ÉPHÉMÉRIDES DU 22 JUIN

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ÉPHÉMÉRIDES DU SAMEDI 22 JUIN 2024 – 13e ANNÉE (n° 4182).

Illustration : Algérie, 30 octobre 2017, le grand erg tu Tassili n’Ajjer (cliché H. Ribot)

LES FÊTES.

Saint ALBAN, patron de Mayence, fut le premier martyr d’Angleterre. Né à Verculamnium, aujourd’hui Saint-Alban, il s’était converti au christianisme et fut décapité pour cela sur une colline surplombant la ville.

On dénombre près de 20 000 personnes prénommées ALBAN (ALBANE, au féminin) et pas moins de 570 autres portant ce patronyme.

Fêtés également le 22 juin : Saint Acace et ses compagnons, ou les Dix mille martyrs du Mont Ararat, furent introduits dans le calendrier de l’abbaye Saint-Victor de Marseille à la fin du XVe ou au début du XVIe siècle, on ne sait trop à la suite de quelles circonstances. En Occident leur culte est attesté à partir du XIe siècle (V. Saxer).

DICTON

« A la saint Alban, on peut poser ses vêtements. »

Le calendrier républicain dédie ce quatrième jour de messidor de l’An II à la VÉRONIQUE dont la variété officinale était utilisée autrefois en application sur les plaies des lépreux.

Le 22 juin est la JOURNÉE NATIONALE DE LA RÉFLEXION SUR LE DON D’ORGANES. Les règles relatives au don d’organes en France sont édictées par les articles L.1231-1 et suivants du code de la santé publique, modifiés par la loi bioéthique no 2004-800 du 6 août 2004. Elles distinguent le prélèvement sur une personne vivante et le prélèvement sur une personne décédée. Le don d’organes par prélèvement sur personne vivante, très spécifique, a connu des modifications à l’occasion de la réforme des lois bioéthiques réalisée par la loi du 7 juillet 2011. Le don est par définition non rémunéré car l’organe n’est pas considéré comme un objet patrimonial au sens juridique, conformément au principe de non-patrimonialité du corps humain. Il est totalement anonyme : le receveur ne connaît pas l’identité du donneur et la famille du donneur l’identité des différents receveurs. Il existe cependant une exception notoire : lors de la greffe de visage, la famille de la donneuse n’a pu que connaître l’identité de la receveuse du fait de sa médiatisation a posteriori.

LOCUTIONS ET TRADITIONS Provençales :

« Lei bueou se prenoun per li bano / E lis ome per la lengo » (Les bœufs se prennent par les cornes et les hommes par la langue »)

« Le 22 juin, on fête sainte Consorce, une sainte qui a vécu et est morte un 22 juin (jour de sa fête) dans un petit village des Alpes de Haute-Provence, L’Escale, une commune qui se trouve sur la rive gauche de la Durance, en face de Château-Arnoux, à une quarantaine de kilomètres au nord de Manosque. Elle fait partie du diocèse de Digne. C’est là qu’elle a été ensevelie. C’est là qu’est né le culte de notre sainte, culte qui s’est d’abord répandu dans la région. ». Fille de saint Eucher de Lyon, sœur de sainte Tulle et de saint Véran, sainte Consorce vécut en ermite. Elle est la patronne de L’Escale, de Saint Auban et de Château-Arnoux. Sa chapelle à l’Escale a été détruite en 1962.

PENSÉE :

« Ce qui entend le plus de bêtises dans le monde est peut-être un tableau de musée » (Edmond et Jules de Goncourt, Idées et sensations).

ÉPHÉMÉRIDES : 

1298 – 22 juin : LIEU-DIT D’ALLAUCH – Pessa rotunda (charte aux archives municipales de Marseille), première mention de la Pièce-Ronde, lieu-dit au quartier de Banquières encore dénommé Pesse redonne, en1691 (cadastre d’Allauch).

1301 – 22 juin : lieu-dit de marseille – Puey gros (charte aux archives muni­cipales) première mention du Pied-Gros, lieu-dit au quartier de Saint- Jérôme dénommé  Puech gros, le2 avril 1372 (charte aux archives municipales)

1372 – 22 juin : GUERRE DE 100 ANS – Défaite navale des Anglais à La Rochelle.

1476 – 22 juin : LES SUISSES TIENNENT EN ECHEC L’ARMÉE DE CHARLES LE TEMERAIRE – Les habitants de Berne sont entrés en conflit avec l’ambitieux duc de Bourgogne Charles le Téméraire pour la domination du Jura et de l’Alsace. Financés par la France et associés aux autres cantons de la Confédération suisse, ils surprennent  l’armée bourguignonne à Grandson, au sud du lac de Neuchâtel, le 2 mars 1476. Les soldats bourguignons, en fait composée de mercenaires, essentiellement des « piétons » lombards, se débandent, non sans avoir pendu la garnison suisse de la place de Grandson. Les piquiers suisses s’emparent sans coup férir du butin du Téméraire. L’armée des Confédérés, avec des contingents bâlois, fribourgeois, soleurois, schaffhousois, valaisans, neuchâtelois, gruyériens, biennois, auxquels s’ajoutent des Alsaciens, des Lorrains, des Rhénans et des Autrichiens, attaque les Bourguignons. Le choc entre fantassins suisses et cavaliers bourguignons se dénoue en une heure et se solde par cinq heures d’épouvante au cours desquelles les vainqueurs massacrent leurs prisonniers en représailles du massacre de Grandson. Dans l’Histoire militaire de la Suisse, la bataille de Morat occupe la place d’honneur comme le souligne ce distique relatif aux GUERRES DE BOURGOGNE : « Charles le Téméraire perdit à Grandson le bien (sa fortune matérielle), à Morat le courage (à la suite de la destruction de son armée), à Nancy la vie ».

1568 – 22 juin : CRÉATION DES CONFRÉRIES DE SAINT-LAURENT ET DE SAINT NAZAIRE A OLLIOULES – Le 22 juin 1568, alors qu’il établit le rôle des membres de la religion réformée et choisit parmi eux cinquante hommes capables de porter les armes, le conseil étroit d’Ollioules approuve la création des confréries de Saint-Laurent et de Saint Nazaire, cette dernières « par les habitants de ce bourg (aujourd’hui Sanary)», et en nomme les prieurs. Cette décision est consécutive au projet de construction d’une église paroissiale à Saint-Nazaire qui verra le jour deux ans plus tard (Cahier du patrimoine ouest varois n°10, Sanary-sur-Mer, 2004).

