ils sont en bouteille. Les droits sont proportionnels au-dessus et au-dessous de l’hectolitre. Les piquettes, demi-vins, etc. sont réputés vins. La bouteille est réputée litre. Saint-Nazaire et les communes voisines sont franches de taxe pour la bière, alors que Toulon a un octroi de 5 F par hectolitre fabriqué en ville et 10 F lorsque la bière est importée. L’huile n’est imposée qu’à Toulon, Belgentier, Carnoules et la Valette. Les vinaigres le sont à Grasse, Belgentier et Toulon. Vendanges et raisins sont imposés à Draguignan, le Cannete de Cannes, Bandols, La Seyne, Solliès-Toucas et Toulon. Les alcools purs contenus dans les eaux de vie, les esprits en cercles (tonneaux), les eaux-de-vie et esprits en bouteille, les liqueurs en cercles et en bouteille, et les fruits à l’eau-de-vie sont tarifés à savoir (pour le canton d’Ollioules) : Bandols, 0,50 F/hl ; Ollioules et Saint-Nazaire, 4 F/hl. Les bestiaux sont imposés dans toutes les communes où existent des octrois.

1867 – 8 juillet : Agenda de Jean-Baptiste Hermitte, premier adjoint de Marius Michel, maire de Saint-Nazaire (Sanary). 8. Lundi. St. Saint Procope. Le vent est à l’est c’est une bonne brise. On a appris l’arrivée à Paris du roi de Bavière Louis premier, vieillard octogénaire et bien vert. Il a abdiqué en faveur de son fils Louis II, roi actuel de Bavière qui doit arriver dans la quinzaine de juillet. Suivent trois lignes barrées.

1874 – été : ÉTÉ CANICULAIRE. LA FRANCE EST DEVENU UNE FOURNAISE AVEC 38,40°C A PARIS LE 8 JUILLET ! 38°C à Paris, le 9 juillet. 1er septembre : 34°C à Paris. 2 septembre : canicule avec 35°C à Paris.

1877 – été : ÉTÉ ANORMALEMENT FROID AVEC 8°C A PARIS LES 7 ET 8 JUILLET, 6°C à Paris le 9 août, 5°C à Paris le 6 septembre (6°C la veille). Mais 24,20°C à Paris le 14 octobre.

1889 – 8 juillet : Dernier match officiel de boxe à poings nus. A Richburg aux Etats-unis, John L. Sulivan bat Jake Kilrain par KO pour le titre mondial toutes catégories.

(La Réalité dépasse la Fiction, 1955)

1910 – 8 juillet : LA VITESSE DES AUTOMOBILES EST LIMITÉE A 10 KM PAR HEURE (Jean Mayet). Notons que le conseil municipal d’Evenos a déjà pris une décision allant dans ce sens, comme le prouve l’inscription que l’on peut encore lire à l’entrée de Sainte-Anne en venant du Beausset et interdisant, dès 1908, de dépasser les 7 km par heure dans l’agglomération.

1914 – 8 juillet :

1. À Vienne, réunion du conseil des ministres, précédée d’une conférence extraordinaire des ministres de la guerre et des affaires étrangères, avec les chefs d’état-major de l’armée et de la marine.

2. A Londres, autorisation, par la Chambre des Communes, d’une prise de participation du gouvernement britannique dans la Compagnie anglo-persane des pétroles.

3. France : Vote par le Sénat de la semaine anglaise dans les manufactures des finances et de la guerre (loi du 10 juillet 1914 ; 49 heures de travail, réparties entre cinq jours de la semaine et la matinée du jour qui précède le repos hebdomadaire).

