ÉPHÉMÉRIDES DU LUNDI 19 JUIN 2023 – 11e ANNÉE (n° 3827).

Illustration : LE 2 JANVIER 2020 – Assouan (Egypte) vers 21 heures.
FÊTES : Vive les Romuald ! C’est leur fête aujourd’hui !
Romuald de Ravenne – en germanique « Ruomwald » mais « Roumuaud » en provençal – mourut en 1027. C’était un moine ermite, fondateur de l’ordre des Camaldules (une des branches de l’ordre de saint Benoît). Il fut l’un des derniers pères du désert.
Au calendrier républicain, ce premier jour de messidor An II est dédié au seigle.
DICTON : « A la Saint Romuald, choisis : Mickey ou Donald ? » et « Au mois de juin, quand les ânes secouent l’oreille, c’est signe qu’il pleuvra à merveille. »
LOCUTIONS ET TRADITIONS Provençales : C’est le 19 juin que Bonnieux, dans le Lubéron, fête ses deux saints patrons : Gervais et Protais.
LE MOT DU JOUR : « Je suis trop honnête pour être poli » (Louis Scutenaire).
EN DIRECT DE NOTRE BIBLIOTHEQUE :
SANARY – NOMS DE QUELQUES RUES, PLACES et EDIFICES (synthèse de textes extraits des Cahiers du patrimoine OUEST VAROIS n°2 à 11).

46e livraison : Militaires Sanaryens « morts pour la France » entre les 13 mai et 19 juin 1940 : (liste établie par Barthélemy Rotger) :
lieutenant Muhlethaler Pierre, le 13/05/1940 ;
capitaine Cousteaux Hubert, le 18/05/1940 ;
lieutenant Combescure Hervé du 1119ème d’Infanterie, le 19/05/1940 ;
lieutenant Andrieu Jacques du 60ème B.C.A., le 20/05/1940 ;
Falone Aristide du 15ème Régiment du Génie, le 5/06/1940 ;
Ciccione César du 11ème Mitrailleur, le 8/06/1940 ;
Clément Pierre du 27ème B.C.A., le 8/06/1940 ;
Raimondo Louis dépôt d’Artillerie 414, le 15/06/1940 ;
Canolle Denis, du 22ème R.A.C., le 17/06/1940 ;
Cioni Henri du 1er Régiment de Zouaves, le 17/06/1940 ;
Pele Raymond D.C.A., le 17/06/1940 ;
Roman Alfred 15ème Régiment du Train, le 18/06/1940 ;
Soleillet Nazaire 112ème R.I.A., le 19/06/1940.
(à suivre).
MARSEILLE – LES VIEILLES RUES ET AUTRES CONSIDERATIONS (Bouyala d’Arnaud).

Cliché Detaille pris vers 1910 : omnibus à chevaux de la Compagnie Decanis (coll. H. Ribot)
-246e livraison : LE TERROIR MARSEILLAIS
LA POMME (à 5,500 km, banlieue sud-est).
Le nom de ce village apparaît le 8 avril 1664 dans un registre de la Major. Avant cette époque il n’existait à cet endroit qu’une hôtellerie à l’enseigne de la « Pomme », et qui a son histoire.
-1517. Toutefois, le nom de La Pomme figure sur les limites de la paroisse de Saint-Marcel dans les registres de la cathédrale de la Major.
-1596. L’Histoire de Marseille par Ruffi nous apprend que la « La Pomme est une hôtellerie dans le terroir de Marseille et distante d’une lieue ». Les conjurés qui complotaient la mort de Charles de Casaulx s’y réunirent dans la nuit du 16 au 17 février 1596. Ils armèrent le bras de Libertat, et Casaulx fut assassiné au cours de la journée suivante.
Le Logis de la Pomme occupait l’emplacement de l’immeuble du 67 avenue Emmanuel Allard. Cet endroit était précédemment connu sous le nom de « Plan de Padéou – Plateau du Padeau », en raison du fait qu’il se situait à l’extrémité sud-est du plateau de la Grande Bastide – La Pommeraie.
1630. 601 habitants.
-1664. 8 avril. Un village nommé La Pomme à 5,5 kilomètres, en banlieue sud-est de Marseille est cité dans un registre de la cathédrale de la Major. « La Pomme, 8 avril 1664 (registre aux archives de la Major) ».
-1670. Les habitants de La Pomme bâtissent une chapelle sous le titre de Notre-Dame-de-Lumière .
-Entre la Pomme et le cimetière Saint-Pierre se trouvait une autre bastide, du XVIIe siècle, véritable château, qui appartint, au XVIIIe siècle, à la famille d’Arcussia. Au XVIIIm# siècle, le marquis Charles d’Arcussia, grand collectionneur, habita le bel hôtel construit par le comte de Grignan, à la rue Grignan, et devenu l’hôtel Payan.
-Elle était entourée d’un parc à l’anglaise de belles proportions. Un splendide portail en fer forgé, de style Régence, surmonté des armes des d’Arcussia, fermait sa cour. Mgr de Belsunce y résida, Liszt y donna un concert. Elle est maintenant submergée par le cimetière qui envahit le quartier comme marée montante.
-Les d’Arcussia, originaires de Naples, devaient leur fortune à la reine Jeanne ; l’un d’eux fut son trésorier-général. Ils occupèrent des charges importantes. Au XVIe siècle, Charles d’Arcussîa, érudit, poète, gentilhomme campagnard, et qui eut vingt-deux enfants, publia un curieux ouvrage, fort renommé : « La fauconnerie de Charles d’Arcussia, seigneur d’Esparron, de Paillières et de Courmes, gentilhomme provençal» (Aix, Tholozan, 1598, in-8°).
-La Pome est citée avec cette écriture le 23 décembre 1726 (registre aux archives de la Major).
-La « Pomme » avait au XIXe siècle une spécialité gastronomique : les « pieds-paquets » qui sont pieds de porcs et tripes de moutons ; on venait les savourer dans les guinguettes de l’endroit.
Auprès de la Pomme, dominant la voie ferrée et dominée par un grand pin (8, boulevard Netty), jolie bastide avec cinq œils-de-bœuf.
-Au XIXe siècle, R. Daniel écrit « La ligne de chemin de fer à Toulon, bientôt prolongée sur Nice et l’Italie, a coupé en deux le terroir et bouleversé la vie locale. Car il a fallu dresser un long remblai, construire cinq ponts et bâtir une gare avant que les convois apportent bruit et fumée dans ce paysage bucolique« .1858. La ligne de chemin de fer vers Toulon bouleverse la paysage. v. 1878. La Pomme avait au 19e siècle une spécialité gastronomique les « pieds-paquets ». Louis Ginouvès invente la recette des « Paquets« . Alfred Saurel, grand historien des quartiers de Marseille, écrit « De nos jours (1878), on trouve dans ce hameau, non pas un seul, mais dix logis au moins et plusieurs restaurants qui, depuis un certain nombre d’années, ont acquis cette vogue pour la manière dont on y prépare le ragoût qui, en Normandie, par exemple, est appelée les tripes à la mode Caen. La préparation culinaire de la Pomme s’appelle tout simplement paquets« .