A la même séance, le Conseil étroit taxe l’olly novel (l’huile nouvelle) à raison d’une livre par baril (un baril équivalait à 35 litres à Ollioules et à Evenos) et, vue la pénurie de blé, prévoit d’en acheter 2000 charges de toute urgence ; il vote les arrérages de gage du maître d’iscolle (E. Castellan 1937, repris par B. Rotger, 1984, p. 42-43 ; id., 1990, p. 7).

1624 – 22 juin : PRIX-FAIT DE DORER LE RETABLE DU MAITRE AUTEL A L’ÉGLISE PAROISSIALE SAINT PIERRE DE SIX-FOURS : Le 22 juin 1624, Sieur Michel Sabatier et Jean Alphand, consuls, en suite des enchères qu’ils firent faire, ils donnèrent à prix fait à Jean Ponchoni, maître doreur de la ville de Marseille, de dorer le retable du susdit maître autel. Par acte reçu par Maître (en blanc), notaire, moyennant le prix de douze cents (1 200) livres (Jean Denans, 1713).

1639 – 22 juin : FONDATION DE LA CHAPELLE SAINTE ANNE DE SIX-FOURS : Divers particuliers de Six-Fours étant résolus d’ériger la confraternité des frères pénitents bleus, sous le titre de Ste Anne, Pierre Denans, maître maçon, tant à son propre, que de son frère, autre Pierre Denans à feu Charles, et autres propriétaires, qu’ils peuvent être à une place de maison au quartier de Cortines, dans l’enclos dudit lieu, par acte du 22 juin 1639, reçu par Maître Lieutaud, notaire, firent vente aux frères pénitents bleus de Ste Anne, qui devaient être érigés audit lieu, sous la présence et stipulation de Messire Laurens Sellon et Anthoine Estienne, prêtres. Confrontant, ladite place : de ponant, les murs du lieu, de levant, hoirs Estienne Sellon et Honoré Aycard, de midi, la crotte de Curet, pour le prix de neuf (9) livres.

D’autre part, par acte reçu par le même notaire, le 9 novembre 1640, Messire Anthoine Estienne, prêtre et recteur des susdits pénitents bleus, Ste Anne, a acheté de Nicolas Martinenq, une maison à la rue de Cortines, joignant la chapelle Ste Anne, confrontant : de ponant, les murs, de levant, maison de Patron Gabriel Roux, de tramontane, la rue, au prix de soixante quinze livres (Jean Denans, 1713).

1668 – 22 juin : LES PAUVRES DE LA MISÉRICORDE DE TOULON, HYERES, LA SEYNE, SIX-FOURS – Mondit Seigneur Jacques Danis, évêque de Tollon, par acte reçu par Maître (en blanc), notaire de la dite ville, du (en blanc) mil six cents (en blanc), aurait logé sur la communauté dudit Tollon, la somme de 4 000 (quatre mil) livres, à pension perpétuelle, pour être payée et distribuée pour secourir les pauvres de la miséricorde dudit Tollon, d’Yères et de Six-Fours. De laquelle somme, par acte du 4 avril 1668, en fut logé 1 000 (mil) livres sur la communauté dudit Six-Fours, pour les pauvres dudit lieu. A raison de quoi, ayant été formé demande par les consuls de la Seine, par-devant Monsieur l’officier en l’évêché de Tollon, par sa sentence du 22 juin audit an, fut ordonné, que lesdites 1 000 livres, en serait payé par la communauté de Six-Fours aux recteurs de la miséricorde de la Seine, 400 livres, ce qui sera plus amplement justifié par l’histoire de la Seine (Jean Denans, 1713).

1721 – 22 juin : SANARY AUTORISE D’ENTERRER DANS LEUR JARDIN DES MORTES DE LA PESTE – Le bureau de Santé de Sanary délibère de faire donner la sépulture dans leur jardin, en cas de décès, à deux jeunes filles malades (Vallentin du Cheylard Roger – Notice historique sur Sanary, Lorisse, Paris, 2000).

1789 – 22 juin : 150 MEMBRES DU CLERGÉ REJOIGNENT L’ASSEMBLÉE NATIONALE – Pendant que le Conseil achève les préparatifs de la séance royale et que des discussions particulièrement houleuses ont lieu sur le vote par tête et l’admission des roturiers aux grades militaires (projet soutenu par Necker), l’Assemblée nationale, qui a trouvé refuge dans la grande nef de l’église Saint-Louis, accueille 150 membres du clergé favorables à la l’union aux Communes. (Agenda du Bicentenaire, Lundi 22 juin)

1791 – 22 juin :

1. LE SCHISME DÛ A LA CONSTITUTION CIVILE DU CLERGE EST A L’ORIGINE DE LA TENTATIVE DE FUITE DE LOUIS XVI : il avait, sous la contrainte, accepté la constitution civile, mais après la condamnation de celle-ci par le pape, il en eut de vifs remords et décida de passer à l’étranger. Mais, on le sait, il fut arrêté à Varennes. L’Assemblée essaya d’accréditer la fable d’un « enlèvement » du roi, néanmoins elle le suspendit de ses fonctions et s’attribua officiellement le pouvoir exécutif. Un certain nombre de révolutionnaires aurait voulu qu’elle allât plus loin, qu’elle fut, en somme, logique avec elle-même et établit la République (Louis Baudoin, 1965, p. 333-334).

Comme dans toute la France, ce grave événement eut ses répercussions dans notre région et causa une fermentation accrue des esprits. Le directoire du Var en informa aussitôt tous les districts ; aussi La Seyne reçut-elle un exprès adressé par le district de Toulon faisant connaître cette importante nouvelle et recommandant aux officiers municipaux de la diffuser à toute la population afin, disait la dépêche, « de calmer la juste inquiétude de tous les citoyens, le directoire se réjouissant de cet heureux événement. »

Il est à remarquer que jusque vers le milieu de 1791, les magistrats municipaux de La Seyne sont désignés, dans la correspondance officielle, du titre de : « Messieurs les Officiers Municipaux », tandis que, plus tard, ils seront appelés : « Citoyens Municipaux », ce qui faisait plus démocratique ! Notons aussi qu’en juillet 1792, les cachets administratifs portent encore la devise : « La Loi, le Roi » ; la République ne sera, il est vrai, proclamée en France que trois mois plus tard : le 22 septembre 1792.

En conséquence, et en vue de défendre Louis XVI, l’Autriche et la Prusse se coalisent contre la France.

2. TEMOIGNAGE D’UN TOULONNAIS : Henry (1778-1856) est bon témoin (il était alors à Toulon élève chirurgien de marine). Il rapporte dans son Histoire de Toulon depuis 1789 jusqu’au Consulat (Toulon, 1855), quelques fragments de chansons en dialecte. Ainsi, en 1791, après la fuite du Roi et sa capture, les royalistes de Toulon chantent : « Qu voudra gès de Reï, / Qu’un tron de Dieou lou cure ! » (René Merle, Inventaire du texte provençal…, 1986).