1932 – 8 juillet : LE « JULES VERNE » PARTICIPE AUX OPERATIONS DE SAUVETAGE DU SOUS-MARIN « PROMETHEE » AU LARGE DE CHERBOURG – Le 8 juillet 1932, alors qu’il est en essais et ne sera admis au service actif que le 26 septembre, le ravitailleur de sous-marins « Jules Verne » participe au sauvetage du sous-marin de 1500 t « Prométhée » coulé accidentellement au large de Cherbourg. Le « Prométhée », sorti en mer pour ses premiers essais après sa construction à l’arsenal de Cherbourg, naviguait en surface avec les panneaux de pont ouverts. Certaines de ses installations vitales n’étaient pas encore réceptionnées, d’autres étaient hors service. Par suite d’une erreur de manœuvre des ballasts, le sous-marin a pris l’eau par le panneau arrière et a coulé. Cette tragédie coûta la vie à 38 membres de l’équipage et à 25 ingénieurs et techniciens embarqués pour les essais ; seuls sept survivants furent sauvés, parmi lesquels le commandant. Pour mémoire, rappelons qu’un autre bâtiment de la même série, le « Phénix » subira le même sort le 15 juin 1939 (d’après Georges Kévorkian, Accidents des sous-marins français 1945-1983, Marines éditions, 2005)

1940 – 8 juillet : NOUVELLES DES NAVIRES FRANÇAIS – Le 8 juillet, l’aviso-dragueur « Elan », basé au Maroc navigue au large de Casablanca ; il rejoindra Toulon en novembre. Le même jour, l’aviso de 1918 « Arras », réfugié à Portsmouth, est saisi par les Britanniques (opération Catapult), est transféré aux F.N.F.L., et utilisé comme caserne, il sera rendu à la France après la guerre puis démoli. (Gérard Garier, Les avisos de 630 t.)

1942 – 8 juillet : KLAUS MANN – CARNET « LE TOURNANT », 1984 : « Pacific Palisades, Calif.; 8 juillet. Retrouvailles avec la famille. E(rika). est là, elle aussi. Maison ravissante, beau jardin. De ma fenêtre, on a vue, par-delà palmeraies et orangeraies, jusqu’à l’Océan Pacifique. De l’autre côté, Los Angeles, déployé au loin de façon fort décorative. Le soir, grands effets de lumières qui scintillent, comme pour une fête joyeuse, dans l’air sec que ne trouble pas un souffle de vent. Je me réjouis à l’idée de travailler. Pendant le long trajet en train, repris encore une fois Les Nourritures Terrestres et Les Faux-Monnayeurs. Ebauché le premier chapitre (« Legend and Reality »).

1943 – 8 juillet :

1. JEAN MOULIN EST ARRÊTE PAR LES ALLEMANDS – Chargé par le général de Gaulle d’unifier la résistance en France, Jean Moulin avait été arrêté par les Allemands, puis interrogé et torturé par Klaus Barbie au siège de la Gestapo à Paris puis à Neuilly. Soucieux de ne pas le voir mourir malgré les tortures qui lui ont été infligées, ses bourreaux le font partir pour l’Allemagne. C’est entre Metz et Francfort qu’il meurt dans le train. Ses cendres, déposées au Père Lachaise, seront transportées dans un cénotaphe au Panthéon, le 19 décembre 1964. Son corps n’a jamais été identifié avec certitude et l’urne transférée au Panthéon ne contient que ses cendres présumées.

Il meurt comme les historiens s’accordent à la reconnaître le 8 juillet 1943 en gare de Metz lors de son transfert en Allemagne. « Il est mort gaullien, convaincu que de Gaulle était l’homme d’Etat qui sortirait politiquement la France de la tourmente. Le chef de la France libre qui avait sans doute e l’affection pour lui l’estima pétri de la même pâte que les meilleurs de ses compagnons de guerre ». écrit pour sa part Jean-Pierre Azéma.

C’est fin juin ou tout début juillet que celui qui avait été enregistré sur le registre d’écrou de la prison de Montluc sous le nom de Jacques Martel peintre décorateur est transféré à Paris où il est de nouveau soumis aux tortures inouïes des sbires de la gestapo. Il est enfermé dans les services de l’Abwehr au 86, avenue Foch puis emmené à la villa Boemelburg à Neuilly que l’on dit alors réservée aux personnalités de la Résistance.
Voici ce qu’écrit « Sophie », l’adjoint de « Max » Jean Moulin, Claude Bouchinet-Serreulles dans le rapport qu’il rend le 27 juillet 1943 au Bureau central de renseignement et d’action (BCRA): « Max a été arrêté le 21 juin ainsi que sept membres de l’état-major zone sud de l’Armée secrète. Un collaborateur très ancien de Max, ex-commissaire de police et qui lui est d’un dévouement sans borne a été aussitôt appelé de Paris pour venir sur place mener l’enquête et étudier les possibilités d’évasion. Je n’ai pas besoin d’insister sur l’émotion qui s’est emparée de tous, et sur notre profond chagrin. Max laisse un vide bien difficile à combler ».

