ÉPHÉMÉRIDES DU MARDI 4 AVRIL 2023, 12e ANNÉE (n° 3783)

ILLUSTRATION : J’aime beaucoup !
QUESTION DU JOUR : la France adhéra à l’O.T.A.N. le 27 juillet 1949. Mais quand cette organisation a-t-elle été créée ? le 4 avril 1947, 1948 ou 1949 ?
REPONSE A LA QUESTION DU 3 AVRIL : En Turquie, les femmes obtiennent le droit de vote en 1922 ? 1932 ? 1952 ? 1962 ? Ni l’une ni l’autre de ces dates : c’était en 1930 (mais la réponse 1932 était quand même recevable comme étant la plus proche de la bonne).

1900 : famille paysanne d’Allauch (photo Detaille Marseille, coll. H. Ribot).
FÊTES :
Le 4 avril, nous fêtons les 1900 Isidore qui vivent encore aujourd’hui en France. Signifiant « cadeau d’Isis », c’est un prénom de la Belle Epoque, dite aussi Art Nouveau ou Modern Style. Saint Isidore est né entre 560 et 570 à Carthagène et mourut en 636 à Hispalie (Séville), ville dont il était l’évêque, une des principales villes du royaume wisigothique !
Au calendrier républicain, c’est le jour de l’abeille, le 15e du mois de germinal.
S’il faut choisir entre Isidore ou Abeille, pour moi, ce sera vite fait : je choisirai Abeille car j’adore le miel, surtout quand il est encore en rayons. Qu’est-ce j’ai pu en avaler quand j’habitais dans la Creuse, au Compeix, j’avais trois ans et je m’en souviens encore ! Abeille, c’est d’ailleurs un nom de famille provençal qui pourrait venir de la profession des premiers qui l’ont porté : éleveur d’abeille. Que du bonheur ! Et allons-y, lâchons la bonde : La Font d’Abeille citée en 1394 à La Cadière et le hameau Abeille à Six-Fours. Que c’est beau tout ça !
DICTON : « à la saint Isidore, si le soleil brille, le blé sera haut et blond, mais le pommier sera nu ».

19 novembre 1900 : une salle de classe en Provence (coll. H. Ribot)
LOCUTION PROVENçALE : « Aquéu caramentran ! », le caramentran est le nom provençal du Carnaval, réjouissance qui marque le début du Carême chez les chrétiens. En langage populaire, cette expression désigne aussi une personne vêtue de façon grotesque. C’est aussi une injure (espèce de caramentran) qui signifie un vieux débauché.
EN DIRECT DE NOTRE BIBLIOTHEQUE : Toulon (Telo Martius), une agglomération portuaire romaine de la cité d’Arles, sous la direction de Jean-Pierre Brun, Michel Pasqualini, Giulia Boetto, Emmanuel Botte. Presses Universitaires de Provence, 2022, 426 p grand format.
PENSEE : L’imprimerie est l’artillerie de la pensée (Rivarol, Maximes et Pensées).

A TRAVERS LES VIEILLES RUES DE MARSEILLE (André Bouyala d’Arnaud).
-195e livraison : AUTOUR DU QUARTIER DE LA PLAINE (suite)
COUVENT DES BERNARDINES
Les religieuses Bernardines (cisterciennes réformées) avaient fondé leur premier couvent à Marseille, en 1637, auprès du port — quai de Rive-Neuve — sur le domaine du «Jardin du Roi» qu’elles avaient acquis du duc de Guise, gouverneur de Provence. La construction de l’Arsenal des Galères les obligea à l’abandonner quelques années plus tard. Après une installation dans le quartier du « Petit Puits », elles achetèrent des terrains hors des remparts, au-delà de la porte Noailles, et y édifièrent des bâtiments aux vastes dimensions pour le prix de 800.000 livres. Elles s’y transportèrent en 1751.
Le corps de logis mesure cent quarante-sept mètres de long, avec une aile de cinquante-sept mètres. La chapelle du couvent est particulièrement intéressante. Elle comprend un large vaisseau, avec chapelles latérales, et un grand transept coiffé d’une coupole au tambour aérien qui donne, par ses huit baies, un éclairage exceptionnel. Elle est due à l’architecte Pierre-Paul Bruand et au sculpteur Verdiguier.
Les malheureuses Bernardines, chassées de leur premier couvent par l’Arsenal des Galères, au XVIIme siècle, furent chassées de leur nouvel établissement au XVIIIme, par la Révolution. Elles n’y demeurèrent pas quarante ans et leurs bâtiments aux vastes dimensions devinrent le siège de l’administration départementale. On appelle encore le « Département », ce quartier de Marseille.
En exécution de la loi sur l’instruction publique du XI floréal an II (ler mai 1802), le Conseil municipal choisit la maison des Bernardines pour y installer le lycée (1805). Celui-ci a reçu par la suite le nom de Thiers, qui en avait été élève.
Avec le lycée, le couvent des Bernardines abrita aussi d’autres organismes. Ses vastes dimensions permirent de grouper là un phalanstère de l’art et de la pensée : musée, académie, bibliothèque et école des Beaux-Arts. C’est pourquoi les rues qui l’avoisinent portent encore les noms de boulevard du Musée (Garibaldi), rues du Musée, de l’Académie et des Beaux-Arts.
(à suivre)

ÉPHÉMÉRIDES :
–1308 – 4 avril : lieux-dits d’Allauch (acte aux archives municipales et de la Major)
–Crosum de Buas. Cros de Buas – lieu-dit, commune d’Allauch. Première mention : Clausum de Buas, 26 mars 1298.
–Gatus Pendutus. GAT-PENDU – lieu-dit de la commune d’Allauch, quartier du Caveau (1872). Première mention : Gat Pendut, mars 1207.
–Martinetum. MARTIN-BLANC – lieu-dit de la commune d’Allauch, cité dans le registre des émigrés (1793).
–Prata. Les Prats – lieu-dit, commune d’Allauch, quartier de la Vieille. Première mention : Als Prats, 28 janvier 1276.
–Torum Jhautardi – lieu-dit disparu, commune d’Allauch.