3. DECISION DE LEVER DES BATAILLONS DE VOLONTAIRES PARMI LA GARDE NATIONALE – Dès 1791, avec la menace de guerre qui pesait sur la France, et surtout après la fuite du roi en juin, on décida de lever des bataillons de volontaires parmi la Garde nationale; socialement, ces « volontaires de 1791 » sont majoritairement issus de la petite bourgeoisie (à Paris, 90 % sont artisans ou boutiquiers), les officiers, en revanche, sont souvent des nobles. Il importe de souligner que les bataillons de volontaires étaient organisés séparément de l’armée régulière : les volontaires portaient un autre uniforme, étaient payés différemment, élisaient leurs officiers et n’étaient pas soumis aux contraintes habituelles de l’état militaire comme par exemple l’interdiction du mariage.

-1792 – 22 juin :

1. LES MARSEILLAIS ENTENDENT POUR LA PREMIÈRE FOIS CE QUI DEVIENDRA « LA MARSEILLAISE » – Le 22 juin 1792, un délégué du Club des amis de la Constitution de Montpellier, le docteur François Mireur, venu coordonner les départs de volontaires du Midi vers le front, entonne pour la première fois à Marseille ce chant parvenu de Strasbourg à Montpellier par un moyen incertain (les historiens estiment que la circulation de voyageurs a pu contribuer à ce que les milieux patriotes de Montpellier aient eu connaissance de ce chant, donné à l’occasion de funérailles au printemps 1792). Après un discours prononcé le 21 juin devant le Club des amis de la Constitution de Marseille, rue Thubaneau, Mireur est l’invité d’honneur d’un banquet le lendemain et, prié de prononcer un nouveau discours, il entonne le chant entendu à Montpellier quelques jours ou semaines plus tôt. Dans l’ardente atmosphère patriotique de l’heure, Mireur suscite l’enthousiasme et le chant, repris le lendemain par les journaux locaux, sera distribué aux volontaires marseillais qui l’entonneront tout au long de leur marche vers Paris en juillet 1792.

Le docteur Mireur, délégué de Montpellier, chanta la Mar­seillaise chez David, 25, rue Thubaneau, le 22 juin 1792, ce chant fut imprimé et distribué aux cinq cents hommes du bataillon des Fédérés commandé par Moisson. C’est ainsi que, chante d’étape en étape, il parvint à Paris où on l’appela d’abord le Chant des Marseillais» interprété sur l’air des Sargaires.

Outre notre hymne national, les Fédérés provençaux amenè­rent également dans la capitale la carmagnole qui fut adoptée comme vêtement révolutionnaire. Originaire de Carmagnole en Piémont dont beaucoup de représentants travaillaient dans les campagnes de Provence, il s’agissait d’une veste à coures basques et boutons de métal que les sans-culottes agrémentè­rent d’un gilet et d’un pantalon à rayures tricolores et d’un bonnet rouge.

2. UNE MESURE D’ECONOMIE MONETAIRE PRÉOCCUPE LES ÉLUS BEAUSSETANS. Vu que « les espèces monnayées frappées au coin de la nation deviennent toujours plus rares ; que la généralité des habitants, pour se procurer les objets de première nécessité sont obligés défaire des pertes considérables sur les assignats qu’ils échangent encore difficilement… « , Le conseil déci¬de des mesures « pour rendre facile la circulation des assignats pour leurs besoins journaliers et faciliter les appoints ». C’était là un problème important. En période de crise, chacun essaie de se constituer un « trésor de guerre » en thésaurisant. Et selon la fameuse loi de Gresham, en vertu de laquelle « la mauvaise monnaie chasse la bonne », il se produisait une raréfaction des espèces métalliques de bon aloi. Les assignats se multipliaient, mais la confiance en eux était plus que modérée, et les gens étaient réticents à les employer. De toute façon, ils étaient dépréciés, quand ils étaient utilisés. Et on leur accordait non pas leur valeur nominale, mais leur valeur réelle du moment. La pénurie de monnaie métallique rendait donc difficiles les achats de la vie courante. En outre, la plus petite valeur en assignat était de 15 sols, il n’y avait pas de coupure en denier ou sol. Aussi le 22 juin 1792, le conseil municipal du Beausset »considérant que les autorités doivent faciliter la circulation des assignats qui ont sauvé l’empire et affermi la constitution », décide de taxer le pain aux boulangers et la viande aux bouchers aux prix suivants : 3 sous 9 deniers la livre de pain blanc, 3 sous 3 deniers la livre de pain bis, 9 sous 6 deniers la livre de mouton, 7 sous 6 deniers la livre de grosse viande, et « pour ôter tout espoir aux agioteurs, prévenir toute difficulté dans les marchés et rendre les appoints faciles, les billets de confiance de la ville de Toulon auront cours pour leur valeur dans le canton, attendu que les habitants pourront échanger quand ils le voudront les dits billets contre des assignats, vu la proximité de la dite ville » (Gérard Delaforge, Le Beausset et la Révolution Française).

1795 – 22 juin (4 messidor) :

1. DÉBUT DES JUGEMENTS DE LA COMMISSION MILITAIRE DE TOULON – La commission militaire commence à Toulon ses interrogatoires le 24 prairial (12 juin 1795) et ses jugements le 4 messidor (22 juin 1795). C’est désormais l’heure de la répression (Gérard Delaforge, Le Beausset et la Révolution française, p. 110). Ce fut ainsi que Peillon Joseph Félix – propriétaire 28 ans de Toulon et Suffren Joseph – commerçant 40 ans du Castellet, seront condamnés à mort le jour-même par cette Commission militaires de Toulon (Mongin L., Toulon ancien et ses rues et repris par Henriette Trojani, La société et la vie à Toulon de 1795 à 1815).