2. TORPILLAGE DU PAQUEBOT « DE LA SALLE » – Le paquebot de 8400 t de jauge brute « De La Salle », datant de 1929 appartenait à la Cie Générale Transatlantique avant la guerre. Il fut réquisitionné par la marine nationale du 19 juin au 24 juillet 1940. Saisi par les Allemands en août 1940, il fut retenu pour l’opération « Seelöve » (le débarquement prévu en Grande Bretagne) et devint H17. Restitué à la France le 28 octobre 1941, il est torpillé et coulé dans le golfe du Benin le 8 juillet 1943 par l’U 508 , par 05°50 N – 02° 22 O (Gérard Garier, Les avisos de 630 t.)

3. FIN DE LA GREVE DES CHARBONNAGES AMERICAINS DEBUTEE LE 1er JUIN (jusqu’à 500*000 grévistes). Vote d’une loi par le Chambre et le Sénat interdisant les grèves (malgré le veto de Roosevelt).

4. L’ALLEMAGNE VA PRODUIRE DES SOUS-MARINS TOTALEMENT NOUVEAUX, LES TYPES XXI ET XXIII – En juin 1943, l’amiral Dönitz, après avoir consulté les diverses études concernant les sous-marins, se décide pour un modèle de 1600 tonnes, baptisé type XXI et il propose aussi la construction d’un bâtiment plus petit de 300 tonnes, baptisé type XXIII. Cela pose le problème des délais de réalisation des deux XXI d’essai qui ne seraient mis en service qu’en 1946. Ces délais étant trop longs, le fabricant propose, le 5 juillet 1943, d’abandonner la construction traditionnelle et préconise d’utiliser la méthode d’assemblage sur cale de sections de coque préfabriquées. Notons que ce procédé était alors employé aux Etats-Unis pour construire des navires de commerce, il s’agit du procédé Kayser employé pour les Liberty-Ships. L’économie de temps réalisée par rapport à la construction traditionnelle était d’environ 45 à 55%. Le 8 juillet 1943, les plans de fabrication des deux modèles furent soumis à Hitler, qui les accepta. Le 11 novembre 1943 tous les plans étant terminés, des modèles en bois à l’échelle1/1 furent réalisés. La précision obtenue a permis la commande aux établissements extérieurs aux chantiers, de pièces aux cotes très précises, permettant ainsi, un assemblage sans aucun travail supplémentaire (Cahier du patrimoine ouest varois n°14).

1944 – 8 juillet :

1. UN IMMEUBLE EST DEMOLI PAR ORDRE DES AUTORITES ALLEMANDES DANS LA COMMUNE DE SANARY, le 8 juillet 1944 (Archives de Sanary : Etat établi et signé par le Maire, le 31 juillet 1944).

2. L’AVIATION ANGLAISE COULE LE SOUS-MARIN FNFL « PERLE » (type Turquoise) – Dans l’Atlantique nord, la “Perle” est coulée par erreur par l’aviation anglaise. Il y a 57 morts et un seul rescapé.

1945 – 8 juillet : LE PATROUILLEUR AUXILIAIRE FNFL P135 « LA NANTAISE » EST COULE AU SUD-EST DES CÔTES ANGLAISES – Le patrouilleur auxiliaire FNFL P135 La Nantaise ex-HMS Saint Arcadius participa à l’évacuation de Dunkerque et rejoignit l’Angleterre à Southampton. Là, le 3 juillet 1940, il fut saisi par la Royal Navy et reprit son nom d’origine. Le 8 juillet 1945, il est coulé par abordage avec le S.S. Helencrest au sud-est des côtes anglaises (Gérard Garier, Les avisos de 630 t.).