–1329 – 4 avril : lieux-dits DE MARSEILLE –
-SAINTE-MARGUERITE – village au quartier de Sainte-Marguerite, sur l’Huveaune (en 1872). Si, dans les temps anciens, le passage de l’Huveaune à Sainte-Marguerite se faisait à pied, le pont existait cependant au commencement du XIVe siècle puisqu’une délibération du Conseil municipal datée du 4 avril 1329 vota la dépense pour le réparer.
–Pons Jarreti Sancti Juliani (délibération du Conseil municipal). SAINT-JULIEN – village de la commune de Marseille en 1872. Première mention du Jarret au VIIIe s. : Fluvium Jerre, (Dénombrement des possessions de Saint-Sauveur. Belsunce, I. 302). Le château de Saint-Julien avait été attribué à l’évêque de Marseille par la bulle d’Innocent II, du 18 mai 1141, puis concédé au chapitre de la Major en 1163. La seigneurie de Saint-Julien était un prieuré assigné au chantre ou cabiscol de la cathédrale. Les Caillols, les Martégaux et les Olives dépendaient de la paroisse de Saint-Julien. Le Jarret – cours d’eau formé par la réunion des ruisseaux de Château-Gombert, du Plan-de-Cuques et d’Allauch – traverse une partie du territoire de Marseille et va se jeter dans l’Huveaune au-dessous du village de Sainte-Marguerite. Une circonstance digne de remarque, c’est que le nom de Jarret prend presque toujours et sert même à désigner, dans les divers actes, le nom des localités qu’il traverse depuis son origine jusqu’à son confluent, ce qui n’a pas lieu pour la rivière de 1’Huveaune
-PONT DE VIVAUX sur l’Huveaune. Le pont de Vivaux a été construit dans les premières années du XIVe siècle ; auparavant on passait la rivière de l’Huveaune à gué. Première mention, le 4 avril 1329 : le pont existait au commencement du XIVe siècle puisqu’une délibération du Conseil municipal mentionne Pons factus ad passum Ybeline Vivaldorum vulgariter Pas dels Vivauts.
-Le pont de Saint-Giniez-sur-Gironde existait en 1329, puisque, dans sa séance du 4 avril, le Conseil de communauté de Marseille en ordonne la réparation.
–1364 – 4 avril : lieux-dits DE MARSEILLE (charte aux archives municipales) –
–Molendinum Guillelmi Vivaudi. MOULIN DE VIVAUX – moulin à eau au quartier de Sainte-Marguerite, sur l’Huveaune (1872).
–resclausa Molendini. L’Ecluse – lieu-dit, commune de Marseille, quartier de Saint-Giniès. Première mention : Resclausa, XIe siècle (cartulaire de Saint-Victor, n° 37).
–1499 – 4 avril : conflit entre la chartreuse de la Verne et Gautier seigneur de la Mole avec mention d’une certaine bulle d’union du pape Alexandre VI(Maurel M., 1974) : le 6 mars 1679. Assignation par de Gautier aux RP D. François Chabiru, prieur, et Paul de Rieux, procureur, pour répondre au sujet de sept lettres missives et un billet écrits et signés par les dits, et deux copies : l’une d’une certaine bulle d’union du pape Alexandre VI du 4 avril 1499 et l’autre d’un certain bref du même jour accordé par le pape. Les pères ne se présentant pas, le vicaire général et officiel de Fréjus en donne acte à de Gautier.
–1550 – 4 avril : privilèges, franchises, exemptions, libertés, coutumes, usages et facultés octroyés à la communauté d’Ollioules – Bien qu’en 1520, le seigneur ait juré de ne point déroger à la transaction sur les franchises, la communauté, en 1550, fut contrainte de rappeler le seigneur à son serment et à sa signature. La communauté s’adressa à la cour du Parlement de Paris ou à la Grande Cour Royale, et le roi Henri II donna, le 4 avril 1550, confirmation des privilèges, franchises, exemptions, libertés, coutumes, usages et facultés octroyés à la communauté (Castellan E. 1937).
–1662 – 4 avril : Marseille – Louis XIV s’émeut des désordres constatés au sein de l’abbaye de Saint-Victor et approuve le concordat signé entre les bénédictins réformés de Saint-Maur et les moines de Saint-Victor.
–1683 – 4 avril au 2 juillet : HISTOIRES D’EAU À LA SEYNE – un accord est passé entre le Conseil avec Honoré Gillet (délibération du 4 avril 1683). Mais entre-temps, pour compliquer un peu plus l’affaire, Jacques Sallomé, venu voir la source, la trouve « fort basse et presque tarie, de manière qu’il n’y a pas apparence de la pouvoir conduire au lieu destiné » (délibération du 14 mars 1683) et il se démet de son offre et de la délivrance qui a été passée en sa faveur. Et c’est pourtant bien en faveur de « Jacques Sallomé, potier de terre à Tollon », qui a semble-t-il changé d’avis, que les consuls « passent acte de prix » le 31 mai 1683 pour « la conduite des eaux de la fontaine de Berte » (délibération du 13 juin 1683) ! Pourtant, une ou deux semaines avant, de nouveaux problèmes se sont présentés : à cause de la grande sécheresse (dès le mois de mai !) la source de Berthe est presque tarie. Des maîtres fontaniers disent qu’en « baissant le fossé de ladite source encore de deux pans », elle rejaillira (délibération du 23 mai 1683). Le Conseil délibère sur ces nouveaux travaux, puis les accepte : « lequel Conseil, sans préjudice de la délivrance qui a été faite de la conduite de la susdite source pour la faire exécuter quand il sera à propos, a délibéré que ‘pour un cependant’ (= en attendant) lesdits sieurs Consuls feront faire la mère de ladite source avec le pied de poule conformément aux articles qui en ont été dressés, et conduire icelle par un bornelage jusqu’au fossé du côté du midi du pré de Michel Collomby prêtre » (23 mai 1683). Et il accepte aussi les frais supplémentaires : « et parce que les propriétaires des terres auxquelles les fossés ont été ouverts demandent leur dédommagement, donnent pouvoir aux dits sieurs Consuls de les payer à l’estime des experts qui par eux en seront convenus » (ibid.) Pour ces derniers travaux, on trouve, lors de la ratification des comptes du 2 juillet 1683, la mention : « parcelle et mandat de 19 livres 17 sols, payé à André Aycard pour les nouveaux frais faits à la fontaine de Berte, sauf le remboursement sur les entrepreneurs d’icelle du dernier juin 1683. »