2. DISCOURS MODÉRÉ DE ROUYER A TOULON – Toulon apaisé se réorganise sous la tutelle intelligente de Rouyer qui, le 4 Messidor an III, nommant les membres de la nouvelle commission municipale, prononce ce discours plein de modération qui est à la fois un regret et un avertissement : « Citoyens, la révolte qui a éclaté au milieu de vous a pénétré d’indignation la Convention nationale et toute la France qui place aujourd’hui dans des vertueux représentants les justes espérances de son bonheur. Envoyé pour faire exécuter la loi et rappeler les mutins au respect qui lui est dû, j’ai trouvé en traversant la république les routes couvertes de soldats de la liberté et des amis de la Convention. Ils s’avançaient en frémissant et vous menaçaient de la juste vengeance du peuple français trop longtemps outragé par vos révoltes. Votre ville longtemps agitée a été en proie aux plus violentes et aux plus acharnées factions. Si elles duraient, les habitants de Toulon armés les uns contre les autres seraient bientôt ensevelis sous la ruine commune. Je viens détruire toutes les factions, étouffer leurs cris séditieux, et on n’entendra dans cette enceinte que la voix de la loi dont de sages et courageux magistrats vont désormais être parmi vous les organes. Ceux qui prétendent ramener de nouveau le vol et l’assassinat et nous replonger dans une anarchie sanglante qui vous déshonorerait aux yeux de l’univers se trompent grossièrement dans leur coupable espoir. Ils ne s’abusent pas moins que ceux qui affectent de penser qu’un nouveau trône sera élevé au milieu de nous et que nos sacrifices et nos victoires ne doivent aboutir qu’à nous donner un tyran. Un Gouvernement ferme et libre est le vœu de tous et ce vœu va bientôt s’accomplir. L’émigration bien constatée et telle qu’elle est exprimée dans les décrets sera poursuivie avec autant de rigueur que la révolte contre la convention et contre la loi. Les haines particulières ne seront point écoutées. Le citoyen paisible et soumis à la loi sera sûr de sa propriété et de sa vie. Il est temps de mettre un terme à nos malheurs et les magistrats que je nomme et qui seront vos guides vous annoncent que ce moment est arrivé; … Je poursuivrai sans relâche les terroristes et les royalistes et je saurai périr s’il le faut à la tête de ces braves soldats vainqueurs de l’Europe et inébranlables appuis de la justice et de la liberté… L’insurrection sera punie de la loi du 5 germinal exécutée dans toute sa rigueur » (Archives municipales de Toulon, L 68 – D 12).

3. DU 22 JUIN AU 6 JUILLET (DU 4 AU 18 MESSIDOR) LA COMMISSION MILITAIRE DE TOULON JUGE 32 PRÉVENUS – Chargée de juger les compromis, la commission militaire instituée le 3 juin par Chambon et Guérin (3 envoyé en mission à Toulon avec les pouvoirs ordinaires des représentants près des armées), après avoir procédé à de nombreux interrogatoires de détenus internés au fort La Malgue juge en cinq séances 32 prévenus (les 4-8. 11-16 et 18 messidor). Trois sont condamnés à mort, 3 à la déportation, un à 2 ans de fer – 25 sont acquittés (Henriette Trojani, La société et la vie à Toulon de 1795 à 1815).

1799 – 22 juin (4 messidor) : PRÉSENTATION DU MÈTRE ÉTALON PAR MECHAIN ET DELAMBRE.

1810 – 21 juin : VENTE AUX ENCHERES DU TERRAIN DE L’ANCIEN CIMETIERE DE SANARY – C’est près de la chapelle Saint-Roch, lieu de l’un des principaux carrefours de Saint-Nazaire que depuis 1811 se trouve le nouveau cimetière, l’ancien de la rue de la Prud’homie ayant été vendu aux enchères le 21 juin 1810.

1815 – 22 juin : DEUXIÈME ABDICATION DE NAPOLÉON 1er qui est exilé à Sainte-Hélène. Au soir de Waterloo, Napoléon Ier prend à cheval la route de Paris. Épuisé, il arrive le 21 juin au palais de l’Élysée, où l’attend sa deuxième défaite. Sous la pression des deux Chambres, il abdique dès le lendemain en faveur de son fils le roi de Rome, âgé de 5 ans. Il propose alors de redevenir simple général pour protéger la France de l’invasion, mais le gouvernement provisoire s’y refuse et son représentant Joseph Fouché lui suggère de quitter Paris pour Rochefort en l’entretenant dans l’espoir d’une fuite aux Etats-Unis. L’ancien ministre de la Police de l’Empereur veut surtout qu’il libère la place au plus vite…

1854 –22 juin : INSTITUTION DU LIVRET D’OUVRIER – Par les lois du 5 mai 1851 et du 22 juin 1854, les rapports entre patrons et ouvriers furent fixés de façon draconienne par l’institution du Livret d’ouvrier. Ce livret était une sorte de carnet dont la possession obligatoire pour certains ouvriers contenait les détails de leur état-civil, leur signalement, la date de leur entrée dans l’établissement, la date de leur sortie, l’acquit des engagements pris avec le patron et le montant des avances dont il restait redevable envers lui. L’ouvrier était ainsi suivi de très près dans sa carrière par des documents livrés en principe par le maire, mais le plus souvent par le commissaire de police. Vers la fin du XIXe siècle, cette pratique disparut, les syndicats ayant beaucoup exigé pour l’émancipation effective de la classe ouvrière (Marius Autran, tome 5).

1867 – 22 juin : Agenda de Jean-Baptiste Hermitte, premier adjoint de Marius Michel, maire de Saint-Nazaire (Sanary) – Samedi 22, S. Paulin – Vent d’ouest frais – bonne brise – Plusieurs baraques sont déjà arrivées prendre place pour la fête de St Pierre qui aura lieu le dimanche 30 juin et 1er juillet. Déjà un manège aux chevaux de bois est monté sur le quai, vis-à-vis le café.

1881 – 22 juin : AJELLO’S SAGA – Naissance et décès à Saint-Mandrier d’Ajello Ondoyée, fille de Nicolas et Cancelin Anne Joséphine (Archives de Saint-Mandrier).

1901 – 22 juin : MANŒUVRES NAVALES – En compagnie de l’Escadre, le Carnot appareille de Brest le 22 juin pour les grandes manœuvres annuelles. Au terme d’une première phase, durant laquelle les cuirassés du Nord doivent forcer l’entrée en Méditerranée, l’Armée Navale se concentre à Toulon avant de poursuivre ses exercices qui se termineront par une attaque générale contre Ajaccio. À l’issue des grandes manœuvres, le Carnot est affecté à la Division de Réserve de l’Escadre de la Méditerranée. Il reprend ses quartiers à Toulon. Aux sorties aux Salins d’Hyères vont succéder celles à Villefranche-sur-mer ou au Golfe-Juan (Gérard Garier).