1949 – 8 juillet : La France prend officiellement ses fonctions au Conseil de l’Europe, créé le 5 mai précédent, et qui a pour objectif de réaliser une union de plus en plus étroite entre les pays européens que sont la Belgique, le Danemark, la France, la Grande-Bretagne, l’Irlande, l’Italie, le Luxembourg, la Norvège, les Pays-Bas et la Suède. Ce Conseil décide qu’une couronne d’étoiles d’or sur fond bleu est désormais le drapeau de l’Europe. L’Hymne à la joie de la IXe Symphonie de Ludwig van Beethoven en devient l’hymne

(La Réalité dépasse la Fiction, 1955)

1962 – 8 juillet : MORT DE GEORGES BATAILLE de qui, en 1970, lors de la parution aux Editions Gallimard du premier volume de ses œuvres complètes, Michel Foucault a écrit dans sa préface : « On le sait aujourd’hui : Bataille est un des écrivains les plus importants de son siècle » (Georges Bataille, Œuvres complètes. Paris, Gallimard, XII volumes, 1970-1988).

1971 – 26 juillet : Pour la première fois, les Formules 1 s’élancent sur les 5,810 km de piste du circuit créé par Paul Ricard avec les conseils des pilotes français Beltoise et Pescarolo. Paul Ricard avait décidé de construire ce circuit alors qu’il survolait la zone en 1968. Les courses dureront jusqu’en 1990. Il y aura quatorse grands prix, le dernier,le 8 juillet 1990, sera remporté par Alain Prost sur Ferrari. Paul Ricard mourut en 1997 à 88 ans.

1994 – 8 juillet : MORT DU RÉALISATEUR CHRISTIAN JAQUE, de son vrai nom Christian-François-Albert Maudet, auteur de certains « Don Camillo », avec Fernandel, et de « Fanfan la Tulipe », avec Gérard Philipe.

2004 – 8 juillet : ENTRETIEN D’HENRI RIBOT AVEC MADAME REVEST ANNA, A LA PIOLE, SANARY (Publié dans « Cahier du patrimoine ouest varois n°10, Sanary »).

Résumé : Ce document est un entretien entre Henri Ribot et Madame Revest Anna, publié dans le « Cahier du patrimoine ouest varois n°10, Sanary ». Voici les principaux points abordés :

Vie quotidienne jusqu’à la guerre de 1939: Madame Revest parle de son enfance à Ollioules, où elle a appris le provençal malgré les difficultés à l’école. Elle décrit la richesse économique de la région, fondée sur le commerce des fleurs. Elle mentionne les grandes familles de l’époque et ses débuts dans le travail agricole après avoir obtenu son Certificat d’études en 1922 3. Elle évoque également les défis liés à l’eau et les migrations vers Ollioules.

La guerre de 1939-1945: Madame Revest raconte la déclaration de guerre en 1939 et la continuité de l’exploitation agricole. Elle parle des soldats italiens et allemands présents dans la région, ainsi que des difficultés alimentaires rencontrées.

Après la guerre: Elle décrit la vie de son fils Edouard, son parcours scolaire et son choix de travailler à la campagne. Elle mentionne également la construction de la maison familiale à la Canolle au Lançon 10.

Note sur Paul Hoog: Le document se termine par une note sur le peintre Paul Hoog, qui s’est installé à Sanary en 1939 et dont l’œuvre est importante 11.

Ce résumé couvre les principaux aspects de la vie de Madame Revest, ses expériences pendant la guerre et après, ainsi que des détails sur la communauté et les personnalités locales.

VERSION COMPLETE : Date : 8 juillet 2004 après-midi.

Mme Revest a toujours parlé le provençal, mais à l’école d’Ollioules, où tous les enfants du Lançon allaient, ça ne passait pas. Toutefois, l’institutrice me demandait de parler le provençal. Je suis allée à l’école jusqu’à 12 ans, et j’ai passé le Certificat d’Etudes.