–1721 – dès le 4 avril :
1. plusieurs habitants d’Ollioules viennent dans des bastides qu’ils possèdent dans le terroir de Sanary ; le Bureau de Santé décide d’en aviser le commandant de Toulon, afin qu’il fasse prendre aux responsables d’OLLIOULES des mesures sévères pour éviter ces sorties clandestines . Il est bien dur de devoir les refouler. Tel MOUSLAN qui est venu avec sa femme et ses enfants plus quelques parents qui sont sortis d’OLLIOULES et sont venus camper dans un séchoir qu’il possède à SAINTE-TRINIDE, au-dessus de la chapelle. Dès leur arrivée deux de ses fils meurent de la contagion. On décide donc d’en aviser le commandant DUPONT afin qu’il fasse prendre aux responsables d’OLLIOULES des mesures sévères pour éviter ces sorties clandestines (Rotger B., 1984)
2. Les forains installés sur le terroir de Sanary réagissent diversement aux décisions du Bureau de Santé. La conclusion est claire : On ne pourra faire cesser les rebellions et les insultes qu’en faisant tirer contre les rebelles, mais comme Sanary n’est pas suffisamment fort pour se défendre contre eux, il faut réclamer au commandant de Toulon des officiers et des soldats pour conserver la santé dans le terroir, en avril 1721 (Rotger B., 1984)
–1723 – 4 avril – Règlement élaboré par les Consuls d’Ollioules pour fixer les tarifs des salaires : Premièrement – que les dits journaliers travaillant à la campagne ne pourront prendre que 16 sols de leur journée ; tout particulier qui les loueront, s’ils leurs y donnent davantage, seront punis de deux livres d’amende, applicables, moitié au dénonçant et moitié à l’hôpital St-Jean-Baptiste de ce lieu, sans pouvoir être remise ni modérée à peine contre les paysans, en cas de récidive, de prison et de doubler l’amende contre les particuliers. Pour les journées des femmes qui travailleront à la campagne, 6 sols, à peine de trois livres d’amende contre elles, et de dix livres contre ceux ou icelles qui les occuperont, et de plus fortes peines en cas de récidive. Défense est faite aux hommes et aux femmes d’aller travailler hors du terroir et pour que personne n’en ignore, le présent règlement sera publié dans tous les carrefours et lieux du terroir et affiché sur la place publique. Fait à Ollioules, le 4 avril 1723 (Castellan, 1937, p.154).
–1731 – 4 avril : Malepogne (mention dans un registre aux archives de l’évêché). MALEPOUGNE – lieu-dit de la commune de Marseille, au quartier de Saint-Charles, vers les Chartreux (1872).
–1749 – 4 avril : Code du bagne qui réglementait d’une façon plus précise le service de. chiourmes. Il se divisait en plusieurs parties (Castellan E., 1937, p. 180-181):
1.-Le Service des commissaires et des officiers.
2.-L’hôpital et le service de santé.
3.-Le service de l’aumônier.
4.-Le service des cômes et des sous-cômes.
5.-Le Service des arsgousains et des sous argousins.
6. –Le Service des pertuisaniers qui veillaient à ce que les forçats ou les Turcs ne soient point employés par les habitants des villes à traîner des charrettes, à monter sur des toits ou des échafauds.
7. -L’habillement des forçats.
8. Les Evasions et les punitions.
–1791 – 4 avril : ABBAYE DE BOSCODON – le domaine de Boscodon devenu bien National est vendu aux enchères à Embrun par les tenants du pouvoir révolutionnaire. L’ensemble des anciens bâtiments conventuels sont acquis par Joseph BERTHE, à l’exception de l’église qui reste curieusement conservée au culte. Elle deviendra plus tard propriété de Pierre Etienne SERRES puis de Louis DIOQUE en 1870 qui entreprendra sa restauration(Roger Cézanne, 2017).
–1792 – 3 et 4 avril : CREATION Des prud’homies des pêcheurs d’Antibes, Bandol et Sanary. La Prud’homie des pêcheurs de Bandol prend naissance en même temps que celles d’Antibes et de Saint-Nazaire par ordonnance royale des 3 et 4 avril 1792. Elle compte alors 60 patrons pêcheurs, auxquels s’ajoutent 15 hommes d’équipage. Par un curieux règlement, la Prud’homie de Bandol est dépendante de celle de Saint-Nazaire, d’où de nombreux conflits jusqu’en 1823, lorsque la Prud’homie de Bandol deviendra autonome. La juridiction des eaux attribuées à la Confrérie de Saint-Nazaire qui est la seule à cette époque entre La Seyne et La Ciotat, comprend tout le territoire de pêche « qui se trouve fixé du côté de Toulon, par le Cap Cessier, et du côté de la Ciotat par l’Isle Rousse, territoire de tout temps reconnu par le Corps et sur lequel il a toujours inspection et juridiction ». Ce territoire restera tel quel jusqu’en 1820 où de nouvelles prud’homies seront créées et notamment celle du Brusc par ordonnance royale du 26 janvier 1820. Après avoir cité l’extrait de la loi portant établissement d’une juridiction de prud’hommes pêcheurs dans le port de Saint-Nazaire, donnée à Paris, le 4 avril 1792, les auteurs donnent les motifs de cet acte : L’une des raisons de cette institution se trouve dans les nombreux conflits qui opposaient les patrons pêcheurs entre eux. La spécificité de leurs problèmes échappant à la sagacité des tribunaux ordinaires, il était apparu que la meilleure façon de distribuer la justice et régler la vie interne des communautés de patrons pêcheurs consistait à attribuer une responsabilité très large à certains (d’entre eux selon des règles et des usages particuliers). C’est l’Assemblée nationale qui avait (…) décidé, par l’art. 9 de la loi du 12 octobre 1790 qu’il serait établi en tous les ports de la Méditerranée une juridiction de prud’hommes, s’ils en faisaient la demande par l’intermédiaire des municipalités et corps administratifs des lieux (A. Place, H. Ribot , B. Rotger, 1982 ; Rotger B., 1984, p. 283 ; Delattre G., Saliceti P., 2002, p. 348, note 3 ; Patania L., Guillaume J., 2002, p. 14 et 47).