1905 – 22 juin : COURSES ENTRE VÉLO ET CAVALIER A SAINT-MANDRIER – On réclamait que le règlement interdisant aux voitures de trotter sur les quais soit imposé aux bicyclistes qui occasionnaient des accidents aussi fréquents que les voitures. Les habitants trouvaient que les bicyclettes allaient a une trop vive allure. Le 22 juin 1905 un cavalier militaire qui «luttait de vitesse avec une bicycliste» a renversé une jeune fille de 16 ans sur la route dans la section de Saint-Mandrier, elle a été piétinée par le cheval. On précisait que «la route départementale de la localité n’était ni un hippodrome, ni un vélodrome» (Gisèle Argensse, 1989, p. 94).

l936 – 22 juin : DERNIER DÉPART DU PROFESSEUR JEAN CHARCOT – Au moment de son départ – le 22 juin 1936 – pour l’ultime expédition où il devait trouver la mort ; le professeur Jean Charcot avait soupiré : « Mon pauvre bateau se fait vieux ! et moi aussi ; il se plaint et gémit. Nous sommes fatigués, c’est notre dernier voyage ! » Le 15 août suivant, le « Pourquoi-Pas ? » commencera à sombrer au large de l’Islande. Le lendemain, la mer rejettera à la côte les cadavres de Charcot et de ses compagnons. Il n’y aura qu’un seul survivant,

l937 – 22 juin : DÉMISSION DU GOUVERNEMENT LEON BLUM REMPLACÉ PAR CELUI DE CAMILLE CHAUTEMPS – Dans la nuit du 21 au 22 juin 1937, Léon Blum remet au président Albert Lebrun la démission de son gouvernement. Il n’a pu obtenir les pleins pouvoirs en matière financière. Par 346 voix contre 247 — une majorité amenuisée -, la Chambre avait accepté ce retour aux décrets-lois. Mais au Sénat, le barrage s’avéra infranchissable. Et Blum avait tiré la leçon de ce désaveu. Il était resté au pouvoir un an et seize jours. Avec le retour du valoisien Camille Chautemps à Matignon, on assiste à un recentrage. Treize socialistes font équipe avec treize radicaux et trois USR. Première décision : « le flottement du franc ». Il se déprécie un peu plus, mais on met un terme à l’évasion de l’or. L’équilibre budgétaire est (presque) réalisé. Le Trésor pourra faire face à ses échéances. Des résultats qui reflètent d’évidentes concessions. Le cabinet Chautemps s’éloigne du programme du Rassemblement populaire (Charles Galfré, 2003).

1940 – 22 juin :

1. SIGNATURE DE L’ARMISTICE FRANCO-ALLEMAND À RETHONDES. IL ENTRERA EN VIGUEUR LE 25 JUIN. LA FRANCE EST COUPÉE EN DEUX (Jean-Charles Volkmann, 2003).

Flotte Française, Darlan ordonne aux grands subordonnés de prévoir une équipe de sabordage sur chaque navire (Antier Jean-Jacques, 1972).

»Le Petit Var du 23 juin 1940 » : L’armistice entre la France et l’Allemagne a été signé hier soir à 18h 50 en forêt de Compiègne. Les hostilités cesseront six heures après que le gouvernement italien aura décrété que l’armistice est intervenu également entre la France et l’Italie. Pendant que se poursuivent les négociations, il convient d’accueillir avec la plus extrême prudence les bruits multiples qui circulent sur la teneur des conditions d’armistice.

« Bordeaux 22 juin : «Bordeaux, 22 juin — C’est en forêt de Compiègne qu’Hitler a reçu, vendredi à 15 h. 30, en présence du commandant en chef des différentes formations d’armées, du chef du haut commandement des: années, du ministre des Affaires Étrangères, de Rudolf Hess, la délégation française venue prendre connaissance des conditions d’armistice. La remise des conditions se déroula dans le même wagon où, le 11 novembre 1918, fut signé l’armistice (de la Grande Guerre). Le général, Keitel lut, par ordre d’Hitler, le préambule suivant aux conditions d’armistice : « Confiante dans lès assurances faites au Reich par M. Wilson et confirmées par les puissances alliées, l’armée allemande déposa les armes, le 11 novembre 1918. Ainsi prit fin une guerre, que le peuple allemand et son gouvernement n’avaient pas voulue et où l’adversaire, malgré sa supériorité énorme, n’avait pas réussi à vaincre l’armée allemande, la marine de guerre, ni l’aviation allemande d’une manière décisive quelconque. Dès l’instant où arrivait la Commission allemande d’armistice la promesse faite ainsi solennellement commença à être violée. Le 1er novembre 1918 s’ouvrit pour l«e peuple allemand, dans ce même wagon qui nous réunit aujourd’hui, une ère de souffrance, une période de restriction, d’humiliation. de vexations, de souffrances humaines, matérielles terribles pour un peuple : violation de parole et par¬jure furent ce qu’on offrit à un peuple qui .pendant plus de quatre ans, après une résistance héroïque, eut le seul tort de croire aux promesses des hommes d’Etat démocratiques. Le 3 septembre 1939, vingt-cinq après, au début de la guerre, l’Angle¬terre et la France ont, sans raison, de nouveau déclaré la guerre à l’Allemagne. La décision des armes est intervenue : la France est vaincue. Le Gouvernement français pria le Gouvernement du Reich de lui faire connaître les conditions allemandes pour l’armistice. Si la forêt historique de Compiègne fut choisie pour la remisé des. conditions, c’est qu’il fallait, par cet acte de justice, éteindre une fois pour toutes un souvenir qui, pour la France, n’est pas une page de gloire de son Histoire, mais qui fut toujours considéré par le peuple allemand comme la plus profonde honte de tous les temps. La France, vaincue, s’effondre après une résistance héroïque et à la suite de nombreuses batailles sanglantes. L’Allemagne n’a pas l’intention cependant, de donner aux conditions de l’armistice et aux pourparlers, un caractère d’ignominie à l’égard d’un adversaire aussi brave. Le but des exigences allemandes est :

1° D’empêcher la reprise de la lutte;

2° De donner à l’Allemagne toute sécurité pour que puisse se poursuivre, comme on l’y force, la guerre contre l’Angleterre ;

3° De créer les conditions nécessaires à la construction d’une nouvelle paix dont le contenu le plus essentiel sera la restauration de l’injustice faite au peuple allemand lui-même par la violence. ».