-1880. La Pomme compte 680 habitants.
-1896. Une soixantaine de fabricants de pâtes alimentaires existent à Marseille, certains sont à La Pomme. Les minoteries alimentent largement le trafic marchandises.
-1902. Le tramway électrique remplace l’omnibus à cheval.
-vers 1906. Les fabricants de la Pomme garantissent leurs pâtes « fabriquées exclusivement avec de pures semoules de blé dur sélectionnées et des meilleures provenances« .
-1910. 1 500 habitants.
– Entre les deux 2 guerres, André Roussin passe ses vacances à la Villa Air-Bel.
-1941. En mars, un groupe de surréalistes réunis la villa Air-Bel invente le Jeu de Marseille inspiré par le Tarot de Marseille. Ce jeu est conçu pour refléter « la mythologie et les préoccupations propres de chacun des surréalistes. Les 4 couleurs sont associées à des symboles : Roue Sanglante – Révolution. Flamme – Amour. Etoile Noire – Rêve. Serrure – Connaissance. Le Roi devient Génie ou Mage. La Dame devient Sirène. Il n’y a pas de Valet. Les 20 cartes sont dessinées par Victor Brauner, André Breton, Max Ernst…
• 1971 – 1973. Construction de l’ensemble HLM Air-Bel.
• 1986. Destruction de la Villa Air Bel.
(à suivre)
EPHEMERIDES :

–1020 – 19 juin :
1.LES vicomtes de Marseille ont repris le chÂteau de Fos (deux actes montrent les vicomtes installés au château que la famille de Fos récupérera plus tard). Les pertes ont été lourdes : le comte est mort le 4 mars 1019 ; le fils du vicomte Gombert tué le 13 mars 1020 (Poly, 1976, p. 176)
2.Pourcieux, Peynier, Puyloubier et Belcodène. Fait à Fos. Donation par Fouque et sa femme Odile, au monastère do Saint-Victor, de l’alleu qui lui est advenu de l’héritage paternel dans le comté d’Aix et la vallée de Trets : le sixième de Pourcieux et de Peynier, le quart de Puyloubier et de Belcodène(Bulcodinas). Parmi les témoins qui confirment : Pons II, évêque de Marseille ; ses frères Guillaume II et Aicard (Acte 50 des vicomtes de Marseille, H. de Gérin-Ricard, 1926, p. 4. Réf. A. Saint-Victor, Grand Cartulaire, fol. 7. a. Guesnay, Vita S. Cassiani, p. 565. — b. Guérard, cartulaire de Saint-Victor, charte n° 19. Ind. : Albanès et Chevalier, Gallia . .. Marseille, n° 89).
- Le nom de Taradeau est attesté pour la première fois : Ysmodo de Taradell signe une charte « in castrum Fossis » (cartulaire de Saint-Victor : B. Guérard, 1857, I, p. 25, n° 19). Le toponyme Taradell vient peut-être de la racine *Tar- à sens oronymique. D’autres auteurs donnent pour origine le terme provençal taradel (= alaterne), toutefois un rapprochement avec le radical à valeur oronymique *TaL est également possible ; on lui doit, entre autres, Tallard (dans le 05), Tallarno en 739.
–1218 – 19 juin : ABBAYE DE SAINT-VICTOR DE MARSEILLE – Acte 399 des vicomtes de Marseille, Honorius III ordonne aux évêques de Riez et d’Antibes et à l’abbé du Thoronet de faire exécuter les prescriptions de la bulle du 4 août 1211 qui seraient restées en suspens, et de faire jouir pacifiquement l’abbaye de Saint-Victor de la part qui lui revenait sur les biens du moine et vicomte Roncelin (de Gérin-Ricard : B. Arch. Vatican, Regesta Honorii III, liv. II, fol. 269 ; C. Saint-Victor, Petit Cartulaire, fol. 78 v° ; a. Belsunce – L’antiquité de l’église de Marseille, t. II, p ; 65, édit. partielle ; b. Guérard n° 904 ; c. Horoy – Honorii papae III opera omnia, t. II, p. 809, n° 300 ; d. G. Doublet – Recueil des actes concernant les évêques d’Antibes, n° XL ; IND. A. Potthast, n° 5839 ; P. Pressuti – Regesti del pontefice Onorio III, n° 1450 et 1452.).
–1220 – 19 juin : taxes et port de Marseille – Anselme l’Aîné, recteur de Marseille, en présence de Bertrand, évêque d’Antibes, et de l’abbé du Thoronet, reconnaît que Roncelin lui avait cédé en gage le sixième du port et le huitième des leydes de Marseille ; il s’engage à les tenir â l’avenir de l’abbaye de Saint-Victor. Saint-Victor, (acte des vicomtes de Marseille n° 411, Henry de Gérin-Ricard, 1926. Réf. :Petit Cartulaire, fol. 105 v°. a. Guérard, n° 926. — b. G. Doublet, Recueil des actes concernant les évêques d’Antibes, n° CLX.
–1348 – 19 juin : La reine Jeanne, comtesse de Provence, vend Avignon au pape pour QUATRE-VINGT MILLE florins d’or. Rappel des faits :
La reine Jeanne, fille de Robert, prodigue en libéralités, avait épuisé le trésor de ses ancêtres. Etant accusée en 1345 de l’assassinat de son mari, André de Hongrie, – thèse que semblait confirmer pour beaucoup son remariage avec Louis de Tarente l’année suivante –, la jeune reine dut faire face à l’armée hongroise qui, en mai 1347, arriva jusqu’aux portes de Naples. Elle se rendit en Provence afin d’y trouver l’argent nécessaire à la guerre. Si Marseille l’accueillit avec chaleur, à Aix les nobles et les grands officiers réunis au palais comtal furent plus réticents, mais la suivirent sous réserve qu’elle ne nommerait que des Provençaux à tous les offices et n’aliènerait en rien le comté (Au milieu du XIVe s., la Provence comptait neuf vigueries (Aix, Draguignan, Hyères, Grasse, Nice, Forcalquier, Marseille, Tarascon, Arles) et quinze baillies qui dépendaient toutes de la cour d’Aix). Le 19 juin, à Avignon, elle rencontra le pape qui la disculpa des soupçons d’assassinat qui pesaient sur elle et légitima par une dispense son second mariage. Certes, pour parvenir à ses fins, elle avait vendu Avignon à la papauté, mais les quatre-vingt mille florins qu’elle en avait retirés lui permirent d’envisager un prompt retour à Naples (Le florin d’or, ainsi nommé parce que, depuis le règne de Charles 1er, il portait une fleur de lis, valait au XVe siècle 16 sous). Le 28 juillet 1347, elle s’embarquait à Marseille, et ne revint jamais plus en Provence ; ce qui fait pièce de la légende forgée ultérieurement autour du personnage et la prolifération de maisons, ponts, tours, et châteaux dits de la reine Jeanne » (M. Agulhon, N. Coulet, 1987 ) .
–1525 – -19 juin : UNE CHARGE DES COMMUNAUTES COTIERES DE PROVENCE : LA GARDE DES FAROTS – Avec le début des guerres d’Italie au XVIème siècle, la garde des farots prend une dimension toute nouvelle. Reliés à Ollioules par des courriers, puis à Arles, leurs veilleurs rendent compte de ce qu’ils voient.