VIE QUOTIDIENNE JUSQU’A LA GUERRE DE 1939

« Une de mes sœurs habitait Ollioules qui était la véritable ville comparé à Sanary, avec de meilleurs débouchés. C’était un pays riche dont l’économie se fondait sur le commerce des fleurs.

« Les grandes familles d’alors étaient les Giran, de Pierre Pigne, et les Fenouillet, toutes personnes qui ne faisaient pas étalage de leur fortune.

« J’ai connu Piatti et Sicard qui élevait des chevaux de course.

« En 1922, après mon Certificat d’études, j’ai commencé à travailler à la campagne, avec M. Revest, dans sa campagne du Gour, à Sanary. La production se composait de vin (avec cave), de fleurs (narcisses et soleils d’or), de fruits et d’olives.

« A la Piole, où je connaissais les Revest et les Venel, j’ai alors vu fonctionner le moulin à huile.

« Mais il n’y avait pas assez d’eau pour faire du bon travail. Et des familles comme les Barrosos et les Canolle ont vendu leurs avoirs et ont préféré s’installer à Ollioules où l’eau était abondante. Car en ce temps-là, nous n’avions pas le canal de Provence..

« Le mas du Lançon appartenait aux Isnard et Marenco, avec la chapelle. Quand ils ont vendu, ils se sont installés à la Vernette où était le Cercle où la fête durait tout un mois. Le dimanche, nous allions au Cercle (cartes, boules). Au Lançon, Madame Pélissier était mitoyenne avec nous. Le docteur Pélissier a hérité de sa tante, Mme Marloy. Il y avait le moulin à huile que je n’ai jamais vu fonctionner, une grande citerne, une aire à blé et la chapelle de Notre-Dame d’Espaïmé.

« Après mon mariage avec Louis Revest, je suis allée m’installer dans la maison de Mme Revest, ma belle-mère, qui était venu habiter dans ce quartier par la force des choses, mon beau-père étant mort à la guerre 1914-1918.. C’était lui qui avait sculpté la couronne de la croix de l’une des tombes de la famille de Michel Pacha que l’on peut voir à l’ancien cimetière. De lui-même, il ne serait pas venu à la Piole. J’ai conservé tous ses outils.

« Notre chance était d’avoir un puits à la Piole (mais avec 20 m de profondeur !). Les champs de blé, de narcisses et d’anémones entouraient la maison Des personnes récupéraient les fleurs, puis les acheminaient à la gare ; les narcisses et les anémones étaient ainsi vendus en Angleterre et en Allemagne après avoir été désinfectés à l’aide d’une machine.

« Je n’ai pas vu fonctionner notre aire de la Piole. Nous gardions une partie du blé et le reste était vendu à Ollioules.

« Enfin, nous avions un clapier.

« Paul Venel a fait faire la route de la Piole, à l’époque du maire Francis Coreil (maire de 1931 à 1941). Elle passait à l’origine en bas. Ce n’était à l’origine qu’un chemin qu’il fallait améliorer et classer.

« Le peintre Paul Hoog est arrivé à la Piole en 1939, après mon mariage. Il y avait le grand-père et les deux époux. Ils ont construit leur maison à partir d’un ancien cabanon qui se trouvait en bas. M. Hoog avait un chien. Lorsque, avec sa femme, il s’absentait pour aller en Suisse, il demandait que nous nous occupions du pépé et du chien

« A Sanary, il y avait quatre religieuses qui avaient chacune une tâche précise : sœur supérieure, sœur Amélie (qui s’occupait de la campagne), sœur Marie (l’ouvroir avec les jeunes filles), et sœur Vincent (la nourriture, car Michel Pacha avait laissé de quoi nourrir 20 personnes à l’asile Amélie). J’ai connu sœur Amélie, car elle venait s’occuper de ma grand-mère. Elle serait entrée dans les ordres à la suite d’un chagrin d’amour. Elle était jolie et dégourdie, et appartenait à une famille de Marseille.

« Le père Arnaldi était un saint homme qui venait de Sanary au Lançon faire faire la communion à Pâques. Il se mettait en colère lorsque nous allions à Ollioules faire la communion.