Après lecture, Hitler quitta le wagon, tandis que l’hymne national allemand était exécuté. C’est ce matin, dans un conseil sous la présidence de M. Lebrun que les membres du gouvernement ont reçu communication des conditions formulées par le Reich. (…) A 15h 15, communiqué du Ministre de l’intérieur, M. Charles Pomaret : « Le Conseil des ministres a délibéré pendant une partie de la matinée et au début de l’après-midi sur les textes remis hier soir par M. le général von Keitel aux plénipotentiaires français. De nouvelles réunions du Conseil des ministres sont à prévoir avant qu’un résultat d’ensemble puis¬se être obtenu: Les négociations doivent en effet se poursuivre et se ter¬miner d’abord avec la délégation allemande. Ensuite, les plénipotentiaires français rejoindront, par avion en Italie, les plénipotentiaires italiens. Ce n’est qu’après discussion avec ces derniers que le Gouvernement pourra porter un jugement définitif et d’en¬semble sur la double négociation, et prendre les décisions que comporte l’intérêt du Pays. L’Assemblée a présenté des contre-propositions dont l’étude a été le but essentiel de la négociation qui s’est déroulée cet après-midi. Tous les Français doivent accepter l’attente, et avoir une foi invincible dans la destinée de la Patrie. » (Le Petit Var du dimanche 23 juin 1940)

« Note. La ligne de démarcation mentionnée à l’article 2 de la convention d’armistice commence, à l’est, à la frontière franco-suisse, près de Genève, et est jalonnée ensuite par les localités de Dôle, Paray-le-Monial et Bourges, jusqu’à environ vingt kilomètres à l’est de Tours. De là, elle passe à une distance de vingt kilomètres à l’est de la ligne de chemin de fer Tours-Angoulême-Libourne, ainsi que, plus loin, par Mont-de-Marsan et Orthez, jusqu’à la frontière espagnole. »

2. LES GARES CESSENT LEUR SERVICE DES VOYAGEURS – La Société Nationale des Chemins de Fer Français informe le public qu’à dater du 22 courant, les gares sont fermées au service des voyageurs (La République du Var du dimanche 23 juin 1940).

3. A TOULON, ON JUGE DES PROPOS DÉFAITISTES ET ANTINATIONAUX – A l’audience d’hier matin, 22 juin, sous la présidence de M. Espenant, M. Croisille, au siège du ministère public les jugements suivants ont été rendus : PROPOS DÉFAITISTES ET ANTINATIONAUX. Un marchand .de charbon du quartier de la Rode, Potasso Pierre, 45 ans, a tenu dan un restaurant des propos défaitistes et anti-français en faisant l’éloge du régime fasciste. Il conteste avoir tenu les propos qui lui sont accordés. Il s’en tire avec un mois ferme de prison. — Pour propos de nature à porter atteinte au moral de l’armée et des populations ont été condamnés : Berger Pierre, 55 ans chiffonnier, boulevard Bazeilles, à un mois de prison, et à une amende de cinq francs pour ivresse ; la dame Arnaud Paulette, commerçante, demeurant à Marseille, épouse Rigaud, à un mois de prison. Son mari compris dans les liens de la poursuite est acquitté ; Blondel Louis, 35 ans, ajusteur à l’Arsenal, un mois de prison, et cinq francs d’amande pour ivresse ; Batissini Séraphin, sujet suisse, journalier, 51 ans, un mois de prison. – Un entrepreneur de transports d’Ollioules, M. Orlandi, au cours d’une discussion d’ordre commercial avec un représentant, M. Coste, a porté des coups à ce dernier; seize francs d’amende, cent francs de dommages et intérêts, — Un tonnelier Giletta Etienne, 30 ans, pour coups volontaires à l’un de ses voisins, seize francs d’amende. — Pour infraction au code du travail, un commerçant, M. Terrin, 31 ans, cinquante francs d’amende et cinq francs à son chauffeur Brachet Costa. Condamnations par défaut. — Egalement pour infraction au code du travail Biagnini Marius, pêcheur à La Seyne, 39 ans. Seize francs d’amende ; Baccelli Manaimo, 43 ans, restaurateur à Toulon, cinquante francs d’amende ; Bruno Joseph, cimentier, 38 ans, cinq francs d’amende. — Le nommé Nutti Gaëtan, 21 ans, ouvrier requis à l’usine Saint-Chamas pour abandon de travail; un mois de prison. Audience levée à onze heures (Le Petit Var du dimanche 23 juin 1940).

1941 – 22 juin : HITLER ATTAQUE L’URSS – Après avoir imposé sa loi aux États balkaniques, et au mépris du traité de non-agression signé en août 1939, persuadé qu’il l’est que la puissance communiste est celle d’un colosse aux pieds d’argile, Hitler attaque l’URSS le 22 juin 1941, convaincu que la guerre ainsi ouverte sera terminée avant l’hiver. Sans le savoir, il marque, par ce geste, le passage de la guerre dans une seconde phase. L’armée allemande remporte d’éclatants succès immédiats : en quelques mois, l’Ukraine et l’ouest de la Russie seront conquis ; les banlieues de Moscou seront atteintes, mais la vigueur de la résistance et l’arrivée de l’hiver sauveront la capitale soviétique. La guerre éclair sera stoppée jusqu’au printemps suivant (Henri Ribot, Cours FORPROF, 2009).

1942 – 22 juin :

1. FRONT D’AFRIQUE DU NORD – Le 22 juin 1942, Rommel, chef de l’Afrika Korps, reçut un message radio du quartier général du Führer. A quarante-neuf ans, il était promu Feldmarschall en récompense de sa victoire à Tobrouk. Au dîner, il célébra sa promotion avec ses officiers. Puis, resté seul, il écrivit à sa femme : « Hitler m’a nommé Feldmarschall, j’aurais mieux aimé recevoir une nouvelle division » (Max Gallo, 2011).

2. DISCOURS RADIODIFFUSE DE PIERRE LAVAL ANNONÇANT LA RELEVE DES PRISONNIERS EN ALLEMAGNE PAR DES TRAVAILLEURS VOLONTAIRES. Laval institue ainsi le principe de la « relève » (envoi d’ouvriers français en Allemagne) qui deviendra rapidement le Service de Travail Obligatoire ou STO (Jean-Charles Volkmann, 2003).

3. LOUIS PUCCINI (LA SEYNE ET LA RESISTANCE) : « Le 22 Juin 1942, je suis embauché à l’École de soudure à l’arc des Chantiers de La Seyne. La construction navale, du fait des besoins énormes en navires de toutes sortes, a fait de rapides progrès pour réduire les délais de construction. Si le rivetage demeure la forme rituelle d’assemblage, la soudure à l’arc a fait son apparition. D’où la nécessité de former des ouvriers soudeurs en grand nombre. Une école de soudure est ouverte depuis peu, elle forme en six mois environ 20 ouvriers. Des soudeurs, mais pas seulement pour les chantiers. L’Allemagne en a besoin sur ses propres chantiers. La main d’œuvre des pays occupés est toute choisie, d’autant que l’Allemagne étend ses conquêtes : les nécessités de la guerre l’obligent à libérer ses propres ouvriers pour les transférer sur les fronts ».