« Louis, par la grâce de Dieu, et par la loi constitutionnelle de l’Etat, Roi des Français, à tous présents et à venir, salut. L’Assemblée Nationale a décrété, et nous voulons et ordonnons ce qui suit : L’Assemblée Nationale prenant en considération la pétition des Patrons pêcheurs des villes d’Antibes, Bandol et Saint- Nazaire sur la demande du département, considérant qu’en exécution de la loi du 12 décembre 1790, il est à la fois juste et pressant de faire jouir les pêcheurs de Saint-Nazaire du droit que l’Assemblée Constituante a voulu accorder à tous ceux qui sont sur les côtes de la Méditerranée, décrète qu’il sera établi une juridiction de Prud’hommes pêcheurs dans le port de Saint-Nazaire, pour exercer conformément aux dispositions du décret du 8 décembre 1790, sanctionné le 12 du même mois. Mandons et ordonnons à tous les corps administratifs et tribunaux que les présentes fussent consignées dans les registres, lire, publier et afficher dans leurs départements et ressorts respectifs et exécuter comme Loi du Royaume ». [Il semble qu’il n’y eut pas de local réservé au bureau des Prud’hommes tout de suite. En 1795, les réunions se tenaient encore chez Monginon, syndic des gens de mer..]
–1791 – 4 avril : ABBAYE DE BOSCODON – le Domaine de Boscodon devenu bien National est vendu aux enchères à Embrun par les tenants du pouvoir révolutionnaire. L’ensemble des anciens bâtiments conventuels sont acquis par Joseph BERTHE, à l’exception de l’église qui reste (curieusement !) conservée au culte. Elle deviendra plus tard propriété de Pierre Etienne SERRES puis de Louis DIOQUE en 1870 qui entreprend sa restauration(Roger Cézanne, 2017).
–1793 – 4 avril :
1. LA CONVENTION NOMME UNE NOUVELLE COMMISSION DE CONSTITUTION – Le grand nombre de projets, leur diversité, et aussi l’importance des événements qui se déroulaient en Europe (formation d’une coalition quasi européenne contre la France, trahison du général Dumouriez, évacuation de la Belgique par les armées françaises, révolte de la Vendée) semblaient paralyser les travaux de la commission de constitution qui avait été élue le 29 septembre. Le 4 avril, la Convention en nomma une autre, formée de cinq Girondins et d’un Montagnard. Elle n’alla pas plus vite. (Jacques Godechot, Les Constitutions de la France)
2. IL FAUT REPARER LA BATTERIE DE LA CRIDE – Le 4 avril, la Société des amis de la liberté (Sanary) demanda avec instance diverses réparations à la batterie de la Cride et à sa poudrière (Roger Vallentin du Cheylard, Sanary et le siège de Toulon, 1913-1914, rééd. 2001 (Archives de Sanary).).
3. Création des Prud’homie des pêcheurs de d’Antibes, Bandol et Sanary (3 et 4 avril 1792). « Louis, par la grâce de Dieu, et par la loi constitutionnelle de l’Etat, Roi des Français, à tous présents et à venir, salut. L’Assemblée Nationale a décrété, et nous voulons et ordonnons ce qui suit : L’Assemblée Nationale prenant en considération la pétition des Patrons pêcheurs des villes d’Antibes, Bandol et Saint- Nazaire sur la demande du département, considérant qu’en exécution de la loi du 12 décembre 1790, il est à la fois juste et pressant de faire jouir les pêcheurs de Saint-Nazaire du droit que l’Assemblée Constituante a voulu accorder à tous ceux qui sont sur les côtes de la Méditerranée, décrète qu’il sera établi une juridiction de Prud’hommes pêcheurs dans le port de Saint-Nazaire, pour exercer conformément aux dispositions du décret du 8 décembre 1790, sanctionné le 12 du même mois. Mandons et ordonnons à tous les corps administratifs et tribunaux que les présentes fussent consignées dans les registres, lire, publier et afficher dans leurs départements et ressorts respectifs et exécuter comme Loi du Royaume ». [Il semble qu’il n’y eut pas de local réservé au bureau des Prud’hommes tout de suite. En 1795, les réunions se tenaient encore chez Monginon, syndic des gens de mer..].
La Prud’homie des pêcheurs de Bandol prend naissance en même temps que celles d’Antibes et de Saint-Nazaire par ordonnance royale des 3 et 4 avril 1792. Elle compte alors 60 patrons pêcheurs, auxquels s’ajoutent 15 hommes d’équipage. Par un curieux règlement, la Prud’homie de Bandol est dépendante de celle de Saint-Nazaire, d’où de nombreux conflits jusqu’en 1823, lorsque la Prud’homie de Bandol deviendra autonome.]
[id., p. 47 : La juridiction des eaux attribuées à la Confrérie de St-Nazaire qui est la seule à cette époque entre La Seyne et La Ciotat, comprend tout le territoire de pêche « qui se trouve fixé du côté de Toulon, par le Cap Cessier, et du côté de la Ciotat par l’Isle Rousse, territoire de tout temps reconnu par le Corps et sur lequel il a toujours inspection et juridiction ». Ce territoire restera tel quel jusqu’en 1820 où de nouvelles prud’homies seront créées et notamment celle du Brusc par ordonnance royale du 26 janvier 1820.
–1794 – 4 avril (15 germinal An II) :
1. La municipalité de Sanary décide que la livraison du blé et de l’orge ne se ferait plus séparément, car les personnes riches faisaient consommer l’orge par leurs bestiaux ! Désormais, la remise du blé et de l’orge aurait lieu « grains mêlés ».