« J’ai également connu le curé Cathala qui habitait près de la Mairie. L’abbé Martinenq était plus coulant que lui.

« J’allais le jeudi et le dimanche à l’asile Amélie faire de la couture mais aussi jouer la comédie). J’allais aussi au catéchisme.

« Lors de la fête de Sanary, les personnes âgées se mettaient au balcon de l’Asile pour admirer le feu d’artifice.

LA GUERRE DE 1939-1945 :

« A la déclaration de guerre, en 1939, j’avais déjà mon fils.

« Nous avons continué l’exploitation. Nous produisions des légumes, des fruits, de la vigne, des olives et produisions un peu d’huile à l’aide du pressoir à vin. Nous portions nos produits à Ollioules, aux criées de Piatti et d’Abran.

« Je me souviens d’avoir été évacuée une seule fois, de nuit, derrière, sur la colline.

« Les soldats italiens étaient à plaindre : ils réclamaient un peu de nourriture et du vin. Ils n’étaient pas gâtés. Ici, ils n’ont rien fait (pas coupé d’arbres, ni creusé de tranchées). D’ailleurs, ils n’habitaient pas à la Piole. A Sanary, il y avait à cette époque beaucoup de familles d’origine italienne : Barroso, Colombo, Minetti, Cometto, Bodino (qui était marié avec une fille Fournier).

« Les Allemands allaient chez M. Hoog dont ils occupaient la maison. Ils passaient devant notre maison en chantant. Ils étaient courtois et polis, mais ils n’achetaient rien.

« Un jour, ils ont perquisitionné partout dans la maison, sauf dans la chambre où un poupon était posé sur le lit : ils croyaient que c’étaient un bébé et ne voulurent pas le réveiller.

« Pour la nourriture, nous avions des cartes d’alimentation, et il n’y avait alors pas de café mais des substituts (ersatz). Le manque de pain était crucial. Nous nous servions à la boulangerie de M. Venel qui nous servait rue du Coquillon puisque le port n’était plus accessible. A Sanary, nous nous servions à l’épicerie Bénech. Il y avait aussi des marchands ambulants, comme Marcel Orso, puis, plus tard, le boulanger Coste.

APRES LA GUERRE :

« Mon fils, Edouard, est allé à l’école, à Sanary, dans la classe de M. Dumerc qui était très gentil, puis avec M. Revest qui parlait le provençal. Il avait des facilités. Ensuite, il est allé au collège à Bandol. Puis, il choisit de travailler à la campagne où il est resté.

« Edouard a bâti à la Canolle au Lançon ; c’est une vieille propriété de notre famille qui appartenait à ma grand-mère Anaïs Canolle où se trouve notre maison (citerne et four) avec le Gour sur la gauche.

« Je suis maintenant grand-mère et arrière-grand-mère. »

Note : Paul Hoog est né à Fribourg en 1892. Elève du Technicum de cette ville, section peinture, il suivit de 1910 à 1911 les cours des arts décoratifs de Paris, puis, de 1911 à 1919, ceux de l’école des Beaux-Arts de Paris. En 1924, il devint Sociétaire des Salons d’Automne. Il s’installa définitivement à Sanary au quartier de la Piole en 1939. Son œuvre est importante. Il exposa aux salons de d’Automne, des Tuileries, des Indépendants et, bien sûr, à Fribourg. C’est un peintre de la Méditerranée, tout particulièrement de la campagne provençale. Nous lui devons entre autres le tableau intitulé La Piole, reproduit dans notre livre « Sanary, 1000 ans d’histoire » (Place A., Ribot H., Rotger B., en 1982), à la page 194.

-2010 – 8 juillet : SECOUSSES SISMIQUES A MANOSQUE – Une première secousse le 8 juillet, de magnitude 3 sur l’échelle de Richter, une seconde à 2,3 sur l’échelle de Richter mercredi matin ; ces deux séismes si rapprochés à Manosque peuvent-ils annoncer un tremblement de terre d’une plus grande intensité ?