Par exemple, à la date du 27 août 1525, les syndics de Six-Fours écrivent : Messenhors lous sendegues de Olieulas a vousautres de très bon cor nous recomandam. Messenhors tout incontinent au jour d’uey 27 de avous nous vous advertissem cornent nostra gardia nous es vengut dire et notiffîcar cornent a vist una grossa copia et multitude de veîlas latinas que vertian de aultas mars de la banda de Provence et van devers levant. Dubtant que non sia l’armada d’Espanha que son ben nombre ho en circa XV ho XVI veîlas. Per so s’il vos plazera mandares a touta diîigentia de lonc de la costiera et pagares lo présent portador a la costumada. Non autra. Per lous tous vostres bons amys coma frayres. Avuy mandat a Tholon. Lous sendegues de Sieys Fors. V° Letros d’avys. Gros 5 A messenhos lous sendegues de Olioulas (Archives de Six-Fours, CC 535 L. 457).
Nous traduisons ce texte qui est écrit en un provençal excellent : « Messieurs les syndics d’Ollioules, nous nous recommandons à vous de très bon coeur. Messieurs, nous vous informons immédiatement ce jour 27 août, comment notre garde est venue nous dire et notifier qu’elle a vu une grande quantité et multitude de voiles latines qui venaient de haute mer du côté de la Provence, ces voiles vont vers le levant. Nous pensons qu’il s’agit de l’armée d’Espagne, en bon nombre, il y a environ 15 ou 16 voiles. Pour tout cela s’il vous plaît, vous enverrez l’information en toute diligence le long de la côte. Vous paierez le porteur comme d’habitude, Rien de plus, De vos bons amis comme frères, les syndics de Six Fours. Avis envoyé à Toulon. V° Lettre d’avis 5 Gros. A Messieurs les syndics d’Ollioules. »
Par suite de la défaite militaire de Pavie, de la capture de François 1er et de son transfert en Espagne, une trêve de six mois fut conclue le 11 août 1525 entre le royaume de France et Charles Quint. Les galères d’Espagne faisant route pour l’Italie et observées ici sont peut-être celles qui escortèrent le roi jusqu’à Barcelone le 19 juin et s’en retournant vers leurs bases italiennes mission accomplie.
–1636 – 19 juin : Le bourg de La Seyne obtint en 1636 d’avoir des représentants municipaux, et non plus de simples administrateurs délégués par Six-Fours ; un arrêt de la Cour du Parlement d’Aix, du 19 juin 1636, avait ordonné qu’à l’avenir seraient élus un consul et deux conseillers de la maison commune selon le nombre des citoyens du lieu (Louis Baudoin, 1965, p. 127). À partir de 1636, les administrateurs délégués de La Seyne deviennent des magistrats responsables (Marius Autran, tome 2, 1988). La Seyne obtient d’avoir des représentants municipaux et non plus de simples administrateurs délégués par Six-Fours (Martinenq Patrick, 1983, p. 27). Un consul et deux conseillers administrateurs délégués par Six-Fours. C’était une situation intermédiaire qui ne pourra se terminer que par l’indépendance totale accordée finalement en 1657 par le Pouvoir royal et qui aboutira au partage des terres de l’ancienne communauté et à des administrations distinctes. En 1631, La Seyne compte plus de deux cents maisons, une église paroissiale, un couvent, un millier d’habitants, trois cents marchands, capitaines et artisans (Marius Autran, tome 2, 1988) .
A l’avenir seraient élus un consul et deux conseillers de la maison commune de Six-Fours (Louis BAUDOIN, 1965, op. cit. p. 127), c’est-à-dire des magistrats responsables (Marius AUTRAN, 1988, op. cit. tome II), choisis par les caps d’ostau (chefs de famille) de La Seyne parmi les familles les mieux nanties de propriétaires terriens dont le nom est encore bien connu de nos jours : Tortel, Beaussier, Lombard, Pascal,… (Marius AUTRAN, 1988, op. cit. tome II et vol. 3, 1990). Ce furent leurs premiers représentants qui firent construire près d’une citerne, en 1639, la première halle aux poissons, consacrant par ce geste le rôle fondamental que la pêche jouait à l’origine de la création de la communauté seynoise (Idem, op. cit). La construction de cet édifice se fit après démolition de boutiques. A prix fait, Honoré Beaussier, maçon, monta tous les piliers de la halle bâtis en pierre de la Couronne (Jean DENANS, 1707/1711, op. cit.).
–1789 – 19 juin : – Les divisions se creusent de plus en plus au sein du clergé et même de la noblesse. Les évêques et les nobles qui s’opposent à ce mouvement (c’est-à-dire la majorité) se tournent vers le roi, qu’ils avaient pourtant combattu et discrédité. Louis XVI, de son côté, annonce la préparation d’une séance royale, qui aura lieu le 23 de ce mois. La nécessité des préparatifs de cette séance est d’ailleurs le prétexte de la fermeture de la salle de l’hôtel des Menus-Plaisirs (Agenda du Bicentenaire, VENDREDI 19 JUIN)
–1790 – 19 juin : Abolition de la noblesse et du clergé en France.
–1793 – 19 juin :
1. 76 députés protestent contre l’éviction des députés girondins – A la Convention, 19 député s’associent à la protestation du 6 juin, au total, 76 députés protesteront contre l’éviction des députés girondins (Yann Fauchois, Journal de la France et des Français, Gallimard, 2001, p. 1180) .
2. L’ESCADRE ESPAGNOLE CROISE AU LARGE DE TOULON – Le 19 juin 1793, l’apparition de l’escadre espagnole vint placer les esprits en face de la brutale réalité. Ricard, procureur général syndic de ce département, lança de Toulon une circulaire énergique et réconfortante (Roger Vallentin du Cheylard, Sanary et le siège de Toulon, 1913-1914, rééd. 2001).
–1794 – 19 juin : En 1810, la municipalité de Sanary reçut injonction à payer onze mille six cent six francs représentant les arrérages des contributions dues par la commune, depuis le 1er messidor an 2 (19 juin 1794) au 18 juin 1810). La vente de biens permit au maire de certifier que la commune n’avait plus de dettes postérieures au 10 Août 1793. Le receveur d’AIX dut cesser sa demande de mise en recouvrement des contributions prétendument dues. Mais hélas, il ne restait plus grand chose à la commune comme terres
–1799 – 19 juin :
1. 17-19 juin, défaite de Macdonald à la Trébie.
2. 19 juin au 18 juillet (messidor An VII) CONTRÔLE DES VOIES DE COMMUNICATION LORS DE LA FOIRE DE BAUCAIRE – En messidor an VII, les officiers municipaux de La Seyne furent informés que des postes de protection (les routes n’étaient pas alors des plus sûres) seraient établis et échelonnés le long des grandes routes pour la protection des négociants et autres voyageurs se rendant à la foire de Beaucaire ; les autorités précisaient que des patrouilles seraient effectuées par des colonnes mobiles pour assurer une police convenable de ces routes. La foire de Beaucaire était une des plus importantes réunions commerciales de l’Europe sous l’Ancien Régime ; elle garda son importance jusque vers le milieu du XIXe siècle, époque où la mise en service des chemins de fer entraîna son déclin. Cette foire créait un mouvement considérable d’affaires, de marchandises et de voyageurs; s’y ajoutaient un grand nombre d’attractions et de curiosités foraines (Louis Baudoin, 1965, p. 404).