2. ARRETE des représentants du peupleCONCERNANT LE BEAUSSET – François Gabriel Perrin, capitaine adjoint à l’état-major de l’armée d’Italie, nommé par les représentants du peuple commandant temporaire de la commune du Beausset, présente à la municipalité l’arrêté suivant, émanant « des représentants du peuple envoyés dans les départements des Bouches-du-Rhône et du Var et l’armée navale de la Méditerranée ». « Au Port de la Montagne, le 14 germinal l’an 3ème de la République une et indivisible, Considérant que des rassemblements séditieux et à main armée se sont manifestés dans plusieurs communes voisines du Beausset ; qu’il est instant de réprimer les excès qui compromettent la liberté et la tranquillité publique. Considérant en outre que la commune du Beausset est un des avant-postes de la place importante du Port de la Montagne et qu’il est nécessaire d’y établir une garnison suffisante pour y maintenir l’ordre et rassurer les bons citoyens. Arrêtent : 1°) la compagnie de gendarmerie à pied n°2 se rendra demain 15 germinal au Beausset pour y tenir garnison jusqu’à nouvel ordre. 2°) un détachement de 25 chasseurs à cheval commandés par un officier se rendra à la même destination. 3°) le citoyen François Gabriel Perrin est nommé commandant temporaire au Beausset, et prendra de concert avec la municipalité tous les moyens propres pour rétablir la tranquillité dans les communes environnantes. 4°) le détachement des chasseurs nationaux tenant garnison dans la commune du Castellet retournera à son poste (c’est-à-dire « au Beausset »). 5°) le général Bizanet est chargé de l’exécution du présent arrêté et défaire les dispositions convenables pour assurer les subsistances de la garnison du Beausset. Signé : Letourneur de la Manche, Guérin. Certifié conforme : Bizanet, général de brigade commandant au Port de la Montagne en état de siège et arrondissements. » Cet arrêté met donc Le Beausset sur le pied de guerre, et en fait pratiquement une « ville de front ». La « bataille du Beausset » n’est plus très éloignée dans le temps… (Gérard Delaforge, Le Beausset et la Révolution française)
–1799 – 4 avril : On apprend la mort de LAUZET dit l’aîné, résidant à SANARY, enseigne de vaisseau commandant de chasse-marée de la république « LE TAPAGEUR », au combat qu’il livrait contre les autrichiens à l’embouchure du PO dans la mer Adriatique, le 4 avril 1799. La Municipalité donnera son nom à l’ex-rue Notre-Dame. Il fut enterré dans l’église de Sainte-Marie de la Centura. Le 17 octobre 1799, le capitaine de vaisseau Sibille atteste et certifie que « Le citoyen Lauzet aîné, enseigne, commandant le chasse-marée Le Tapageur, faisant partie de la division, navale sous mes ordres est mort dans le mois de Germinal, au combat contre les autrichiens. Il fut digne d’emporter les regrets de tous ceux qui savent rendre au mérite militaire un hommage. Je délivre le présent pour que la famille de ce marin mort au champ d’honneur puisse jouir de tous les bienfaits que la loi accorde aux défenseurs de la patrie. » Mourir pour la patrie n’est cependant un mérite suffisant pour être pardonné de son émigration. Lauzet Aîné ne sera amnistié que quatre ans après sa mort, le 25 mars 1803.
–1800 – 4 avril (14 floréal an 8 ) : Une revue de « La Colonne Mobile » du canton fut passée A SANARY par ROUSTAN, Commissaire du Gouvernement en présence des membres de l’Administration municipale, sur la place publique. Le Commissaire l’ayant trouvée incomplète, il fallut sur le champ la porter à 58 hommes. On trouva les hommes, mais on constata qu’on n’avait aucune arme à leur donner! Et pour cause, car en ce qui concerne les hommes, les levées de conscrits appelés au service militaire de la Marine, ou de l’armée de terre, les malades et infirmes qui la composaient avaient réduit les effectifs disponibles, quant aux armes, elles avaient déjà été réquisitionnées pour l’armement des conscrits du département. Après avoir dit au contingent qu’il ait à se tenir prêt à marcher, on s’inquiéta de demander des armes au préfet. A défaut, on reçut de belles déclarations, notamment celle du 19 Floréal émanant du Préfet : « Aux Armes, c’est le cri que je vous avais annoncé: Aux armes! L’ennemi menace vos propriétés, il fait plus, il menace vos libertés… que se retrouvent les républicains du Var, qui, soldats depuis un jour, mirent en fuite les vieilles bandes des guerriers d’Autriche. Aux armes républicains, on vous attend sur les bords du Var« . Hélas! Comme on l’a vu, on en manquait (Rotger B., 1984, p. 328).
–1831 – 4 avril : CONQUÊTE D’ALGER – Ollioules héberge 410 hommes de troupe (Castellan E., 1937, p. 295).
–1833 – 4 avril : Le conseil municipal de La Seyne rappelle qu’un concours a été ouvert le 4 avril pour la désignation d’un candidat à la direction de l’école mutuelle, mais qu’aucun des concurrents n’a satisfait aux conditions du programme. C’est pourquoi il fait appel au Recteur de l’académie pour la désignation d’un directeur. Le Recteur désigna M. Martini Jean-Baptiste. L’organisation de l’école suivit de près, et un règlement fort bien conçu et très complet fut adopté par le conseil municipal, le 13 août 1833. Nous en détachons un passage relatif aux devoirs des maîtres (Titre II. — Devoirs du Maître Le maître doit une égale considération à chacun de ses élèves. Point de distinctions que celles que peut s’attirer le véritable mérite ; encore doivent-elles se borner exclusivement aux récompenses réglementaires. L’exactitude dans ses devoirs, l’affabilité dans ses fonctions, au besoin, une inflexible mais toujours juste sévérité lui sont expressément obligatoires. Modèle de ses élèves, il devra toujours tenir une conduite exemplaire, propre à lui mériter l’affection et le respect des enfants confiés à ses soins, l’estime et la considération publiques. Responsable envers l’administration, envers la société, de l’ordre, de la bonne direction de l’école, des progrès moraux et intellectuels de ses élèves, il ne doit prendre pour guides que sa sagesse, ses lumières et son expérience pour arriver au but que s’est proposé l’administration locale dans la direction de cet établissement, sans dévier toutefois des principes fondamentaux du mode d’enseignement adopté et des matières énoncées dans le programme public. Former à la société des hommes probes et vertueux, à la patrie de bons citoyens, amis de leurs droits, observateurs de leurs devoirs, il doit se souvenir toujours que telle est la noble, l’honorable mission qui lui est confiée. » Arch, comm. de La Seyne, cité par Louis Bourrilly, L’instruction publique dans la région de Toulon de la Restauration à la Troisième République, Toulon, Imprimerie du « Petit Var », 1895, p. 40).