1945 – 22 juin : CRÉATION DE L’ÉCOLE NATIONALE D’ADMINISTRATION ou E.N.A. (Jean-Charles Volkmann, 2003).

1946 – 22 juin : PÉNURIE D’EAU POTABLE A SAINT-MANDRIER – Une chose n’a pas changé en cette période d’après-guerre, la pénurie d’eau potable. Le 22 juin 1946 les quartiers élevés de Saint-Mandrier n’ont pas d’eau depuis huit jours ! (Gisèle Argensse, 1989, p. 230)

1972 – 22 juin : ATTENTAT TERRORISTE – à Paris, attentat à la station des Invalides (8 blessés)..

1974 – 22 juin : DÉCÈS DU COMPOSITEUR ET ACADÉMICIEN DARIUS MILHAUD qui n’écrivit pas moins de douze symphonies entre 1939 et 1960.

1979 – 22 juin : A LA BAN DE SAINT-MANDRIER, CEREMONIE D’ADIEU AUX HÉLICOPTÈRES SIKORSKY HSSI, construits par la suite sous licence par Sud Aviation qui l’équipaient depuis 16 ans. Le contre Amiral Degermann, commandant l’aviation embarquée et le groupe de porte-avions, présidait cette cérémonie. Le défilé aérien organisé à cette occasion, clôturait une brillante page de l’histoire de l’Aéronautique Navale qui avait débuté voici 21 ans, date à laquelle les premiers HSS se posaient à Lartigue, en provenance du porte-avions « Bois Belleau » et des Etats-Unis (Gisèle Argensse, 2000, p. 114).

1986 – 22 juin : MARADONA VENGE L’ARGENTINE – C’est l’un des buts les plus célèbres but de toute l’histoire du football… et il a été marqué de la main. Encore aujourd’hui, de nombreux Anglais tremblent d’indignation lorsqu’on leur rappelle ce quart de finale de la Coupe du Monde mexicaine…

1989 – 22 juin : DÉCÈS DU COMPOSITEUR HENRI SAUGUET, auteur du célèbre ballet « Les Forains » écrit en 1945 (cf. Sauguet Henri – Les forains, ballet* ; Concerto n° 1 en la mineur pour piano et orchestre**. * association des Concerts Lamoureux, direction Henri Sauguet, ** Grand Orchestre Symphonique de la radio de l’URSS, Vasso Vevetzi, piano, direction Guennadi Rojdestvenski, Le Chant du Monde, LDX-S 78300, 1 disque vinyl 33 tours 30 cm stéréo, acheté en 1985).

1992 – 22 juin : OUVERTURE DU PROCÈS DU SANG CONTAMINE.

EN DIRECT DE NOS ARCHIVES.

SANARY-SUR-MER – NOMS DE QUELQUES RUES, PLACES et ÉDIFICES. 280e livraison :

Jamais les lieux de culte n’ont été aussi nombreux à Saint-Nazaire qu’en cette fin d’Ancien régime :

à l’ouest, Notre-Dame de Pitié, fête le 8 décembre ; l’église paroissiale, contenant les autels de Saint-Roch, Saint-Clair, Sainte-Anne, Saint-Joseph ; la Chapelle de Sainte-Trinide, fêtée dans l’octave de la Nativité de la Sainte Vierge, en septembre (Chapelle desservie par un prêtre à la charge des habitants du quartier). Il aurait existé, à 300 m au sud-est de la chapelle Saînte-Trinide, un prieuré du XVIIème siècle, suite à une donation de cette époque. Le bâtiment des moines, ou moniales. est une construction longue soignée. portant, on façade, huit fenêtres à l’étage, et deux portes rondes à encadrements de pierres blanches aux extrémités du rez-de-chaussée. La porte de gauche mentionne le sigle IRS, puis AM (Ave Maria), et enfin la date 1646. La porte centrale actuelle, en granite gris, provient d’un ancien château de l’Ardèche. A l’arrière de la construction, une cave longue voûtée, de même style qu’au château Romassan du castellet, se trouve à demi enterrée avec la déclinaison du terrain. Une grande terrasse précède le bâtiment au sud et est bordée d’un gros micocoulier très ancien. Le bâtiment des convers est à 150 m au nord de cette première construction. Il comprend trois maisons semblables accolées, avec façade de quatre fenêtres à l’étage, et rez-de-chaussée avec porte sur le côté, l’une d’elles gravée du millésime 1781. L’ensemble est pourtant de construction moins soignée que le bâtiment principal. La maison accolée à l’ouest aurait été le moulin à huile maintenant aménagé en appartement. Une aire à blé se trouve au nord de l’ensemble. La terrasse avant, de disposition semblable.à celle du bâtiment principal, est elle aussi bordée de deux micocouliers aussi gros que le précédent. Le domaine alors cultivé aurait été de 80 hectares. Les moines ou moniales seraient enterrés à proximité de deux cyprès. Ils auraient utilisé la chapelle Sainte-Trinide pour leur célébration religieuse, sans se construire de chapelle personnelle. Une allée d’arbres aurait à l’époque joint leur bâtiment à la chapelle. Ce prieuré n’est pas mentionné dans les ventes de biens nationaux de la Révolution.

A l’est : Notre-Dame de Bon Repos (ruinée après la Révolution), située surle bord de ce qui est aujourd’hui la rue des Poilus. Au nord :  Notre-Dame de la Millière, fête le dimanche de la Nativité (Chapelle Particulière, qui n’existe plus en tant que telle), Chapelle de Saint-Roch, fête le 16 août.

Au nord-est : Chapelle Notre-Dame d’Espayme (Chapelle particulière).

Au centre de l’agglomération : Notre-Dame de Consolation, Chapelle des Pénitents Blancs ; Chapelle de Sainte Catherine patronne des Seigneurs de Vintimille, des Soeurs de Saint~Dominique (emplacement de l’actuel n° 14 du boulevard Courbet) ;  Chapelle des Filles du Sacré-Coeur ou de l’Enfant Jésus (actuelle Salle d’exposition, rue Barthélemy de Don)[1]. (à suivre).