3. Mercredi 15e jour du mois de muharram 1214 [19 juin 1799] : Le Caire – Confiscation des biens d’al-Jaddâwî (‘Abd-al-Rahman al-Jabartî – Journal d’un notable du Caire durant l’expédition française 1798-1801) Les épouses de Hasan Bey al-Jaddâwî sont informées de la mise sous scellés de leur maison et de leurs biens ainsi que d’une imposition d’une somme d’argent. Hasan Bey, leur époux, avait rejoint Murâd Bey et combattait avec lui les Français. Or, ceux-ci avaient écrit à Hasan Bey en formulant des vœux à son adresse ; ils lui avaient confirmé la pleine possession de ses biens dans le pays s’il ne se mettait pas dans l’opposition et ne combattait pas avec leurs adversaires. Hasan Bey avait refusé. En apprenant cette sanction, les épouses de Hasan Bey se rendirent chez le cheikh Muhammad al- Mahdî pour l’entretenir de l’affaire. Le cheikh obtint pour elles une transaction s’élevant à 3 000 farânsa.
–1830 – 19 juin : CONQUÊTE D’ALGER – BATAILLE DE STAOUÉLI. – Le 19 juin, à la pointe du jour, l’armée algérienne s’avança vers nos positions, le centre en arrière, les deux ails en avant, en poussant des cris. Les feux des tirailleurs s’étendirent bientôt sur tout le développement de nos avant-postes, et le canon annonça une affaire sérieuse. Les officiers évaluaient à 50 000 hommes les forces de l’ennemi : nous avions à peu près 20 000 hommes en ligne.
L’infanterie turque et le contingent de Totery firent leur attaque avec beaucoup de résolution.
Le général Clouet attendait l’ennemi, qui croyait le surprendre. Il le reçut à cinquante pas par un feu de mitraille, le fit charger de trois côtés à la fois par le 20e et le mit en déroute. Nos soldats, animés par leurs succès, descendirent, de leur mamelon et suivirent trop loin l’ennemi. Le généra Clouet se trouva séparé de sa division; mais, comprenant l’inconvénient de tout mouvement rétrograde, il se maintint avec vigueur dans la position difficile qu’il avait conquise et attendit des renforts.
Pendant ce beau combat, l’ennemi, qui avait jugé, non sans raison, que notre point le plus faible était à l’extrême gauche, occupée par le 28e, qu’un ravin séparait de sa brigade, sortit tout à coup de derrière les dunes et dirigea contre ce point une formidable attaque. C’est là que les Turcs portèrent leurs plus grandes forces et que donnèrent les soldat: de la milice, au nombre de quatre mille (Récit de M. le comte Louis de Bourmont). Ils chargèrent de front et en flanc le 28e, qui les reçut par une fusillade à bout portant. Les Turcs couvrirent la terre de leurs morts; niais ils ne reculèrent pas, et ils continuèrent leur attaque de front et de flanc avec une nouvelle furie. L’acharnement de cette attaque, la supériorité du nombre, l’épuisement des munitions, finirent par ébranler le 28e ; on le vit, après quelques fluctuations, rompre les rangs et prendre sa course. Il ne resta autour du colonel qu’un petit nombre de soldats et, de la position qu’occupait la réserve du général d’Arcines, on voyait l’intrépide Mounier, à cheval, au centre de son petit bataillon, exhortant du geste et de la voix les braves qui l’entouraient à la défense du drapeau. Les Turcs environnaient de tout côté ce bataillon sacré, qui repoussait leurs attaques avec une inébranlable énergie, mais en perdant à chaque instant quelques-uns des siens. Les quarante hommes qui restaient compbattaient à genoux, car tous étaient blesés.
On lança la réserve, puis ce fut la charge couverte par les turs des navires embossés dans la baie. Il était 6 heures du matin. Les 20e et 28e de ligne occupaient à présent les hauteurs et formaient une pointe. Puis toute l’armée rallia. Les ennemis lâchèrent pied au premier choc. Le camp de Staouéli « tomba en notre pouvoir ; 400 tentes y étaient dressées ; celles de l’aga d’Alger, du bey de Constantine et du bey de Titery. Il y avait de la poudre et des projectiles, des subistances, des troupeaux de moutons et une centaine de chameaux. »
Les armes de nouveau modèle, l’artillerie de montagne, avaient fait éprouver aux Turcs une perte considérable en pénétrant dans une contrée impraticable à l’artillerie ancienne.
Dans le combat de Staouéli, très vif au début, nous eûmes, d’après les rapports rectifiés, 550 hommes mis hors de combat, sur lesquels 57 morts et 473 blessés, qui reçurent immédiatement, sous les vastes Hangars préparés pour les recevoir, les soins les mieux entendus et les plus empressés. La perte principale pesa sur la première division qui, plus fortement engagée, eut a elle seule 44 morts et 344 blessés. Le 20e et le 28e, formant la brigade Clouet, placée à l’extrême gauche, et le 57e, l’un des régiments de la Brigade Achard, furent ceux qui souffrirent le plus. On estima que la perte des Algériens s’élevait presque au décuple de la nôtre. L’aga des janissaires, gendre du dey, fut au nombre des morts. Quand, le soir de la bataille, on demanda aux prisonniers restés dans nos mains l’explication du peu de résistance qu’ils nous avaient opposée au moment où nous avions pris l’offensive : « Comment aurions-nous pu vous arrêter ? répondirent-ils, plus on vous envoie de balles et de boulets, plus vite vous avancez (Campagne d’Afrique, Femel). » Du reste, les Arabes ne comprenaient rien à notre marche en ligne. Ils crurent d’abord que nos soldats ne marchaient en ligne que parce qu’ils étaient liés les uns aux autres par le bras : le dey avait accrédité ce bruit (Détails communiqués par M. le duc des Cars).
Après la bataille de Staouéli, le général en chef publia l’ordre du jour suivant, portant la date du 20 juin 1830, et écrit au quartier général de Sidi-Ferruch :
« Les troupes de l’armée d’expédition, dans les Journées du 14 et du 19 juin, ont répondu à l’attente du roi, et déjà elles ont vengé l’insulte faite au pavillon français. La milice turque avait cru qu’il était aussi facile de nous vaincre que de nous outrager ; une entière défaite l’a désabusée, et c’est désormais dans l’enceinte d’Alger que nous aurons à la combattre. Déjà beaucoup d’Arabes retournent dans leurs foyers, d’où la terreur les avait seule arrachés. Bientôt ils rejoindront pour nous vendre leurs troupeaux et porter l’abondance dans nos camps. Le général en chef rappelle à l’armée que les Arabes doivent y trouver un accueil amical, et que tous les marchés conclus avec eux doivent être exécutés consciencieusement.