–1871 – 4 avril : COMMUNE DE MARSEILLE – Le 23 mars 1871, une commission de 12 membres présidée par Gaston Crémieux proclama l’autonomie de la « Commune de Marseille ». Plus précoce qu’à Paris, son écrasement militaire intervint dès le 4 avril, faisant près de 200 victimes (Comité du Vieux-Marseille).
Détails de l’affaire : Le 4 avril, Espivent donne à la commune révolutionnaire un suprême délai jusqu’à une heure de l’après-midi ; mais les insurgés au lieu de se rendre tirent sur les troupes d’Espivent. Alors, de Notre-Dame de la Garde et du fort Saint-Nicolas commence le bombardement jusqu’à 7 h. 20 du soir ; à 7 h. 30 les marins de « la Couronne » et de « la Magnanime » arrivent par la rue Montgrand et par la rue Armény, pénètrent dans la Préfecture et à 8 h. sont maîtres de la place. Quelques insurgés sont tués ou faits prisonniers, le reste réussit à s’enfuir. On compta environ 52 morts (Gabrielle Castellari, 1945)
–1877 – 4 avril : DESARMEMENT DES BATTERIES DE LA LAUVE AU BRUSC, DE SAINT-PIERRE AUX EMBIEZ ET MAINTIEN DE CELLE DU CAP NEGRE – Le 4 avril 1877, le Ministère de la Guerre approuva le plan d’armement, proposé par la Commission de Défense des côtes, lequel prévoyait l’abandon pur et simple des batteries de La Lauve et de Saint-Pierre des Ambiers, la conservation à titre provisoire de la batterie du Cap Nègre dont le réduit avait été achevé en 1851, avec une dotation de 4 canons rayés de 30 pouces et d’un mortier de 32 pouces. Ces décisions avaient été motivées d’une part par les progrès de l’artillerie (obus, chargement par la culasse, canons rayés, cadences de tir augmentées, précision et portée accrues, …) et d’autre part, par la mise en application de nouvelles stratégies de défense concernant la protection de la côte et du port militaire de Toulon, avec l’abandon de la plupart des batteries côtières au profit des forts plus importants et plus éloignés des côtes.
Ce fut en application de cette stratégie que l’on décida de construire le fort de Six-Fours (1875-1880) qui , d’après le système Séré de Rivière, serait le centre principal de résistance côtière à l’ouest de Toulon et devait couvrir les plages de Six-Fours, Sanary, et Bandol, ainsi que les pentes du Gros Cerveau. Ceci entraîna la décision de déclasser les batteries des Embiez, du Cap Nègre et de la Cride, mais aussi de créer la batterie basse du Claffard. Plus au nord, le fort de Pipaudon (1884) devait interdire l’accès terrestre par les gorges de la Reppe et la Nationale 8. Il était appuyé pour cela par les autres ouvrages du Gros Cerveau (1889-90) et du Mont Caume (1887-90), ainsi que par le fort du Baou de quatre Aures (qui ne fut jamais construit) (Cahier du patrimoine ouest varois n°11, Six-Fours, 2007).
–1882 – 4 avril : LOI AUTORISANT LA PLANTATION D’OLIVIERS POUR ASSURER LA PROTECTION DES SOLS. La Loi du 4 avril 1882 sur la Conservation et la Restauration des Terrains en Montagne pourrait intervenir pour le maintien ou la plantation des oliviers dans les cas où, techniquement, cette essence serait reconnue comme le meilleur moyen d’assurer la protection des terrains périmètres. Pour des travaux facultatifs de l’espèce, qui auraient le caractère de défense contre l’érosion des sols avec une rentabilité réduite, les propriétaires intéressés pourraient bénéficier de subventions au taux de 75 % (A .Dugelay, « Le problème de l’olivier », in REVUE FORESTIÈRE FRANÇAISE, 1954, p 444).
–1884 – 26 octobre au 4 avril 1886 : : SANARY DOIT RESOUDRE LES PROBLEMES DE L’EAU ET DE L’ASSAINISSEMENT – Il est certain que si l’on ne veut pas revoir de telles épidémies, il va falloir se pencher sur deux problèmes importants. Celui de l’assainissement et celui de l’eau. Il faut envisager des emprunts car si des dons divers, des subventions, ont été accordés, leur total n’atteint pas le dixième des dépenses effectuées. L’eau suffisante pour la consommation ne permet pas l’irrigation des terres qui se dépeuplent. Depuis quelques années, un tunnel construit pour donner de l’eau aux Chantiers de La Ciotat (15.7.1883) avait mis en communication les eaux de la DURANCE avec notre versant à une altitude de 80 mètres par rapport au niveau de la mer. Cela serait suffisant pour que ces eaux parviennent facilement dans notre terroir pour fertiliser nos terres, rendre la vie à – notre commune, satisfaire tous nos besoins. On contacta la compagnie des Eaux du Canal de MARSEILLE pour essayer d’obtenir le prolongement du canal. On n’y réussit pas. On fait des recherches sur le terroir. Pour preuve, le rapport que ARNOUX Constantin, conseiller municipal, fit au Conseil 26 octobre 1884. Il concluait à la prise en considération du rapport de Monsieur ABAUZIL, spécialiste, et de Monsieur l’Ingénieur en chef du département en date du 13 septembre dernier, quant à la possibilité de faire arriver à Saint-Nazaire les eaux du Canal de la Durance. On devait cependant surseoir à l’étude de ces travaux en raison de leur coût trop important pour l’instant. Il fallait chercher ailleurs. Monsieur ABAUZIL, conducteur des travaux hydrauliques du département, fut mis à la disposition du maire. Celui-ci fit connaître à la commune qu’une seule ressource lui restait. C’était de s’inspirer des travaux de Monsieur DIEULAFAIT, professeur à la Faculté de Marseille, qui avait fait publier une étude sur le bassin aquifère de Saint-Nazaire. On commença par examiner la possibilité de capter les eaux du « BAOU D’AÏGO DOUCO » qui existe à Saint-Nazaire au lieu-dit Portissol, en avant de La Cride. Nous n’avons pu , trouver le dossier de cette affaire, sans doute elle ne réussit pas car plus tard une nouvelle société fut contactée, « La Société d’irrigation et d’éclairage des départements du Midi ». Un projet d’adduction d’eau sera signé entre le Maire et son Conseil et Monsieur Emile VAN DER ELST, Ingénieur, demeurant à GRIMAUD représentant cette société qui obtient le privilège de fournir pendant quatre-vingt-dix années, les eaux potables et d’irrigation, le 4 avril 1886 (Rotger B., 1984, p. 446).