MARSEILLE et LE TERROIR MARSEILLAIS  – 479e livraison :

1937 : Armement marseillais – L’armement Fraissinet qui vient de prendre le contrôle de la Compagnie Fabre, entre en pourparlers avec la Compagnie de Navigation Paquet. Les lignes desservant l’Afrique du Nord deviennent de moins en moins rentables et nombre d’armements désarment une partie de leurs navires. Heureusement ces années noires touchent à leurs fins et, si les secteurs du remorquage n’ont été que peu concernés par la crise, certains armateurs vont diversifier leurs activités, par prévoyance. On voit ainsi la Compagnie Paquet ouvrir une chaîne d’hôtellerie au Maroc et créer à Marseille la sucrerie CO.SU.MA, avec les raffineries Saint-Louis. De leurs côtés, Fraissinet, Fabre et les Chargeurs Réunis, participent, en 1937, à la création de la Compagnie Aéromaritime dotée d’un Caudron C.510 Pélican puis de cinq hydravions Sikorsky S-43. Après avoir connu un certain succès, Léon Fabre trouve des associés pour fonder une compagnie aérienne, Air Bleu, qui transporte de nuit des colis postaux sur le territoire français. Toutes les compagnies ne sont pas en mesure de survivre à ces événements, comme la Société Française d’Armement E. Frisch & Cie qui doit se résoudre à cesser son activité et à vendre sa flotte pour éponger le passif ou la Compagnie Nouvelle de Navigation Busck qui est absorbée par la Compagnie de Navigation Mixte.

LA SEYNE-SUR-MER. 189e livraison :

1948 – 14 juillet : à 9h38, un avion civil anglais « DAKOTA » de type DC3 immatriculé G-AGKN  assurant le transport de courrier Le Caire-Londres avec escales à Malte et Marignane, s’écrase contre les  rochers du cap Sicié, commune de La Seyne. Il appartient à la société BOAC (British Oversea Aircraft Corporation), représentée en France par M. Evans, à l’aéroport de Marignane (Rapport de la gendarmerie de Toulon du 15 juillet 1948). L’avion, parti vers les huit heures de Malte, devait faire escale à Marignane vers 9 heures 30.

Des pêcheurs du Brusc et de Fabrégas ont leur attention attirée par un gros avion qui survole la mer à 250 mètres d’altitude environ et se dirige, gêné par une légère brume et des couches de nuages, vers l’ouest en direction du Cap Sicié. L’appareil ne peut pas prendre de la hauteur et vient se fracasser à 50 mètres plus bas que le sommet, sur les falaises du promontoire entre le sémaphore de Sicié et Notre Dame du Mai dans une puissante explosion, suivie d’un bruit de casseroles dégringolant la pente de la colline.

Les pêcheurs alertent aussitôt la Gendarmerie et la Préfecture Maritime de Toulon. Les secours s’organisent sur le champ. L’Amiral Lambert, Préfet Maritime de Toulon, dépêche par mer deux remorqueurs ayant à bord médecin, infirmières et personnel ambulancier ; la base de Saint-Mandrier fait sortir une vedette rapide.

La station de sauvetage en mer de Marignane, en liaison avec la Marine, fait survoler les lieux de la tragique chute par un « Wellington » (Rapport de l’Aéronautique de la IIIème Région Maritime du 1er octobre 1948). L’équipage de cet avion de sauvetage repère des débris de l’appareil accidenté qui, accroché à la falaise entre Sicié et la Chapelle de Mai, présentent aux observateurs un spectacle désolé ; démantelé, il gît dans un lieu presque inaccessible sur un plateau jonché de débris métalliques (« La Marseillaise »  Journal du 15 juillet 1948), surplombant de 250 mètres la surface de la mer.Cet accident paraît avoir pour cause l’intensité du brouillard durant toute la matinée du 14 juillet. L’appareil est entièrement détruit dans l’accident et un incendie s’est déclaré. La carlingue s’est brisée en deux, les ailes arrachées, le  poste de pilotage se trouve un peu plus bas, les deux moteurs ont roulé jusque sur la grève (« Le Provençal »  Journal du 15 juillet 1948).

Vers 13 heures, les autorités prévenues commencent les recherches : voiture radio de la police, ambulances, camions transportant les matelots de la BAN. Les premières personnes arrivées sur les lieux sont l’adjudant Assemat et ses gendarmes, suivis des Marins Pompiers de Saint-Mandrier et un médecin de la marine. Tout secours est inutile.

Les six membres de l’équipage sont tués sur le coup. Certains d’entre eux sont carbonisés ; seul le lieutenant commandant l’appareil est identifié sur place.

Trois corps sont découverts dans le poste de pilotage (le pilote, le mécanicien et le radio). A 35 mètres de la carlingue se trouvent deux autres corps et plus loin à gauche, un autre, tous trois effroyablement déchiquetés par les débris de tôle. Partout des fragments de lettres à demie brûlées sont retrouvés ainsi qu’une carte d’identité au nom de S.W. Smith.

A l’aide de cordes, les marins pompiers hissent péniblement les corps des malheureux aviateurs sur la crête vers le sémaphore. Les six cadavres retirés des débris de cet appareil, d’abord transportés au fort de Peyras , seront  acheminés par les services de la Marine vers l’hôpital maritime de Sainte Anne à Toulon où l’on dresse une chapelle ardente.

Le commandant de la brigade de gendarmerie de La Seyne a pu récupérer quatre kilos environ de courrier. Parmi ce courrier se trouvent quatre plis secrets, partiellement brûlés, destinés à l’état major de l’armée de l’Air à Paris. Le courrier destiné à des particuliers résidant en France, en Italie et en Angleterre est remis à l’inspecteur des PTT de Toulon (Rapport de la gendarmerie de Toulon du 15 juillet 1948)

(à suivre)

TOULON ANCIEN ET SES RUES (L. Mongin, Toulon ancien et ses rues, tome 1, 1901) – 10me livraison. Rue A. Daumas

La partie de la rue des Maurels dénommée aujourd’hui A. Daumas était au XVe siècle une des plus importantes de la cité. A son extrémité Sud se trouvait la Pescarié(Poissonnerie). Aussi n’était-elle désignée que sous le nom de Carriera de la Pescané (Archives communales. CC. 86, 390, 392. — DD. 113). « Cette rue s’étendait au dehors de la ville contre « la porte du Portalet et vers le rivage de la mer ; « les maisons n’étaient que des boutiques et des « « euvants » pour vendre le poisson, soutenus « par des arcs et piliers » (CC. 86).

La destination de cette rue nous amène à donner quelques détails sur le service de la Poissonnerie depuis les temps les plus reculés.

Anciennement la pêche et la vente du poisson étaient régies par des ordonnances de police très sévères. Le recueil de criées publiques dont il a été déjà question énumère les règlements édictés, en 1394, sur cette matière. (à suivre).

UNE BLAGUE POUR LA ROUTE :

 Petite annonce parue dans un journal littéraire : « Je vends l’encyclopédie Larousse en quinze volumes. État absolument neuf. Jamais ouverte ni feuilletée. Ma femme sait tout ! »

A demain ! Rendez-vous à la sainte Audrey !


 

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