Les troupes de toutes armes ont rivalisé de dévouement. L’administration, par la sagesse de ses dispositions, par les soins qu’elle donne aux blessés, a aussi droit aux éloges,
Le général en chef fera valoir auprès du gouvernement les services de tous. Il réclamera les bontés du roi pour ceux qui s’en seront rendus les plus dignes.
Toutes les fois que l’armée a combattu, le feu des bâtiments du roi a appuyé ses mouvements et a puissamment contribué au succès que nous avons obtenu. »
Le lendemain de la victoire de Staouéli était un dimanche. On célébra la messe sur un autel improvisé dans le camp de Sidi-Ferruch, au pied de la hauteur que couronne le marabout. « Le grand palmier de la fontaine, dit un témoin oculaire (M. d’Ault-Dumesnil), était comme une colonne de ce temple illimité, et le ciel en était la voûte. Ce sacrifice semblait sanctionner le retour de la civilisation sur cette plage. » (Alfred Nettement).
–1847 – 19 juin : Jour de la fête de Saint-Pierre Célestin. L’archiprêtre Etienne Courdouan , curé de la paroisse Sainte-Marie à Toulon, procédera à la bénédiction de l’église de Saint-Mandrier enfin terminée, avec le même cérémonial que pour la pose de la première pierre. Autrefois, l’archiprêtre était un prêtre que l’évêque déléguait à la tête d’une circonscription de son diocèse ; aujourd’hui, c’est un titre honorifique conféré à un curé (Robert). En fin de compte cette église a coûté la somme de vingt-deux mille francs : la commune de La Seyne a donné six mille francs pour sa construction, les habitants de Saint-Mandrier quatre mille francs. La Fabrique a donné le reste. C’est donc la Fabrique qui a le plus donné. Elle en est par conséquent la propriétaire. Le clocher a été bâti des deniers de M. Lautier qui en a fait cadeau à la Fabrique. La Fabrique possède encore douze cents mètres de terrains sur le Nord et au devant de l’église (Gisèle Argensse, 1989, p. 66). Cette église, bâtie sous le vocable de saint Mandrier, verra se succéder 17 prêtres, sans jamais faillir à sa mission de « maison de Dieu »; elle sut braver le temps et les événements pour être le témoin imperturbable des peines et des joies des Mandréens. Dans les « archives d’histoire et d’archéologie du Diocèse de Fréjus et Toulon » datant de 1936, parmi les saints patrons et titulaires des paroisses, dans la liste des églises du Var, on lit pour notre église : Patron : Saint-Mandrier m, Titulaire : Saint-Mandrier (Gisèle Argensse, 2000, p. 173).
Un nouvel édifice dédié à Saint-Mandrier remplaçait donc celui qui avait été détruit en 1818. Avec lui, la communauté du Cros Saint-Georges se donnait un saint patron et une église pour les fidèles de la presqu’île.
Cinq mois après l’inauguration de l’église, le cimetière de Saint-Mandrier voyait le jour sur un terrain communal situé à la partie ouest du quartier du Creux Saint-Georges et sur une hauteur.
L’élan étant donné, la construction immobilière pouvait débuter : en 1845, la municipalité louait pour six ans un terrain situé au quartier de la Vieille pour y ouvrir une carrière de pierres qui servirait pour la construction des nouvelles maisons du hameau (Cahier du patrimoine ouest varois n°15).
–1849 – 19 juin : on enterre le général Bugeaud, mort du choléra. Aujourd’hui, un Français entendant le nom de Bugeaud ne se met-il pas à fredonner l’air de la Casquette ? Ainsi que l’a écrit Lucas-Dubreton : “ C’est le meilleur de Bugeaud qui reste, grâce à la Casquette ”… Cette casquette qui a perpétué son souvenir de génération en génération de conscrits…
L’étonnant couvre-chef, d’allure si peu martiale, est un képi réglementaire de forme élevée, auquel Bugeaud, pratique, avait fait ajouter une visière postérieure en cuir bouilli, afin de se protéger la nuque.
Cependant, contrairement à ce que l’on imagine communément, ce n’est pas cette casquette qui valut à son propriétaire la gloire de devenir un personnage d’imagerie d’Épinal. Un soir, un parti d’Arabes attaqua le camp. Bugeaud sortit en hâte de sa tente et, un fusil à la main, se mit à faire le coup de feu mêlé aux combattants. L’ennemi repoussé, on regarda le maréchal en riant. Il avait oublié d’enlever son bonnet de coton et c’eSt en cet équipage qu’il s’était battu. Ce ne fut qu’un cri :
As-tu vu la casquette,
la casquette…
As-tu vu la casquette,
Du père Bugeaud ?
Bien vite, la casquette devint un symbole, un fétiche… Et Bugeaud lui-même disait au clairon, de piquet devant sa tente :
— Sonne la Casquette l
Ce soldat aux cheveux blancs était adoré de ses hommes en marchant à pied à hauteur de ses troupes. Avec 20.000 de ses “ lapins ”, en donnant à sa petite armée la forme d’une hure de sanglier, il avait réussi, sur les bords de l’Isly, à culbuter 60.000 cavaliers arabes.
Sans doute a-t-on dit du “ duc d’Isly ” que chez lui l’homme supérieur perçait mais ne se dégrossissait pas, sans doute manqua-t-il à Bugeaud l’étincelle, mais ce “ fruste rempli d’aisance ” – le mot est de Victor Hugo — n’en fit pas moins l’Algérie française.
Il semble que les légitimistes, partisans du comte de Chambord, n’aient voulu considérer en Bugeaud que le geôlier de la duchesse de Berry à Blaye. Lamentable aventure au cours de laquelle ce maréchal de France avait dû se muer en sage-femme.
Il est tout aussi logique de voir les ouvriers d’il y a cent ans lui reprocher d’avoir maté l’insurrection parisienne d’avril 1831.Rue Transnonain, la troupe n’avait-elle pas massacré des femmes et jusqu’à un enfant couché dans son lit ? Logique encore la haine des bourgeois, au lendemain des journées de février 1848-
 matin du 24, le maire du VIIIe arrondissement disait à Victor Hugo : “Tout peut encore être sauvé.
– Oui, répondit le poète, si Bugeaud renonce à être le sauveur.”
Il n’était nullement dans les intentions du maréchal de renoncer à quoi que ce fût.
– Je ferai avaler aux Parisiens le sabre d’Isly jusqu’à la garde” avait-il déclaré en prenant une heure plus tard le commandement des troupes.
On connaît la suite : ce matin-là, les Parisiens ne se sentaient pas le moins du monde la vocation d’avaleurs de sabres… Et Bugeaud dut se contenter de rentrer chez lui à cheval, perçant la foule et “ la battant de l’œil ”, selon l’expression des bulletins de l’empereur. Mais le “ sabre d’Isly ” n’en était pas moins té sur l’estomac des Parisiens et le maréchal perdit en cette affaire les dernières miettes de sa popularité.
Comme nous l’avons écrit plus haut, un an plus tard, le 19 juin 1849 on enterrait Bugeaud, mort du choléra (d’après André Castelot, 1962).