–1886 – 4 avril – SATURNIN FABRE EST INSTALLÉ DANS SES FONCTIONS DE MAIRE DE LA SEYNE – Saturnin Fabre ne fut installé dans ses fonctions que le 4 avril 1886. Mais au préalable il avait tenu à exprimer au sous-préfet l’attachement profond du Conseil municipal à la république avec prière de transmettre sa lettre au ministre de l’Intérieur. Sans perdre de temps devant le Conseil municipal réuni la semaine suivante, Saturnin Fabre expose l’ensemble de ses projets et ils sont grandioses. Tout naturellement les problèmes financiers se posent en priorité. Il faut voir grand ! dit le Maire et il aborde l’idée d’un emprunt important pour démarrer rapidement. Il ne veut pas se satisfaire des petites affaires courantes. L’adversaire politique, intraitable, subodore de vilains projets, susurre à longueur de journée que le Maire Fabre a des intentions maléfiques, qu’il prêche avant tout pour ses intérêts personnels confondus dans des entreprises juteuses. Les amis de Saturnin Fabre réagissent. Le Comité républicain et progressiste qui a soutenu sa candidature se réunit pour réaffirmer avec force la confiance qu’il a mise en lui. Quelques jours plus tard le Conseil municipal fera de même. Fort de la confiance de ses amis et d’une large fraction de l’opinion publique, le Maire entreprit de réfuter adroitement les attaques de ses adversaires. On l’accusait de collaborer avec les représentants de la bourgeoisie locale et de les favoriser de toutes les manières. En fait, il fut très lié et ce fut bien naturel, à plusieurs personnalités dont notre ville a reçu les influences bénéfiques pendant de longues années. Pouvait-on lui tenir rigueur d’entretenir les meilleurs rapports avec MM. Noël Verlaque et Amable Lagane, ingénieurs des Forges et Chantiers, qui poussèrent au plus haut niveau la renommée de la construction navale seynoise en cette fin du XIXe siècle ? Pouvait-il refuser le concours de Marius Michel (Michel Pacha) qui décida d’urbaniser à ses frais toute la zone littorale de Tamaris pour en exploiter les avantages touristiques, d’organiser des transports maritimes reliant La Seyne à Toulon et Saint-Mandrier, de remplacer le vieux Chemin des Sablettes par la route départementale assurant la desserte des quartiers de Mar-Vivo, Fabrégas, les Plaines. Les intérêts de Michel Pacha n’étaient-ils pas compatibles avec ceux de la commune ? Quand M. Lagane eut besoin de terrains pour agrandir les ateliers des Chantiers, il se tourna vers Michel Pacha, propriétaire de la colline Caire (Fort Napoléon) en accord avec la Municipalité à qui fut réservée des possibilités de voirie. Saturnin Fabre apprécia l’importante économie dont bénéficia son budget quand Michel Pacha prit à sa charge la réfection de la façade de la paroisse. De même, il attacha le plus grand prix au geste de M. Lagane qui offrit pour ce même édifice un autel, véritable œuvre d’art, à l’occasion du mariage de sa fille. Cet ouvrage, construit par la grande marbrerie artistique de Bourg-Saint-Andéol (Ardèche), reposait sur un bas-relief superbe orné de personnages sacrés. On comprend mieux qu’en présence de tels actes de générosité dont la ville bénéficiait indirectement, le Maire Saturnin Fabre n’allait pas chicaner M. Lagane sur le calcul des prix faits dont les ouvriers se plaignaient, pas plus qu’il n’aurait discuté du salaire minimum des centaines d’ouvriers italiens que Michel Pacha fit venir à Tamaris pour l’aménagement de la Corniche. Il s’interdisait systématiquement d’intervenir dans les affaires patronales, estimant que les conflits sociaux devaient se régler avant tout par le dialogue entre patronat et syndicats. Cependant il eut peu à peu le sentiment que cette attitude de neutralité et son mutisme risquaient d’aggraver les injustices dont les ouvriers étaient victimes. Alors ne voulant plus courir le risque de leur réprobation, il n’hésita pas à solliciter du Conseil municipal l’autorisation d’intervenir dans les conflits sociaux pour y jouer un rôle de conciliateur. Il fera au Conseil municipal une proposition jugée fort pertinente à savoir de ne confier qu’aux entreprises seynoises les travaux financés par la commune, de manière à limiter le nombre de chômeurs. L’année de son accession à la tête du Conseil municipal, le chômage sévissait durement (Marius Autran, tome 2, 1988.).
–1940 – 4 avril : Les relations difficiles du Mexique et de Washington : le chewing-gum va-t-il les compliquer? Le gouvernement mexicain ayant rejeté les prétentions de trois firmes américaines sur de Vastes terrains où sont cultivés les « cactus chicle » qui fournissent le chewing-gum, un malaise pèse sur les relations des États-Unis et du Mexique en sus des difficultés nées de l’expropriation des puits de pétrole (Le Petit Parisien, vendredi 5 avril).
–1944 – 4 avril : 1. 10 immeubles démolis par ordre des autorités allemandes dans la commune de Sanary (Archives de Sanary : Etat établi et signé par le Maire, le 3 mai 1944).