La Provence a encore en mémoire la tragédie de Lambesc, qui fit 46 morts en 1909. Pour mesurer les risques, un sismographe a été installé hier au cœur de la ville de Giono. Mais, d’après les spécialistes interrogés, le danger paraît limité. D’autant que les sites nucléaires ou industriels, comme Iter ou Géosel, assurent avoir « tenu compte des risques sismiques spécifiques à la région ».

En 2009, la terre a tremblé 4 fois en 2 mois: les 9 juillet, 22 et 23 août et 2 septembre. Un phénomène jugé anormal par les spécialistes, seulement 3 séismes de magnitude supérieure à 3 se produisant chaque année dans le grand Sud-Est.

Le dernier séisme important, en octobre 2007, était de 3,3 dans le Briançonnais. Celui ayant marqué les populations remonte à 1959.

La secousse de mercredi matin à Manosque était d’une magnitude de 2,3. Elle n’a visiblement provoqué aucune psychose dans la population (region / seismes-la-provence-sous-haute-surveillance).

-2022 – 8 juillet : Les pompiers des Bouches-du-Rhône ont du faire face à plus de 45 départs de feu dans la journée de jeudi et d’autres encore dans la nuit. Le bilan est de plus de 140 hectares parcourus et des habitations endommagées.

Jeudi a été comme redouté une journée de tous les dangers pour les pompiers des Bouches-du-Rhône. Le mistral violent qui a soufflé sur l’est du département a attisé plusieurs départs de feu.
Le Sdis 13 a comptabilisé plus de 50 départs en 24 heures, la plupart ont pu être maîtrisés rapidement mais quatre ont pris des proportions particulièrement inquiétantes attisés par le vent : à Arles, Martigues, Puy-Sainte-Réparade et un autre en cours de nuit à Saint-Mitre.

Ce vendredi matin, tous ces feux sont fixés et en cours de noyage indique le Sids13.

Le plus important de la journée d’hier est l’incendie qui s’est déclaré dans la zone de Fourchon, près de la RN113 à Arles vers 11h30 maîtrisé en fin d’après-midi. Le bilan est de 70 hectares parcourus, 8 maisons endommagées dont une brûlée, un stockage de magasin partiellement détruit et de trois voitures brûlées.

A Martihue l’incendie qui a pris vers 16 heures à la sortie sud de Saint-Mitre-les-Remparts a parcouru 7 hectares de végétation.

50 hectares brûlés à Saint-Mitre

Quasiment au même moment à Puy-Sainte-Réparade, un feu s’est aussi déclaré. Le bilan est de 4 hectares. Ces trois feux étaient fixés et en cours de noyage en fin de journée.

Plusieurs autres feux ont pu être stoppés avant qu’ils aient parcouru plus d’un hectare : à Istres, Eyguieres, Port-de-Bouc, Salon-de-Provence, Fos-sur-Mer, Saint-Victoret, ou encore Aix-les-Milles.

Par ailleurs, la nuit dernière, vers minuit, les pompiers ont dû combattre un feu virulent à Saint-Mitre-Les-Remparts. Il s’est très rapidement propagé sur 80 hectares, dont 50 ont brûlé, mais aucune habitation n’a été touchée.

Plusieurs autres départs de feu ont eu lieu notamment à sur la D35 entre Arles et Port St. Louis (2 hectares), Cabriès (5.000m2 de sous bois).

Une centaine de pompiers restent mobilisés ce matin sur le feu de Saint-Mitre avec des renforts venus du Rhône, de Savoie et d’Isère.

Les conditions météorologiques pour ce vendredi restent inquiétantes avec une reprise du vent cet après-midi dans la Vallée du Rhône.

(à suivre)

(La Réalité dépasse la Fiction, 1955)

UNE BLAGUE POUR LA ROUTE :

Mémoire, mémoire quand tu nous tiens !

L’inspecteur de police interroge un suspect :

-Est-ce que vous pourriez me dire où vous étiez dans la nuit du 3 au 4 avril dernier ?

-Mais oui ! j’étais ici, dans ce bureau, en train de vous expliquer où j’avais passé la nuit du 23 au 24 mars …

Ce sera tout pour aujourd’hui.

A demain !

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