–1857 – 19 juin : Signature de la loi d’assainissement et de mise en culture des Landes en Gascogne.
–1879 – 19 juin : Le transport militaire « Tonquin » entre en service. De la série Annamite conçue pour les colonies par Emile Bertin, il est construit par les Forges et Chantiers de la Méditerranée, La Seyne. 1880 – 06 : Il est nommé Tonkin. Vers la mi-1898 : il est conduit aux Forges et Chantiers de la Méditerranée à La Seyne, pour une importante refonte qui comporte le remplacement de ses chaudières et la suppression de pratiquement toute sa voilure carrée ; seule la misaine sera conservée.
–1885 – 19 juin : La France offre aux Etats-Unis la statue de la Liberté, œuvre de Bartholdi.
–1905 – 19 juin : IL Y A DEJà DES CHAUFFARDS – Une automobile parcourt le Creux Saint-Georges (Saint-Mandrier) à fond de train. «Quand interviendra-t-on pour modérer l’ardeur des chauffeurs ?» (Gisèle Argensse, 1989, p. 118-119).
–1907 – 19 – juin : Accident du sous-MARIN Gymnote (type Gustave Zédé) à Toulon Noyage sur le dock (erreur humaine ?) 2 morts.
–1909 – 19 juin : ON A EVALUE LES DEGÂTS CAUSES PAR LE SEISME DU 11 JUIN – Comme nous l’avons rappelé précédemment, le 11 juin 1909, un séisme de magnitude 6,2 détruisit les villes de Lambesc, Saint-Cannat et Rognes dans le massif de la Trevaresse en Provence (Vaucluse). On évalua les dégâts, le 19 juin, à 15,5 millions de francs, dont 4,6 millions à Salon-de-Provence, 2 millions à Saint-Cannat et 1,55 millions à Rognes.
–1917 – 19 juin : LE SOUS-MARIN Ariane ( type Amarante / Clorinde mod.) est coulé par 2 torpilles du sous-marin UC 27 devant Bizerte au nord du Cap Bon (LV Viort) ; 21 victimes, 8 rescapés recueillis par le torpilleur Bourrasque.
–1918 – 19 juin : Monument aux morts de Saint-Mandrier sur la place de l’église appelée par M. Juvenal « place du 11 novembre ». On peut compter les noms de 35 braves inscrits sur le marbre. Ce monument a été fait grâce à la souscription des habitants du village. La liste déposée dès le 19 juin 1918, à la mairie de la section a vu comme premiers souscripteurs : Mme Liautaud sage-femme, Calone Michel, Mme Vve Raspaud. Le village voulait honorer tous ces morts glorieux tombés pour la France.
–1923 -1929 : L’ERE DES PAQUEBOTS MARSEILLAIS – Après le boom de la reconstruction de l’après-guerre, l’activité de la construction navale retombe : 200.000 tonnes lancées en 1920-2, 80.000 tonnes lancées en 1928-29. Malgré cela et ses imperfections, le chantier naval de LA SEYNE tire son épingle du jeu grâce à deux filières : la marine de guerre, les paquebots pour les armateurs marseillais.
Il y a une longue tradition de commandes de paquebots par les armateurs marseillais, en particulier par la Compagnie de Navigation Mixte et la Compagnie de Navigation Paquet depuis le début des F.C.M. (Le premier navire construit par les FCM était LE LANGUEDOC pour la Compagnie de Navigation Mixte qui devint ensuite le premier navire de la Compagnie de Navigation Paquet).
La guerre a coûté cinq navires à la Mixte. Son premier geste est de louer à l’Etat les trois paquebots type GOUVERNEUR GENERAL TIRMAN qu’il a fait construire par le chantier.
Ensuite, la Mixte entreprend une politique résolue de modernisation et plusieurs paquebots seront réalisés à LA SEYNE : EL BIAR, EL GOLEA, EL MANSOUR.
De même, La Compagnie de Navigation Paquet qui avait perdu quatre navires durant la guerre reprend son activité sur le MAROC et la côte d’Afrique Occidentale, et modernise sa flotte de paquebots: MEDIE IL. MARECHAL LYAUTEY et NICOLAS PAQUET sont commandés à LA SEYNE.
–1940 – 19 juin :
1. Le Petit Provençal et Le Petit Marseillais publient en première page l’appel du général de Gaulle : (ceux qui disent ne pas avoir été au courant de cet appel du général de Gaulle fait à la radio, oublient opportunément cet article paru le lendemain, 19 juin, en première page, dans Le Petit Provençal et Le Petit Marseillais, les deux journaux les plus lus de Provence) : «De Londres le général de Gaulle lance un appel à la guerre à outrance » « Les chefs qui, depuis de nombreuses années, sont à la tête des armées françaises, ont formé un gouvernement. Ce gouvernement, alléguant la défaite de nos armées, s’est mis en rapport avec l’ennemi pour cesser le combat. Certes, nous avons été, nous sommes, submergés par la force mécanique, terrestre et aérienne, de l’ennemi. Infiniment plus que leur nombre, ce sont les chars, les avions, la tactique des Allemands qui nous font reculer. Ce sont les chars, les avions, la tactique des Allemands qui ont surpris nos chefs au point de les amener là où ils en sont aujourd’hui. Mais le dernier mot est-il dit ? L’espérance doit-elle disparaître ? La défaite est-elle définitive ? Non ! Croyez-moi, moi qui vous parle en connaissance de cause et vous dis que rien n’est perdu pour la France. Les mêmes moyens qui nous ont vaincus peuvent faire venir un jour la victoire. Car la France n’est pas seule ! Elle n’est pas seule ! Elle n’est pas seule ! Elle a un vaste Empire derrière elle. Elle peut faire bloc avec l’Empire britannique qui tient la mer et continue la lutte. Elle peut, comme l’Angleterre, utiliser sans limites l’immense industrie des Etats-Unis. Cette guerre n’est pas limitée au territoire malheureux de notre pays. Cette guerre n’est pas tranchée par la bataille de France. Cette guerre est une guerre mondiale. Toutes les fautes, tous les retards, toutes les souffrances, n’empêchent pas qu’il y a, dans l’univers, tous les moyens nécessaires pour écraser un jour nos ennemis. Foudroyés aujourd’hui par la force mécanique, nous pourrons vaincre dans l’avenir par une force mécanique supérieure. Le destin du monde est là. Moi, Général de Gaulle, actuellement à Londres, j’invite les officiers et les soldats français qui se trouvent en territoire britannique ou qui viendraient à s’y trouver, avec leurs armes ou sans leurs armes, j’invite les ingénieurs et les ouvriers spécialistes des industries d’armement qui se trouvent en territoire britannique ou qui viendraient à s’y trouver, à se mettre en rapport avec moi. Quoi qu’il arrive, la flamme de la résistance française ne doit pas s’éteindre et ne s’éteindra pas. Demain, comme aujourd’hui, je parlerai à la Radio de Londres. » (nota : ceux qui disent ne pas avoir été au courant de cet appel fait à la radio oublient opportunément cet article paru dans la presse locale). Si les Français n’avaient pas entendu l’allocution radiodiffusée du 18 juin, le 19 juin, ils étaient au courant de la teneur de l’engagement du futur chef de la France Libre. Difficile de dire, après cela, que « l’on ne savait pas que le général de Gaulle avait lancé son appel », n’est-ce pas ?