2. EXTRAITS DU RAPPORT DE JEAN KLIMOFF, né en 1896, exploitant forestier à La Seyne et chef d’un des groupes Koutouzoff ( AD 1. J. Art 68. Rapport certifié exact par le capitaine Salvatori, chef FFI, Toulon) – « Engagé volontaire dans l’armée française le 5 septembre 1939, je suis parti pour le front d’où je suis retourné chez moi le 29 août 1940…Lorsque les troupes italiennes occupèrent le sud de la France, nous avons commencé à faire de la propagande parmi les troupes d’occupation. J’avais avec moi MM. Campana, Scatena, Sienkoviez et Bacchi Aprile. Nous n’avons pas pu réussir car Campana et Scatena ont été arrêtés et envoyés en Italie. Moi-même, sous la surveillance des fascistes, je fus obligé de me camoufler dans les bois. Lors de l’arrivée des Allemands, commença mon travail parmi les troupes allemandes. Je pénétrais dans les blockhaus et les fortifications. J’organisais en premier lieu les Polonais. Ensuite lors de l’arrivée des Arméniens et des Russes incorporés de force dans l’armée allemande (1943), je me suis efforcé de les grouper et cela ne fut pas aisé. En 1944 ils ont commencé à me fournir des armes dans toute la région de La Seyne (fusils, grenades, lance-mines, mitrailleuses et pistolets). Toutes ces armes ont été camouflées entre La Bonne Mère et Le Brusc, sous la surveillance des hommes déserteurs de l’armée allemande. Dès le 4 avril, tous ces hommes ont été ravitaillés à mes frais jusqu’à la fin des combats. Le 4 avril j’ai été arrêté par la Gestapo, signalé par 4 miliciens de La Seyne, tous de nationalité française… J’ai été passé à tabac, coups de crosse de fusil et de nerf de boeuf sur tout le corps par un Alsacien qui était de la Gestapo… Le reste me fut donné à Brégaillon et à Saint Jean du Var. Je devais être fusillé le 8 avril au matin. J’ai été sauvé par des fascistes qui m’ont signalé aux Allemands comme collaborateur. Ils ont démontré que j’étais souvent avec des Allemands auxquels je tenais des discours. Mais ils se trompaient. C’étaient des Russes et des Arméniens incorporés dans l’armée allemande. J’ai été relâché à 7 heures du soir le 7 avril (Claude Majastre, Cahier du patrimoine ouest varois n°11, Six-Fours.).
–1949 – 4 avril : Création de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord, O.T.A.N. auquel la France adhèrera le 27 juillet 1949 (Jean-Charles Volkmann, 2003).
–1958 – 4 avril : INTERDICTION DE LA PÊCHE AUX ABORDS DE LA DIGUE DE SAINT-MANDRIER – À la suite de son intervention au sujet de la pêche à la mugelière, Monsieur le maire de Saint-Mandrier reçoit une réponse émanant du ministre de la Marine marchande. La voici in extenso : « En ce qui concerne l’interdiction de la pêche à la mugelière aux abords de la digue de Saint-Mandrier, je me permets de vous rappeler que cette affaire a déjà fait l’objet d’une précédente correspondance échangée avec vous en janvier 1962. Ainsi que cela vous a été précisé, les patrons pêcheurs ont bénéficié pendant longtemps non d’un privilège, mais d’une simple tolérance plus ou moins tacite qui fut supprimée le 4 avril 1958 pour des raisons impératives de sécurité par arrêté du préfet maritime de la 3eme région. La mesure en cause n’interdit d’ailleurs pas absolument l’accès des abords de la digue de Saint-Mandrier où la pêche reste autorisée la nuit, le samedi après-midi et le dimanche dans une bande de 50 mètres de large longeant la jetée à l’est ainsi que le long du musoir à l’ouest. J’ai cru devoir toutefois demander à Monsieur le ministre des Armées, que vous avez saisi directement de la question, de me tenir informé de la suite qu’il aura cru pouvoir réserver aux desiderata formulés par les pêcheurs…» (Ken Nicolas, vol. 2, p. 183.).
–2022 – 4 avril : Guerre en Ukraine : Les Russes frappent un hôpital du Donbass – Une personne a été tuée et trois blessées dimanche après cette frappe russe à Roubijne, dans l’est du pays, a annoncé le gouverneur de la région Serguiï Gaïdaï. « Un obus ennemi a touché l’hôpital de Roubijne », a-t-il simplement ajouté pour le moment sur Telegram, postant une photo des secouristes fouillant des décombres. Cette localité située près de Lougansk, dans la région du Donbass, a déjà été à de nombreuses reprises la cible de bombardements depuis le début de l’invasion russe, le 24 février.
Les autorités ukrainiennes ont estimé samedi que les troupes russes se retiraient de régions du nord de l’Ukraine pour se replier vers l’est et le sud de ce pays. L’armée russe a quant à elle récemment annoncé qu’elle concentrerait son offensive sur le Donbass, dans l’est (Publié le 03/04/22 à 21h41 — Mis à jour le 03/04/22 à 21h42).
–2023 – 4 avril : TOULON (TELO MARTIUS) : Aujourd’hui à 14h 30, salle Marie-Mauron à Sanary, dans le cadre de son atelier d’histoire et d’archéologie, l’association « Découvertes et Civilisations », a invité Michel Pasqualini, conservateur en chef du patrimoine, responsable de fouilles programmées et préventives, d’études et de publications dans le sud de la France, membre du Centre archéologique du Var. Celui-ci nous parlera des découvertes majeures faites lors des fouilles réalisées entre 1978 et 1988 dans Toulon avec la mise au jour d’épaves, de mobilier et d’une organisation urbaine d’époque romaine jusque-là inconnue et sa mutation de la entre les Ve et le début du VIIe siècle. Il s’exprimera en son nom et au nom des auteurs du livre publié par les Presses Universitaires de Provence en avril 2022, parmi lesquels nous citerons Jean-Pierre Brun, professeur au Collège de France, venu à deux reprises évoquer pour ses amis de Sanary ses connaissances sur l’évolution des techniques en Provence romaine. Entrée réservée aux adhérents de l’association. Quelques places seront disponibles pour les amis non-membres.

BLAGUES POUR LA ROUTE : A la pharmacie (deux blagues pour le même prix).
La première :
Un gars entre dans une pharmacie et il dit :
« Vous avez quelque chose contre… euh… quelque chose contre… »
Il y a une très jolie fille derrière le comptoir. C’est elle, la pharmacienne. Elle dit :
« Vous voulez quelque chose contre quoi ? »
Le gars, il bredouille :
« Contre… Enfin, quelque chose pour… euh… c’est-à-dire que je ne sais pas si vous me comprenez, mais je fais l’amour trop souvent, alors je n’en peux plus… »
La fille le regarde attentivement et elle dit :
« Cent billets par mois, nourri, logé, ça vous va ? »

J’en ai terminé pour aujourd’hui et vous souhaite un bon mardi.
Affectueuses pensées pour Isabelle, Raphaël, Olivier et Webber.
Et plein d’amour et d’espoir pour tous ceux qui sont dans la peine
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