2. KLAUS MANN, ALORS REFUGIE A NEW YORK – « Le Tournant » – chapitre 11 : « 19 juin. Si les Etats-Unis restaient neutres et sacrifiaient l’Angleterre ; si Hitler pouvait se permettre d’entrer à Londres comme dans Paris, sans que l’Amérique lève le petit doigt, qu’adviendrait-il alors de la démocratie américaine ? Une Amérique qui aurait toléré la victoire du fascisme serait à son tour mûre pour le fascisme. Terrible idée ! Au lieu d’un maréchal sénile, ici, ce serait un élégant aviateur ; vainqueur de l’océan qui jouerait le rôle du traître. Charles Lindbergh à la Maison Blanche … Mais non, c’est FDR qui s’y trouve. It can’t happen here ! »
3. Dans « Le Petit Marseillais », on trouve également ce message du minIStre de l’intérieur : « Dans un message au peuple français M. Pomaret, ministre de l’intérieur, interdit la fuite de la population civile. Les villes de plus de 20.000 habitants sont désormais déclarées ouvertes et à l’abri des risques de guerre. M. Ch. Pomaret, ministre de l’intérieur, a adressé au peuple français le message suivant : Au nom du gouvernement, je donne l’ordre à tous les Français hommes et femmes, vieillards et enfants de rester là où ils sont en ce moment. L’immense et tragique exode qui transporte des millions d’hommes et de femmes du Nord au Sud du pays, nous y mettons fin. L’ordre est le plus sûr élément de la dignité du pays. La sécurité, le ravitaille¬ment, les soins des médecins ne peuvent être assurés que si chaque Français, si chaque civil, citadin ou rural, reste à sa place, quels que soient les événements militaires et même si la région est sur le point d’être envahie par l’ennemi. La nuit dernière, le ministre de la Guerre et moi- même, nous avons donné l’ordre aux généraux commandants les régions et aux préfets d’arrêter inexorablement tout nouveau départ des populations qui les expose aux pires détresses. Les routes de France ne sont pas la place d’un grand peuple qui ne veut pas mourir. » (Le Petit Marseillais, du mercredi 19 juin 1940).
4. Militaires Sanaryens « morts pour la France » entre les 13 mai et 19 juin 1940 : (liste établie par Barthélemy Rotger) :
lieutenant Muhlethaler Pierre, le 13/05/1940 ;
capitaine Cousteaux Hubert, le 18/05/1940 ;
lieutenant Combescure Hervé du 1119ème d’Infanterie, le 19/05/1940 ;
lieutenant Andrieu Jacques du 60ème B.C.A., le 20/05/1940 ;
Falone Aristide du 15ème Régiment du Génie, le 5/06/1940 ;
Ciccione César du 11ème Mitrailleur, le 8/06/1940 ;
Clément Pierre du 27ème B.C.A., le 8/06/1940 ;
Raimondo Louis dépôt d’Artillerie 414, le 15/06/1940 ;
Canolle Denis, du 22ème R.A.C., le 17/06/1940 ;
Cioni Henri du 1er Régiment de Zouaves, le 17/06/1940 ;
Pele Raymond D.C.A., le 17/06/1940 ;
Roman Alfred 15ème Régiment du Train, le 18/06/1940 ;
Soleillet Nazaire 112ème R.I.A., le 19/06/1940.
–1953 – 19 juin – : Exécution de Julius et Ethel Rosenberg, un couple de communistes new-yorkais arrêtés pour espionnage au profit de l’Union soviétique Julius le 17 juillet 1950 et Ethel le 11 août. Jugés coupables le 5 avril 1951, ils furent exécutés sur la chaise électrique le 19 juin 1953 dans la prison de Sing Sing.
Cette affaire d’espionnage eut lieu durant la Guerre froide. En 1945, les États-Unis avaient l’exclusivité de la bombe atomique mais l’Union soviétique put se doter dès 1949 de cette technologie, en partie grâce à l’espionnage. Le sénateur Joseph McCarthy lança ce qui fut appelé le maccarthysme, une « chasse aux sorcières » qui dura de 1950 à 1953 qui visait les sympathisants, militants ou agents communistes.
La condamnation à mort des époux Rosenberg pour espionnage, alors qu’ils avaient toujours clamé leur innocence, attira des appels internationaux à la clémence et une campagne très médiatisée parlant d’un complot et d’une erreur judiciaire. Les époux Rosenberg sont d’ailleurs les seules personnes condamnées à mort puis exécutées pour espionnage dans le monde occidental après la fin de la Seconde guerre mondiale.
Dès 1952 s’est créé un comité de défense des Rosenberg. D’une façon ou d’une autre, les écrivains, artistes et universitaires les plus célèbres ont tenu à s’associer à ce profond mouvement populaire, en signant des télégrammes en rédigeant des articles et des messages, en prenant part à des manifestations. En 1993, le Comité devient le Groupe d’initiative pour le réexamen de l’affaire Rosenberg. En 1995, il prend le nom d’Association pour le réexamen de l’affaire Rosenberg.
Différentes sources postérieures au jugement, dont des témoignages soviétiques retrouvés après la chute de l’Union soviétique, confirment l’espionnage de Julius au profit de l’URSS. Son épouse Ethel n’aurait été qu’une auxiliaire sans grande initiative. Les derniers partisans des Rosenberg soulèvent toujours le caractère injuste d’un jugement qu’ils estiment politique.
Notons la manifestation la plus marquante de ces dernières années que fut la reconstitution du procès devant cinq cents personnes – en majorité des avocats et des magistrats – par l’influente Association des juristes américains, à l’occasion de sa convention annuelle du 9 au 10 août 1993. Verdict unanime : « non coupables ».
Enfin, rappelons qu’Ethel Rosenberg a écrit quelques heures avant son exécution : « Mon mari et moi sommes innocents, nous ne pouvions trahir notre conscience » [on avait proposé la vie sauve en échange d’aveux au couple], « aucune puissance ne nous séparera dans la vie ou dans la mort. Je ne vous demande qu’une chose : consolez mes petits ».
–1956 – 19 juin : Exécution à Alger des premiers membres du FLN condamnés à mort.
–1960 – 19 juin : A Saint-Mandrier, on inaugure la nouvelle Mairie et les locaux de la Caisse d’Epargne. Sur l’ancienne mairie, une plaque rappelait que ce bâtiment avait été « construit en 1897, M. Brémond François étant maire de La Seyne, M. Peyret Siffroy, Adjoint spécial de Saint-Mandrier et M. Gilliat Ambroise, sous Préfet de Toulon. » Les nouveaux locaux qui abritent la Mairie sont l’œuvre de l’entreprise Ardissone, d’après les plans de M. Napias architecte. Au rez-de-chaussée, une salle destinée aux Services municipaux et, de l’autre côté, les locaux réservés à la Caisse d’Epargne qui, depuis 23 ans, se trouvait à l’ancienne Mairie. Le premier étage comprend la salle du Conseil municipal et divers bureaux et salle d’attente. Tout est clair, de couleur vive, et des tableaux et photos ornent les murs, tandis que des baies vitrées se voit un panorama de Saint-Mandrier. Autour de Louis Clément et de son Conseil municipal, on pouvait voir les représentants de la Caisse d’Epargne, le Trésorier Payeur, mais on retiendra ceux qui nous concernent : MM Blanc, Président du Conseil d’Administration de la Caisse d’Epargne de Saint-Mandrier, Remay vice-président, Gaubert secrétaire et Revest, caissier. Les prêts de la Caisse d’Epargne pour un montant total de 63 175 050 F permirent la réalisation de tous les projets. (Gisèle Argensse, 2000, p. 53-54)
–1963 – 19 juin : La soviétique Valentina Terechkova est la première femme dans l’espace. En octobre 1963, elle est à New York en compagnie de Gagarine au siège de l’Assemblée Générale des Nations Unies dont les membres se lèvent pour l’applaudir longuement. Le 13 mai 1965, Valentina se rend à Paris avec son mari, le cosmonaute Nikolaïev, pour recevoir le Prix Galabert d’astronautique et elle descend ensuite dans le sud de la France, notamment à Menton. Invitée à Moscou à la cérémonie de réception des équipages de Soyouz 4 et 5, elle manque d’être tuée le 22 janvier 1969. La voiture officielle, à bord de laquelle ont pris place également les cosmonautes Leonov et Beregovoï, est criblée de balles par un homme habillé en policier. Il pensait que c’était le véhicule de Brejnev, le dirigeant de l’Urss, se rendant au Kremlin, mais celui-ci avait pris un autre trajet au dernier moment. En juin 1969, Valentina présente avec succès sa thèse « Moteurs de freinage pour vaisseau orbital » devant le jury de l’Académie de l’Armée de l’Air Joukovski qui lui remet son diplôme d’ingénieur en aéronautique. Elle retourne à Paris le 19 novembre 1969 pour assister au congrès de la CGT en qualité de membre de la délégation des syndicats soviétiques. Quatre jours après, elle visite les Hautes-Pyrénées, d’abord Tarbes à l’invitation du Secrétaire Général de la Fédération mondiale des syndicats, puis Saint-Lary, Gavarnie, Barèges et les sanctuaires de Lourdes. En 1985, Valentina revient à Paris pour le premier congrès de l’Association of Space Explorers qui regroupe toutes celles et tous ceux qui ont connu le frisson spatial. En 1987, elle devient Présidente de l’Union des sociétés soviétiques pour l’amitié et les relations culturelles avec les pays étrangers où elle se rend. En avril 1991, Valentina Terechkova rencontre le spationaute Patrick Baudry en déplacement à Baïkonour pour la célébration du 30° anniversaire du vol de Gagarine. Six ans plus tard, elle quitte l’agence spatiale, mais elle poursuit ses autres activités qui font d’elle une femme publique très active et très dévouée. Elle consacre davantage de temps aux personnes en difficulté et aux établissements qui accueillent des orphelins. En 2003, elle est désignée Directrice du Centre russe de coopération internationale pour la science et la culture au Ministère des Affaires Etrangères. Elle continue cependant à fréquenter le milieu spatial. Le 28 avril 2008, elle accompagne la cosmonaute Sud-coréenne Soyeon Yi au pied de la fusée lance-Soyouz pour un vol à destination de la station internationale ISS.
–1964 – 19 juin : ERIC TABARLY, VAINQUEUR – Eric Tabarly à la barre de son ketch « PenDuick II », arrive vainqueur à Newport de la 2ème Transat en solitaire.
-1965 – 19 juin : Algérie : coup d’Etat de Houari Boumediène contre la présidence d’Ahmed Ben Bella. Le 18 juin 1965, le président Ben Bella s’en était pris violemment à la presse étrangère coupable d’avoir écrit que d’âpres conflits déchiraient la direction du FLN pourtant » plus unie que jamais « . Il était alors à Oran, venu assister à l’un de ces matchs de football dont il était si friand. Quelques heures plus tard, rentré à Alger, le premier président de la République algérienne, Ahmed Ben Bella, était arrêté à sa résidence de la villa Joly par des soldats en tenue de campagne puis conduit vers une destination inconnue. Il était 3 h 30 du matin, ce 19 juin 1965. En ce samedi, début d’un week-end chaud, à quelques heures seulement d’une réunion du bureau politique du FLN convoquée à la résidence du chef de l’Etat, une partie de cette direction si » unie » avait fait jeter l’autre partie en prison. Cinq jours plus tard aurait dû s’ouvrir à Alger le sommet afro-asiatique au cours duquel le président algérien comptait bien apparaître comme l’un des principaux leaders du tiers-monde (Georges Marion, le « Monde » du 24 juin 1990).
–1971 – 19 juin :
1. REVUE NAVALE A TOULON EN PRESENCE DU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE – L’après midi, le Président Georges Pompidou embarque sur le Clemenceau et préside une revue navale qui se déroule entre Porquerolles et Saint-Mandrier. 32 bâtiments relevant des escadres de la Méditerranée et de l’Atlantique placés sous le commandement des vice-amiraux d’escadre Daille et Brasseur-Kermadec y participent (Netmarine / g / dossiers / revue / index).
2. Jean-Paul Sartre est inculpé pour diffamation contre la police.
–1986 – 19 juin : Coluche, de son vrai nom Michel Gérard Joseph Colucci, meurt à Opio dans un accident de la route. Quelques mois avant de se tuer dans un accident, il a fondé en 1985 « Les Restos du Cœur », relais d’aide aux plus démunis.
–2021 – 19 juin : « L’archéologie dans le Var, actualité de la recherche départementale», CONFERENCE , Médiathèque Chalucet (Toulon), 11 h, donnée par Sébastien ZIEGLER, chef du service d’archéologie du Var.

UNE BLAGUE POUR LA ROUTE : « quelques perles entendues dans les librairies » (Jean-Loup Chiflet, « Dictionnaire amoureux de l’Humour », Plon, 2012).
« L’Etranglé de Cabus. » « Zorro et l’infini, d’Arthur Koestler. » « La Cousine bête, d’Honoré de Balzac. » « Le Zoo de Hurlevent, d’Emily Brontë. » « Le Procès de Kafka, c’est de qui ? » « Antigone de la nouille. » « Les Fourberies d’Escarpin, de Molière. » « Vipère au poing, d’Hervé Vagin. » « Eugénie Grandit, de Balzac. » « Je cherche « J’attends un enfant », mais je ne sais pas de qui. » « Le Che est homo, de Friedrich Nietzche. » « Le Tiramisu » pour « Le Kâma-Sûtra ». « Ainsi parlait Haroun Tazieff. » « Avez-vous Premier de cordée, dans la collection « Frissons de roche » ? » « Les Frères Bogdanov, de Dostoïevski. » « La Ménopause, de Kafka ». « Omelette de Shakespeare ». « On ne badine pas avec Zemmour. » « Les oiseaux se couchent pour dormir » de Colleen Mac Cullough. »

Ce sera tout pour aujourd’hui.
A demain, donc !
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